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Carnet de voyage emprunt d'aventures, ce livre nous plonge dans le périple captivant d'Alexandre à travers Israël et les territoires palestiniens. Dans ce récit authentique, il dévoile la beauté contrastée d'une région riche de diversité culturelle, religieuse et géopolitique. Avec un regard curieux et bienveillant, Alexandre partage son ressenti, entre émerveillement face à la beauté des paysages et réflexion personnelle sur le monde qui l'entoure. Au fil de rencontres marquantes, il recueille des témoignages poignants et met en lumière l'hospitalité des deux peuples, malgré les tensions qui les opposent. En quête d'authenticité et d'aventure, il choisit de sortir des sentiers battus, allant jusqu'à dormir devant le Mur des Lamentations. Un voyage unique, une immersion sincère et un regard humain sur une terre pleine de contradictions et de richesses.
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Seitenzahl: 134
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Aux Israéliens et aux Palestiniens qui se sont livrés à moi pour me permettre de mieux comprendre le monde qui m’entoure.
A.T.
ARRIVEE
LE MUR DES LAMENTATIONS
RAMALLAH
BETHLEEM
L’ESPLANADE DES MOSQUEES
L’EGLISE DU SAINT SEPULCRE
LE MONT DES OLIVIERS
DESERT DE NEGUEV
MITZPE RAMON
EILAT
TEL AVIV
5 janvier 2023, une nouvelle année débute et je souhaite la placer sous le signe de l’imprévu. Ça ne sera malheureusement pas chose aisée tant cette année me parait d’ores et déjà tracée. Un stage de 6 mois, un examen à passer et… si tout se passe bien, une prestation de serment pour embrasser la profession d’avocat à la fin de l’année. En soi, il y a pire comme tracé. Mais ça reste un tracé, et ce genre de ligne droite, je les déteste. Je regarde les destinations les moins chères au départ de Paris. Tiens, Israël. Ce pays me fascine. Il représente aussi bien le berceau des trois grandes religions monothéistes, qu’un des conflits les plus complexes de l’Histoire. Les différents peuples et cultures s’y mélangent étroitement, en ne formant parfois qu’un ou, trop souvent, en étant diamétralement opposés. Une chose est sûre, ce brassage culturel mais surtout religieux, a conduit à la ségrégation et à la répression. La complexité de cet univers m’attire. Bien que les reportages sur le sujet soient souvent complets, je ne comprendrais la réalité qu’en me rendant sur le terrain. Je sors ma carte bleue de mon portefeuille, renseigne les numéros gagnants et le cryptogramme. Je pars dans 6 jours seulement, cela me laisse à peine le temps de préparer mon voyage. Je débute ainsi mon année avec cette dose d’excitation que j’appelle : l’imprévu.
11 janvier 2023, je prépare mon sac pour mes 12 jours de vadrouille. Jeune et sans revenu, un sou est un sou. Par souci d’économie, mon sac à dos ne dépassera pas le poids d’un bagage à main. J’aurai simplement ce petit sac The North Face emprunté à mon père, juste assez grand pour le placer sous le siège de l’avion. Comme à son habitude, ma mère m’accompagne sur le quai de la gare de Tours, ville où j’habite. Pour ne pas m’ennuyer durant le trajet, elle m’achète un magazine. Pas de magazine people non, je suis pris de l’envie de découvrir le monde, la géopolitique, avec ses singularités et sa cruauté. Je monte à bord du train. Pour une fois, pas de retard, quelle surprise. Les paysages de campagne défilent sous mes yeux, une petite heure de train me sépare de la capitale.
Arrivé à Paris, je rejoins Bilkiss et Marie au restaurant. Je les ai rencontrés en Jordanie1. Bilkiss a démissionné pour partir le mois prochain en Nouvelle-Zélande pour une durée indéterminée. Marie, quant à elle, est en couple avec Otavio (un voyageur que nous avions rencontré à Petra).
