Je suis un fantôme - Léa Mouget - E-Book

Je suis un fantôme E-Book

Léa Mouget

0,0

Beschreibung

Qu'y a-t-il de l'autre côté de la Barrière qui sépare les deux Mondes ?

Jane est une fille discrète et réservée, amoureuse d'un garçon de son lycée, elle a toujours vécu une vie banale entourée d'une famille aimante et d'une meilleure amie extravertie. Mais un soir, sa vie s'arrête brusquement. Elle se souvient encore du crissement des pneus sur le verglas et du bruit de son corps retombant brutalement sur le béton glacé.
Rares sont ceux qui se rendent compte de leur mort lorsque leur fin fut brutale. Jane s'en aperçoit quelques temps après, elle est seule, dans un monde qui lui est totalement inconnu.
Lorsqu'elle fait la rencontre du mystérieux Raphaël, les choses changent et des choix s'imposent...
Et si Raphaël n'était pas celui qu'il prétend être ?
Et si la Barrière séparant les deux Mondes était sur le point de céder ?
Que se passerait-il ensuite ?
Jane est morte et le destin l'a choisie.

Découvrez sans plus attendre le premier tome d'une saga fantastique, sur les traces de Jane et Raphaël dans un nouveau Monde entre la vie et la mort.

EXTRAIT

Ils avaient toujours été dans les mêmes établissements et leurs parents avaient été longtemps amis jusqu'à ce que des conflits viennent tout gâcher. Petits, ils s'entendaient bien tous les deux, ils étaient même les meilleurs amis du monde, mais lorsque leurs parents arrêtèrent de se parler pour des raisons qui étaient encore inconnues à Jane, ils s'éloignèrent. Au collège Andrew se fit de nouveaux amis et au lycée c'était comme si Jane n'existait plus. Malgré tout, il se souvenait encore d'elle, elle esquissa alors un léger sourire en y songeant.
Alex partit le premier en frôlant Jane, la sensation fut la même qu'avec la porte la veille, mais lorsque Andrew passa à son tour, il la traversa complètement. Elle inspira profondément en se retournant vers lui, ce qu'elle avait ressenti était vraiment désagréable mais surtout inhabituel. Elle s'était sentie envahie, puis poignardée par des milliers de petits piques. Andrew s'arrêta et se retourna tout en regardant autour de lui, ses yeux se posaient même sur Jane face à lui mais il ne semblait pas la voir, en revanche elle remarqua qu'il avait les poils hérissés sur les bras, c'était un bon début ! Il avait dû ressentir sa présence.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Née le 30 Janvier 1998, Léa Mouget a toujours été dotée d'une grande imagination, ses racines ont été ébranlées par la vie et par un événement dont la tournure brutale aurait pu s'avérer tragique. Elle se retrouve alors plongée dans une solitude nouvelle, sa sensibilité à vif lui fournit de quoi remplir mille et une pages au cours desquelles elle pousse ses lecteurs à découvrir les différents mondes qu'elle crée. Petit à petit elle se libère de sa solitude et combat jour après jour cette crainte grâce à ses romans toujours teintés d'espoir.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 441

Veröffentlichungsjahr: 2018

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



JE SUIS

UN FANTÔME

PROLOGUE

Le réveil difficile, le petit déjeuner rapide, le choix de la tenue, se regarder pendant une éternité devant le miroir pour cibler ses défauts, mettre les jolies bottines que grand-mère a offert pour Noël... mais finalement opter pour les vieilles converses déchirées qui datent de quatre ans. Enfiler le gros manteau d'hiver complètement démodé, se regarder une nouvelle fois dans la glace avant de partir. Souhaiter une bonne journée à ses parents et son petit frère puis sortir rejoindre Sally, sa meilleure amie. Enfiler ses gants car il fait trop froid, monter dans ce bus qui sent mauvais, discuter de son week-end et se plaindre des devoirs. Arriver au lycée, se faire discrète, regarder ses pieds et avancer dans le couloir jusqu'à arriver à son casier.

Rigoler aux blagues de Sally mais devenir toute rouge lorsqu'il passe à côté de soi, il ne jette aucun regard, il rejoint sa bande de copains. Soupirer et se sentir stupide d'aimer quelqu'un qui ne sait même pas son existence. Aller en cours, travailler, rêvasser, mordiller son crayon en pensant à une autre vie, sortir pour déjeuner, retourner en cours, travailler, rêvasser, dessiner sur un coin du cahier, répondre aux questions du prof... Sortir de cours épuisée moralement, traîner des pieds jusqu'à son casier, raconter sa journée à sa meilleure amie, rougir lorsqu'il passe à côté de soi même s'il ne le remarque pas. Faire un câlin à Sally et sortir dehors, ne pas oublier le bonnet, la nuit tombe et il fait froid.

Prendre la route pour rentrer chez soi.

La routine quoi.

Les sirènes retentissent dans toute la rue, les témoins sont sous le choc, certains ne peuvent même plus parler. De la neige tombe doucement pour recouvrir délicatement la route humide. Il y a toujours une odeur de café tout frais moulu dans cette rue, Jane adorait cette odeur le soir lorsqu'elle rentrait chez elle après les cours. Elle adorait l'hiver, l'ambiance avant et après les fêtes, la neige, les gros manteaux douillets et les écharpes douces. C'était sa saison préférée. L'été était trop superficiel pour elle, elle était passionnée de photographie et elle aimait prendre les petits détails de l'hiver en capture. Comme un flocon de neige fraîchement posé sur une branche d'arbre dénudée. Elle voyait tous les petits détails que d'autres sûrement trop occupés à chatter sur les réseaux sociaux ne voyaient pas. Jane était unique, gentille, douce, intelligente, souriante. Sa famille l'aimait plus que tout au monde, sa meilleure amie la considérait comme sa propre sœur, les professeurs n'avaient pas à se plaindre de son comportement ou de ses notes, elle était la première de la classe. Mais Jane est morte ce soir. Le 5 Février 2015, elle est morte. Elle a perdu la vie devant tout un tas de personnes présentes, des personnes probablement choquées pour le restant de leur vie. Beaucoup de gens connaissaient Jane, elle prenait toujours ce chemin pour rentrer chez elle après les cours, elle aimait discuter avec eux parfois, et même leur montrer les clichés qu'elle avait capturé dans la journée, ceux qu'elle aimait le plus.  Oui, tout le monde aimait Jane. Sauf peut-être Jane elle-même. Mais l'important c'était l'amour des autres. Personne ne la détestait, pas même ce chauffeur, son tueur.

Les meilleurs partent les premiers, c'est ce qu'on a toujours dit. Pourtant, Jane est toujours là et les choses vont changer.

CHAPITRE I

— NOON !!!

Ce cri réveilla tout le quartier, les lumières dans les maisons s'allumèrent, certaines personnes étaient déjà dehors en peignoir pour voir ce qu'il se passait chez les McDowell. En effet, une voiture de police était garée devant la maison, les gyrophares tournoyants et illuminant la rue de rouge et de bleu. La femme ayant crié se laissa tomber à genoux par terre, sanglotant sans s'arrêter. Elle semblait complètement anéantie, son mari l'aida à se relever et fit entrer les deux policiers dans la maison. Puis la porte se referma, laissant les voisins perplexes.

