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En m'accompagnant dans cette nouvelle enquête, apprêtez-vous à découvrir ce qui s'est passé dans ce petit village aux maisons grises des Yvelines, lors de la finale de la coupe du monde de football entre la France et l'Argentine. Soyez prêts à vivre une passionnante aventure, à voir des paysages à couper le souffle, à côtoyer des superhéros, à être ébahis par du suspense insoutenable, à rencontrer un Viking, à grelotter de froid, à faire la connaissance d'un sosie de l'idole des jeunes, à gouter des boissons inconnues, à côtoyer la communauté gay et à être témoin de revirements de situation inimaginable.
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Seitenzahl: 178
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Du même auteur :
Le chat Slave
La fourchette à “gâteux”
Le verre solitaire
11/2024 Editeur BoD-Books on Demand
GILBERT-HENRI MAUNOIR
PRÉAMBULE
Petits conseils aux lecteurs.
En m’accompagnant dans cette nouvelle enquête, apprêtezvous à découvrir ce qui s’est passé dans ce petit village aux maisons grises des Yvelines, lors de la finale de la coupe du monde de football entre la France et l’Argentine. Soyez prêts à vivre une passionnante aventure, à voir des paysages à couper le souffle, à côtoyer des superhéros, à être ébahis par du suspense insoutenable, à rencontrer un Viking, à grelotter de froid, à faire la connaissance d’un sosie de l’idole des jeunes, à goûter des boissons inconnues, à côtoyer la communauté gay et à être témoin de revirements de situations inimaginables.
Contrairement à ce que vous allez penser en lisant cette histoire, ce n’est qu’une pure fiction. Les personnages, les noms et les situations sont sortis par je ne sais quel miracle ou quelle malédiction de mon imagination et toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des situations seraient d’une extraordinaire coïncidence.
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 1
Le soleil se levait doucement sur la campagne, allongeant indéfiniment les ombres des arbres qui bordaient la route à intervalles réguliers, créant ainsi l’image d’une longue échelle qui me conduisait échelon après échelon vers ma destination. Il était rare pour moi d’être aussi matinal mais c’était pour répondre à l’appel téléphonique totalement inattendu d’hier soir que je me retrouvais aussi tôt sur les routes.
En voyant le numéro de ma grand-mère, qui ne me téléphone quasiment jamais, s’afficher sur l’écran de mon smartphone, je crus qu’il s’était passé quelque chose de grave pour qu’elle me contacte le soir de Noël en plein réveillon. Non, en fin de compte, il ne lui était rien arrivé, ce n’était que pour me demander, ou tout au moins pour m’ordonner de venir tôt le lendemain matin, afin de rencontrer son amie pour discuter d’une “affaire urgente”, soulignant au passage que peut-être, mon nouveau métier de détective privé allait enfin pouvoir servir à quelque chose.
Cette “affaire urgente” dont elle n’avait pas voulu me donner de détails m’avait intrigué, c’est pourquoi dès potron-minet et malgré une courte nuit et une légère gueule de bois, Léon, mon fidèle compagnon canin et moi-même avions sauté dans notre antique Clio, pour rejoindre ce petit coin reculé des Yvelines où mes grands-parents avaient toujours vécu.
Après avoir traversé quelques espaces boisés et de grandes étendues de champs somnolents attendant le retour de l’été avec impatience pour retrouver les couleurs chaleureuses des épis de céréales dont la région était grande productrice, j’aperçus enfin au loin le clocher tant attendu.
Avant d’atteindre le centre du village, il fallait passer devant un quartier récemment construit à l’entrée du bourg que les anciens du coin nommaient avec dédain “Chez les Parisiens”.
Des promoteurs avaient créé aux abords de ce petit bourg francilien un grand lotissement pour y loger ceux qui fuyaient les grandes villes des alentours et leurs banlieues bruyantes. Des dizaines de maisons identiques étaient bâties les unes à côté des autres le long d’un reptile bitumeux serpentant dans la résidence jusqu’à se mordre la queue. Toits de tuiles rouges et crépi beige étaient de rigueur pour ces nouvelles constructions, couleurs qui contrastaient avec celles des vieilles bâtisses du centre du village qui exhibaient tristement des façades grises des plus lugubres. Ces récentes ventes à l’entrée du village de terres agricoles de la région devenues constructibles, par on ne sait quelle magouille politicienne, avaient provoqué une hausse conséquente du prix des terrains aux alentours et créé quelques tensions entre les habitants.