Nous refaisons le monde, échangeons nos souvenirs, nos moments de joie, comme nos moments de galère. Décidément, la Jordanie aura marqué chacun d’entre nous. Après le repas, je me dirige vers l’aéroport de Paris Charles de Gaulle. Je n’ai pas besoin de patienter pour enregistrer mes bagages auprès de la compagnie aérienne puisque je n’ai qu’un petit sac à dos, c’est plutôt pratique. J’arrive assez rapidement devant la porte d’embarquement. Je fais escale à Milan. L’aéroport se situe au pied des Alpes. Depuis le hublot, j’admire les montagnes vues du ciel. Au fur et à mesure que l’avion descend en altitude, les montagnes révèlent leur relief. Le soleil d’hiver, rasant, teint de rose les sommets enneigés. La montagne est un espace qui ne m’est pas familier. J’habite dans une région où l’on pourrait penser que la terre est plate. Pour moi, les montagnes représentent une beauté pure, dont les imperfections font le charme. Une beauté dangereuse, froide et difficile d’accès. Mais une beauté tout de même. Le choc de l’atterrissage sur le tarmac me rappelle que je dois me lever de mon siège et quitter ce premier avion. Je bouquine le magazine durant l’escale et en apprend plus sur quelques régimes dictatoriaux africains, le temps passe vite.
Tel Aviv, 17h38. Je me prépare à répondre aux questions des autorités sur les raisons de ma venue ici. Préparation inutile. Je scanne mon passeport biométrique et récupère une petite vignette blanche avec un dégradé bleu. Je n’ai pas intérêt à perdre ce petit bout de papier. C’est lui qui me permettra de rentrer chez moi. Je suis dans le hall de l’aéroport. Comme dans tous les halls d’aéroport, il y a des opérateurs téléphoniques qui vendent des cartes SIM. Comme pour tous mes voyages, je troque ma carte SIM française contre une carte SIM locale pour avoir du crédit internet. Sauf que là… Le forfait avoisinait les 70 €! Je ne suis pas novice et ai bien conscience que les prix affichés dans les aéroports sont disproportionnés. Je décide de me passer de forfait internet pour l’instant. Je dois encore rejoindre le centre-ville, puis mon auberge. Je sors dehors, il fait déjà nuit. Deux bus attendent des passagers. Je suppose qu’ils vont en ville. Je demande au premier bus. Les chauffeurs sont arabes et fument tranquillement la chicha. Ce bus ne va pas à Tel Aviv. Je demande au second bus, le chauffeur ne parle pas anglais et fait mine de ne pas comprendre ce que je lui demande. C’est pourtant simple : « Tel Aviv ? ». Désespéré, je demande à la première personne que je croise, de m’aider. C’est un juif orthodoxe. Je le reconnais à son long manteau noir et à son chapeau tout aussi sombre. Il fait partie d’un monde qui, pour l’instant, m’est complètement inconnu. J’évite de trop l’épier pour ne pas le mettre mal à l’aise. Il parle anglais, me comprend et décide de m’aider. Il demande au chauffeur non anglophone s’il va à Tel Aviv. Réponse négative. L’orthodoxe me dit, en français :
- Sinon tu peux prendre le train.
J’ai l’impression que mon cerveau bug tant son français est limpide.
- Vous parlez français ?
- Oui, ma mère est française ! Je vais t’aider à prendre ton billet de train parce que la machine du guichet est en hébreu.
Merci. Je monte dans le train. Un problème demeure toutefois, puisque je n’ai pas internet, je n’ai pas de GPS. Je ne sais donc pas à quel arrêt je dois m’arrêter pour me rendre à l’auberge. Je choisis la station « Tel Aviv center ». Je sais que mon auberge se situe au sud de la ville, près de la plage. Il faut donc que je trouve le littoral, puis que je le longe en direction du sud. Je sors de la gare. Immédiatement, un choix s’ouvre à moi : gauche ou droite ? Je prends vraiment conscience que rejoindre mon auberge ne serait pas chose aisée, d’autant lorsque l’on connaît mon sens de l’orientation. Je n’ai aucune idée de l’endroit où je me trouve précisément dans Tel Aviv, je connais la localisation approximative de mon auberge et je n’ai pas de GPS pour me guider. Je demande à un passant dans quelle direction est la plage. L’air hésitant, il me dit :
- A gauche.
