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A la veille des élections municipales, certains ont plus à cacher que d'autres...
Trois cadavres sont découverts par la Gendarmerie à divers endroits de la ville : un entrepreneur très en vue, une retraitée fouineuse et un agent municipal au passé trouble. Trois morts sur lesquels est retrouvée une signature identique : une plume d’oie et une carte de visite marquée d’un J. en lettres de sang.
Quel point commun y a-t-il entre ces trois personnes ? En existe-t-il seulement un ?
Pour le Commandant Antoine Lavrieux et le jeune Gen-darme Kévin Guercin, l’enquête s’annonce compliquée.
Elle va rapidement virer au cauchemar lorsqu’ils s’aperçoivent que les victimes avaient une connaissance commune : le Maire de la ville. Voilà une information qui aurait pu paraître comme un banal élément de l’enquête, si nous n’étions pas en janvier 2014 … veille d’élection municipale. Mais à quel jeu joue cet élu apparemment plus préoccupé par sa réélection que l’aboutissement de l’enquête ?
Autant de questions auxquelles les Gendarmes vont de-voir répondre afin de pouvoir dénouer les fils de ce mys-tère et faire éclater la vérité.
Une nouvelle policière qui va vous donner, comme au Commandant Lavrieux, des sueurs froides !
EXTRAIT
Un des gendarmes pose sur la table trois sachets au contenu identique : une plume d’oie taillée pour la calligraphie dont la pointe est ensanglantée et une carte de visite blanche sur laquelle est tracée la lettre « J. » avec du sang.
— La même signature sur les trois victimes. Intéressant. J. ? Pourquoi ce J. ? Les morts se connaissaient-ils ? interroge le Commandant Lavrieux les yeux rivés sur les sachets.
Non seulement ils ne se connaissaient pas, mais en plus ils résidaient dans différents quartiers de la ville. Pour couronner le tout, les premières constatations n’ont pas permis de relever de preuve particulière. Pas d’empreinte, pas d’objet manquant, pas de trace de lutte. L’enquête de voisinage ne s’est avérée guère plus concluante : aucune personne étrange croisée dans le quartier, aucun bruit particulier ayant éveillé la curiosité du voisinage. Rien !
À PROPOS DE L'AUTEUR
Laurent Moulin travaille comme Directeur de cabinet depuis 15 ans. En 2017, ce passionné de théâtre découvre le site Internet Au Balcon pour lequel il se met à écrire des critiques. Ce premier pas l’encourage à se lancer dans un récit plus long. Ainsi naît « J. », sa première nouvelle policière.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Laurent MOULIN
J.
Nouvelle policière
Finaliste du Prix Zadig 2019 de la nouvelle policière
ISBN : 978-2-37873-890-7
Collection : Rouge
ISSN : 2108-6273
Dépôt légal : février 2020
© couverture Ex Æquo
© 2019 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite
« Les gens s’imaginent toujours que le crime est un jeu, ajouta Poirot en soupirant.
Mais c’est tout le contraire d’un jeu. »
— Bon Dieu, Kévin, mais qu’est-ce qui vous prend ? Vous voulez me faire avoir une crise cardiaque ou quoi ?
Surpris par le vacarme provoqué par le jeune gendarme, Kévin Guercin, lors de l’ouverture de la porte du bureau, le Commandant Antoine Lavrieux ne peut retenir son agacement en s’adressant à lui. Un énervement d’autant plus appuyé que dans son sursaut il vient de renverser une partie du contenu de sa tasse sur son pantalon.
— Pardonnez-moi, mon Commandant, il faudrait que vous veniez tout de suite. On nous a signalé un mort.
Il emboîte immédiatement le pas de son subalterne, non sans essayer discrètement d’effacer au maximum la tache de café. S’enquérant de l’identité du cadavre dès son arrivée à l’accueil, il perçoit une certaine gêne dans la voix de l’agent lui faisant face.
— En fait, mon Commandant, on ne nous a pas signalé un mort… mais trois.