Arrivé dans le vieux village, je me faufilai dans les ruelles étroites sous les lumières multicolores et clignotantes des décorations de Noël qui égayaient les rues sombres, avant d’être remplacées par la lumière du jour qui tardait à venir en cette saison. Tous les ans c’était la même chose, l’ordre était donné à tous de s’amuser et d’oublier petits ou gros soucis et d’accrocher un sourire béat de convenance.
Pour ma part, j’aimais bien cette période conventionnelle d’obligation festive, je trouvais que les gens étaient plus avenants et engageaient plus facilement la conversation, faisant oublier la morosité et le froid de la fin de l’année.
En m’adressant à Léon couché tout en long sur la banquette arrière :
— Nous voilà bientôt arrivés mon bonhomme, comme d’habitude, je vais te laisser dans la voiture, tu sais bien que la grand-mère n’aime pas les chiens.
À entendre les ronflements venant de la banquette arrière, pas sûr qu’il m’ait entendu.
Parler à mon chien comme à un humain faisait rire certains, mais ceux qui ont des animaux de compagnie me comprennent et c’était devenu une habitude, je le faisais machinalement.
La maison était au centre du village et dans ce dédale de rues étroites, la prudence était de mise. À l’arrivée, il fallait manœuvrer avec précision pour passer sous un antique porche, sans accrocher une aile ou un pare-chocs afin d’accéder à sa petite cour. D’aussi loin que remontent mes premiers souvenirs d’enfant, où, endimanchés, nous arrivions avec la Renault Fuego de mes parents, rien n’avait changé ici. Dans cet endroit ceinturé de murs qui ne voyaient le soleil qu’à midi pétant, le sol aux pavés inégaux et glissants nous accueillait joyeusement en faisant tressauter les amortisseurs, nous secouant comme un cocktail dans un shaker, ce qui m’amusait quand j’étais un enfant mais déplaisait beaucoup à mes lombaires d’aujourd’hui.
Les murs qui nous entouraient étaient toujours aussi gris et seule la porte de la maison qui avait, depuis la nuit des temps, la même teinte bleu roi délavé apportait un peu de couleur à ce triste lieu clos. À peine avais-je mis un pied hors de ma voiture que déjà la porte de la maison s’ouvrait sur ma grandmère, qui me jeta un regard noir. C’était une grande femme maigre qui, depuis la mort de grand-père, s’habillait en gris-noir ce qui faisait encore plus ressortir la pâleur de sa peau de porcelaine, la rendant de ce fait encore plus lugubre. Elle avait un visage sévère et avec l’âge, ses joues s’étaient creusées, renforçant encore plus l’austérité de ses traits. Déjà elle nous faisait peur quand nous étions gamins, je n’ose imaginer la réaction des enfants maintenant quand ils la voient pour la première fois.
Dès que je fus entièrement sorti de ma voiture, elle me lança.
— Encore en retard, que vas-tu trouver comme excuse ce coup-ci ?
C’est vrai qu’elle m’avait demandé d’être là à huit heures trente sans faute et que je devais avoir dix bonnes minutes de retard sur l’heure imposée, mais elle était comme cela grand-mère, intraitable. De mémoire, je ne l’avais jamais vu sourire ni donner un compliment à qui que ce soit, mais elle était plus réputée pour son bœuf en daube que pour sa gentillesse. Malgré tout, ses enfants et petits-enfants accouraient à la moindre de ses demandes.
Je lui répondis :
— Bonjour, grand-mère, oui je vais bien, merci de le demander et à mon tour de te demander si tu as passé un bon réveillon de Noël ?
Comme à son habitude, elle passa outre ma question teintée d’ironie.
— Laisse ton sale chien dans ta voiture, je ne veux pas de ça chez moi et dépêche-toi d’entrer, nous t’attendons depuis un bout de temps et le café va être froid.
Je lui fis deux bises sur ses joues creuses, une sur chaque joue comme veut la coutume de notre région puis, longeant le long couloir de l’entrée, je la suivis dans la cuisine où nous attendait une femme d’un âge certain. À notre arrivée, celle-ci se leva de sa chaise, mais avant même qu’elle n’eût le temps d’ouvrir la bouche pour me saluer, grand-mère la devança et fit les présentations.
