Le verre solitaire - Gilbert-Henri Maunoir - E-Book

Le verre solitaire E-Book

Gilbert-Henri Maunoir

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Beschreibung

En m'accompagnant dans cette nouvelle enquête, apprêtez-vous à vivre une aventure exaltante, à être ébahis par du suspense insoutenable, à être époustouflés par des moments d'action et des cascades intrépides, à de folles poursuites en voiture, à rencontrer des personnages des aventures de Tintin, à vivre de très grands moments gastronomiques, à assister à un spectacle digne du Moulin Rouge, à être pourchassé par une énorme star américaine (son sosie pour tout dire, je n'avais pas le budget !) à des moments de tendresse et même à rencontrer la Belle au bois dormant (note pour les lecteurs de ma dernière aventure : cette fois, c'est vrai !)

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Seitenzahl: 187

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Du même auteur :

Le chat Slave

La fourchette à “gâteux”

11/2024 Editeur BoD-Books on Demand

GILBERT-HENRI MAUNOIR

PRÉAMBULE

Petits conseils aux lecteurs.

En m’accompagnant dans cette nouvelle enquête, apprêtezvous à vivre une aventure exaltante, à être ébahis par du suspense insoutenable, à être époustouflés par des moments d’action et des cascades intrépides, à de folles poursuites en voiture, à rencontrer des personnages des aventures de Tintin, à vivre de très grands moments gastronomiques, à assister à un spectacle digne du Moulin Rouge, à être pourchassés par une énorme star américaine (son sosie pour tout dire, je n’avais pas le budget) à des moments de tendresse et même à rencontrer la Belle au bois dormant (note pour les lecteurs de ma dernière aventure : cette fois, c’est vrai !)

Éloignez les enfants, les femmes enceintes, les vieillards, les insuffisants cardiaques et toutes personnes présentant des faiblesses émotionnelles. Âmes sensibles, passez votre chemin.

Je vous aurai prévenus mais si vous vous sentez la force d’aller plus loin, alors installez-vous confortablement et commencez à lire cette captivante aventure !

Contrairement à ce que vous allez croire en lisant cette histoire, ce n’est qu’une pure fiction (étonnant !) Les personnages et les situations sont issus, par je ne sais quel miracle ou quelle malédiction, de mon imagination et toute ressemblance avec des personnes, des lieux ou des évènements particuliers ne serait qu’une extraordinaire coïncidence.

Sommaire

PRÉAMBULE

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

ÉPILOGUE

Chapitre 1

La circulation était comme tous les matins de la semaine, aussi fluide qu’au milieu d’un troupeau d’éléphants tentant d’entrer en même temps dans les toilettes d’un wagon SNCF mais c’était les joies de la “grande” ville et ce n’était vraiment pas fait pour moi. Malheureusement, ces bouchons du centre-ville qui offraient aux initiés leur stress quotidien ne se résorbaient pas avant le milieu de la matinée et, pauvre de moi, à cette heure matinale, j’étais en plein dedans. Cela me confirmait le bien-fondé de mon habitude de “lève tard” tant décrié par ma famille.

Cela m’énervait d’avancer à la vitesse d’un escargot. Le carrefour était bloqué par les voitures qui passaient au rouge, bloquant celles qui pouvaient passer au vert, neutralisant ainsi, dans un interminable jeu de bonneteau, les voitures passées au rouge, qui, maintenant pouvaient passer au vert du fait du changement de couleur de leur feu intervenu durant le temps où elles étaient coincées au milieu du carrefour ... Ou vice versa. (Si vous avez compris quelque chose dans ces lignes, bravo !)

En attendant de gagner les quelques malheureux mètres qui me permettraient de passer ce satané croisement, je pianotais nerveusement sur mon volant. Les ronflements de mon brave chien, Léon, (vous commencez à le connaître, sinon, allez lire mes précédentes enquêtes) allongé comme à son habitude sur la banquette arrière de la Clio, ne contribuaient pas à mon apaisement et me faisaient regretter mon lit tout chaud que j’avais quitté à contrecoeur.

