Introduction à la méthode de Léonard de Vinci - Paul Valéry - E-Book
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Paul Valéry

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Beschreibung

Dans 'Introduction à la méthode de Léonard de Vinci', Paul Valéry explore la pensée et l'approche méthodologique de l'un des plus grands génies de la Renaissance. Valéry s'emploie à décortiquer l'interaction entre l'art et la science, mettant en valeur l'importance de l'observation, de l'expérience et de la rationalité dans le processus créatif. Son style, à la fois poétique et analytique, reflète l'influence des tendances modernistes du début du XXe siècle, tout en manifestant une admiration profonde pour le savoir et la curiosité intellectuelle de Léonard. Ce texte s'inscrit dans un contexte littéraire où la redécouverte des penseurs de la Renaissance nourrit une réflexion sur la modernité et l'expérience humaine. Paul Valéry, poète, essayiste et théoricien, est l'un des principaux représentants du symbolisme français. Sa fascination pour Léonard de Vinci découle de son propre parcours intellectuel, oscillant entre art et science. Élevé dans un milieu cultivé, Valéry a toujours été avide de comprendre les mécanismes de la pensée créative, cherchant à combler le fossé entre l'abstraction et la réalité. Cela explique son désir de rendre hommage à l'harmonieux équilibre entre art et méthode que Léonard a su instaurer. Ce livre est une invitation à réfléchir sur les processus créatifs et à revisiter l'œuvre de Léonard sous un nouveau jour. Valéry, en tant que penseur moderne, réussit à relier l'art aux sciences humaines tout en interrogeant notre propre rapport à la connaissance. Pour ceux qui s'intéressent aux liens entre créativité, méthode et pensée, cette œuvre est essentielle et profondément inspirante.

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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Paul Valéry

Introduction à la méthode de Léonard de Vinci

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066077570

Table des matières

La première de couverture
Page de titre
Texte

NOTE ET DIGRESSIONS

Table des matières

Pourquoi l'auteur, dit-on, a-t-il fait aller son personnage en Hongrie? Parce qu'il avait envie de faire entendre un morceau de musique instrumentale dont le thème est hongrois. Il l'avoue sincèrement. Il l'eût mené partout ailleurs, s'il eût trouvé la moindre raison musicale de le faire.

H. Berlioz. Avant-propos de la Damnation de Faust.

Il me faut excuser d'un titre si ambitieux et si véritablement trompeur que celui-ci. Je n'avais pas le dessein d'en imposer quand je l'ai mis sur ce petit ouvrage. Mais il y a vingt-cinq ans que je l'y ai mis, et après ce long refroidissement, je le trouve un peu fort. Le titre avantageux serait donc adouci. Quant au texte... Mais le texte, on ne songerait même pas à l'écrire. Impossible! dirait maintenant la raison. Arrivé à l'énième coup de la partie d'échecs que joue la connaissance avec l'être, on se flatte qu'on est instruit par l'adversaire; on en prend le visage; on devient dur pour le jeune homme qu'il faut bien souffrir d'avoir comme aïeul; on lui trouve des faiblesses inexplicables, qui furent ses audaces; on reconstitue sa naïveté. C'est là se faire plus sot qu'on ne l'a jamais été. Mais sot par nécessité, sot par raison d'État! Il n'est pas de tentation plus cuisante, ni plus intime, ni de plus féconde, peut-être, que celle du reniement de soi-même: chaque jour est jaloux des jours, et c'est son devoir que de l'être; la pensée se défend désespérément d'avoir été plus forte; la clarté du moment ne veut pas illuminer au passé de moments plus clairs qu'elle-même; et les premières paroles que le contact du soleil fait balbutier au cerveau qui se réveille, sonnent ainsi dans ce Memnon: Nihil reputare actum...

* * *

Relire, donc, relire après l'oubli,—se relire, sans ombre de tendresse, sans paternité; avec froideur et acuité critique, et dans une attente terriblement créatrice de ridicule et de mépris, l'air étranger, l'œil destructeur,—c'est refaire, ou pressentir que l'on referait, bien différemment, son travail.

L'objet en vaudrait la peine. Mais il n'a pas cessé d'être au-dessus de mes forces. Aussi bien je n'ai jamais rêvé de m'y attaquer: ce petit essai doit son existence à Madame Juliette Adam, qui, vers la fin de l'an 94, sur le gracieux avis de Monsieur Léon Daudet, voulut bien me demander de l'écrire pour sa Nouvelle Revue.

* * *

Quoique j'eusse vingt-trois ans, mon embarras fut immense. Je savais trop que je connaissais Léonard beaucoup moins que je ne l'admirais. Je voyais en lui le personnage principal de cette Comédie Intellectuelle qui n'a pas jusqu'ici rencontré son poète, et qui serait pour mon goût bien plus précieuse encore que la Comédie Humaine, et même que la Divine Comédie. Je sentais que ce maître de ses moyens, ce possesseur du dessin, des images, du calcul, avait trouvé l'attitude centrale à partir de laquelle les entreprises de la connaissance et les opérations de l'art sont également possibles; les échanges heureux entre l'analyse et les actes, singulièrement probables: pensée merveilleusement excitante.

