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Jouir pour vivre et vivre pour jouir... Telle pourrait être la devise de Jorje. Et pourtant, malgré ses doutes et infidélités, on perçoit sa recherche d'un ordre et d'un seul amour auquel il serait prêt à être fidèle.. selon sa conception. Une recherche de l'autre à travers des autres, de La Femme à travers d'autres femmes... Mais la vie en décide autrement et c'est au cours d'événements dramatiques qu'il devra devenir plus fort pour supporter parfois le pire.
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Seitenzahl: 145
Veröffentlichungsjahr: 2013
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Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent.
Les Caractères. Jean de La Bruyère.
Je commençais à être fatigué de vivre le monde extérieur par écran de télé interposé. Monde virtuel, sans saveur, sans odeur et sans relief, en un mot déshumanisé. Et quelle frustration irraisonnée je ressentais devant tous ces humains qui s'agitaient, sans raison ni talent la plupart du temps, et dont la reconnaissance était confirmée par ceux qu'ils présentaient les mettant en valeur en se valorisant eux-mêmes. L'ère des critiques objectives, si tant qu'elle ait existée un jour, s'effaçait devant les mondanités d'un monde superficiel où les modes se faisaient et se défaisaient au gré des gourous médiatiques.
Pour être honnête avec cette forme de société, il faut dire que quelques-uns, et souvent parmi les moins talentueux, s'accrochaient à leurs privilèges et duraient plus que d'autres, surtout si les événements de la planète les favorisaient par des famines, guerres ou quelques rébellions, inondations et catastrophes diverses voir des actes de terrorisme. Et les trains qui déraillaient ou même les avions qui s'écrasaient ou bien étaient dirigés sur des tours, symboles d'une civilisation, ce n'est pas ce qui manquait pour alimenter leur faconde. Sans parler d'un des fléaux de notre temps, je veux parler de l'automobile, avec son cortège d'accidents, lesquels n'étaient même plus évoqués que s'ils avaient faits au moins vingt victimes et étaient de plus particulièrement spectaculaires ; les autres accidents, même s'ils représentaient des dizaines de milliers de morts chaque année, ils étaient le lot de chaque famille ; à elle d'être attristée parce que l'un des siens avait disparu prématurément. Et rien n'y pouvait changer : chacun avait conscience de bien conduire ces chariots de feu...
Mais pour revenir à ces hérauts du monde, que sont les présentateurs de la télé ou les pisse-copies de certains journaux à forts tirages, leurs chroniques s'alimentaient d'elles-mêmes depuis que la tolérance était devenu le maître mot d'une démocratie qui tremblait sur ses bases : les scandales financiers, politiques et autres se bousculaient et les proxénètes de tout bord tenaient le haut du pavé, après avoir jeté sur le trottoir des filles - et aussi des garçons - qui avaient eu le tort de naître aux mauvais endroits. Tous ces personnages s'agitaient sur les écrans et leurs photos retouchées s'étalaient sur les pages couleurs lesquelles paradoxalement les blanchissaient d'un argent sale.
Malgré tout, je constatais avec amertume que j'avais parfois envie de redevenir acteur, de bouger, d'évoluer. Mais pas comme ces pantins dont on tirait les ficelles dans les coulisses de l'actualité. Pas n'importe quand, ni comment et avec n'importe qui. J'étais devenu de plus en plus difficile, exigeant plus de moi-même que de mes congénères qui me semblaient suivre des voies de plus en plus scabreuses, certains pensant, peut-être de bonne foi, qu'il s'agissait là de l'évolution et que tout allait dans le bon sens.
Cependant, rien ne m'intéressait véritablement et puis je ne souhaitais surtout pas retrouver mes semblables dans leurs occupations ou préoccupations professionnelles et privées. Les rares fois où j'éprouvais l'envie d'entrer en contact avec d'autres bipèdes, et sans trop insister, à la moindre complication je me repliais dans l'univers que je m'étais inventé.
Au début de mon retrait des activités du monde fébrile affairé et de profit, j'avais eu l'impression nouvelle de pouvoir enfin respirer à fond, libéré des contraintes dites socioprofessionnelles. Puis le piège de l'isolement s'était refermé progressivement sur moi. J'en avais eu pleinement conscience et l'avais accepté.