Un petit peu plus tôt dans la soirée, non loin de ce quartier habituellement paisible, l'agitation gagnait les témoins de l'accident. Une ambulance, les pompiers et la police étaient sur les lieux, les gens se bousculaient pour voir ce qu'il se passait. Les seules paroles que l'on pouvait entendre provenir du centre de la foule étaient celles d'un pompier qui comptait sans s'arrêter. Pour ceux qui étaient plus près, ils pouvaient l'apercevoir en train d'essayer de réanimer une jeune fille. Cela faisait plus de quarante minutes qu'il s'acharnait sur elle, ses collègues ne cessaient de lui répéter que c'était peine perdue. Elle était déjà morte.

La neige continuait de tomber, les flocons se posaient délicatement sur la peau blanchâtre de la jeune fille virant lentement au gris. Cela faisait plus d'une demie heure qu'elle était morte à présent. Et cela faisait plus d'une demie heure que les témoins pleuraient, certains n'en croyaient pas leurs yeux. Tout était arrivé si vite sans que personne ne puisse réagir à temps.

Sa peau normalement si claire et pure était égratignée, son joli manteau douillet était déchiré, tacheté de quelques gouttes de sang, son écharpe en laine grise déroulée, son bonnet s'était envolé mais elle avait toujours ses vieilles converses noires à ses pieds. Ses doigts fins étaient violets, elle n'avait pas eu le temps de mettre ses gants, le froid les gelait. Ses paupières étaient closes et sa bouche entrouverte ne laissant pas même un petit souffle s'échapper d'entre ses lèvres séchées. Du sang coulait derrière sa tête, se mêlant à sa chevelure brune.

— Excusez-moi monsieur, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je n'arrive pas à voir...

La jeune fille qui demandait cela tentait de voir à travers la foule, elle se mettait sur la pointe des pieds pour pouvoir apercevoir quelque chose mais rien n'y faisait, elle était trop petite. Personne ne répondait à ses questions, comme si elle était invisible. C'était presque vexant. Elle se dirigea vers une vieille dame qu'elle connaissait depuis longtemps. Elle discutait souvent avec elle lorsqu'elle rentrait de l'école. La sexagénaire avait les yeux dans le vague, des larmes aux bords de ceux-ci, elle tenait dans sa main tremblante, un mouchoir en tissu froissé qu'elle avait déjà utilisé plusieurs fois pour éponger son visage.

— Ellen ! Tu as vu ce qu'il s'est passé ?  demanda la jeune fille. Ellen ne lui jeta aucun regard, c'était comme si elle ne l'avait pas entendue. Comme si le son de sa voix n'atteignait pas ses oreilles.

Elle avança alors sur le trottoir en ne regardant que ses pieds, pourquoi personne ne voulait lui répondre ? Pourquoi tout le monde l'ignorait ? Elle s'arrêta lorsque l'agitation reprit, les pompiers portèrent le corps jusqu'au camion de l'ambulance, elle crut pouvoir enfin apercevoir la personne qui était transportée mais malheureusement, non, le corps était déjà sur une civière dans un sac mortuaire. La foule commença à se disperser, ils semblaient tous chamboulés. Ellen quant à elle, ne bougeait pas. Bientôt la route fut presque totalement dégagée. Elle remarqua sur le sol, du sang, tâchant le léger voile blanc qu'avait laissé la neige. Un policier ramassa un téléphone dont l'écran était totalement cassé, il ressemblait étrangement au sien. Un autre récupéra un bonnet gris sur le sol et l'enfouit dans une petite pochette transparente. Instinctivement, la jeune fille posa ses mains sur sa tête, elle ne portait pas de bonnet mais elle était persuadée d'en avoir un avant que tout cela n'arrive. Elle s'avança doucement vers la vitrine de son café préféré, l'odeur en émanait encore, elle adorait cette odeur, surtout en hiver lorsqu'il faisait froid. Mais quelque chose l'interpella, quelque chose l'effraya. Elle n'avait pas de reflet. Elle s'approcha un petit peu plus comme pour être sûre que ce n'était pas une simple hallucination, un simple effet d'optique. Elle ne se voyait pas. Elle posa doucement sa main sur la vitre et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Comme si elle venait de comprendre ce qu'il s'était passé sur cette route. Était-ce elle, la victime ? Était-ce elle qui était morte sur cette route ? Tout paraissait logique, personne ne répondait à ses questions, pas même Ellen, elle ne lui avait jeté aucun regard comme si elle ne l'avait pas vu. Peut-être était-ce parce que personne ne la voyait finalement, pas seulement Ellen. Elle était invisible, réellement invisible.

Prise de panique, croyant n'entendre plus que son organe vital battre rapidement, elle se mit à courir, sans laisser une seule trace de pas dans la neige derrière elle. Ses larmes séchaient toutes seules à cause du froid, ou peut-être n'en avait-elle tout simplement pas ? Or, elle ne pouvait pas s'empêcher de pleurer. Elle courait, courait, courait... sans s'arrêter. Ses longs cheveux volaient derrière elle, le froid semblait lui glacer le visage et lui faisait rosir les joues et le nez, mais est-ce que tout cela n'était pas seulement une illusion ?

Elle arriva rapidement chez elle, elle voulut ouvrir la porte mais c'est sa mère qui le fit, laissant sortir deux policiers. Jane se poussa sur le côté pour les laisser passer, ils remercièrent sa mère avant de monter dans leur voiture de police. Jane rentra précipitamment chez elle avant que la porte ne se referme.

— Maman ? Est-ce que tu me vois ?

 Sa mère resta longuement devant la porte, la main sur la poignée. Elle restait immobile, le souffle lent, elle semblait ramollie, fatiguée, triste, brisée. Jane décida de la laisser tranquille. Elle avança dans l'entrée en traînant les pieds puis elle s'arrêta juste à la porte donnant sur le salon, là où son père était assis sur le canapé, réconfortant son petit frère de onze ans, Benjamin. Celui-ci pleurait toutes les larmes de son corps. Elle ne l'avait même jamais vu pleurer, son père lui restait neutre et caressait doucement le dos de son fils pour le consoler.

— Tu ne me vois pas non plus, pas vrai... ?  murmura Jane.

Ben se redressa, essuya ses larmes à l'aide des manches de son pull trop grand pour lui et il monta rapidement les escaliers, sans oublier de claquer la porte de sa chambre derrière lui, ce qui valut un sursaut à son père tant la maison était silencieuse. C'est sa mère qui passa à côté d'elle sans y faire attention, elle posa deux tasses de café fumantes sur la table basse et s'assit à côté de son époux. Jane restait à l'entrée du salon en les regardant, les bras le long de son corps et les larmes aux yeux. Comment pouvait-elle en être arrivée là ? Tout était si étrange à présent.

Elle n'avait pas écouté tout ce qu'avaient dit ses parents jusque-là, ils parlaient de se rendre à l'hôpital pour répondre à des questions et confirmer l'identité de leur fille. Jane vit son père se lever d'un bond et s'écrier :

— Je vais faire un tour ! J'en ai ras le bol !

