J'écris mon premier polar - Louis Timbal-Duclaux - E-Book

J'écris mon premier polar E-Book

Louis Timbal-Duclaux

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Beschreibung

Vous voulez écrire un roman policier, une nouvelle policière ? Ce livre vous explique comment réussir.

À partir de l'exemple de grands maîtres : Simenon, Patricia Highsmith. Raymond Chandler... Comment créer et caractériser les six personnages de base. Comment structurer le récit en maîtrisant les retours en arrière. Comment choisir le point de vue correct. Comment partir d'un sentiment fort pour créer son histoire. Sur toutes ces techniques, ce manuel apporte des réponses précises. Il vous offre une méthode en sept étapes pour réussir votre premier polar.

Une méthode claire et concise qui vous guidera dans l'écriture de vos premiers polars.

EXTRAIT

POURQUOI ÉCRIRE UN POLAR ?
Pour quatre raisons :
• D’abord parce que vous en avez sans doute lu beaucoup et, comme moi, aimé beaucoup, et que ce style vous tente.
• Ensuite, parce que c’est un des rares genres qui, en conséquence, se vend, et se vend bien. Alors qu’il est presque impossible de vendre aujourd’hui un recueil de poèmes, une pièce de théâtre ou même un roman classique à un éditeur, il est bien plus facile de lui vendre un roman policier.
• Ensuite parce que le genre policier se décline sous toutes les formes : nouvelle, roman court (180 p.), roman long (400 p.), scénario de film, scénario de T.V., feuilleton, scénario de B.D., dramatique radiophonique, etc. Ce qui permet de plus en plus de valoriser les droits d’auteurs plusieurs fois.
• Enfin surtout parce que, même si ce n’est pas votre vocation finale, le polar est la meilleure école pour apprendre à charpenter un récit qui se tienne et à maîtriser les points de vue. Deux talents cruciaux pour ceux qui sont tentés par l’écriture romanesque. Même si, par la suite, vous ne devez pas persister dans les intrigues policières, vous n’aurez pas perdu votre temps en construisant un polar. Vous aurez appris votre métier de romancier qui consiste à raconter une bonne histoire, distrayante et, si possible, profonde. Bien des écrivains reconnus qui siègent aujourd’hui à l’Académie Française ont commencé, dans leur jeunesse, par écrire des romans policiers. Par exemple Jacques Laurent et Henri Troyat.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Louis Timbal-Duclaux a écrit plus d'une vingtaine de livres sur l'expression écrite professionnelle ou romanesque. Aujourd'hui retraité, il écrit et anime des séminaires.

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Seitenzahl: 204

Veröffentlichungsjahr: 2017

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INTRODUCTIONLe Policier, roman moderne par excellence

Le roman policier est né vers 1850. En 150 ans d’existence, il est passé du statut d’un genre populaire mineur, visant à la seule distraction des foules, à un genre majeur et reconnu de la grande littérature.

Non seulement il a produit des chefs-d’œuvre littéraires propres, mais encore il a durablement influencé tous les autres genres. Le roman, mais encore le théâtre, le cinéma, la télévision, la bande dessinée, les livres de jeunes et les jeux électroniques.

En même temps, il s’est considérablement diversifié. Dans notre analyse nous considérons 4 types majeurs : le roman du détective, le roman de la victime, le roman du criminel et les romans mixtes que sont les thrillers, qui présentent tous ces points de vue à la fois.

QUELQUES DÉFINITIONS DU ROMAN POLICIER

• “Dans le roman d’aventures, on attend la suite ; dans le roman policier, on attend la fin”. G. Thoveron.

• “Dans le récit d’aventures, la narration suit l’ordre des événements (…). Dans le roman policier le récit suit l’ordre de la découverte”. R. Caillois.

• Parlant de la tragédie dans son Art Poétique, Boileau a défini involontairement (avec deux siècles d’avance) le mécanisme du roman policier :

“Que le trouble, toujours croissant de scène en scène,

à son comble arrivé se débrouille sans peine.

L’esprit ne se sent point plus vivement frappé

que lorsqu’en un sujet d’intrigue enveloppé

d’un secret tout à coup la vérité connue

change tout : donne à tout une face imprévue”.

“Le Policier est une machine à lire”. Boileau - Narcejac.

