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Et si la poésie n’était qu’une ondulation d’insomnies perpétuelles, une tentative d’atteindre l’inatteignable, une quête de l’impossible ?
« L’impossible, nous ne l’atteignons pas », dit René Char, « mais il nous sert de lanterne. »
Quête de l'impossible, telle est la raison d'être de ce recueil sous la lanterne duquel chaque poème se cueille à la sève des mots, afin qu’ils nous illuminent.
Du vers à la prose, Mona Azzam nous entraîne sur les sentiers de l’Ailleurs, faisant fi du temps qui passe, repoussant les frontières au-delà des espaces.
Le poème naît, ouvrant la voie à la voix. Aux voix.
Éblouissement perpétuel...
À PROPOS DE L'AUTRICE
Mona Azzam est une auteure française née en Côte d’Ivoire en 1972.
Après des études en lettres modernes et en ingénierie de la formation appliquée aux langues, elle s’est consacrée à l’enseignement de la littérature et à la formation de formateurs à Beyrouth (Li-ban) durant dix ans.
Actuellement professeur (lettres modernes EN) à Montpellier (France), spécialiste de Dante et de Camus, elle est auteure d’une dizaine d’ouvrages tant en poésie (Le Sablier des mots) qu’en ro-mans (Albert Camus, L’Espoir du monde ; Ulysse a dit…), en nouvelles qu’en essais et contribue à diverses revues et ouvrages collectifs.
L’humain, le continent africain, l’Italie, la littérature et la passion des mots (sa véritable patrie) sont ses thèmes de prédilection.
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Seitenzahl: 30
Veröffentlichungsjahr: 2024
Mona Azzam
Insomnies perpétuelles
Poésie
ISBN : 979-10-388-0911-6
Collection : À l’En-Vers
ISSN : 2606-1716
Dépôt légal : septembre 2024
©couverture Ex Æquo
©2024 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
À toi…
Sur la semaine de mes jours
Je hausse les voiles en liesse
Et abandonne les rivages lourds
Et les sombres clameurs en détresse
Une rafale s’enhardit et fuse.
Je m’enhardis et me fais voile
Il est un chemin blanc d’écluse
Donne-moi les silences aux rimes désuètes
Offre-moi les contours des vers de l’enfance
Donne-moi les senteurs du bonheur fané
Et aime-moi d’une caresse de rêve oublié
Donne-moi le bleu, le jaune, le rouge mot
Afin que de ma plume naisse le goût orangé
Heureux comme un cataplasme
Impromptu
Un biset étoilé s’en va ostentatoire
Boire à l’eau-de-vie la manne ingénue
Aguichant et narquois, il réécrit l’Histoire.
Et, dans le sirocco au velouté vermeil
Une gondole étoffée scinde les mantilles.
Un panama embrasse les flottilles
Je dirai les agoras qui hantent les dômes
Du silence. Je soufflerai les agonies d’un cran
Je goûterai la demi-vie promesse de môme
Du coin de l’œil je prendrai en otage l’autan
À l’aube je dégraferai la robe fauve.
Audace grivoise. J’empoignerai l’incréé
D’un geste indécent. J’affranchirai le fauve.
Sur l’anneau érodé des instants blafards
Les agrumes de la vie ont semé la datte
Fusant, munie telle une maxime sans date.
Goût indéfini de cette friandise de comptoir
Les heures se scindent lasses, ainsi qu’une jarre
Qu’une caste improvisée a offerte aux soirs.
Ô soirs de la vie, captifs des hasards !
Ô bleues légendes mauresques en péril !
Étincelez pour moi tel un rêve de babil
Qui lentement se poudre en exhalant
Sur les castels aux barricades écartelées
Un poème se dresse auburn, au barreau
Et tel un crabe sans crainte, le mot
Se frotte au portique des eaux dessalées.
Le poème cramoisi se fane sans démesure.
Un parfum de jasmin se dresse sans armure
Les mots jadis sont sortis de leur gond
Un demi-soupir a ébranlé le jargon.
Sur les goélettes du temps magistral
La parole dénudée s’est unie au mistral.
* * *
Retenir le magnétisme d’un songe né.
Glisser sur les fluides percussions
Flotter sur les mailles des oscillations
J’ai vu la passante sans renom
Sur la passerelle virginale du son
J’ai entendu la sirène vénitienne
Hurler dans les replis des persiennes
J’ai palpé les remous du regret
À la gare oubliée d’une passion égarée
Gît une malle sur un quai délaissée.
Dans la malle emplie d’instants fanés
Il est des périls étoffés dans les mailles de l’envie
Il est des gris bitumes foulés du pas de l’inertie
Il est des golfes périlleux où l’on se sent démuni
Il est des incursions où l’espoir se sait démoli
Il est un poème tel une sieste vénitienne
L’absence se décline en brassées de vides
Reluisant dans les regards sans rides
