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Quand Marie Rousselet emménage dans un nouvel appartement, elle ne s’attend pas à ce que son quotidien vire au cauchemar...
Lorsque mon mari a changé de travail, je pensais que notre déménagement marquerait un nouveau départ pour notre famille. Notre nouveau chez-nous, un appartement charmant niché dans une vieille bâtisse, semblait être le lieu idéal pour nous épanouir. Mais dès notre installation, des phénomènes troublants ont commencé à se produire. Ce qui semblait d'abord anodin est rapidement devenu inquiétant, puis terrifiant. Bientôt, ces événements sont devenus imprévisibles, violents et profondément maléfiques. Ce qui devait être notre havre de paix s’est transformé en un véritable enfer, et je me suis retrouvée confrontée à une force paranormale bien au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer.
Découvrez le récit bouleversant de Marie Rousselet, un témoignage saisissant et authentique sur ses confrontations avec l’invisible, depuis son plus jeune âge.
À PROPOS DE L’AUTEURE :
Marie Rousselet, née Casanova, est originaire de Ploërmel en Bretagne. Mariée et maman de quatre enfants, elle a été exposée au paranormal dès son plus jeune âge. Passionnée par le surnaturel et dotée d’un don pour percevoir l’invisible, elle a consacré sa vie à explorer ces phénomènes. Aujourd'hui, elle vit dans le Jura et exerce en tant que rédactrice freelance et consultante dans le domaine du paranormal. À travers ses écrits, Marie partage ses expériences et invite les lecteurs à plonger dans l’inexplicable.
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Seitenzahl: 112
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Marie Rousselet
JAMAIS SEULE
Éditions Art en mots
Paranormal
Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Graph’L
Préface
Le livre que vous vous apprêtez à lire est un témoignage particulier, qui traite de sujets parfois difficiles à croire. L’au-delà fascine autant qu’il interpelle et effraie parfois.
Vous y découvrirez mon propre vécu, sur une période bien précise de ma vie. Je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit de l’existence d’un autre monde ou des fantômes. Chacun est libre de trouver en ces lignes une réponse à des questions qu’il pourrait se poser : la confirmation de ce que vous savez déjà ou de ce que vous pensez savoir, l’envie de frissonner un peu en espérant au fond de vous que ce n’est pas vrai ou encore la preuve que ma santé mentale laisse sérieusement à désirer !
Les faits que vous lirez sont réels, je vous le garantis. À vous d’en apporter votre propre conclusion…
À mon mari et à mes enfants
Chapitre 1
— Je suis pris !
C’est par ces trois petits mots que Sylvain me signifiait qu’enfin, notre vie allait pouvoir changer. Il était pris ! En CDI ! Finie l’intermittence du spectacle, terminées les longues tournées qui l’empêchaient de vivre pleinement sa vie de famille ! Je vais retrouver mon mari, connaître les joies des week-ends passés ensemble, les plaisirs des fins de journées savourées en couple.
Et les enfants ! Vont-ils être heureux de profiter de leur papa ! Baptiste, le petit dernier, arrêtera sûrement de le rejeter comme il le fait et finira par adopter ce père trop longtemps absent.
Je serrai longuement mon mari contre moi. Je pleurais et riais à la fois. Je n’en pouvais plus de cette demi existence de femme au foyer, mariée et célibataire à la fois. Nous sommes parents de trois enfants de moins de cinq ans et la paternité de Sylvain était à l’image de son statut : intermittente. Baptiste, tout juste un an au compteur, ne reconnaissait même pas son propre père et lorsque ce dernier était à la maison, il s’accrochait à moi comme une bernique à son rocher. Ses hurlements trahissaient sa volonté de ne pas se voir approché par cet homme, dont le cœur se brisait à chaque fois que la petite main potelée le repoussait.
Quant aux filles, elles avaient pris le pli de ne plus vivre qu’avec moi et vivaient les retours de Sylvain comme un bonus. Elles en étaient venues à ne plus me demander où il était et se contentaient du baiser uniquement maternel du soir.
Je souffrais de cette situation autant que mon mari. Voir ses propres enfants le rejeter ou l’ignorer me tordait les tripes. Ce n’était pas comme ça que je concevais ma vie de famille. Quand on est gamin, on a toujours un idéal et là, j’étais loin de l’avoir atteint. Alors bien sûr, j’avais trois beaux enfants, comme je l’avais espéré. J’avais épousé l’homme de mes rêves. Toutefois, ça ne suffisait pas. La façon dont tous ces éléments s’imbriquaient était loin d’être épanouissante. Je m’échinais au quotidien à éduquer, câliner, soigner et nourrir ma volée de moineaux. Leur reconnaissance était plutôt maigre et le soir, j’avais plus souvent envie de les mouliner que de les bisouiller. Mes nerfs étaient en pelote, du matin jusqu’au soir. Je n’éprouvais plus aucun plaisir, et faisais en sorte qu’ils ne manquent de rien, en me demandant à quel moment j’allais pouvoir souffler un peu. Leurs demandes incessantes meublaient chaque minute de la journée. Je devais pourvoir à tout, sans me reposer sur personne. J’enviais mes amies qui, le soir venu, pouvaient se décharger sur un papa bien content de donner le bain à sa progéniture. Chez nous, le bain était expéditif, le repas devait se prendre dans le silence le plus complet (chaque soir était un échec mais mes espoirs n’avaient d’égal que ma persévérance) et le coucher était réalisé en deux coups de cuillère à pot. Les histoires ne firent pas long feu face à ma lassitude générale et grandissante. Et s’il prenait l’envie aux filles de papoter dans leur lit, je me transformais en dragon rugissant. Je n’avais que ces quelques heures en soirée pour profiter du calme. Il était donc hors de question qu’elles me les gâchent en discutant de leurs copains d’école.