“Le roman moderne est l’histoire de la recherche dégradée, par un héros dégradé, de valeurs authentiques, dans un monde dégradé, mais pas de la même manière ni au même degré.” - Lukacks Théorie du Roman (1910).

• “Le roman policier est une enquête qui a pour but d’élucider un certain mystère, un mystère en apparence incompréhensible, accablant pour la raison”. - Boileau-Narcejac.

• “Le “detective novel” est un récit consacré avant tout à la découverte méthodique et graduelle, par des moyens rationnels, des circonstances exactes d’un événement mystérieux”. - Régis Messac.

• “Le roman policier est le récit rationnel d’une enquête menée sur un problème dont le ressort dramatique principal est un crime”. - Jacques Sadoul.

• “Sans doute est-ce une erreur que de voir dans l’intrigue, dans la recherche du criminel, l’essentiel du roman policier. Limitée à elle-même l’intrigue serait de l’ordre du jeu d’échecs - artistiquement nulle. Son importance vient de ce qu’elle est le moyen le plus efficace de traduire un fait éthique ou poétique dans toute son intensité. Elle vaut par ce qu’elle multiplie”. - A. Malraux (Préface à Sanctuaire de Faulkner).

POURQUOI ÉCRIRE UN POLAR ?

Pour quatre raisons :

• D’abord parce que vous en avez sans doute lu beaucoup et, comme moi, aimé beaucoup, et que ce style vous tente.

• Ensuite, parce que c’est un des rares genres qui, en conséquence, se vend, et se vend bien. Alors qu’il est presque impossible de vendre aujourd’hui un recueil de poèmes, une pièce de théâtre ou même un roman classique à un éditeur, il est bien plus facile de lui vendre un roman policier.

• Ensuite parce que le genre policier se décline sous toutes les formes : nouvelle, roman court (180 p.), roman long (400 p.), scénario de film, scénario de T.V., feuilleton, scénario de B.D., dramatique radiophonique, etc. Ce qui permet de plus en plus de valoriser les droits d’auteurs plusieurs fois.

• Enfin surtout parce que, même si ce n’est pas votre vocation finale, le polar est la meilleure école pour apprendre à charpenter un récit qui se tienne et à maîtriser les points de vue. Deux talents cruciaux pour ceux qui sont tentés par l’écriture romanesque. Même si, par la suite, vous ne devez pas persister dans les intrigues policières, vous n’aurez pas perdu votre temps en construisant un polar. Vous aurez appris votre métier de romancier qui consiste à raconter une bonne histoire, distrayante et, si possible, profonde. Bien des écrivains reconnus qui siègent aujourd’hui à l’Académie Française ont commencé, dans leur jeunesse, par écrire des romans policiers. Par exemple Jacques Laurent et Henri Troyat.

DES NOUVELLES AU ROMAN

Vous voulez écrire votre premier polar ?

Je vous propose la méthode suivante : commencez par écrire une ou deux nouvelles policières courtes, de l’ordre de 10 à 20 pages, à intrigue simple. Le but étant d’arriver d’abord à maîtriser un récit complet publiable.

Polycopiez ces nouvelles à plusieurs exemplaires, en cherchant à les diffuser. Vous pouvez essayer de les vendre à des petits magazines, ou participer à des concours de nouvelles (voir annexe).

Si vous recevez des encouragements, essayez de passer au stade supérieur en combinant et étoffant plusieurs de ces nouvelles pour les porter à la longueur d’un roman (180 p.) (c’est ainsi que procédait Raymond Chandler, entre autres). Vous pouvez alors essayer de proposer votre manuscrit à un éditeur, dans une collection qui correspond à votre style.

En supplément ou en parallèle, vous pouvez aussi envisager des débouchés dans d’autres médias : cinéma, T.V., B.D., jeux électroniques… Et si la chance vous sourit, commencer à devenir un vrai professionnel.

COMMENT ÉCRIRE UN POLAR

Le tableau ci-après (fig. 1) résume la manière dont je considère le roman en général et le policier en particulier.

C’est un système comportant 3 niveaux emboîtés de structures.

1. La macrostructure narrative ou plan général

Elle comprend un contenu narratif (l’énoncé) et un mode de récit (l’énonciation).