Ce matin, la sonnerie du téléphone m’avait réveillé brusquement et c’était encore tout endormi que j’avais pris l’appel, alors que le soleil automnal commençait à peine une timide percée à travers la brume matinale qui tapissait le paysage visible de ma fenêtre.

C’était un appel du directeur d’une galerie d’art qui était située dans la préfecture de notre département qui me proposait d’enquêter sur un vol commis dans son établissement, et dans le cas où j’accepterai cette affaire, il fallait que je vienne aussi vite que possible.

C’était loin de ma zone de confort, les quelques enquêtes que j’effectuais dans ma localité suffisaient à me maintenir financièrement à flot. Mais une affaire “dans la grande ville” ne se refusait pas, d’autant plus que c’était une première pour moi. Après un passage sous l’eau glacée de la douche pour me réveiller et un petit déjeuner pris sur le pouce, je m’étais habillé au plus vite pour me mettre rapidement en route vers cette nouvelle aventure. Voici la raison pour laquelle je me retrouvais ici au milieu de cet embouteillage.

Cet embrouillamini automobile derrière moi, j’avançais tant bien que mal vers ma destination tout en ayant un oeil rivé sur l’écran de mon GPS “double Tom” (je vous laisse deviner la marque) et l’autre sur la route pour éviter les autres voitures, scooters, patinettes, vélos et piétons qui tentaient régulièrement de passer sous mes roues. Dans ce vacarme de moteurs rugissants, de motos pétaradantes et les vociférations des conducteurs mécontents, j’essayais de suivre au mieux les instructions vocales me guidant vers l’adresse voulue et après quelques détours et demi-tours intempestifs accompagnés de coups de klaxon rageur des forçats du matin et d’un élégant « pauvre c.. » d’un scootériste impatient auquel je répondis par un candide « c’est celui qui dit qui l’est » qui le laissa pantois (Du vécu !), je réussis enfin à atteindre ma destination que le GPS conforta par un carillonnant : « vous êtes arrivés ! ».

Je me trouvai devant un large bâtiment au croisement de deux rues, je passai doucement devant dans l’espoir insensé de trouver une place pour me garer. La galerie se trouvait au rez-de-chaussée de l’édifice et de grandes baies vitrées laissaient voir des peintures et objets d’art exposés.

Impossible de se garer à proximité de l’entrée, je suivis donc une pancarte m’indiquant le parking réservé à la galerie d’art et descendis une petite rue pour faire le tour du bâtiment et me garer à l’arrière de l’édifice sur un des emplacements réservés aux visiteurs. Je quittai la voiture en laissant Léon finir sa nuit, sans oublier de lui ouvrir une fenêtre en grand, pour qu’il puisse sortir et se balader selon son bon vouloir.

J’avisai une porte en fer derrière le bâtiment mais elle n’avait pas de poignée et un fléchage indiquait le chemin à suivre par les piétons pour rejoindre l’entrée de la galerie qui se faisait sur la rue principale. Je fis, comme indiqué, le tour du bâtiment.

Arrivé devant, je tombai sur un policier en faction qui m’interdit, d’un geste de la main, l’accès de la galerie.

— Bonjour, me dit-il, « vous ne pouvez pas accéder à la galerie, elle sera fermée pour toute la journée. »

— Bonjour monsieur l’agent. Malgré tout, je dois pouvoir entrer, c’est le directeur, Monsieur René Sens, qui a demandé de venir de toute urgence aujourd’hui.

Il ouvrit la lourde porte vitrée et me fit signe de le suivre à l’intérieur.

— Je vais prévenir le garde de sécurité de votre présence.

J’entrai à sa suite dans un grand sas. Sur la droite, il y avait un salon d’attente et, en face de moi, j’aperçus à travers une porte vitrée un grand et large couloir qui séparait en deux la surface de la galerie. Sur ma gauche se trouvait un poste de sécurité tout vitré où un agent portant l’uniforme d’une entreprise de gardiennage se tenait assis derrière un comptoir équipé d’un hygiaphone. L’agent de police l’informa de la raison de ma présence puis se tourna vers moi, me salua militairement et sortit reprendre sa place initiale sur le trottoir devant l’entrée.