Quant à Sylvain, sa vie de nomade avait été follement épanouissante jusqu’à l’arrivée de Numérobis. Être père de deux enfants sans vraiment pouvoir les voir commençait à lui peser. Il adorait son métier de comédien et de metteur en scène et partait avec un réel plaisir fouler les planches de France et de Navarre. Son dernier spectacle avait d’ailleurs connu un grand succès et c’est à la naissance du petit dernier que les choses se sont accélérées pour lui. Une énorme tournée lui tendait les bras. Ses sacrifices n’avaient pas été vains et il touchait du doigt ce pourquoi il avait œuvré ces dix dernières années. Un rêve se concrétisait, à mesure que mon ventre s’arrondissait à nouveau.
Baptiste est né le 12 juillet 2014, Sylvain est parti en tournée six jours plus tard. L’année qui a suivi fut jalonnée par ses nombreuses absences, qui m’ont réduite à l’état de machine exécutant froidement chaque geste du quotidien, en se demandant quand cela s’arrêterait.
Et ce moment est enfin arrivé, à l’aube du premier anniversaire du benjamin.
Sylvain m’avait soufflé ces quelques mots « Je suis pris » juste avant de monter sur scène. J’étais toujours fière de le voir jouer mais ce soir-là, ce sentiment était encore plus fort. Il se mêlait à une joie indescriptible et à un soulagement intense. Ma tête échafaudait des beaux plans d’avenir : j’allais pouvoir retravailler, me consacrer un tout petit peu à moi et surtout, surtout … j’allais enfin savourer les plaisirs simples d’une vie plus normale.
Une fois la représentation terminée, Sylvain fut chaleureusement félicité pour son jeu et pour son nouveau poste. Cependant, une question revenait systématiquement :
— Ça ne va pas trop te manquer de ne plus jouer ?
Cette interrogation me taraudait aussi : « Et si je l'empêchais de réaliser son rêve ? Et s’il en venait à regretter son choix ? » Sylvain affirmait qu’il était heureux de pouvoir poser les valises et d’endosser son véritable costume, celui de père. Cette réponse me satisfaisait amplement.
Dès le lendemain, nous envoyâmes une lettre de dédite à notre propriétaire et nous nous lançâmes dans la recherche de notre nouvelle maison. Celle que nous occupions était bien trop éloignée du futur emploi de Sylvain.
Notre budget était serré, incompatible avec nos souhaits d’espace et de confort. Les belles maisons étaient hors de prix et ce qui correspondait à notre budget nous donnait des frissons dans le dos. Il nous semblait que le papier peint à fleurs jaunies était revenu à la mode.
Nous passâmes près d’un mois à fouiller sur le net, appeler des agences aux tarifs exorbitants, visiter des habitations aux taches et odeurs suspectes. L’une d’elles présentait même un trou béant dans le sol de la buanderie, ce qui avait laissé de marbre un agent immobilier visiblement blasé. Nous commencions à perdre espoir : l’échéance du bail arrivait à grands pas et Sylvain devait prendre son poste quelques semaines plus tard.
Un soir cependant, j’entendis Sylvain pousser un grand cri d’exclamation :
— J’ai trouvé !
— Montre-moi ça, m’exclamai-je en sautant sur l’ordinateur.
— Regarde : appartement type 5 de 100 mètres carrés possédant trois chambres, un vaste séjour et une cuisine séparée. Salle de bains et buanderie. Terrain à disposition. C’est parfait ! Les photos sont chouettes en plus.
— Cher ?
— 600 euros.
— Y a un loup ?
— Oui…c’est en Haute Saône », répondit mon mari en riant.
Chapitre 2
Nous visitâmes l’appartement dès le lendemain. Il était situé à Voray-sur-l'Ognon, un petit village bordé par une rivière. Le bourg avait un charme fou avec de nombreuses maisons en pierres apparentes. Une boulangerie exhalait une douce odeur de brioche. De nombreuses personnes se pressaient sur sa devanture. C’est plutôt bon signe ! Le pain doit être bon. Le long de la route principale, j’eus le plaisir de découvrir un caviste et deux coiffeurs. Nous ne manquerions décidément de rien.
