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Cet ouvrage intitulé "Les sentiments du Christ Jésus" propose de courts textes sur les principaux personnages des trois tomes de "Jésus de Nazareth" (2022-2023), après la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Les apôtres côtoient Ies derniers prétres qui ont officié avant et pendant la destruction du Temple de Jérusalem. Les évènements relatés sont issus d'ouvrages anciens, dont ceux de Flavius Joseph. Ce livre s'inscrit dans le temps long et se présente sous la forme d'une méditation sur la vie, la mort, la joie, l'espérance mais aussi l'angoisse et le désespoir, saisis dans le Regard de Dieu.
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Veröffentlichungsjahr: 2024
Les nations, elles, écouteront.
Actes des Apôtres 28,28.
Méditations
Les Apôtres. Rome
Pierre et Paul
Jérusalem
Jacques et Jean Zébédée.
Simon le Zélé.
Le destin d’Hérode Antipas.
La mort d’Agrippa.
L’exil de Ponce Pilate.
La destruction du Temple
La mort de Jacques le Juste.
Hanne Benhanne, le dernier des Veilleurs.
Joseph Benmatthias, dit Flavius Joseph.
Les Temps Derniers.
Confessions à l’âge du Dragon libéré
Maintenant, Son Regard1 s’étend au-delà des temps connaissables, dans les grands champs infinis de l’amour éternel ; des champs intimes à tous ceux qui Le rencontrent, étonnamment irrigués par les eaux d’une source bienveillante, ô impérissable souvenir de Siloé2.
De Sa Parole comme d’un Trône ancien s’élance, dans le grand silence qui est la musique du temps divin, le déploiement des actes de son éternel dessein ; splendide ordonnancement à travers le temps des humains3. Alors, en ce Lieu très élevé, d’où Il voit, murmure et proclame, lorsqu’Il se tourne vers l’Alpha de tous les Commencements, un grand ange transparent, fils d’El Chaddaï et de Consolation, fait retentir Son chant au travers de toute la création :
- Oui, Je suis le Dieu Tout Puissant, Créateur du ciel et de la terre, mais mon Nom Adonaï4, celui qui se voit et se prononce, je vous l’ai fait connaître depuis le début des âges : Oui, Je suis le Seigneur, et Me voici pour consoler vos âmes.
Enfin, Il se retourne vers la beauté précieuse et tourmentée de l’Oméga pour faire face à l’âme fervente de celui qui vit à Patmos et s’est fait offrande pour proclamer à travers les âges : Viens ! Il souffre l’ami de Ses noces de tant de plaies subies par tant d’âmes qui ont profané sa prophétie5 … Pourtant, le Seigneur lui dit avec cette tendresse qui l’a tant bouleversé, lui, le disciple bien aimé :
- Ne crains pas. C’est toi qui as la pierre qui n’a jamais été cachée, sainte Transparence et sainte Simplicité auxquelles Je me révèle. Amen, je te le dis, crée une éternelle chaîne de prières, à travers les temps, pour ceux qui retranchent, séparent, secrètent ensemble, mais contre tous, des secrets éventés ; puis désespèrent de voir leurs feuilles se faner sur l’Arbre de Vie, et sur le Livre leurs noms qui n'ont jamais été écrits ….
Et si une voix de bonté céleste ou humaine s’élève pour dire :
- Pourquoi Seigneur ? C’est la Mère de tous ceux qui sont nés en Sion qui répondra : - Je ne les vois pas sur Ma Terre !
- Alors, saint évangéliste, souviens-toi que tu dois pleurer ceux du dehors aussi, mais que c’est à Moi de les juger ; Moi qui connais ton amour pour les commandements, et pour le premier d’entre eux, qui est Amour seulement… Dans Mon Esprit, tu as vu la foule de ceux qui ont revêtu la robe blanche offerte par l’Agneau, et tu sais que Ma Patience doit accomplir parfaitement son œuvre, pour que Je sois le Berger des brebis de tous les enclos.
- D’âge en âge, Je suis aussi familier des légers frémissements qui dérangent, de façon impromptue, Mon Silence… Ils éveillent Mon discernement sur la foule de ceux qu’avant la fondation des temps J’ai choisie ; une foule qui grandit inopinément et démesurément. Ce fut le cas en cet instant précieux où Mon Regard se posa en un lieu de vie accablé par ce quotidien qui anéantit tant d’âmes… Là, un vieillard vivait sans le savoir un moment de cette paix intérieure qui M’appartient. Cet instant de répit où Ma Paix s’introduit dans l’âme du mourant, J’en connais toutes les nuances : c’est au fond de l’être, le merci du corps à l’âme, un merci qui murmure silencieusement avec la force qui lui reste : nous avons tant péché, tant souffert, tant appris et tant aimé…, et malgré l’âge avancé, nous avons tant espéré.