La casquette de l’homme dans la cage de verre paraissait minuscule tant sa tête était énorme et ses grandes oreilles pointues, sa large mâchoire aux canines proéminentes et ses joues pendantes le faisaient ressembler à un gros chien d’attaque. D’ailleurs il avait l’air d’être aussi avenant que ses semblables à quatre pattes et d’un air suspicieux, ce pitbull aboya :

— Vous êtes ?

— Bonjour, je suis Gil Trouver, détective privé et j’ai un rendez-vous avec le directeur, Monsieur René Sens.

Le rottweiler prit son téléphone d’une patte, composa un numéro et après quelques aboiements et jappements dans l’appareil, se tourna vers moi et m’interpella d’un grognement.

— On va venir vous chercher, me dit-il en me montrant ses crocs.

— Merci, je patiente.

— En attendant, prenez un siège, en me désignant d’un mouvement de museau le salon d’attente du sas d’entrée qui se trouvait derrière moi.

Je pris place sur un des fauteuils qui me tendaient les bras et pour patienter, entrepris de feuilleter une des revues qui se trouvaient sur une table basse. Celle-ci était tout en anglais, de l’hébreu pour moi (le contraire étant tout aussi vrai), mais comme tout magazine d’art qui se respecte, les photos parlaient d’ellesmêmes. La partie “Modern Art” retint mon attention. L’amoncellement de vieilles briques, l’urinoir peint en rose et monté à l’envers, les fils de différentes couleurs tendus du sol au mur, la pyramide de boîtes de conserve du type “chamboule tout”, la grande toile blanche avec un bouton cousu dessus même pas centré, un mur couvert d’un gloubiboulga coloré provenant de seaux de peinture projetée à la “va-vite”, tout cela était déjà dissonant pour moi, mais le meilleur de cet étalage de ce style dit “artistique” était une oeuvre incroyable : il s’agissait d’une banane scotchée sur un tableau blanc avec du ruban adhésif et vendu cent vingt mille dollars à Miami (vous vous souvenez assurément de cette incroyable histoire), cela me fit admettre que franchement je ne comprenais rien à cette forme d’art. Je continuai quand même vaillamment à feuilleter le magazine pour voir les différents genres artistiques présentés dans ce recueil.

Je me remettais difficilement les yeux en face des trous après avoir contemplé les représentations des oeuvres de la partie “cubiste”, quand une femme, que je n’avais pas vu arriver, se mit devant moi et m’avertit de sa présence d’un « kof-kof » (Tousser en langage BD. Apprêtez-vous à enrichir vos connaissances en lisant cette formidable aventure !)

Je relevai la tête et découvris ma prof d’anglais de mes tendres années de collégien ou plutôt la caricature de ma prof d’anglais. Devant moi, se tenait raide comme la justice, une grande femme svelte à l’âge indéfinissable, habillée d’un tailleur strict de tweed multicolore et de souliers plats. Ses cheveux bruns tirés en arrière par un chignon mettaient en avant un visage quelconque dénué de maquillage, caché en partie par d’énormes lunettes à monture en écaille aux verres gros comme des hublots de transatlantique.

— Bonjour, Monsieur Trouver, je suis Maud Ernarte, la sous-directrice de la galerie.

Je me levai prestement de mon siège.

— Bonjour, Madame, Monsieur René Sens m’a demandé de venir de toute urgence.

— Oui, il m’en a informé et m’a demandé de vous recevoir, étant lui-même trop occupé pour le moment. Veuillez me suivre dans mon bureau, nous serons plus tranquilles pour discuter.