— S'il te plaît, reste avec moi... Supplia sa femme.

Il ignora son épouse, passa à côté de Jane et attrapa son manteau. Après cela, il sortit en claquant à son tour la porte derrière lui. Lorsqu'elle fut seule, sa mère sanglota, laissant tomber sa tête entre ses mains. Doucement, Jane s'approcha d'elle, elle s'assit sur le canapé juste à côté d'elle et posa délicatement sa main sur son dos. Elle le caressa en regardant sa mère pleurer. Que pouvait-elle faire d'autre ? « Je suis là maman » susurra-t-elle. Sa mère eut un frisson, elle se redressa et ferma son gilet molletonné, elle prit les tasses qu'elle ramena dans la cuisine. Jane ne pouvait s'empêcher de se demander si c'était elle qui lui avait donné ce frisson ou si elle avait simplement froid. Elle monta ensuite les escaliers. Généralement, ils grinçaient tout le temps mais sous ses pas, le bois restait intact comme si elle était légère, comme si ses 55 kilos avaient disparu. Elle avança le long du couloir et elle s'arrêta à la porte de la chambre de son frère. Elle était entrouverte et elle put voir Ben allongé, dos à cette porte. Jane voulut la pousser d'un geste instinctif mais au lieu de cela, son bras passa littéralement au travers. Elle recula de plusieurs pas, les yeux écarquillés. Elle regarda sa main, puis la porte, puis sa main et encore la porte... Comment était-ce arrivé ? Comment avait-elle fait cela ?

Elle s'approcha à nouveau de la porte et elle tendit le bras, la porte ne bougea pas mais son bras passa à travers. La sensation était vraiment étrange. Elle avança alors d'un pas puis d'un autre et elle se retrouva dans la chambre de son frère. C'était dur d'y croire, se dire qu'elle était morte, se dire qu'elle n'était qu'un fantôme était effrayant, intriguant... mais se retrouver seule l'était encore plus. Où était cette lumière qu'on aperçoit lorsque l'on meurt normalement ?

Elle s'assit alors au bord du lit de son frère, il sanglotait silencieusement et il ne sentait sûrement pas sa présence.

— Benny... s'il te plaît, arrête de pleurer. Je suis toujours là. Je te dis ça mais tu ne m'entends sûrement pas. Je me sens idiote, finalement je parle toute seule. On s'est souvent pris la tête toi et moi, pour des conneries d'ailleurs. Mais on s'aimait quand-même, et tu le sais, quand on taquine quelqu'un, c'est qu'on l'aime. Je ne te laisserai jamais tomber Benny, je te promets que je resterai là jusqu'à ce que tu meurs de vieillesse, comme ça je serai là pour t'accueillir. Je veux te voir grandir. C'est le job d'une grande sœur, pas vrai ?

Sa mère ouvrit la porte, Jane se leva brusquement et se tint face à elle, totalement invisible.

— Ben, tu veux manger quelque chose ?

— Non ! s'exclama-t-il la tête enfoncée dans son oreiller.

— Tu es sûr que...

— Maman, laisse-moi tranquille ! S'il te plaît...

Elle poussa un profond soupir, son visage déformé par la tristesse. Elle prit en compte la demande de son fils, elle quitta la chambre et ferma la porte derrière elle.

Jane passa la nuit aux côtés de son petit frère, celui-ci finit par s'endormir peu de temps après le passage de sa mère dans la chambre. Elle avait fait les cent pas dans la chambre toute la nuit, elle avait regardé dehors plusieurs heures, elle avait aussi observé leurs photos, c'était des souvenirs vraiment agréables. Rien qu'en y repensant, elle souriait puis le jour se leva... La nuit parut longue pour elle, elle n'avait personne à qui parler, personne qui pouvait la voir. Elle était réellement seule, coincée dans un monde parallèle. Un monde de solitude.

Alors que Ben se réveillait, Jane fut comme téléportée ou propulsée, elle voulait accompagner son frère mais au lieu de cela, elle se retrouva au beau milieu des couloirs du lycée. Elle ouvrit de grands yeux, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Elle évitait les gens comme s'ils allaient la bousculer et elle avança dans ce long couloir qu'elle ne connaissait que trop bien. Finalement cela ne changeait pas d'habituellement. Elle était invisible, personne ne faisait attention à elle. Vivante ou morte, au lycée, rien n'était différent. Elle passait inaperçue dans les couloirs. Jane était quelqu'un de discret et de réservé et pourtant elle était pleine de vie, c'était une passionnée mais peu de gens le savaient, sauf peut-être sa famille et sa meilleure amie, Sally.D'ailleurs elle se retrouva face à elle mais Sally ne la voyait pas. La jeune femme n'était pas maquillée, elle s'était attaché les cheveux en un chignon négligé et elle semblait fatiguée, de grosses cernes soulignaient ses beaux yeux bleus. Sally était une fille qui prenait soin de son apparence, c'était une belle brune au teint halé. Mais ce jour-là, elle ressemblait à quelqu'un de malade. Elle avait l'air vraiment triste. Elle parlait tout de même à des gens mais Jane voyait bien que le sourire qu'elle arborait n'était qu'une façade pour cacher son chagrin. Elle connaissait Sally depuis toujours, elle connaissait donc son vrai sourire, et celui qu'elle affichait était tout sauf sincère.

Cette fois c'en était trop, voir sa meilleure amie dans un pareil état lui faisait du mal alors elle se réfugia dans un endroit vide, les vestiaires. Elle s'assit sur un banc et commença à sangloter tout en attrapant sa tête entre ses mains. Elle voyait ses proches pleurer sa disparition, elle pouvait ressentir leur chagrin et elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était de sa faute s'ils souffraient aujourd'hui. Les voir ainsi lui brisait le cœur, d'autant plus qu'elle était incapable de leur parler, de les réconforter...

Un souvenir de l'accident lui revint en mémoire. Le crissement des pneus sur la route givrée résonna dans sa tête, les phares de l'auto semblèrent l'éblouir à nouveau, elle entendit les freins grincer et le bruit sourd de son corps retomber violemment sur le bitume. Elle rouvrit les yeux et se redressa le souffle court, c'était comme avoir vécu une seconde fois l'accident. Elle sut enfin ce qui lui était arrivée, elle comprit qu'elle s'était faite renversée et que par malheur, c'était sa tête qui avait pris toute la violence du choc...

— C'était quoi ça ? T'étais complètement ramolli !  Gronda quelqu'un dans les vestiaires.

Jane se leva et se retourna, deux garçons s'avancèrent vers leur casier, l'un d'eux était Andrew, le garçon dont elle était amoureuse. Elle ne bougea pas d'un poil, comme s'il pouvait la voir. Le basketteur récupéra ses affaires da

s un grand casier bleu tout en discutant avec son ami.

— Je suis désolé Alex, je suis un petit peu fatigué, avoua-t-il.

— C'est à cause de l'histoire de cette fille ?

— Non, pas du tout, pourquoi ?