Mais pensée trop immédiate,—pensée sans valeur,—pensée infiniment répandue,—et pensée bonne pour parler, non pour écrire.

* * *

Cet Apollon me ravissait au plus haut degré de moi-même. Quoi de plus séduisant qu'un dieu qui repousse le mystère, qui ne fonde pas sa puissance sur le trouble de notre sens; qui n'adresse pas ses prestiges au plus obscur, au plus tendre, au plus sinistre de nous-mêmes; qui nous force de convenir et non de ployer; et de qui le miracle est de s'éclaircir; la profondeur, une perspective bien déduite? Est-il meilleure marque d'un pouvoir authentique et légitime que de ne pas s'exercer sous un voile?—Jamais pour Dyonisos, ennemi plus délibéré, ni si pur, ni armé de tant de lumière, que ce héros moins occupé de plier et de rompre les monstres que d'en considérer les ressorts; dédaigneux de les percer de flèches, tant il les pénétrait de ses questions; leur supérieur, plus que leur vainqueur, il signifie n'être pas sur eux de triomphe plus achevé que de les comprendre,—presque au point de les reproduire; et une fois saisi leur principe, il peut bien les abandonner, dérisoirement réduits à l'humble condition de cas très particuliers et de paradoxes explicables.

* * *

Si légèrement que je l'eusse étudié, ses dessins, ses manuscrits m'avaient comme ébloui. De ces milliers de notes et de croquis, je gardais l'impression extraordinaire d'un ensemble hallucinant d'étincelles arrachées par les coups les plus divers à quelque fantastique fabrication. Maximes, recettes, conseils à soi, essais d'un raisonnement qui se reprend; parfois une description achevée; parfois il se parle et se tutoie...

Mais je n'avais nulle envie de redire qu'il fut ceci et cela: et peintre, et géomètre, et...

Et, d'un mot, l'artiste du monde même. Nul ne l'ignore.

* * *

Je n'étais pas assez savant pour songer à développer le détail de ses recherches,—(essayer, par exemple, de déterminer le sens précis de cet Impeto, dont il fait si grand usage dans sa dynamique; ou disserter de ce Sfumato, qu'il a poursuivi dans sa peinture); ni je ne me trouvais assez érudit, (et moins encore, porté à l'être), pour penser à contribuer, de si peu que ce fût, au pur accroissement des faits déjà connus. Je ne me sentais pas pour l'érudition toute la ferveur qui lui est due. L'étonnante conversation de Marcel Schwob me gagnait à son charme propre plus qu'à ses sources. Je buvais tant qu'elle durait. J'avais le plaisir sans la peine. Mais enfin, je me réveillais; ma paresse se redressait contre l'idée des lectures désespérantes, des recensions infinies, des méthodes scrupuleuses qui préservent de la certitude. Je disais à mon ami que de savants hommes courent bien plus de risques que les autres, puisqu'ils font des paris et que nous restons hors du jeu; et qu'ils ont deux manières de se tromper: la nôtre, qui est aisée, et la leur, laborieuse. Que s'ils ont le bonheur de nous rendre quelques événements, le nombre même des vérités matérielles rétablies met en danger la réalité que nous cherchons. Le vrai à l'état brut est plus faux que le faux. Les documents nous renseignent au hasard sur la règle et sur l'exception. Un chroniqueur, même, préfère de nous conserver les singularités de son époque. Mais tout ce qui est vrai d'une époque ou d'un personnage ne sert pas toujours à les mieux connaître. Nul n'est identique au total exact de ses apparences; et qui d'entre nous n'a pas dit, ou qui n'a pas fait, quelque chose qui n'est pas sienne? Tantôt l'imitation, tantôt le lapsus,—ou l'occasion,—ou la seule lassitude accumulée d'être précisément celui qu'on est, altèrent pour un moment celui-là même; on nous croque pendant un dîner; ce feuillet passe à la postérité, tout habitée d'érudits, et nous voilà jolis pour toute l'éternité littéraire. Un visage faisant la grimace, si on le photographie dans cet instant, c'est un document irrécusable. Mais montrez-le aux amis du saisi; ils n'y reconnaissent personne.

* * *

J'avais bien d'autres sophismes à la discrétion de mes dégoûts, tant la répugnance à de longs labeurs est ingénieuse. Toutefois, j'aurais peut-être affronté ces ennuis, s'ils m'avaient paru me conduire à la fin que j'aimais. J'aimais dans mes ténèbres la loi intime de ce grand Léonard. Je ne voulais pas de son histoire, ni seulement des productions de sa pensée... De ce front chargé de couronnes, je rêvais seulement à l'amande...

* * *

Que faire, parmi tant de réfutations, n'étant riche que de désirs, tout ivre que l'on soit de cupidité et d'orgueil intellectuels?

Se monter la tête?—Se donner enfin quelque fièvre littéraire? En cultiver le délire?