Elle franchit la seconde porte vitrée du sas pour arriver dans le large couloir où de part et d’autre se trouvaient de grandes ouvertures vers les lieux d’expositions et on continua tout droit en croisant plusieurs policiers qui allaient et venaient. Au fond du couloir laissant sur la droite un monte-charge, elle ouvrit une porte donnant sur un escalier et je montais derrière elle les quelques marches qui nous amenaient au premier étage. Elle ouvrit une des portes du couloir, m’invita à entrer et me fit signe de prendre place sur l’un des sièges réservés à ses visiteurs.

— Voulez-vous un café ?

— Oui, avec plaisir.

De sa machine à capsules, elle fit couler un expresso odorant et cette odeur de café m’apaisa. Après l’épisode des embouteillages du centre-ville, j’en avais bien besoin.

Elle déposa la tasse devant moi et prit place sur son fauteuil derrière son bureau.

— Merci.

Je bus une gorgée de ce réconfortant breuvage qui me ragaillardit, que demander d’autre ? “What else ?” (pub subliminale). Après ce court instant “Cloonesque”, je repris mes esprits et sortis mon calepin avec son crayon sur le côté.

— Pouvez-vous m’expliquer ce que vous attendez de moi ?

— Nous voudrions que vous meniez une enquête sur le vol de cette nuit, sans aucune effraction apparente, puisqu’après vérification, aucune porte ni fenêtre n’a été forcée.

— Que vous a-t-on volé ?

— Une statuette en bois qui représente Saint Pierre en habit papal, portant la tiare pontificale ornée de pierres précieuses.

— A-t-elle beaucoup de valeur ?

— Oh oui ! C’est la pièce maîtresse de notre exposition temporaire, elle était en vente à trois cent cinquante mille euros !

— Cela fait une belle somme !

— Oui, nous n’avions jamais eu une oeuvre d’une telle valeur exposée dans notre galerie et c’est une pièce unique au monde.

— Mais alors vous ne faites pas qu’exposer, vous vendez aussi ?

— Oui, c’est le travail d’une galerie d’art privée, nous exposons des oeuvres anciennes ou contemporaines pour des marchands d’art ou de riches collectionneurs. Les expositions temporaires ont un thème et ce que nous exposons actuellement porte sur les objets religieux.

— Avez-vous déjà eu des cambriolages ?

— Non, il n’y a jamais eu de vol dans la galerie et la sécurité a même été renforcée quand Monsieur Sens l’a rachetée.

— La statuette était exposée dans une vitrine ?

— Oui, dans la journée, mais pour la nuit, les objets de grande valeur sont mis dans un coffre. Je suis chargée de les y mettre en sécurité tous les soirs et de les réinstaller dans les vitrines d’exposition le lendemain matin avant l’ouverture de la galerie.

— Qui a découvert le vol ?

— C’est moi. Je suis arrivée vers huit heures trente et après avoir déposé mes affaires dans mon bureau, je suis redescendue pour ouvrir le coffre et y prendre la statuette, pour la mettre en exhibition dans sa vitrine avant l’ouverture au public. C’est à ce moment-là que j’ai vu qu’elle n’y était plus. J’ai téléphoné tout de suite au directeur pour l’informer de cette disparition et il m’a demandé d’appeler la police pour déclarer le vol. Les policiers sont arrivés très vite après mon appel, le commissariat se trouve à seulement quelques rues plus loin.

— Il y a d’autres oeuvres dans le coffre ou dans les salles d’exposition qui auraient disparu en même temps ?

— Non rien d’autre n’a été volé dans la galerie et dans le coffre il n’y avait que cette statuette.

— Le voleur est entré uniquement pour voler cette statuette en sachant pertinemment où il allait la trouver… Ce n’est donc pas un vol d’opportunité. Vous l’aviez en exposition depuis longtemps ?

— Non, nous ne l’avons reçue qu’hier en début d’après-midi, elle est arrivée dans un camion blindé de transport de fonds.

— Bien, j’ai noté ces informations. Cependant, j’ai vu en arrivant que la police a commencé ses investigations, alors dites-moi pourquoi Monsieur Sens a besoin de mes services sans même attendre la conclusion de cette enquête officielle ?