Alex se tourna vers Andrew en souriant légèrement, c'était un sourire amusé, est-ce qu'il allait réellement rire de l'accident de Jane ? « Tu sais cette fille, certains disaient qu'elle avait le béguin pour toi.

— Et alors ?

— Eh bien, si ça se trouve ce n'était pas un accident, elle s'est peut-être jetée sous les roues de cette voiture ! Tu sais les filles comme elles sont un petit peu cinglées.

— Arrête, c'est super glauque ce que tu me dis.

Andrew referma son casier tout en parlant. Jane les regardait et les écoutait, elle avait aussi envie de gifler ce Alex, comment osait-il parler de quelqu'un de mort de cette façon ? C'était un manque de respect.

— Non mais je dis ça comme ça Andrew, c'est juste que ça craint.

— Tu veux bien arrêter de parler de ça, Alex ? Cette fille était à l'école primaire avec moi, elle est morte maintenant alors évite de... de parler d'elle comme ça. Respecte-la un peu.

— Comme tu voudras.

 Alors Andrew se souvenait d'elle à l'école primaire ? Ils avaient toujours été dans les mêmes établissements et leurs parents avaient été longtemps amis jusqu'à ce que des conflits viennent tout gâcher. Petits, ils s'entendaient bien tous les deux, ils étaient même les meilleurs amis du monde, mais lorsque leurs parents arrêtèrent de se parler pour des raisons qui étaient encore inconnues à Jane, ils s'éloignèrent. Au collège Andrew se fit de nouveaux amis et au lycée c'était comme si Jane n'existait plus. Malgré tout, il se souvenait encore d'elle, elle esquissa alors un léger sourire en y songeant.

Alex partit le premier en frôlant Jane, la sensation fut la même qu'avec la porte la veille, mais lorsque Andrew passa à son tour, il la traversa complètement. Elle inspira profondément en se retournant vers lui, ce qu'elle avait ressenti était vraiment désagréable mais surtout inhabituel. Elle s'était sentie envahie, puis poignardée par des milliers de petits piques. Andrew s'arrêta et se retourna tout en regardant autour de lui, ses yeux se posaient même sur Jane face à lui mais il ne semblait pas la voir, en revanche elle remarqua qu'il avait les poils hérissés sur les bras, c'était un bon début ! Il avait dû ressentir sa présence.

— Andrew ? l'appela Alex, tu viens ?

— Oui, j'arrive.

— T'es hanté par le fantôme de Jane McDowell ? Bouuuh, blagua son ami en faisant onduler ses doigts près de son visage.

— Pff, n'importe quoi... arrête avec ça !

 Il jeta un dernier coup d'œil suspicieux à la pièce avant de rejoindre Alex. Jane laissa retomber mollement ses bras le long de son corps. Elle avait eu un petit espoir, l'espoir qu'il la voie, qu'il se rende compte que c'était elle.

— Mais je suis là ! Andrew, je suis là !  Cria-t-elle.

La colère et la frustration commençaient déjà à la gagner. Comment pouvait-elle faire pour se montrer ? Pour que quelqu'un se rende compte de sa présence ? Est-ce qu'être un fantôme était comme dans les films ? Ou alors peut-être que c'était impossible de se faire voir tout simplement. Elle était peut-être vouée à se retrouver seule pour l'éternité, coincée dans un monde parallèle, un monde où personne ne pouvait la voir. Un monde triste et remplit de solitude.

Un monde de fantômes.

— Crier ne changera rien, il ne te voit pas et ne t'entend pas non plus, grommela une voix dans son dos. Jane sursauta et se retourna brusquement, elle se retrouva face à une fille semblant avoir son âge. Elle avait de longs cheveux noirs, en fait elle était habillée tout en noir. C'était une gothique, elle avait tout un tas de piercings et du maquillage aussi sombre que sa tenue. Mais Jane ne s'attarda pas sur son look, plutôt sur le fait que cette fille venait tout juste de lui adresser la parole, ce qui voulait dire qu'elle pouvait la voir.

CHAPITRE II

— Tu... tu peux me voir ? Balbutia Jane.

— Bien-sûr que je le peux, répondit la gothique, je suis morte. Elle lui avait dit cela comme si c'était une évidence. Jane restait complètement abasourdie. Elle était donc face à un autre fantôme,le fantôme d'une gothique. Pour cette fille, cela semblait normal mais pour Jane c'était encore tout récent et elle avait beaucoup de mal à s'habituer à cette nouvelle vie. Cette fille allait peut-être pouvoir lui donner des réponses aux questions qu'elle se posait. Pourquoi n'avait-t-elle pas vu de lumière ? Est-ce qu'il y en avait une ? Est-ce qu'elle allait rester coincée pour l'éternité dans ce monde de solitude ? Oui, pleins de questions lui passaient par la tête mais rien ne sortait de sa bouche tant elle était intimidée.

— Je m'appelle Sarah, reprit la gothique.

— J-Jane.— C'est le diminutif de Jenna ? Jeanne ?

— Hum non, c'est Jane, c'est tout.

C'était vraiment étrange de pouvoir enfin dialoguer avec quelqu'un, parler et avoir une réponse, cela lui faisait du bien, c'était réconfortant et finalement, elle n'était pas seule dans ce monde, si Sarah était là, d'autres aussi. Mais bien entendu, rien n'allait jamais être aussi vivant que son ancienne vie, car les gens qu'elle croiserait et avec qui elle parlerait, seraient des fantômes. Des morts, ni plus ni moins.

— Alors, c'est quoi ton histoire ? Interrogea la gothique.

— Mon histoire ? Répéta Jane en haussant les sourcils.

— Oui, tu t'es suicidée ? Tu t'es faite assassinée ?

— Non, j'ai eu un accident, quelqu'un m'a renversée.

— Je vois, c'est récent. Je crois que je t'ai déjà aperçue dans les couloirs mais tu étais vivante à ce moment-là.

C'était effrayant en y pensant, cela voulait dire qu'il pouvait y avoir des fantômes partout. Alors elle avait déjà croisé cette Sarah sans s'en rendre compte parce-que les vivants ne voyaient pas les morts. Mais une question lui trottait dans la tête, comment Sarah était-elle apparue ? Est-ce qu'elle l'avait contrôlé ou est-ce qu'elle avait eu le même problème que Jane ? C'est-à-dire se volatiliser sans rien demander et se retrouver ailleurs.

— Dis donc, cet Andrew semble super réceptif au paranormal !

— Qu'est-ce que tu veux dire ? Questionna-t-elle.

— Arrête de faire l'ignorante, tu le sais très bien. Certaines personnes ont du magnétisme, en réalité on en a tous mais certains en ont plus que d'autres. Un peu comme les médiums, on peut dire qu'ils ont le sixième sens plus développé que d'autres, ce qui permet de ressentir des choses que d'autres ne pourraient pas ressentir.

— Alors Andrew est médium ?!

— Non, je ne pense pas, sinon il aurait sûrement déjà su que c'était toi. Il est juste réceptif.

— Je peux donc entrer en contact avec lui ?

— Un conseil ma belle : n'entre en contact avec aucun être vivant. T'es un fantôme alors accepte-le et va errer où tu veux mais ne fais pas de conneries. Surtout, ne fais confiance à personne.