J'espérais singulièrement à ce moment là, de façon naïve, atteindre la sérénité, enfin un état presque ascétique, lequel m'aurait affranchi des conséquences de mon insociabilité.
L'accession à cette ascèse fut toutefois contrariée par cet inexorable symbole prédominant dans notre macrocosme : l'argent. Sans lui, pas de vie dans la société dite "civilisée" et même dans d'autres.
Je savais bien que des moines tibétains ou autres chamans indiens étaient arrivés à un dénuement presque total qui m'aurait aidé dans ma quête de l'absolu. Mais je n'avais nullement envie d'aller vivre dans ces contrées. J'appréciais de pouvoir prendre une douche avec, à mon gré, l'eau chaude, froide ou même tiède ! Et, outre l'envie qui me manquait de rejoindre ces pays, je me donnais comme excuse que je n'avais pas les clefs pour entrer dans ces mondes et qu'il était trop tard pour « faire carrière » dans cet univers, que j'aurais dû m'y prendre plus tôt, que je n'étais pas né où il le fallait..., enfin mille raisons qui n'en étaient pas.
Ces atermoiements, s'ils me consolaient de mon pitoyable sort, ne résolvaient pas mon véritable problème qui consistait pour l'essentiel à vivre et contenter mes sens qui ne demandaient eux qu'à exister plus intensément, du fait même d'une plus grande liberté et d'une quarantaine à peine dépassée où le corps a encore, pour notre plaisir, ses exigences physiologiques.
J'avais donc une certaine obligation de me procurer l'argent qui pourrait contribuer à satisfaire mon ego, tout en préservant ce que je considérais comme ma liberté. Toutefois, même si j'avais conscience de cette exigence vitale, je ne pouvais m'empêcher de la traiter nonchalamment et d'une manière secondaire.
J'attribuais en cette période une plus grande importance à une autre préoccupation dont j'avais été, bien maladroitement, à l'origine.
Depuis plus de trois mois, nous étions séparés Vicky et moi.
Des malentendus sur la forme, mais pas sur le fond. Car je supposais notre amour bien trop fort pour que l'un ou l'autre puisse songer à une rupture définitive.
Peut-être étais-je le seul à le penser, puisque, il fallait bien l'admettre, cet amour était devenu trop difficile à vivre dans sa matérialité. Chacun avait eu sa part de responsabilité dans cette séparation qui nous attristait tous les deux.
Elle, était à une période de sa vie où l'aventure commence à peser : elle aurait bien aimé se poser, qu'on se pose ensemble. Oh ! Pas en petits bourgeois tranquilles, mais tout de même moins sur le qui-vive, plus en sécurité par rapport au lendemain. Elle avait assez trimé comme ça et le méritait bien.
Moi, je l'adorais et j'étais prêt aussi à me ranger. Enfin pas tout à fait, car j'avais tout de même peur d'une petite vie pépère, et puis j'avais l'impression de pas vraiment pouvoir me payer ce luxe. Dépendre matériellement en partie d'elle, n'aurait pas trop atteint ma fierté de mâle, c'était plus une façon de respecter notre amour en apportant ma pierre à sa réalisation et à son quotidien.
Elle l'avait très bien compris, mais aurait aimé en conséquence que je passe la vitesse supérieure.
Et moi je restais la plupart du temps dans mes rêves et utopies.
Je croyais encore - faut-il être un sacré imbécile !- en la bonté et la générosité des autres, des amis, des relations, des renvois d'ascenseurs, des ceux qui allaient m'aider à sortir de l'impasse dans laquelle je m'étais fourvoyé.
Et, comme j'aimais tellement Vicky, notre amour prenait l'essentiel de mon temps. Tout le reste m'était égal. Je n'avais pas assez de mes jours et mes nuits pour la contempler, la caresser, l'admirer, la respirer, la manger, la boire... la vivre.
Seulement, tout ça n'était pas suffisant...
Cet amour trop fort, par ce qu'il exigeait d'exclusivité et de rigueur dont il devait se nourrir, fut d'ailleurs une des causes de notre différend.
Mais cette séparation, qui nous faisait si mal, ne fut également due qu'à mon inconstance infantile.
Avec sa fichue intuition féminine, Vicky avait perçu l'existence de Sandra, enfin d'une autre.
Bon sang, Sandra c'était du passage, de l'égarement auquel devrait avoir droit un homme, surtout quand il dérive plus ou moins dans sa vie.