Combien J’aime ce geste intérieur des âmes humaines vers Moi. Main invisible pour vous, mais pas pour Moi, qui saisit les franges hyacinthes du bas de Mon manteau…et lorsque Je Me retourne, sentant cette force qui sort de Moi, l’Esprit Très Saint, Compagnon d’amour et de labeur, Me dit : -Vois, Seigneur, qui je fais apparaître à Ton regard. Et Je vois tous ces pauvres, ces perdus, ces innocents qui, en pénétrant sur les parvis de la Demeure de Mon Père, ne savent pas, parce qu’ils ne l’ont jamais su, que l’on doit dire : -Me voici, Seigneur ! Car depuis si longtemps, ils ont attendu dans un dénuement où tous les mots se meurent.
Alors, c’est l’ange miséricordieux qui les accueille, le maître de chant des anges précipités, de si haut jusqu’à si bas dans le désespoir, et qui ont improvisé le très insolite chœur qui accompagna Mon agonie6. Un ange miséricordieux qui connaît la misère de cette part de l’humanité qui meurt sans connaître la splendeur de Son Seigneur ; un ange dont le chant est un psaume qui fait s’ouvrir grand les portes du Royaume lorsque Sa miséricorde proclame : - Les Voici, les souffrants de la terre !
-Oui, venez ! Je suis le Dieu Créateur qui a dit à l’univers : Sois… et il fut ! lui le sein qui vous reçoit parce que Je le maintiens ; lui le psaume qui traverse l’immensité du ciel et de la terre : - Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous devant votre Créateur Tout Puissant…qui a un cœur mais aussi un corps ! Ceux du Prince éblouissant de sainteté, qu’Il a engendré comme la rosée qui naît de l’aurore.
1 Celui de Jésus Christ. Comme le dit Paul (Ph 2,5.) je tente d’avoir en moi les sentiments du Christ-Jésus ; les mettre par écrit est une forme de prière-méditation qui m’est propre.
2L’Envoyé.
3 Ephésiens. 1, 4-10
4 Les hébreux ne prononcent pas le nom de Dieu – Yahvé - ; ils le remplacent par Adonaï, Seigneur.
5 Apocalypse de saint Jean 22,18-19.
6 Le passage, p.92.
Et il y eut ce jour particulier, où Il abaissa son regard vers Sa Part intime et ecclésiale qui était tombée dans cet agenouillement du corps et de l’âme, qu’Il sait si proche à la fois du ciel et de la terre. Ceux-là s’étaient agenouillés dans un dénuement et une solitude totale ; eux qui, pourtant, étaient si riches, si connus, si aimés, si ressemblants.
Le premier, profondément singulier, est si ardent que son feu se répandit au-delà des mers connues et inconnues ; et même au-delà des temps, où l’écho toujours présent de sa voix répète : -C’est trop peu que Tu sois Son Serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les préservés d’Israël… Le Dieu de mes pères T’a destiné à être la Lumière des nations. Une voix et un feu si puissants qu’il n’a jamais eu besoin de consolation, lui, l’Apôtre des nations ; puisque « être en Sa Présence », en tous lieux, a toujours suffi à son bonheur et a multiplié les fruits de son labeur. Ce jour, agenouillé dans une geôle obscure, il fit rouler sous son doigt de petits graviers, le visage appuyé contre un mur. De temps à autre, il touchait le mur comme pour faire approuver à son âme ce face à face avec rien : ce Rien d’où semble émaner Sa Présence, lorsque l’être accepte d’étendre en lui-même le beau tissu moiré du silence … Mais il sait aussi, lui, l’apôtre rapporté, maître en humanité, que ce rien désespère certains êtres quand leurs folies s’éteignent comme épuisées d’elles-mêmes ; et que les pas qu’ils entendent en vieillissant ne sont pas ceux du Vivant, mais ceux de l’Ombre de la mort.
Alors lui Paul leur dit, qu’envers et contre eux-mêmes, il a toujours voulu les arracher à la pâture de la mort : - Qu’est-ce qui vous fait peur, ô hommes, qu’est-ce qui vous fait fuir la Lumière ? Qui est plus terrifiant que le Néant ? Vous le savez : ici tout se meurt, se décompose, emporté comme les feuilles par le vent d’hivers…. Alors, si les morts ne ressuscitent pas, je vous le crie : nous marchons sans cesse, sans salut, sans secours nous périssons et tombons en poussière ! Mais je le sais ! Sans la foi, vous ne voyez pas le péché ! et parfois même, jusqu’aux abords de l’abîme, la mort vous est voilée !
Ô saint Seigneur regarde leurs âmes, comme les nôtres, semées en ces bien fragiles vases que sont nos corps, pourquoi font-elles montre d’une telle hargne envers Toi qui proclames à travers les âges :- Vous avez été semés dans des corps de misère ! … Oui, vous êtes corps de chair… Mais Moi, Mon Père et Notre Sainteté voyons déjà votre vêtement d’immortalité ; vous qui êtes les fils d’un Dieu qui vous aime au point d’ouvrir grand les portes de Son Eternité !
- Ô Seigneur, Toi le Très Saint, qu’est-ce qu’un fils d’homme, pour que Tu le visites et que Tu aies tout mis sous ses pieds ?
- Ce qu’Il est ? Ecoute, Israël, Oracle du Seigneur : ce Fils d’homme jugera les anges, et ira dans Mes champs infinis de Gloire en Gloire, car il est l’Unique reflet de Ma Splendeur.