— Nous en avons parlé ensemble au téléphone quand je l’ai prévenu du vol et il vous a tout de suite contacté car il aimerait une enquête de quelqu’un de neutre pour rassurer nos clients qui nous confient leurs oeuvres. Pour Monsieur Sens, les assureurs sont impliqués et ils vont tout faire pour démontrer des erreurs de notre part. D’ailleurs, dès qu’ils ont été avertis, ils nous ont envoyé un de leurs enquêteurs qui est arrivé depuis peu. En ce qui concerne la police, Monsieur Sens pense qu’elle a des affaires bien plus importantes à traiter que d’enquêter sérieusement sur un vol d’une oeuvre d’art.

— Justement, en parlant de la police, savez-vous si elle a déjà relevé des indices ?

— Non je ne crois pas, mais on ne nous a rien dit de précis pour l’instant.

— Je peux visiter les lieux ?

— Oui avec moi, c’est possible. Suivez-moi.

On reprit l’escalier et nous regagnâmes le rez-dechaussée. Je vis que l’escalier se prolongeait plus bas.

— Qui a-t-il au sous-sol ?

— Il y a les réserves qui sont aussi accessibles avec le monte-charge ou par la porte qui donne sur le parking extérieur qui est en contrebas derrière l’immeuble.

— Ah oui, je l’ai vue quand j’ai garé mon véhicule, j’ai remarqué que l’on ne peut pas entrer dans le bâtiment par celle-ci, car il n’y a pas de poignée et j’ai été obligé de faire le tour pour venir jusqu’ici.

— Oui, en effet, ce n’est pas une entrée pour les visiteurs de la galerie.

— Pouvons-nous commencer la visite en allant voir le coffre ?

— Oui suivez-moi, il est dans une pièce à l’arrière de la salle des expositions temporaires.

Dans le large couloir, elle prit l’ouverture sur la gauche où il était indiqué sur un grand panneau coloré “exposition temporaire”.

C’était une grande salle avec quelques tableaux accrochés aux murs représentant des scènes de la bible ou des madones à l’Enfant Jésus et des meubles d’exposition vitrés remplis d’objets religieux. Elle salua un gars à l’air triste assis sur une chaise dans un coin, qui tuait le temps en regardant les mouches voler. Elle me renseigna.

— C’est un de nos employés qui surveille les salles dans la journée.

Je la suivis jusqu’au fond de la salle où elle ouvrit une porte où il était écrit “Privé. Entrée interdite”. On entra dans une minuscule pièce sans fenêtre où étaient entreposés un chariot et du matériel pour faire le ménage.

— Vous ne fermez pas à clé la porte d’accès à cette pièce ?

— Non, pas besoin, c’est un cul-de-sac et la personne qui fait le nettoyage laisse tout son matériel ici.

Elle me montra le coffre qui était encastré dans un des murs.

— Voilà, c’est dans ce coffre que la statuette a été volée.

J’inspectai vite fait la porte blindée, sans découvrir de trace d’effraction et dans la pièce il n’y avait rien d’autre à voir. Par acquit de conscience, je vérifiai tout de même dans la poubelle et les cartons qui étaient sur le chariot de ménage dans l’espoir de découvrir un éventuel indice, mais je fis chou blanc.

— Il n’y a que vous qui avez la tâche de mettre les oeuvres au coffre ?

— Oui, je le fais tous les soirs depuis des années, hormis lors de mes congés, c’est alors Monsieur José Spéré, l’intendant, qui s’en occupe.

— Hier soir, à quelle heure avez-vous placé la statuette dans le coffre ?

— Il était dix-neuf heures quarante-cinq, je m’en souviens bien parce que je me suis dépêchée de récupérer mes affaires dans mon bureau pour attraper le bus de vingt heures à la station qui est juste devant la galerie. Ce n’était pas mon horaire habituel mais nous avions fermé la galerie un peu plus tard que d’ordinaire en raison du vernissage organisé hier soir.

— Ah, vous aviez une réception hier soir ?