- Le contenu suppose de fixer : les lieux (décors), les temps (moments), les personnages et le déroulement des actions.

- Le point de vue revient à fixer qui voit l’action (focalisation) et qui la raconte (narration).

Les deux réunis forment le scénario général.

N.B. - J’ai déjà traité de ces problèmes dans les précédents manuels de cette collection :

J’écris mon premier roman,

J’écris des nouvelles et des contes,

Techniques du récit et composition dramatique.

Mais vous trouverez ici des compléments spécifiques au policier.

2. Les mesostructures narratives ou scènes

Une scène, ou séquence dramatique, est constituée de l’entrelacement de 4 sous-genres :

- Décrire (la description).

- Raconter (le récit d’action principal).

- Dialoguer (les dialogues).

- Discourir (les commentaires éventuels).

- Plus les passages mixtes.

Fig 1 - SCHÉMA GÉNÉRAL du ROMAN

Alors que raconter fait avancer l’action, dialoguer et surtout décrire et discourir la ralentissent. Il y a des équilibres à trouver et des alternances à respecter pour réaliser un bon rythme.

3. Les microstructures ou fil du texte

Elles sont constituées par la suite linéaire des mots et des phrases de l’auteur. C’est le travail du style qui consiste à choisir les mots et tourner les phrases.

Tout cela est détaillé dans mon manuel Le travail du style littéraire qui constitue un complément utile à ce manuel.

UN MANUEL EN 3 PARTIES

Vu son format, ce livre ne prétend constituer ni une histoire complète du roman policier des origines à nos jours, ni même une analyse détaillée de tous ses sous-genres. Son but est plus modeste et plus pratique. Aider réellement un débutant à maîtriser un premier récit complet dans le domaine policier.

Si vous écrivez, comme beaucoup, au micro-ordinateur, un autre livre de cette collection peut vous être utile : Traitement de texte : guide de l’écrivain par Christian Chevalier. Il reprend certaines de mes analyses dans une présentation informatisée (fiches-personnages par exemple).

Ce livre comprend 3 parties. La première jette les bases pour le choix d’un genre par l’auteur. La seconde montre de manière détaillée comment de grands auteurs s’y sont pris. La dernière doit vous accompagner dans votre démarrage d’écriture.

A tous, excellente écriture !

Exercices préalables

ANALYSE DE 6 POLARS

Avant d’entamer les analyses de ce manuel, je vous propose de faire les exercices suivants.

Je vous donne le résumé, plus ou moins détaillé, de polars écrits par d’excellents professionnels. Votre travail consiste à prendre une feuille de papier et à répondre pour chacun d’eux aux questions suivantes.

A - ANALYSE DRAMATIQUE

1. Genre : De quel genre de polar s’agit-il ? Investigation ? Angoisse ? Criminel ? ou Thriller ?

2. Point de vue : Quel est le point de vue adopté par l’auteur ? A travers quels yeux voyons-nous l’histoire racontée ?

3. Registre dominant : Dramatique ? Comique ? Tragique ? Épique ? Lyrique ?

4. Contenu dominant : Psychologique ? Social ? Ethnologique ? Géographique ? Historique ?…

5. Structure : Combien de parties peut-on distinguer dans l’œuvre ? Et lesquelles ?

B - ANALYSE TECHNIQUE

6. Lieu et époque (espace et temps).

7. Qui sont les 4 personnages principaux ? La victime ? Le coupable ? L’enquêteur ? Le ou les suspects ?

8. Quel est le mobile du crime ?

9. Quelle est l’arme du crime ?

10. Quel est le masquage du crime ?

11. Quel est “l’indicateur” qui permet de confondre le coupable ?

12. Quelle impression d’ensemble se dégage du texte ? Quel “message” délivre l’auteur ?

Vous pouvez aussi vous aider de la fiche (voir page suivante).

I - Vente à la Bougie

Source : Simenon : Maigret et les petits cochons sans queue. Recueil de 9 nouvelles (UGE Poche, Presses de la Cité, 1960). seize pages.

Résumé :

1. La situation

En Vendée, en plein marais, à quelques kilomètres de la mer, une auberge de campagne à un carrefour. Le patron Frédéric Michaux, sa femme Julia, une servante Thérèse.