Sarah avait employé un ton presque effrayant et menaçant en lui disant cela, comme si Jane devait réellement prendre en compte ses mises en garde. 

— Mais, pourquoi ? Demanda cette dernière.

— Écoute, les choses sont faites ainsi, tu es morte et tu ne pourras pas revenir en arrière. Laisse les vivants là où ils sont et toi, reste à ta place, c'est tout. Le monde est fait comme ça. Si tu ne veux pas d'ennuis, écoute mes conseils.

Juste après lui avoir dit cela, Sarah disparut sans laisser aucune trace derrière elle. Mais Jane avait encore tout un tas de questions à lui poser ! Ses menaces ne voulaient rien dire, elle n'avait pas expliqué ce qu'il pouvait se produire si jamais Jane avait le malheur d'aller à l'encontre de ses mises en garde.

Elle sortit des vestiaires perplexes et erra dans les couloirs du lycée toute la journée. Seule. Qu'est-ce que cela pouvait provoquer si elle arrivait à entrer en contact avec quelqu'un de vivant ?

Sally était à son casier, en train de s'occuper de ses affaires et Jane se tenait juste à côté d'elle mais son amie ne semblait pas ressentir sa présence, pas comme Andrew. Elle aurait aimé rentrer en contact avec sa meilleure amie, la rassurer et lui dire une dernière fois qu'elle l'aimait et qu'elle était tout pour elle. Elle aurait aimé pouvoir le faire avec sa famille aussi. Pouvoir dire au revoir, tout simplement.

Elle aperçut Andrew passer dans le couloir en direction de la sortie, elle décida de le suivre. Dehors, il discuta plus d'une demie heure avec des amis à lui avant de marcher pour rentrer chez lui. Jane était à côté de lui. Peut-être faisait-elle une grosse erreur, ou peut-être pas. De toutes façons, elle n'allait probablement plus jamais recroiser cette gothique.

Jane était quelqu'un de têtu, elle s'entêtait sans arrêt pour des choses parfois inutiles. Cette fois-ci c'était différent. Elle savait que c'était utile et son seul moyen de se faire voir, ou du moins, de se faire remarquer, c'était Andrew. 

Elle avait toujours rêvé de marcher à côté de lui comme elle le faisait à cet instant. Malheureusement, c'était bien différent de ce qu'elle avait pu s'imaginer. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, Andrew regardait droit devant lui et marchait d'un pas rapide.

Elle le suivit jusqu'à chez lui, la maison était grande et bien rangée, la décoration était moderne et de bon goût. Andrew monta directement à l'étage, Jane voulut le suivre mais une ombre dans le jardin retint son attention, c'était presque effrayant, elle fixa cette chose pendant plusieurs secondes avant que l'ombre ne disparaisse complètement.

Elle ignora et chassa toutes ses questions de sa tête puis elle gravit les marches, une fois à l'étage elle trouva facilement la chambre d'Andrew. La porte était ouverte alors elle put entrer sans faire ce truc de fantôme, passer à travers les murs n'était pas son activité préférée depuis qu'elle était morte. Il s'était installé à son bureau et il faisait sûrement ses devoirs, Jane regardait partout autour d'elle, comment faire pour se faire remarquer ? Elle n'avait déjà pas l'habitude de se montrer vivante alors morte, cela relèverait du défi.

Elle regarda tout d'abord les objets sur le bureau, il y avait une lampe, des cahiers, des papiers, des stylos et autres babioles sans importance. Elle se focalisa donc sur la lampe, elle tenta de l'attraper mais sa main passa à travers. Elle essaya une nouvelle fois sans que cela ne marche. Alors elle recommença, une, deux puis trois fois, sans succès.

— Putain ! jura-t-elle entre ses dents. Elle faisait les cent pas dans la chambre du basketteur en réfléchissant à un moyen d'attraper cette lampe mais elle se disait aussi que c'était peut-être impossible. Peut-être que les fantômes ne pouvaient pas toucher les objets, tout simplement.

— Comment faisait Patrick Swayze dans Ghost, Jane ? Il se concentrait, il laissait sa rage le guider ! Non, la rage ou la patience ? Pourquoi je ne peux pas rencontrer, moi aussi, un fantôme dans le métro pour avoir de l'aide ?!

Andrew se leva, Jane se tourna alors vers lui, il enfila une veste, comme s'il avait froid, pourtant elle avait vérifié le radiateur et il était monté au maximum. Il alluma ensuite sa chaîne hi-fi, elle écarquilla les yeux en entendant la musique qui en sortait, elle n'aurait jamais pensé qu'il écoutait ce genre de son. Du Métal, alors ça, c'était une première ! Il n'avait rien d'un métalleux, il était blond, grand et fort, elle le savait bien cela pouvait se voir à travers ses t-shirts l'été. D'autant plus qu'il s'habillait comme la plupart des gens, un jean, un t-shirt ou un pull, tout dépendait de la saison et il écoutait du Métal? C'était tellement paradoxal. Elle aurait plutôt pensé qu'il écoutait du rap ou du RnB voir même du hip-hop comme la plupart des joueurs de basket.

Elle se posta devant cette chaîne, peut-être pouvait-elle essayer de changer la chanson. Elle souffla longuement pour faire sortir tout l'air qu'elle avait dans les poumons, comme pour se calmer. Avait-elle réellement de l'air dans les poumons ? Elle secoua la tête pour chasser cette pensée. Une fois sereine — ou presque— elle appuya sur un bouton, mais rien ne se produisit. Elle essaya une nouvelle fois, voire même plusieurs fois et comme par magie, la musique changea. C'était du Rock doux, la musique n'était pas trop mal. Elle se tourna ensuite vers Andrew, celui-ci fixait la chaîne puis finalement, il haussa les épaules, ignora et se remit au travail.

— Sérieusement ? Tu sais l'effort que ça m'a valu pour pouvoir changer de musique ?!  Elle commençait à sérieusement s'impatienter, chaque objet qu'elle essayait de toucher lui passait à travers la main. C'était frustrant. Alors qu'elle se mettait de plus en plus en colère, la lumière de la chambre commença à grésiller et la musique à changer de station sans arrêt, Jane leva la tête vers celle-ci en même temps qu'Andrew. Elle se dirigea alors vers son bureau d'un pas déterminé, elle mit ses mains sur ses fiches de cours et elle les jeta par terre, à sa plus grande surprise, cela fonctionna. Andrew se leva d'un bond de sa chaise en fixant ses papiers les yeux ronds.

— Alors ? Tu ignores toujours ?  s'exclama Jane en faisant claquer sa langue contre son palais. Lejeune homme regarda partout dans sa chambre comme s'il allait voir quelque chose.

— Il y a quelqu'un ? demanda-t-il d'une voix fébrile.

— T'es froussard dis donc  s'amusa Jane. Sans réponse, Andrew se résigna à ramasser ses feuilles éparpillées sur le sol.

— Andrew, tu veux manger quoi ce soir ?

— AAH!!