— Je te présente Germaine, qui est une des rares personnes qui soit sympathique dans ce village, elle vient papoter avec moi tous les jours en fin de matinée avant d’aller nous acheter le pain, je me sens moins seule comme cela puisque je suis délaissée par ma famille.
L’allusion à la famille qui ne venait que rarement la voir, c’était cadeau, rien que pour moi.
Elle continua en s’adressant à Germaine.
— Voici mon neveu Gil, qui est détective privé comme je te l’ai dit. Il a abandonné son vrai métier pour se lancer sans aucune expérience dans cette aventure grotesque d’enquêteur, nous l’avons prévenu que c’était une bêtise mais les enfants sont comme cela maintenant, ils n’en font qu’à leur tête.
Je lui répondis amer :
— Merci grand-mère de ces sympathiques présentations très valorisantes.
Elle enchaîna tout en me désignant une de ses vieilles chaises de bois bancales semblables à celles que l’on trouve maintenant exclusivement dans les brocantes ou les vide-greniers.
— Assieds-toi, je vais te servir un bon café et elle empoigna son antique cafetière.
Je m’exécutai, imité par Germaine qui se rassit sans un mot en attendant la fin du service.
Je regardai ma grand-mère verser dans un de ses vieux verres Duralex le café qu’elle avait fait comme à son habitude “à l’ancienne”, préparé dans une vieille cafetière à l’italienne en aluminium dépoli. Ce breuvage, elle en préparait à longueur de journée et pour cela, une bouilloire restait à demeure sur sa vieille cuisinière pour garder l’eau bien au chaud et sa boîte de café en fer blanc était toujours prête pour verser quelques cuillerées d’arabica dans la vieille chaussette filtrante. Il n’était pas terrible, son breuvage fait de café moulu bon marché dans lequel elle rajoutait en douce une bonne dose de chicorée mais au moins il était toujours chaud et on pouvait en boire des litres sans aucun effet de nervosité.
Je les regardai toutes les deux, vêtues quasiment à l’identique. Il n’y a pas que dans les campagnes de province que l’on pouvait rencontrer des vieux habillés tristement, ici aussi en Île-de-France dans les petits villages, les habits gris et noirs étaient de rigueur pour une partie du troisième âge.
Elle déposa devant moi le verre brûlant de son sombre mélange et remplit les deux verres déjà présents sur la table, puis elle s’assit.
— Vas-y Germaine, raconte-lui.
Germaine se tortilla sur son siège, racla sa gorge prête à se lancer, mais avant même qu’un son sorte de sa bouche, grand-mère perdant patience m’expliqua.
— C’est tout simple, son neveu Laurent s’est suicidé chez lui il y a tout juste une semaine et il a été enterré avant-hier. Mais elle ne croit absolument pas à cette version, elle pense que c’est un meurtre, voilà pourquoi elle a besoin d’un détective.
Je lui répondis promptement.
— Ah ! Si c’est une affaire de suicide ou de meurtre, je suis désolé mais je ne sais pas faire. Je ne travaille qu’à résoudre de simples affaires d’animaux disparus, de conjoints volages ou au mieux d’objets volés, il faut que vous cherchiez un autre détective habitué à travailler sur ce genre d’affaires.
— Taratata, ne fais pas ta mijaurée, tu ne verras pas de cadavre si c’est ce qui te fait peur. Et tu te doutes bien que si nous avions pu trouver quelqu’un de plus capable pour mener cette enquête, nous l’aurions sollicité. Non, il ne restait que toi à qui nous pouvions demander cela.
Ma grand-mère était du genre “cash”, c’était son style, on aime ou on n’aime pas… pour ma part, je n’aimais pas ! Elle poursuivit.
— Et de toute façon, je lui ai dit que tu ferais cette enquête.
Pas le temps de répondre que Germaine prit aussitôt la parole.
— Je n’ai pas beaucoup d’argent alors j’espère que cela ne sera pas trop cher.
Grand-mère répondit rapidement à ma place.
— Ne t’inquiète pas, il est dans la profession depuis peu, alors il te fera un très bon prix !
Je restai sans voix. En moins de cinq minutes, j’avais compris qu’aux yeux de ma grand-mère je faisais un métier peu valorisant et comme je débutais, je ne devais pas être vraiment compétent, alors elle m’imposait de travailler au rabais, c’est beau la famille !