Tous les soirs le père Groux, paysan du coin, et le père Nicolas, pêcheur d’anguilles, y vont faire leur partie de cartes.

2. Le problème

Mais un crime a été commis. Une vente aux enchères “à la bougie” doit être faite de la propriété de Groux, couvert de dettes. La veille, le 14 janvier, 2 personnes de plus sont descendues à l’auberge : Borchain et Carrut, tous deux intéressés par la vente et les portefeuilles pleins de billets.

Or, à minuit, Borchain a eu le crâne fracassé dans sa chambre, où on a trouvé aussi le matelas brûlé et son portefeuille disparu.

A 4 heures du matin, Maigret arrive et interroge tout le monde. Il décide de procéder à une reconstitution pour découvrir le coupable, car personne n’a pu entrer ni sortir. Et tous peuvent avoir un mobile (l’argent). L’arme du crime est un marteau retrouvé sur le tas de charbon (sans empreintes). Le portefeuille reste introuvable.

3. La méthode de Maigret

Maigret veut procéder à une reconstitution exacte, le lendemain soir, de ce qui s’est passé des allées et venues du soir du crime, pour savoir qui s’est absenté le temps du crime.

Personnes interrogées :

- L’aubergiste Frédéric Michaux (45 ans), ancien truand repenti…

- Son ancienne amie, Julia, la patronne, empâtée…

- Thérèse, la servante, pupille de l’Assistance Publique, 18 ans (qui couche parfois avec les clients…)

- Carrut n’est pas suspect car, pas un instant, il n’a quitté la grande salle où il jouait aux cartes avec les autres.

- Groux, qui allait perdre son bien, aurait eu le mobile de se remplumer (vengeance…).

- Nicolas, le pêcheur d’anguilles (ivrogne misérable).

- Gentil, le douanier local, vénal…

Thérèse avoue à Maigret qu’elle est la maîtresse de son patron Fred, et qu’ils avaient décidé de filer au printemps, en abandonnant Julia…

Maigret réclame les papiers de Fred. Il les a cachés dans le double-fond du seau à ordures…

4. La solution

Le portefeuille du crime s’y trouve ! On comprend alors que c’est Julia qui a fait le coup, car elle ne pouvait supporter que son mari parte avec la jeunette, après avoir touché son assurance-vie à 50 ans.

Maigret arrête Julia. - Fin.

II - Préméditation

Source : Préméditation de Francis Iles, Gallimard, 1953 (Le Livre de Poche n° 676).

Ce polar comprend 13 chapitres et 270 pages.

Chap. 1 - Le docteur Bickleigh, établi dans un village de la campagne anglaise, ne s’entend pas avec sa femme Julia qui le méprise et le commande en permanence. Ce jour-là, Julia a décidé d’inviter des amis du voisinage à une garden party. Nous faisons connaissance avec eux. Humilié, le docteur pense à tuer sa femme pour la 1ère fois.

Chap. 2 - Retour en arrière : comment il en est arrivé là. Edmond Bickleigh a toujours été complexé par sa petite taille et son origine modeste. Il a épousé Julia parce qu’elle venait de l’aristocratie, bien que plus âgée que lui. Maintenant il rêve qu’elle va tomber malade et mourir. Il fait la connaissance de Madeleine Cranmère, la jeune châtelaine, et sympathise avec elle en lui faisant la cour.

Chap. 3 - Le docteur reçoit un rendez-vous d’une autre jeune femme, Ivy, qu’il rencontre en secret dans une carrière abandonnée. Ivy lui fait une scène de jalousie. Il la quitte. Sa femme Julia, ayant eu des échos, lui interdit de fréquenter Madeleine.

Chap. 4 - Le docteur retourne au château et promet à Madeleine de dessiner son portrait. Il a 37 ans et elle 22 et ils tombent amoureux. Comme Julia a mal à la tête, le docteur lui donne de la morphine pour qu’elle puisse dormir. Ivy lui annonce qu’elle attend un enfant. Il lui propose de l’avorter. Ils se disputent. Le docteur, pour éviter les reproches de sa femme, lui donne encore de la morphine. Puis il fait exprès de lui procurer une drogue qui provoque des maux de tête pour qu’elle lui réclame de la morphine.