— Oui, c’était l’avant-première de l’exposition sur les oeuvres religieuses et nous avions invité, comme il se doit, tous les exposants et nos plus importants clients susceptibles d’être intéressés par les oeuvres exposées.

— Combien d’invités étaient présents ?

— Il y avait une vingtaine de personnes.

— Vous n’étiez pas bien nombreux !

— Non, mais le nombre d’invités est toujours très restreint, la galerie est trop petite pour en inviter beaucoup plus.

— À quelle heure la réception a-t-elle débuté ?

— Les premiers invités sont arrivés à dix-sept heures, c’était l’heure indiquée sur les invitations.

— Et l’heure de la fin ?

— Il était près de dix-neuf heures trente.

— Cette réception s’est terminée de bonne heure, c’est coutumier ?

— Oui, cela se termine toujours tôt, la présentation des oeuvres à nos invités est assez rapide.

— Ils sont tous partis à la fermeture ou certains sont restés après, pour prolonger cette réception en petit comité ?

— Non, tous les invités sont partis après la présentation.

— Dans quelle vitrine la statuette était-elle exposée en journée ?

Elle sortit de la pièce pour retourner dans la salle.

— Celle-là, en me montrant une belle armoire vitrée tout en hauteur au beau milieu de l’espace d’exposition. « Elle était magnifique avec les spots qui la faisaient briller de mille feux ! Quel dommage qu’elle ait été volée ! »

— Quels sont ses dimensions et son poids ?

— Elle mesure environ quarante centimètres de haut et vingt de diamètre au plus large, elle est en bois sculpté et elle est assez lourde puisqu’elle pèse aux alentours de vingt kilogrammes.

— Vous arriviez à la porter toute seule ?

— Oui, ce n’était pas facile, mais j’y arrivais.

En lui montrant la vitrine.

— Comment est-elle sécurisée ?

— Il y a des contacts d’ouverture qui sont reliés directement au poste de sécurité qui se trouve à l’entrée et nous avons toujours un employé en surveillance pour les salles, comme vous venez de le voir.

— Pourquoi ne pas garder la statuette dans cette vitrine sécurisée pour la nuit ?

— La nuit, il n’y a pas d’agent au poste de sécurité pour surveiller les alarmes des vitrines et il n’y a plus de surveillance dans les salles. C’est pourquoi nous avons l’habitude de mettre au coffre les pièces les plus précieuses.

— Alors, comment est gérée la sécurité de la galerie la nuit ?

— Tous les détecteurs d’ouverture des portes et fenêtres sont aussi reliés au commissariat et chaque soir avant que l’agent de sécurité de la galerie ne quitte son poste, il les appelle pour les avertir de la permutation chez eux de la surveillance de nos alarmes d’intrusion. Par contre, les alarmes des vitrines des salles d’exposition ne sont pas permutables.

— Pour sortir d’ici, il n’y a donc que l’entrée principale et la sortie vers le parking au sous-sol, si j’ai bien compris ?

— Oui, tout à fait, il n’y a que ces deux accès.

— J’ai vu la porte principale en arrivant, c’est possible d’aller voir la porte au sous-sol qui donne sur le parking ?

— Oui bien sûr, suivez-moi.

Et on refit le chemin vers l’escalier pour descendre un étage plus bas.

Arrivés au sous-sol, à côté du monte-charge, je vis une grande porte en bois et sur la droite un couloir dans lequel elle s’engagea de quelques pas jusqu’à une porte métallique.

— Voilà, c’est cette porte qui donne sur le parking.

Je la regardai de plus près, elle était tout en acier renforcé. Sur le mur de gauche il y avait un boîtier rouge de “sécurité incendie” et sur celui de droite, une platine en inox scellée dans le mur comportant un gros bouton en son centre.

— Comment l’ouvre-t-on, il n’y a pas de poignée ?

— En appuyant tout simplement sur l’ouverture électrique qui se trouve à droite, dit-elle en me montrant le bouton de la platine en inox.

— Il n’y a pas de système d’alarme ?