Il souffla à s'en vider les poumons lorsqu'il vit que ce n'était que sa mère qui se tenait à l'entrée de sa chambre, elle rigola légèrement et Jane aussi, il avait sursauté et crié comme une fillette. C'était plaisant de rire un petit peu après toutes ces larmes versées.

La soirée passa, Andrew dîna avec sa mère, il finit ses devoirs et il partit prendre sa douche. La salle de bains était dans sa chambre. Jane aurait aimé avoir sa propre salle de bains, cela lui aurait évité toutes ces disputes ridicules avec son petit frère. Lorsqu’elle n'entendit plus l'eau couler elle entra dans la pièce, par chance il avait une serviette autour de la taille. Que pouvait-elle faire pour qu'il remarque une fois de plus sa présence ? Elle se dirigea vers le lavabo, elle inspira profondément puis expira longuement pour rester calme et elle tenta d'ouvrir le robinet. Bien entendu rien ne se produisit. Elle réessaya plusieurs fois jusqu'à ce que la colère et la frustration prennent le dessus, elle réussit alors à ouvrir l'eau. Encore une fois, vu la tête qu'il faisait, Andrew était perdu entre l'interrogation et la peur.

— Il y a quelqu'un ? demanda-t-il d'un ton plus sûr cette fois.

Jane se tourna alors vers la glace pleine de buée, il fallait qu'elle y arrive, c'était son seul moyen, la colère était encore là et cela allait lui servir. Alors délicatement et en étant précise, elle réussit à écrire son prénom sur la glace. Andrew resta immobile devant le miroir, tous les poils de son corps étaient hérissés. Finalement, il effaça ce qu'elle avait écrit.

— Vas-t-en ! s'écria-t-il. Si t'es là, vas-t-en !

— Non !

— Je dois halluciner ... soupira-t-il en se frottant les yeux.

— Non Andrew ! Tu n'hallucines pas ! Je suis là !

Il repartit dans sa chambre et éteignit la lumière de la salle de bains, lorsque Jane le suivit elle se retrouva dans sa propre chambre. Elle regarda autour d'elle, tout était intacte, ses posters et ses dessins, son mur remplit de ses photographies, son lit était fait parfaitement sans qu'il n'y ait aucun pli sur la couverture. Mais comment s'était-elle retrouvée là ? Est-ce que Andrew l'avait chassée de ses pensées ?

Andrew avait eu beaucoup de mal à fermer l'œil cette nuit-là, le phénomène qui s'était produit dans sa chambre était inexplicable, il ne savait pas si c'était des hallucinations dues à la fatigue ou si Jane avait réellement été là. Malgré tout, il se leva comme chaque matin, il se prépara, se brossa les dents, embrassa sa mère et partit en direction du lycée avec une seule chose dans la tête, les phénomènes inexplicables de la veille. Généralement, lorsqu’il allait au lycée il était surtout motivé pour s'entraîner, la nouvelle saison allait débuter et il devait être au meilleur de sa forme. Mais pas cette fois. Il enfila son bonnet et enfonça ses écouteurs dans ses oreilles, il enfouit ses mains dans ses poches pour les réchauffer et il avança, néanmoins, il se sentait suivit, observé, c'était gênant et dérangeant. Il s'arrêta et retira l'un de ses écouteurs, lorsqu'il se retourna il put apercevoir des traces de pas à côté des siennes. Il se pencha en avant, s'appuyant sur ses cuisses pour mieux voir, c'était des petites traces pour des petits pieds donc il en déduit que ce n'était pas les siennes. Il regarda devant lui mais les traces s'arrêtaient à côté de lui. Il prit une grande inspiration et remit son écouteur, il monta le son de sa musique et continua sa route malgré cette sensation d'être suivi, ce qui le mettait de plus en plus mal à l'aise. Il préféra ignorer ce qu'il se passait, en espérant que cela cesse très vite.

Une fois au lycée, il s'habilla pour aller s'entraîner, les gars faisaient tous des blagues dans les vestiaires alors que Andrew était complètement absent, presque à l'écart. Il était assis sur le banc et laçait ses chaussures. Quelqu'un lui frappa dans le dos ce qui lui valut un sursaut, c'était Alex, son casse-cou de meilleur ami.

— T'as l'air fatigué mon vieux, fit remarquer celui-ci.

— Je dois sûrement tomber malade.— Le premier match a lieu dans une semaine environ, il faut que tu sois au top ! Andrew ne nous fait pas ce coup-là.

— T'en fais pas pour moi.

Alex sourit puis partit sur le terrain. Andrew était à nouveau seul dans les vestiaires. Seul ou presque. C’était dur de savoir, est-ce qu'il était parano ou est-ce qu'il y avait bien quelqu'un avec lui ? Il se frotta le visage frénétiquement puis il se rendit dans le gymnase avec les autres. 

L'entraînement se déroula comme d'habitude mais Andrew n'était vraiment pas au meilleur de sa forme, le coach ne faisait que le reprendre et lui dire quoi faire, quand et de quelle façon. Andrew était censé être le capitaine de cette équipe, alors il devait être le meilleur de l'équipe, mais ce jour-là, c'était tout l'inverse.

Le coach lui demanda de le rejoindre alors que ses amis allaient tous prendre leur douche après un entraînement puissant et épuisant. Andrew s'approcha de lui en sachant déjà ce qu'il allait entendre, sûrement tout un tas de remarques, il avait l'habitude que le coach soit dur avec eux et il trouvait cela normal, il fallait qu'ils soient les meilleurs lors des matchs.

— Dis-moi Andrew...commença-t-il en posant sa main sur son épaule, qu'est-ce qui ne va pas ?

Alors ça c'était surprenant, il lui parlait sur un ton calme et presque rassurant, un petit peu comme un parent inquiet ou bien un psychologue un peu trop compréhensif.

— Je vais très bien coach.

— Je t'ai déjà vu un peu à la ramasse à cause d'un rhume, mais là c'est vraiment catastrophique.

— J'ai mal dormi cette nuit.

— Et bien reprends toi, tu es notre meilleur élément, ce serait bête de te perdre ou de te remplacer. T'as pas envie d'être sur le banc de touche toute la saison, si ?

— Non, je veux jouer.

— Alors bouge-toi les fesses et prouve-moi que t'es bon ! Est-ce que c'est le froid qui te paralyse les muscles ou quoi ? Imagine la honte lorsque dans le journal du lycée on lira : le capitaine a fait perdre son équipe. C'est mauvais ça. Très mauvais. Si tu veux une bourse, si tu veux faire du basket ton avenir, il va falloir bosser pour ça.

— Pff, quel crétin, souffla une voix près de lui.

Andrew se retourna, d'où pouvait bien provenir cette voix ? Ce ne pouvait pas être le coach, la voix était féminine, comme un murmure et il n'y avait plus personne sur le terrain sauf le concierge qui tentait de réparer les compteurs. Le coach claqua des doigts devant le visage du blondinet.

— Tu m'écoutes Andrew ?

— Oui, oui.

— Bon, j'arrête de t'embêter, va te doucher. Reprends-toi, au prochain entraînement, je veux avoir retrouver le capitaine de cette équipe.