Nous nous garâmes à l’adresse indiquée. Une longue allée longeait un magnifique terrain et menait à une imposante demeure au crépi clair et aux volets verts. Une vieille dame vint à notre rencontre, le brushing impeccable et sentant bon le savon et l’eau de Cologne. Elle nous accueillit chaleureusement et nous présenta la maison. Bâtie en 1870 (c’était inscrit sur le porche), elle était composée de trois appartements : celui des propriétaires, c’est-à-dire la vieille dame et son mari, un petit deux-pièces occupé par un jeune couple et le grand appartement, au premier étage. L’immense terrain bordant la maison était divisé en deux : la partie arrière pour les propriétaires et la partie avant dédiée aux occupants du premier étage. Les occupants du studio du rez-de-chaussée pouvaient profiter de l’espace situé juste devant leur fenêtre de salon et qui faisait office de terrasse.
Nous montâmes un escalier assez étroit en bois dont chaque marche craquait sous nos pas puis nous entrâmes dans le logement et fûmes immédiatement séduits par les lieux. Malgré le temps maussade, il nous parut clair et lumineux. Sa disposition nous convenait parfaitement. Il était composé d’une entrée qui desservait une buanderie sur la gauche. En face de la porte d’entrée, au bout du petit couloir, se tenait la cuisine, suffisamment spacieuse pour y accueillir une table et 5 chaises autour. A droite de la cuisine, le couloir faisait un petit coude qui nous emmenait directement dans le salon. Vaste pièce de 25 mètres carrés, située plein sud, elle nous plut par sa taille et les possibilités d’aménagement qu’elle offrait. Même le parquet qui faisait des vagues par endroit ne gâcha pas notre plaisir. Un escalier en bois, collé au fond de la pièce, desservait un petit palier, donnant lui-même sur trois chambres, une salle de bains et un W.C. Nous étions conquis ! Les enfants avaient déjà pris possession des lieux en courant dans la plus grande chambre, prouvant au passage qu’aucune dalle n’avait été posée. J’espérais qu’un simple tapis suffirait à combler les bruits de leurs cavalcades mais le hochement de tête de Sylvain me fit comprendre que j’étais désespérément trop optimiste.
Nous redescendîmes avec les enfants sous le bras pour signer les papiers du bail. Hors de question qu’un tel logement nous passe sous le nez, surtout à ce prix-là et à 10 minutes du travail de Sylvain. Nous entrâmes chez la vieille dame et rencontrâmes son époux, un monsieur à la mine réjouie, aux traits tirés et au teint cireux. Il se déplaçait avec difficulté, en traînant une savate usée par de longues promenades sur le carrelage qu'elle polissait à chaque pas.
— Alors c’est vous les nouveaux locataires ?, nous demanda-t-il avec un grand sourire, en nous serrant la main. Puis, en se baissant dans un craquement de genoux, il s’adressa aux enfants : Vous aurez de l’espace pour courir ici. Ça fait du bien de voir de la jeunesse dans cette maison, ça la rend vivante ! ajouta-t-il l’œil malicieux.
Les papiers furent rapidement remplis et malgré un emménagement prévu quatre semaines plus tard, la clé nous fut immédiatement remise.
— Vous pouvez y faire les aménagements que vous souhaitez, nous assura la propriétaire. Et y apporter quelques affaires.
— Nous souhaiterions faire quelques peintures justement, dans la cuisine et la salle de bains, annonça Sylvain
— Aucun problème, faites comme chez vous ! C’est vrai que le jaune et le rose ne sont plus tellement modernes.
— Merci, c’est vraiment gentil à vous. Nous nous y mettrons dès ce week-end ! »
Il n’avait pas menti ! Le week-end suivant, armés de seaux de peinture et de rouleaux à tapisserie, nous nous rendions dans notre nouvelle demeure, avec la ferme intention de la mettre à notre goût. Les dauphins dans la future chambre de Baptiste allaient disparaître au profit d’une tapisserie dans les tons gris et turquoise. La cuisine, peinte en jaune criard allait se parer de taupe et de lin. Quant à la salle de bains, rose bonbon, elle serait modernisée avec du vert d’eau et du lin. Même le sol serait remplacé par du vinyle imitation parquet blanchi.
Mes beaux-parents ainsi que ma mère avaient fait le déplacement pour nous donner un coup de main. Bien vite, les murs de la chambre bleue furent mis à nu, après retrait d’une demi-douzaine de couches d’anciennes tapisseries, toutes plus fleuries les unes que les autres. En dépit d’une chaleur étouffante qui rendait le travail difficile, les choses avançaient bien et en quelques jours seulement, l’appartement retrouva une nouvelle jeunesse. Une petite touche d’originalité avait été apportée par Sylvain qui avait oublié de repeindre la porte des toilettes de l’étage en vert. Elle resta donc rose bonbon, s’accordant difficilement avec la couleur toute neuve des murs.
— Pas grave, je la repeindrai plus tard, m’avait certifié mon peintre en herbe.
Je pense qu’à l’heure actuelle, soit 5 ans plus tard, la porte est toujours rose !