Après ce léger moment de flottement, j’argumentai.
— De toute manière, c’est impossible de se lancer sur une enquête en ayant juste la conviction d’un parent, sans éléments probants pour prouver que c’est un meurtre plutôt qu’un suicide. Il aurait fallu être là en même temps que la police à la découverte du corps pour voir s’il y avait des éléments susceptibles de lancer une enquête pour un homicide. À présent, le minimum serait de pouvoir avoir en main le rapport de police et les conclusions du médecin légiste, pour se faire une idée. Vous comprenez pourquoi je ne peux pas répondre à votre demande.
Grand-mère se leva, prit une grosse enveloppe qui se trouvait sur le vaisselier derrière elle et la déposa toute fière devant moi.
— Voici une copie du rapport de la gendarmerie sur ce soi-disant suicide avec le rapport du médecin légiste et les photos prises lors de leur enquête.
— Mais comment as-tu eu ces documents ?
— Un des gendarmes est natif du village et il est le fils d’une voisine de Germaine. Quand hier, elle lui a dit qu’un détective allait enquêter sur la mort de son neveu, il a tout de suite proposé de lui faire une copie du dossier d’enquête pour te le donner, car il a participé aux investigations et il trouve qu’elles ont été trop vite abandonnées à cause des festivités qui approchaient.
Je pris les documents d’un air dubitatif, ma grandmère me lança d’un air narquois.
— Cela t’étonne, pas vrai ? Alors, maintenant que tu as ces documents en main, dis-nous quand tu commences ton enquête.
Je réfléchissais, j’étais partagé entre le fait que je n’avais jamais travaillé sur une affaire avec un cadavre, les enjeux étant trop importants et, de plus, cela semblait être une cause perdue d’avance. Mais d’un autre côté, grand-mère venait de me présenter comme un bras cassé auprès de son amie et il suffisait que je trouve un ou deux éléments nouveaux, même s’ils allaient dans le sens des conclusions de la gendarmerie, pour redorer un peu mon blason, car ma fierté en avait pris un coup.
— J’hésite à m’occuper de votre affaire parce qu’il faut vous dire qu’il n’y a quasiment aucune chance de trouver des indices qui auraient échappé aux enquêteurs de la gendarmerie.
Germaine me répondit :
— Je voudrais vraiment que vous acceptiez. Mon neveu n’était pas homme à se suicider, nous n’étions pas très proches, c’est vrai, mais je le connaissais suffisamment pour douter de cette version de sa mort. S’il a été assassiné, je voudrais bien connaître le nom de son assassin et les raisons qui vont avec.
— Bon, je vais voir ce que je peux faire.
Comme à mon habitude, je sortis mon petit calepin pour noter ce qui me semblait important.
— Bien, pour commencer, à quelle date est-il mort ?
— Le dix-huit décembre, me répondit Germaine.
— Le dix-huit décembre ? Mais c’était le dimanche où il y a eu la finale de la coupe du monde de football au Qatar, entre la France et l’Argentine !
— Oui, mais il n’a été retrouvé que le lendemain, le lundi matin.
Je tentai une improbable approche :
— Il était fan de football ? La France a perdu injustement en finale, cela expliquerait peut-être son geste.
— Pas du tout, il détestait les sports en général, à part la chasse bien sûr.
— Bon, euh … Était-il marié, ou en couple ?
— Non, il vivait seul depuis la mort de sa mère.
— S’il s’est suicidé chez lui, alors la première chose que j’aimerais faire c’est de visiter sa maison. C’est possible ou les scellés sont encore sur la porte ?
— Oui, c’est possible et on y va quand vous voulez. Ils ont enlevé les scellés il y a plusieurs jours et comme je suis sa famille la plus proche, les gendarmes m’ont confié le trousseau de clés qu’ils avaient pris dans la maison.
— Très bien, on peut y aller tout de suite ?
— Oui bien sûr, je cours chez moi prendre le trousseau et je vous retrouve devant la porte de sa maison, dans un quart d’heure. Ça vous va ?
— Oui, cela me laissera un peu de temps pour feuilleter le rapport de gendarmerie.
— Je vais vous indiquer où se trouve la maison.
— Non, pas besoin, grand-mère m’indiquera le chemin pour vous y rejoindre.