Andrew n'attendit pas plus longtemps pour aller rejoindre les autres dans les douches, il laissa couler l'eau une éternité alors que tout le monde commençait déjà à quitter le vestiaire. Il avait l'impression de devenir fou, après les phénomènes inexplicables dans sa chambre, il entendait des voix.

Les cours passèrent sans qu'Andrew n'écoute une seule phrase des professeurs, il s'endormait presque sur sa table et pourtant c'était un bon élève. Lorsque la sonnerie retentit, il se précipita dans les couloirs, il traînait des pieds sentant toujours cette lourdeur sur les épaules comme si quelqu'un était accroché à lui et le suivait sans arrêt. La sensation était pire qu'un sac de cours trop lourd dans le dos, c'était comme porter une personne sur ses épaules depuis la veille, et cette lourdeur semblait enterrer ses pieds dans le sol. Si cela continuait, son année était fichue. 

Il repéra Sally, il s'arrêta et la regarda longuement en se demandant s'il ne devait pas aller lui parler de ce qu'il avait vu, mais il allait aussi passer pour un imbécile. Pourtant sans réfléchir, peut-être à cause de la fatigue, il s'approcha d'elle.

— Hé, salut, dit-il en arborant un beau sourire et en lui adressant un petit geste de la main. Sally se retourna vers lui et sembla même surprise de le voir devant elle.

— Salut... Andrew, qu'est-ce que tu me veux ?

— Jane McDowell était ta meilleure amie, non ?

— Tiens donc, fit-elle en croisant les bras, tu te rends compte de son existence seulement maintenant ?

— Pardon?

— Laisse tomber, qu'est-ce que tu veux ? J'ai pas vraiment envie d'en parler.

Son visage était éteint à cause de la tristesse, comme si parler de Jane la faisait changer d'humeur en moins de deux secondes mais Andrew pouvait le comprendre, il avait perdu son père et lorsqu'on perd quelqu'un de proche, on souffre énormément. Il arrivait à peine à parler, comme s'il était timide, pourtant il ne l'avait jamais été, c'était quelqu'un qui avait confiance en lui et qui avait une certaine aisance lorsqu'il prenait la parole. Mais depuis l'accident de Jane McDowell, il était totalement différent. Comme si cet événement l'avait touché inconsciemment.

— Oui je comprends... je la connaissais, on était dans la même école quand on était gamins.

— Sans déconner ? Je sais, j'étais aussi dans cette école, abruti !

— Oui...désolé.

Sally soupira et décroisa les bras pour les laisser pendre le long de son corps.

— Excuse-moi, je suis un petit peu sur les nerfs ces derniers temps. J'ai personne à qui parler maintenant, le soir on s'appelait tout le temps Jane et moi. Je t'assure que ça fait un vide atroce... elle me manque tellement. Puis finalement, elle éclata en sanglots. Andrew se sentait encore plus mal à l'aise et il se sentait en partie responsable de la tristesse de Sally, avant qu'il n'arrive elle souriait. Il lui frotta le bras maladroitement en souriant d'un air bien trop tendu.

— Mais qu'est-ce que t'as ? demanda-t-elle finalement en essuyant ses larmes du dos de la main.

— Tu me promets de me croire ?

— Non.

— D'accord, c'est pas grave.

— Abrège, j'ai envie de rentrer chez moi.

— Alors voilà... depuis que Jane a eu son accident, j'ai l'impression de devenir fou.

— Quoi ? T'étais amoureux d'elle secrètement ? Comme dans les films, le mec populaire est amoureux de la fille discrète mais il n'ose rien dire parce qu'il tient à son image ?

— Euh...non.

— Ah...

— Non, ce que je veux dire, c'est qu'hier, il s'est passé quelque chose d'étrange. D'abord dans les vestiaires j'ai eu un frisson de malade alors qu'on parlait de Jane avec Alex, et après chez moi, j'avais froid alors que mon chauffage était monté au maximum, puis ensuite ma lumière s'est mise à s'allumer et s'éteindre, ma chaîne hi-fi a totalement déconné et ce n'est pas tout ! Tous mes papiers ont volé dans ma chambre comme si quelqu'un les avait jeté et ensuite dans la salle de bains, le robinet s'est ouvert tout seul et tiens-toi bien... quand j'ai demandé s'il y avait quelqu'un, sur le miroir grâce à la buée, quelqu'un ou quelque chose a écrit : JANE.

Sally le fixait la bouche entrouverte et un sourcil relevé en un accent circonflexe. Après l'avoir regardé quelques instants, elle secoua la tête et claqua la porte de son casier dans un lourd fracas métallique.

— T'es vraiment un gros salopard de te foutre de moi comme ça ! Cria-t-elle.

— Non, non je ne me fous pas de toi ! Je t'assure que c'est vrai, c'est la vérité !

— Va te faire voir pauvre imbécile !

Elle le bouscula et sortit du lycée en furie. Andrew s'appuya contre les casiers et soupira longuement, il savait bien qu'elle aurait ce genre de réaction. Qui aurait bien réagi ?

— Désolée Andrew, Sally est très dure à convaincre.

Alors qu'elle s'était appuyée contre les casiers à côté de lui, Jane reconnut la gothique, Sarah. Elle se redressa et la suivit, celle-ci entra dans les toilettes des filles. Jane soupira lorsqu'elle comprit qu'il fallait qu'elle passe à travers la porte, elle détestait cela, mais elle le fit et se retrouva de l'autre côté du mur. La sensation était toujours la même, désagréable. Sarah se tenait là, la fixant les bras croisés, comme si Jane avait fait une bêtise et qu'elle s'apprêtait à se faire gronder.

— Je ne t'avais pas dit hier de ne pas entrer en contact avec les vivants ?

— Mais qu'est-ce que ça peut bien faire ?

Tu as vu dans quel état est-ce pauvre Andrew ?

— Ce n'est pas mon problème ! Il a vite peur, c'est tout...

— Non, tu ne comprends pas ! Tu es une entité et tu es accrochée à lui comme une sangsue.

— Je ne suis pas accrochée à lui, j'ai passé la nuit chez moi.

— Tu bouffes son énergie, tu vois bien qu'il est ramollo. Je t'ai dit de ne pas faire ça, c'est trop risqué et entrer en contact avec quelqu'un demande beaucoup d'énergie, c'est comme lorsqu'on veut créer des poltergeists. Tu vas t'épuiser et tu risques de très vite disparaître. 

— J'ai réussi, il a compris que c'était moi ! Tu me l'as dit, il est réceptif.

— Tu attireras toutes sortes d'autres entités vraiment pas très aimables et encore plus si un jour il tente à son tour d'entrer en contact avec toi par le Ouija, par exemple. Tu ne te rends pas compte des conséquences, en t'appelant il pourra aussi appeler des fantômes vraiment pas commodes.

— Des démons ?

— Bien pire que ça...

— Désolée Sarah de te décevoir, mais je n'arrêterai pas. Je sais pourquoi je n'ai pas vu cette lumière. Le jour de ma mort, le matin même, je me suis pris la tête avec chaque membre de ma famille, il faut que je leur fasse passer un message et Andrew est le seul moyen pour que j'y arrive. Alors excuse-moi de tenter de trouver le repos qu'un mort mérite ! Je ne veux pas errer pour l'éternité, je veux voir cette satané lumière !