Chap. 5 - Grande discussion entre le docteur et Madeleine : elle a peur et veut le quitter. Il refuse. Mais il ne tarde pas à la revoir. Il a une discussion orageuse avec Julia qui connaît sa liaison. Elle lui donne un an de délai. Il avoue à Madeleine qu’il a tout raconté à Julia. Madeleine est furieuse. De toute façon elle refusera toujours d’épouser un divorcé. Julia révèle à son mari que Madeleine flirte de son côté avec Denny Bourne. Madeleine lui dit que c’est pour égarer les soupçons. Le docteur, fou d’amour, décide de supprimer sa femme.

Chap. 6 - Le docteur apprend que son amie Ivy est fiancée à M. Chatford et que sa liaison avec Madeleine s’ébruite. Madeleine part en vacances à Monte-Carlo et lui envoie des lettres enflammées. Comme Julia a toujours mal à la tête, le médecin lui fait des piqûres de morphine plus élevées. Ils vont tous deux voir un spécialiste qui prescrit un traitement. Mais sans grand effet. Le docteur refuse maintenant d’administrer de la morphine à sa femme qui la réclame. Il est content de voir maintenant qu’elle se drogue elle-même en cachette. Madeleine revient de vacances. Le docteur fait venir Hilda et Victor, sœur et beau-frère de Julia et leur annonce que Julia se drogue.

Chap. 7 - Le docteur injecte à sa femme une dose mortelle, puis sort pour se procurer un alibi. Il rencontre Ivy, puis va au château de Madeleine où il rencontre Denny. Ce dernier lui annonce qu’il va se fiancer à Madeleine ! Furieux, le docteur force sa porte et a une orageuse discussion avec elle. On l’appelle au téléphone : sa femme est morte.

Chap. 8 - Miss Peavy donne un thé. Mrs Quarman papote et laisse entendre à une autre fille, Gwynfryd, que la mort de Julia n’était pas si accidentelle que ça… Discussion animée et ragots (le docteur n’est pas là).

Chap. 9 - Voilà 13 mois que Julia est morte. Le Dr Bickleigh s’est très bien accommodé de sa situation de veuf. Ivy l’appelle au téléphone pour un rendez-vous à la carrière. Elle lui annonce que son mari William est allé à Londres à Scotland Yard car il pense que Julia aurait pu se suicider. Le docteur et Ivy se revoient en cachette. Le docteur se met à haïr William Chatford d’un côté et de l’autre Madeleine. Il en vient à souhaiter leur mort.

Chap. 10 - Le docteur prémédite son coup en pensant à un empoisonnement naturel par la botuline (des viandes avariées). Il invite Madeleine et Denny et leur sert des sandwiches contaminés. Ils sont malades. Un inspecteur sonne à sa porte : Russel de Scotland Yard. Il enquête sur la mort de Julia à la suite de rumeurs. Le docteur répond longuement à ses questions. Julia aurait pu être empoisonnée à l’arsenic…

Chap. 11 - Le docteur discute avec son confrère Lydson qui soigne le couple Madeleine et Denny. Au chevet du malade, il préconise un cachet (empoisonné) que le docteur lui administre. Mais 3 inspecteurs l’attendent à son domicile et l’interrogent toute la soirée. A la fin, il est inculpé d’empoisonnement volontaire.

Chap. 12 - Le journal rend compte de l’inculpation du docteur et de l’exhumation du cadavre de sa femme. Le docteur discute avec son avocat.

Chap. 13 - Le procès s’ouvre. On l’accuse. Il y a une bataille d’experts sur le bacille en cause. Finalement le docteur est coincé et, malgré une surprise finale, condamné à mort.

III - Le Pigeon

Source : Film italien de Mario Monicelli avec comme héros Marcello Mastroianni.

Rome, époque actuelle (années 50).

Résumé. Le héros, petit malfrat, sort de prison et retrouve d’anciens copains. Il essaie le vol à la tire mais échoue, un bras cassé.

La petite bande rêve d’un “grand coup” : cambrioler une banque en perçant le mur. Pour cela le héros séduit la bonne de l’appartement voisin pour lui subtiliser ses clés.

Le grand soir est arrivé. Pendant que la bonne est dehors, les 4 malfrats pénètrent dans l’appartement et se mettent en quête de percer le mur avec un cric et une chignole.