— Trois ? Au même endroit ?
— Non, mon Commandant, trois morts à trois endroits différents. Un premier appel passé par une femme de ménage. Elle a découvert son patron, chez lui, sans vie sur le parquet du salon. Ensuite, c’est un couple qui nous a contactés, inquiet pour sa voisine ne répondant à aucun appel. La situation leur paraissait anormale d’autant qu’ils avaient rendez-vous. Enfin, un jeune homme a été retrouvé mort également chez lui. Les équipes sont déjà sur les différents sites pour procéder aux constatations d’usage et aux premiers relevés.
Par réflexe professionnel, Antoine Lavrieux demande à voir les hommes présents sur les lieux impérativement dès leur retour. Il lui faut cependant prendre son mal en patience, car la journée est presque passée lorsqu’il les voit pénétrer dans son bureau. Prenant place autour de la table de conférence disposée dans un coin de la pièce, il les invite sans plus attendre à lui livrer les premiers éléments.
Mort n°1 : Hubert Bousquet. 50 ans. Divorcé. Il dirigeait l’entreprise Jardiflore, la plus importante pépinière de la région. Situation financière confortable. Son corps a été découvert par sa femme de ménage. Il a été poignardé à plusieurs reprises à l’abdomen et présente une profonde balafre à la gorge. La mort remonte visiblement au début de la soirée.
Mort n°2 : Marie Grégoire. 71 ans. Veuve, retraitée d’une société de transport public. Poignardée et égorgée. La mort aurait eu lieu entre 21 heures et minuit.
Mort n°3 : Rémi Roussel. 32 ans. Célibataire, employé municipal. Mort donnée de la même façon que les deux autres victimes. Elle serait survenue entre 1 heure et 6 heures du matin.
— Un même mode opératoire, voilà qui n’est pas banal, s’étonne Lavrieux.
— Et vous n’avez pas tout vu, mon Commandant…
Un des gendarmes pose sur la table trois sachets au contenu identique : une plume d’oie taillée pour la calligraphie dont la pointe est ensanglantée et une carte de visite blanche sur laquelle est tracée la lettre « J. » avec du sang.
— La même signature sur les trois victimes. Intéressant. J. ? Pourquoi ce J. ? Les morts se connaissaient-ils ? interroge le Commandant Lavrieux les yeux rivés sur les sachets.
Non seulement ils ne se connaissaient pas, mais en plus ils résidaient dans différents quartiers de la ville. Pour couronner le tout, les premières constatations n’ont pas permis de relever de preuve particulière. Pas d’empreinte, pas d’objet manquant, pas de trace de lutte. L’enquête de voisinage ne s’est avérée guère plus concluante : aucune personne étrange croisée dans le quartier, aucun bruit particulier ayant éveillé la curiosité du voisinage. Rien ! Un silence pesant s’installe dans la pièce. Antoine Lavrieux est en pleine réflexion lorsque Kevin Guercin pénètre à nouveau avec fracas dans le bureau, provoquant un sursaut général.
— Je crois que j’ai quelque chose, annonce-t-il sous le regard noir de son patron. Dès la découverte des corps ce matin, les collègues m’ont demandé de fouiller un peu la vie des trois victimes. De prime abord, rien de bien transcendant. Concernant Hubert Bousquet. Une fois le divorce prononcé, son ex-femme est partie s’installer dans le Sud de la France. J’ai vérifié, elle n’en a pas bougé dernièrement. Il a un fils, Jules, avec lequel les relations étaient apparemment difficiles. Une mésentente qui durait depuis des années. Une divergence de vue quant à l’avenir professionnel du fiston. Celui-ci avait fait part à son père de son ambition de ne pas suivre le même chemin que lui et de devenir comédien de théâtre. Hubert Bousquet avait plutôt mal pris la chose, décidant de lui supprimer toute aide financière.