— Mais il n'y a pas de lumière !

— Je suis sûre que si, et je trouverai le moyen.

— J'espère pour toi que tu ne te trompes pas, car si tu restes ici, tu ne feras pas long feu.

Après lui avoir dit cela, Sarah disparut à nouveau, comme la première fois, laissant Jane seule dans les toilettes.

Est-ce qu'elle devait réellement laisser tomber ? Elle était à deux doigts d'entrer en contact avec lui, elle le savait. Mais ce qu'avait dit cette gothique était tout de même effrayant.

Elle savait très bien qu'Andrew était son seul espoir... 

CHAPITRE III

Les jours s'écoulèrent sans qu'Andrew ne se sente soulagé du poids qu'il portait sur ses épaules. Les phénomènes étranges se répétaient sans cesse, c'était toujours la même chose. Des lumières qui vacillaient, des objets qui se déplaçaient tout seuls, cette étrange sensation d'être suivi et observé.

Il était minuit et il ne dormait toujours pas, assit à son bureau il faisait tout un tas de recherches sur internet. Le lendemain, il avait le premier match de la saison mais il ne pouvait pas se sortir Jane de la tête. Il avait même été à son enterrement, il se sentait triste pour sa famille, après tout il l'avait connue plus jeune. Il avait soutenu Sally mais celle-ci lui en voulait toujours pour ce qu'il lui avait dit peu de temps après la mort de Jane. Il s'y était peut-être mal pris, peut-être avait-il été maladroit dans sa façon de s'exprimer. Il avait alors cherché tout un tas de choses sur les esprits, les fantômes et autres entités, bien entendu la plupart du temps ce qu'on pouvait trouver sur internet étaient des montages ou des histoires inventées. Mais d'après certaines sources, il y avait toutes sortes d'esprits :

Les esprits résiduels, ils vivent sans arrêt la même journée, la journée de leur mort, ces esprits ne se rendent généralement jamais compte qu'ils sont morts. Prisonniers, sans même le savoir.

Les esprits vengeurs, ces esprits sont plus dangereux, plus puissants aussi à cause d'une soif de vengeance impossible à assouvir.

Il y avait également les esprits malins, aussi communément appelés "démons", ces esprits sont vicieux et ne pensent qu'à faire du mal, ils peuvent aussi prendre possession des êtres vivants à leur guise tout en contrôlant leur énergie pour ne pas s'affaiblir rapidement.

Les poltergeists restent les moins connus et les plus étranges, ne voulant qu'une chose, faire fuir les habitants d'une maison, les poltergeists se nourrissent de la peur des êtres vivants. Surtout les enfants. Ils sont attachés à un lieu précis et le hantent pour l'éternité.

Finalement, rien ne collait avec ce que Jane tentait de faire, elle ne l'avait jamais agressé, elle ne l'avait jamais possédé, ou alors il ne s'en souvenait pas. Jane ne semblait pas entrer dans cette catégorie et elle ne vivait sûrement pas sa journée en boucle puisqu'elle le suivait lui.

Lorsque le jour se leva, le soleil entra par la fenêtre de sa chambre et lui éclaira le visage, ce qui lui chauffa la peau. Il ouvrit doucement les yeux, il se redressa lorsqu'il s'aperçut qu'il avait la tête posée sur son bureau. Il s'était endormi devant son ordinateur, il se massa la nuque puis les épaules avant d'aller prendre une bonne douche chaude histoire d'enlever toutes ses courbatures. Une fois propre, il descendit et embrassa comme habituellement sa mère. Il ne prit pas la peine de prendre un petit déjeuner, il devait sûrement déjà être en retard. Bien entendu, lors de sa promenade jusqu'au lycée, il sentait cette présence avec lui, il ne pouvait plus vraiment savoir si c'était vrai ou non car la neige fondait, il n'en restait que sur les toits et les arbres, parfois à quelques endroits sur l'herbe.

Il poussa les portes du lycée et il traîna les pieds dans le couloir, généralement il ne détestait pas l'école mais ces derniers jours cela devenait un vrai calvaire. Ses amis lui faisaient tout un tas de reproches par rapport à son comportement et le coach était toujours derrière lui à lui dire quoi faire, même Alex s'y mettait. Il se sentait mis à l'écart, perdre ses amis, moins apprécié des autres.

La journée fut banale, l'entraînement aussi, il commençait à avoir l'habitude des remarques, il savait qu'il n'était pas au meilleur de sa forme mais il espérait pouvoir réussir le match.

Alors que la journée touchait à sa fin, Andrew se préparait, physiquement mais aussi mentalement pour le match qui approchait, les autres semblaient tous détendus alors que lui était nerveux comme jamais. Il restait assis sur le banc du vestiaire en s'encourageant mentalement et même en priant pour que rien ne vienne le perturber. Jane était appuyée contre les grands casiers bleus derrière Andrew, les bras croisés elle le regardait. Elle était épuisée, épuisée de tenter en vain d'entrer en contact avec lui, il y avait tout de même un bon début, il avait fait des recherches sur internet, ce qui put, au passage, la renseigner elle aussi. Elle se souvenait très bien des paroles de Sarah, elle pouvait s'attirer des ennuis et si elle n'arrivait pas à trouver la paix, si elle restait dans ce monde, elle n'allait pas faire long feu. Elle avait caché son angoisse à Sarah mais ce qu'elle lui avait dit l'avait effrayée, cela voulait dire qu'il n'y avait pas que des gentils fantômes.

— Je t'en prie Jane, ne viens pas au match ce soir, laisse-moi tranquille... si t'es là et que tu m'entends, laisse-moi tranquille, demanda Andrew lorsque les vestiaires furent vidés de toutes personnes.

Jane se redressa en le regardant puis elle s'assit à côté de lui. Il regardait devant lui, il semblait même presque désespéré, il la suppliait.

— Je suis sûre que tu vas gagner, j'ai vu tous tes matchs, t'es un joueur génial. Ce soir tu gagneras, fit-elle en posant sa main sur la sienne même s'il ne l'entendait pas et qu'il ne pouvait pas ressentir son contact.

Il soupira puis se leva, il y avait beaucoup de bruit dans le gymnase et il s'y rendit. Jane quant à elle, resta assise sur le banc, elle allait exhausser son souhait et ne pas le suivre.

Elle patienta ainsi plusieurs heures, faisant les cent pas dans le vestiaire, elle cherchait quelque chose de nouveau, elle était devenue plus forte avec le temps mais pas assez pour se montrer ou pour faire autre chose. Est-ce que les vivants pouvaient réellement les entendre ? Elle était persuadée qu'il pouvait y avoir un moyen mais peut-être fallait-il être plus fort, qu'est-ce qui était plus fort qu'un simple fantôme perdu comme elle ? Les poltergeists ? Elle n'en avait jamais rencontré et cela ne lui disait rien, ils ne semblaient pas très amicaux. Pourtant, c'étaient les entités les plus douées pour ce genre de choses.