Malheureusement, ils se sont trompés et aboutissent dans un autre appartement. Ils se disputent et finissent par piller le frigo avant de disparaître. Finalement, ils se font tous coincer et retournent en prison.

IV - Un Inspecteur vous demande (1947)

Pièce de théâtre policière de l’écrivain (socialiste) anglais J.B. Priestley (1894-1984).

Résumé. Une respectable famille anglaise avec Monsieur, homme d’affaires, Madame, bourgeoise distinguée, le fils, un jeune homme, et la fille, une jeune femme.

On sonne à la porte : c’est un inspecteur de police. Il vient enquêter à la suite du suicide d’une jeune fille. Tous se récrient en disant qu’ils ne sont pour rien dans cette affaire.

Alors, patiemment, l’inspecteur fait remonter les souvenirs à la surface, car la jeune fille avait un autre nom.

D’abord, elle a été employée dans la maison comme bonne par Madame qui, à la suite d’un détail, l’a renvoyée.

Elle a été employée ensuite dans le magasin de Monsieur qui, lui aussi, l’a mise à la porte pour un motif injuste.

Elle a été vendeuse dans un autre magasin, mais cette fois c’est la fille, cliente arrogante, qui a exigé du directeur son départ après une “réflexion déplacée”.

Elle a été enfin la maîtresse du fils, qui lui a fait un gosse et l’a abandonnée.

C’est ainsi qu’en désespoir de cause elle s’est suicidée.

Sans doute personne n’est-il formellement coupable, mais tous les quatre sont en partie responsables. Les parents refusent cette idée. Les enfants l’acceptent… Mais l’inspecteur a disparu et personne ne le connaît à Scotland Yard. Qui était-il alors ? - Fin.

V - Pas d’Orchidée pour Miss Blandish

Roman de James Hardley Chase (1938) - Gallimard Série Noire (et film).

Miss Blandish est la fille d’un milliardaire du Kansas. Le gang de Riley veut lui prendre son collier de diams, mais est obligé de l’enlever.

Une bande rivale, plus puissante, celle de Mama Grisson, intervient et rafle le tout : le collier, la belle et la rançon.

Mais Slim, le fils de Marna Grisson, sadique et dégénéré, ne veut plus lâcher la belle. Impuissant, il cherche à la violer, la séquestre, la drogue et la pervertit dans le Paradis Club transformé en forteresse par les bandits.

Un journaliste enquêteur découvre la planque. Slim s’enfuit et est abattu : la fille est libre mais pour elle, c’est trop tard. Incapable de “remonter la pente”, elle se jette par la fenêtre.

VI - Largo Winch

Série d’albums de bande dessinée. Dessin : Philippe Francq. Scénario : Jean Van Hamme. Ed. Dupuis.

Tome 1 : l’Héritier (1992) - Tome 2 : Le groupe W (1992) - Tome 3 : l’OPA (1992).

7 tomes parus à ce jour. Les scénarios sont parus en romans au Mercure de France.

Résumé du 1er album.

L’histoire commence par la scène du crime : Winch le plus puissant milliardaire du monde, à la tête de 13 multinationales couvrant tous les secteurs : pétrole, tourisme, banque, aviation… reçoit en secret l’un de ses directeurs. Il est seul sur sa chaise roulante et l’accuse de graves malversations au sein de son groupe. L’autre tire son pistolet mais le milliardaire lui annonce qu’il désire la mort car il est atteint d’un cancer incurable. L’homme le jette du haut du building, faisant croire à un suicide.

Fils adoptif unique du milliardaire, Largo Winch, héros contestataire, marginal, coureur et bagarreur, se retrouve à la tête d’un immense empire. Mais son premier travail sera de se libérer d’une prison turque où il a été injustement accusé de meurtre. A la suite de diverses aventures, il se liera d’amitié avec son pilote privé, Simon. Et désormais ils vont parcourir le monde pour faire justice, se protéger du méchant masqué et désamorcer les complots qui viennent de partout.

CHAPITRE ILe roman policierHistoire et constitution de ses genres

OBJECTIF :

A la fin de votre lecture, vous devez être en mesure de faire le choix du type de polar que vous voulez écrire, avec son style et les contraintes spécifiques pour chacun.