— Intéressant. On peut donc imaginer que sérieusement dans le besoin et ne sachant comment s’en sortir, il tue son père avant que ce dernier ne le raye de son testament. Voilà un bon motif, non ?
— Eh bien, non, justement, répond Kévin Guercin. Certes, Hubert Bousquet n’avait jamais compris et accepté la décision de son fils. Certes, les disputes à ce sujet éclataient immanquablement quand ils se rencontraient. Certes, Jules Bousquet ne roule pas sur l’or, mais il ne semble pas avoir de problème d’argent particulier. Par ailleurs, à aucun moment le père n’avait émis le moindre souhait de modifier ses dispositions testamentaires. J’ai vérifié auprès de son notaire. Ils n’en ont jamais parlé. Ainsi, en cas de décès d’Hubert Bousquet, il était toujours prévu que son entreprise et tous ses biens personnels reviennent à son fils.
— Aucune raison par conséquent de forcer le destin pour voir le patriarche mourir prématurément, intervient le Commandant.
— Non, aucune. En dehors de cela, quelques détracteurs, quelques jalousies, mais rien que de très normal pour un homme d’affaires de l’envergure d’Hubert Bousquet. Concernant Marie Grégoire, sa vie était une mer sans vague… Pas d’enfant, un mari décédé il y a plusieurs années. Son quotidien se partageait entre ses sorties chez le coiffeur, à la supérette du coin et ses parties de cartes et de scrabble avec ses voisins. Ses connaissances m’ont décrit une personne relativement à cheval sur les principes, assez « vieille France », mais plutôt aimable. Enfin, Rémi Roussel. Orphelin, il a été ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil. Il n’a pas été un adolescent facile, enchaînant les menus larcins. Puis, devenu adulte, il avait subitement repris sa vie en main et s’était inséré dans le monde du travail en devenant agent municipal. Il avait un tempérament plutôt dragueur d’après ses collègues. On ne lui connaissait qu’un défaut, être un peu porté sur la bouteille…
— En gros, nous n’avons rien quoi… conclut Antoine Lavrieux.
— Pas tout à fait. En poussant un peu plus mes recherches, j’ai découvert qu’ils avaient tous trois eu de sérieux démêlés avec le même homme : Philippe Marchelier.
— Le Maire ??? Il ne manquait plus que ça.
Saisissant la feuille que lui tend Kevin Guercin, Lavrieux prend rapidement connaissance des griefs ayant opposé les victimes à l’élu. Il lui faut en avoir le cœur net. Une visite en Mairie s’impose dès la première heure le lendemain.
Assis dans son fauteuil, les yeux rivés sur un parapheur, Philippe Marchelier signe, de manière quasi-automatique, des courriers sans prêter une once d’attention aux deux gendarmes debout devant son bureau. Sans relever la tête et d’une voix fort peu aimable, il les invite à prendre un siège. Avant qu’Antoine Lavrieux ait le loisir d’exposer la raison de sa venue, le Maire, d’un geste sec, lui lance un calendrier.
— Oui, Monsieur le Maire je sais que nous sommes le 13 janvier 2014, que les élections municipales sont proches et que vous n’avez donc pas de temps à perdre, mais je vous assure que c’est important.
Antoine Lavrieux ne laisse pas le temps au Maire de réagir et entame son exposé des faits. Il en vient rapidement au motif de sa présence et l’interroge sur les raisons l’ayant opposé aux victimes.
— Qu’est-ce que j’en sais moi ? Lavrieux, vous croyez franchement que je me rappelle tous les gusses avec lesquels je m’engueule ? Bon cela dit, concernant Hubert Bousquet, je suppose que cela doit être en rapport avec le projet d’agrandissement de son entreprise. Projet auquel je me suis opposé, alors bien évidemment, nous avons eu quelques entrevues… musclées.
Puis, Philippe Marchelier saisit son téléphone et demande à son interlocuteur de bien vouloir le rejoindre. Une poignée de minutes plus tard, un homme, la quarantaine, pénètre à pas feutrés dans le vaste bureau.