Je suis ce chemin. Je demande à un autre passant de me confirmer qu’il s’agit de la bonne direction, c’est le cas, je suis rassuré. Je marche pendant 45 minutes et m’arrête dans chaque supérette pour demander une carte SIM, en vain. Je demande ma route à une quinzaine de personnes. Toutes extrêmement serviables et avec une réelle volonté de m’aider. Dans cette situation inconfortable, la gentillesse des Israéliens à mon égard allège mon état de fatigue nerveuse. Tous me conseillent de prendre un bus car la route est trop longue. Mais je ne trouve pas de station de bus. D’ailleurs, je ne saurais même pas quel bus prendre et encore moins où m’arrêter. Dans le quartier que je traverse depuis près d’une heure, les rues se vident à mesure que la nuit avance. J’ai l’impression d’être seul au monde et je vois l’idée de dormir dans un lit s’éloigner petit à petit. C’est comme chercher une épine dans une botte de foin… comme chercher une adresse précise dans une mégalopole en ne faisant que demander son chemin tous les quinze mètres. Au niveau d’une intersection, j’entends la circulation se densifier. Je quitte le quartier fantôme pour entrer dans une ville en effervescence. Je dois être dans le centre. Je vois un arrêt de bus, parfait ! J’y vais. Je demande à une passante si elle peut regarder pour moi quel bus prendre et à quel arrêt descendre. Forcément, le nom des arrêts est en hébreu. Impossible pour moi de retenir cette succession de lettres issues d’un alphabet qui m’est étranger. J’ai le réflexe de prendre une photo de l’écran de son téléphone et monte dans le bus. Un adolescent d’une quinzaine d’années est assis à côté de moi. Je compte sur lui pour m’indiquer le bon arrêt. Par la fenêtre, se dessinent de grandes tours en verre, un peu comme à New York. Des petites boutiques décorent les trottoirs. La fatigue se fait ressentir de plus en plus. Je me concentre pour ne pas louper mon arrêt. C’est le prochain, j’appuie sur « stop » et me lève du siège. Je me dirige vers la porte de sortie. Ce n’est pas évident de garder l’équilibre. Je manque de tomber mais bon, je ne veux pas louper l’arrêt. Cela me fait penser aux personnes âgées qui prennent le bus n° 14 avec moi à Tours. Bien qu’elles ne tiennent plus vraiment sur leurs jambes, elles persistent à se lever dès l’arrêt précédant le leur. A chaque fois, c’est la même musique, les « vieux » manquent de tomber. Je suis d’ailleurs étonné de n’en n’avoir jamais vu au sol. Trêve de tergiversions, je descends là. Je demande une dernière fois ma route à un jeune couple. Je suis juste à côté de l’auberge, enfin ! Je passe devant un fastfood, prends une ruelle sur la droite, j’y suis. Je donne mon passeport et la vignette à l’aubergiste. Pendant qu’elle m’enregistre, je m’affale dans un fauteuil. Un backpacker vient lui-aussi d’arriver. A son accent, je dirais qu’il est Américain.
L’aubergiste me montre ma chambre. La porte d’entrée est high tech ! Il y a un code sur la poignée, qu’il faut renseigner pour qu’elle s’ouvre : 4297. Un voyageur dort déjà, bien qu’il ne soit que 22h00. Je ne vais pas tarder à l’imiter de toute façon. J’informe ma famille que je suis bien arrivé et profite du wifi accessible depuis le salon commun, dont l’atmosphère me fait penser aux surfeurs hippies. Bon, je vais me coucher.
Je dors d’une traite jusqu’à 10h, je suis en forme ! Je boucle mon sac, fais mes lacets et m’apprête à partir pour Jérusalem. Le backpacker que j’avais vu la veille à la réception m’interpelle :
- Hey man, where are you from ?
Pas de doute, c’est un ricain. Il me propose de petit-déjeuner ensemble. Bon, j’irai à Jérusalem plus tard dans la journée, ce mec a l’air sympa. Nous partons de l’auberge. Je découvre une petite partie de Tel Aviv, des bâtiments en pierre qui regorgent de charme. Je reviendrai dans cette ville à la fin de mon séjour, en espérant avoir suffisamment de temps. Sur le chemin, nous passons devant un opérateur téléphonique. Nous entrons à l’intérieur de la boutique dont les rayons débordent de téléphones et autre matériels électroniques. Je prends un forfait de 30Go pour l’équivalent de 20 €, bien moins cher qu’à l’aéroport ! Heureux d’avoir réussi mon affaire, je demande à l’Américain comment il s’est organisé pour le forfait internet. Il a opté pour une extension de son forfait à 50 €. Pour son prochain voyage, il prendra sûrement un forfait local. Nous sortons du restaurant et je respire l’air iodé. Nous sommes tout près de la mer. Tiens, un restaurant borde la plage, allons-y. Bien qu’étant en plein mois de janvier, nous sommes en t-shirt. Je m’assieds et regarde les quelques surfeurs qui glissent sur l’eau… avant de me concentrer sur mon repas avec l’Américain :
- Tu viens de quelle ville ?