— Bien, et elle partit.
Je demandai à grand-mère :
— Tu connaissais bien cette famille ?
— Oui, assez bien. Comme nous, ils sont dans le village depuis des générations, j’ai bien connu les parents de Laurent et lui a été l’un de mes élèves quand j’étais institutrice. Il n’était pas le plus vif d’esprit de la classe mais il était sérieux comme gamin et nous échangions toujours quelques mots quand je le croisais dans le village. Quant à Germaine, je la connais depuis toujours, elle était “dame de service” à la maternelle.
— Nous pourrons continuer cette discussion plus tard, mais il faut que je jette un coup d’œil sur ce rapport avant d’y aller. Si tu veux bien, je repasserai te voir après avoir visité la maison.
— D’accord, de toute façon je ne bouge pas de la journée.
Après avoir consulté brièvement le rapport de la gendarmerie et vu quelques photos, je regardai ma montre.
— Mince, le temps passe vite, c’est le moment de retrouver Germaine. J’y vais grand-mère, à tout à l’heure.
— Mais attends, il faut que je t’indique le chemin pour trouver facilement la maison, je vais te faire un petit plan. Tu verras, c’est tout simple.
Elle sortit d’un tiroir une feuille de papier quadrillé jaunie par le temps, qui datait certainement de sa période à l’Éducation nationale. Elle y traça avec application quelques lignes représentant les rues du centre du village, d’une croix elle indiqua l’emplacement de la maison de Laurent et pour terminer, elle écrivit avec soin de sa belle écriture scolaire les noms des rues principales puis me le tendit.
— À partir d’ici tu vois le chemin à prendre ?
Je jetai un œil sur le plan.
— Oui, je vois très bien où c’est, c’est vraiment tout près. Je le mis dans ma poche et sortis, « A tout à l’heure grand-mère ! »
— Tu reviens quand tu veux, je ne bouge pas et je te ferai un bon café.
Je n’étais pas spécialement enthousiaste à l’idée “d’un bon café”, mais c’était la boisson imposée dans cette maison.
Chapitre 2
À l’heure prévue, je retrouvai Germaine devant la maison de son neveu qui se trouvait au bout d’une impasse. À mon arrivée, elle ouvrit en grand le portail et je me garai au bout de l’allée face à la maison à côté d’une Peugeot 308 quasi neuve. À la vue des mauvaises herbes, ronces et orties qui avaient depuis longtemps gagné la partie, on se doutait que le jardin était délaissé depuis des lustres. La maison n’était pas mieux, on aurait dit qu’elle était à l’abandon, les enduits étaient devenus gris, un peu partout de grandes toiles d’araignées ondulaient gentiment en toute liberté au gré du vent et la couleur d’origine des volets de bois, des fenêtres et de la porte d’entrée n’était plus qu’un vague souvenir.
— C’est la voiture de votre neveu ? En lui montrant la Peugeot.
— Oui, c’était celle du moment car il était contremaître dans une équipe qui fait les trois-huit chez un constructeur automobile. Il changeait tous les six mois de voiture et il les revendait en faisant un petit bénéfice.
Elle était plus enjouée que tout à l’heure, il faut dire que ma grand-mère en imposait et forçait inconsciemment tout le monde à la retenue.
— Il est mort la semaine dernière, vous auriez pu faire appel à un détective bien plus tôt, alors pourquoi attendre aussi longtemps ?
— Je ne savais pas à qui m’adresser et prendre un détective privé au hasard ne me convenait pas. C’est quand j’en ai parlé à votre grand-mère qu’elle m’a proposé de vous appeler.
— Vous avez bien toutes les clés de la maison pour y entrer ?
— Ne vous inquiétez pas, je les ai, elle sortit un trousseau de son sac à main et le secoua devant moi.
— Ce sont des clés pour des serrures de haute sécurité on dirait ?
— Oui, dans cette maison, ils ont toujours eu peur d’être cambriolés, c’est mon beau-frère qui avait fait installer de gros verrous anti-effraction.
D’une démarche vigoureuse, elle alla jusqu’à la porte de la maison, ouvrit sans hésiter le verrou du haut, changea de clé, ouvrit la serrure principale et poussa la porte.
— Cela me fait tout drôle, cela fait tellement longtemps que je ne suis pas entrée dans cette maison.