Plus qu’un genre unique, le roman policier constitue aujourd’hui une grande famille de genres. Aussi, avant d’écrire un polar, convient-il de prendre une conscience précise du genre de polar qu’on veut écrire. Chacun, caractérisé par son style et ses règles d’écriture.

Nous procéderons en deux temps. D’abord remettre en mémoire l’origine du polar et son développement sur 150 ans. Ensuite, définir plus précisément les différents sous-genres de roman policier. Cela, pour que chacun puisse déterminer le genre qui lui conviendra le mieux.

A - PETITE HISTOIRE DES GRANDS POLARS

LES MÉMOIRES DE VIDOCQ (1828)

S’il fallait désigner un grand parrain du-roman policier, je n’hésiterais pas à désigner Napoléon. C’est lui, en effet, le grand organisateur de la police moderne du 19e siècle en France. Lui qui a choisi un bagnard, Vidocq, pour en être la tête.

Les Mémoires de Vidocq sont ainsi l’ancêtre historique des livres de souvenirs que publient les commissaires de police en retraite.

Vidocq (1775-1857) était le fils d’un boulanger d’Arras. A la suite d’un vol, il échappa au châtiment en s’engageant dans l’armée, à l’âge de 16 ans. Mais il déserta bientôt et se vit condamné pour faux sous la Révolution, en 1796 (ce qu’il niera toujours).

Incarcéré dans le sinistre bagne de Brest, il s’en évade deux fois, puis propose sa collaboration, en échange de son amnistie, au préfet de Police Dubois. Sa connaissance de la pègre, sa pratique de l’argot, ses nombreuses relations, sa vive intelligence, lui assurent de nombreux succès qui le propulsent à la première place.

En 1811, il crée une “Brigade spéciale” composée de repris de justice repentis. Ses activités restent pourtant assez troubles, car on le voit amasser une imposante fortune dont l’origine est inavouable. Il survit cependant à la chute de l’Empire, et restera en poste jusqu’en 1827, date à laquelle il est renvoyé pour un scandale. Il écrit alors ses mémoires ( 1828), aidé par un “prête-plume”.

Il est rappelé par Louis-Philippe en 1832, mais à nouveau renvoyé. Il ouvre alors une officine de police privée, nouveauté pour l’époque. Il mourra sous le Second Empire, à l’âge avancé de 82 ans.

UNE IMPORTANTE POSTÉRITÉ

La vie “rocambolesque” de Vidocq et sa personnalité fascinante inspirèrent bien des romanciers français de son époque.

- Victor Hugo en fit Jean Valjean, le principal héros des Misérables.

- Balzac en fit Vautrin, qui apparaît dans plusieurs de ses romans.

- Eugène Sue, Ponson du Terrail, Alexandre Dumas, Paul Féval s’inspirèrent de lui et de son livre, dans leurs feuilletons.

- Également Lamartine, Jules Janin, Soulié et bien d’autres.

LA NAISSANCE D’UN GENRE : LE FEUILLETON

Ainsi, largement pillées, les Mémoires de Vidocq ont influencé toute une série d’auteurs, petits ou grands. Mais la naissance du genre policier est sociologiquement inséparable de trois phénomènes : l’industrialisation, la naissance des grandes villes aux banlieues sordides, le développement de l’instruction publique et de la lecture, et surtout le développement de la grande presse. Développement qui fit du Policier, avec le feuilleton, un sous-genre du genre journalistique.

C’est sous la Monarchie de Juillet, entre 1837 et 1850, que sont apparus les premiers grands feuilletons :

- Rocambole de Ponson du Terrail.

- Les Mystères de Paris d’Eugène Sue.

- Les Mohicans de Paris d’Alexandre Dumas.

- Jean Diable de Paul Féval.

Ce ne sont pas encore de “vrais” romans policiers mais ils en présentent pourtant des ingrédients majeurs : les mystères inquiétants de la grande ville, des individus louches et criminels, un héros vengeur pour les démasquer et les neutraliser. Nos séries télévisées actuelles en sont les descendants.

TROIS PÈRES DU ROMAN POLICIER

Le Policier va naître dans trois pays, presque en même temps :

- En France, avec le journaliste Emile Gaboriau : L’affaire Lerouge (1866).

- Aux Etats-Unis, avec Edgar Poe, (traduit et lancé en France par Baudelaire) :