- Je viens d’un petit village pas loin de Boston. Mais je bosse à Boston, je viens de décrocher mon premier contrat ! Je suis comptable. Ça me plait beaucoup mais le salaire n’est pas prêt d’évoluer… Je prépare alors un concours pour passer une certification ! Je pourrais prétendre à un peu plus. Parce qu’à Boston, la vie est chère.
On a les mêmes problèmes de l’autre côté de l’Atlantique. On parle de sujets « bateaux » mais qui font malgré tout naviguer mes pensées. Comment est la vie aux States ? Les armes, l’image que l’on a des Américains, l’image que les Français ont des Américains, etc… Ce qui est amusant, c’est que ce gars est l’archétype du pays de l’Oncle Ben. Grand, costaud, une casquette sur la tête et surtout… qui parle fort ! Le vieux assis derrière nous, ne s’est d’ailleurs pas gêné pour nous dire de baisser d’un ton.
Le serveur vient prendre notre commande. L’Américain reste soft et se contente d’un cappuccino. Moi, je veux du local ! Le ricain est sur la fin de son séjour, il en connait suffisamment sur la gastronomie israélienne pour me conseiller la shakshuka. C’est un plat à base d’œufs pochés par-dessus une sauce tomate épicée avec des oignons et du cumin. On trempe le pain dans la sauce. Un véritable délice. Je sors un billet jaune de 100 shekels (environ 27 €) et paie le tout. Le serveur me rend la monnaie. Quelques pièces sont argentées, d’autres sont dorées. Les pièces dorées sont vraiment belles. Elles sont décorées de la menorah. Vous savez, c’est ce chandelier à 7 branches, l’un des symboles du judaïsme. Pourquoi 7 branches ? Peut-être en référence aux 7 jours qui ont servis à Dieu pour créer le monde… Nous quittons le restaurant et échangeons nos coordonnées. Il s’appelle Jacob alias J-P (ne me demandez pas pourquoi), j’espère le revoir !
- Wish you all the best man.
Je programme mon GPS pour la central station, là où les bus partent pour Jérusalem. Pour y aller, c’est tout droit ! Je mets le téléphone dans ma poche et profite des petites rues authentiques et des bars qui respirent la vie. J’arrive à la central station après 25 minutes de marche. Je demande à un commerçant quel bus va à Jérusalem. Il pointe du doigt un van, c’est parti. Le conducteur ne partira pas tant que les 8 places ne seront pas complètes. Alors, pour patienter, j’écoute tranquillement de la musique. Je vois deux militaires s’approcher du van, des femmes. Il faut dire que je ne suis pas habitué à voir des femmes en treillis kaki. Bien qu’il y en ait en France, il faut reconnaitre que la profession est majoritairement masculine. Elles balaient du regard les passagers puis s’attardent sur le seul arabe du van. Après l’avoir pointé du doigt, elle « l’invite » à descendre du véhicule. Elles l’emmènent à l’écart et font durer la vérification des papiers. Le chauffeur a eu le temps de trouver un passager pour le remplacer. Nous partons sans l’arabe, retenu par un contrôle au faciès, à peine dissimulé. Le van suit la ligne dessinée par les collines. Tantôt des virages, tantôt des pentes. Le paysage est rocailleux bien qu’à des endroits, il y ait des exploitations agricoles. Je suis également surpris du nombre de conifères qui longent la route. Le trajet dure environ 1h.
1 Voir du même auteur : La Jordanie en roue libre
Nous arrivons dans Jérusalem, d’abord dans sa périphérie, puis en son centre. Assez naïvement, je pensais que Jérusalem était restée une ville ancienne. Evidemment que non, j’eus presque honte de ce manque de réflexion. Jérusalem est une mégalopole de près d’un million d’habitants. Plus on se rapproche du centre-ville, plus les bâtiments récents sont remplacés par les bâtiments anciens. Je m’étonne des premiers juifs orthodoxes que je croise et ne réalise qu’à ce moment là où je suis. Le van s’arrête à la central station