Enfin, tout s'était précipité le soir où j'avais rencontré Sandra.
L'après-midi, on s'était un brin disputé Vicky et moi.
Je ne voulais pas aller seul, à ce cocktail professionnel pour lequel j'avais eu une invitation pour deux... Vicky ne pouvait pas m'accompagner; sa mère revenait d'un séjour de quelques mois en maison de repos, et elle voulait l'aider à se réinstaller dans son appartement en ville. Je la comprenais parfaitement et me proposais même de l'assister d'une façon ou d'une autre. De plus, cela m'arrangeait, car il y avait belle lurette que j'avais rompu les amarres avec toute une clique de raseurs intellos qui sévissent dans ces réunions, prétextes pour quelques-uns à se faire valoir et à d'autres pour boire un coup à l'œil.
J'étais certain de m'ennuyer à mourir là-bas, surtout sans elle.
Mais, elle, pensait que je pourrais rencontrer des gens utiles et que de toute façon, il était toujours bon de se montrer dans ces réceptions. Que je pouvais, pour une fois, faire un effort, que je manquais de courage et d'autres choses encore, toutes aussi agréables à entendre, même si certaines étaient méritées.
J'ai fini par céder à ses instances.
C'est ainsi que je me suis retrouvé, seul, au milieu d'une bande d'illuminés qui se prenaient pour des supers bipèdes, leur verre de champ' ou de scotch à la main.
Il suffisait de les brancher sur leur boulot, leur bagnole ou leur hobby - quand ils en avaient un -, pour qu'ils n'arrêtent plus de fabuler.
J'écoutais d'une oreille distraite ce genre de propos insipides, redondants et pleins d'autosatisfaction, quand mes yeux, qui furent agréablement accrochés par une paire de jambes nerveuses, gainées d'un fin nylon brun transparent, remontèrent bientôt jusqu'à l'amorce de deux cuisses fermes et musclées à peine cachées d'une jupe beige, courte et moulante.
L'intensité de mon regard avide qui grimpait alors dans son dos, fit que la créature à laquelle appartenaient ces appâts se retourna vers moi comme si j'avais guidée son visage dans ma direction avec une télécommande.
J'eus droit presque immédiatement à un charmant sourire que je m'empressai de rendre.
Instantanément, je plantai là le gros imbécile qui me débitait son tas de bêtises pour dire bonjour de plus près à ce minois ravissant et décidé et dont la propriétaire ne fut plus bientôt une totale inconnue.
J'appris de sa bouche même, que Sandra - c'était son prénom qu'elle m'avait gentiment susurré -, s'ennuyait ferme elle aussi à cette réception et le dernier rayon de soleil qui filtrait à travers les grandes baies vitrées nous permit d'évoquer des horizons lointains, lesquels contribuèrent à nous rapprocher.
Elle n'avait pas sa voiture, s'étant fait déposer par une amie à cette joyeuse soirée. Comme j'avais la mienne, nous décidâmes en conséquence de partir conjointement pour fuir le bruit et la fumée.
Peu après, ayant mis le cap vers son domicile, je ne pouvais m'empêcher tout en conduisant de lorgner vers sa jupe retroussée suffisamment haute, et saliver sur des cuisses provocantes et aphrodisiaques, à portée de main.
Mince, quel morceau de roi c'était..., mais je n'avais pas envie d'être infidèle à Vicky.
Je me dis alors que j'allais seulement la raccompagner chez elle, que je voulais me montrer complaisant, mais que ça n'irait pas plus loin... Enfin, tout de même, quand elle m'a proposé de prendre un verre de Jack Daniels chez elle pour me remercier, je n'ai pas eu le courage de refuser.
Et dans l'escalier de l'immeuble, comme je la suivais pour monter à son appartement, je n'ai pas pu m'empêcher de toucher un peu plus haut, sous sa jupe, à la lisière foncée du nylon et de sa chair soyeuse.
Elle m'aurait balancé une tarte méritée dans la figure ou aurait crié aux petits pois, ça aurait mis un terme à mon indélicate offensive. Au contraire, elle s'est doucement calé le bas du dos contre ma main baladeuse, se blottissant bientôt contre moi.
Ensuite, je l'ai enlacée, et mon autre main en a profité pour marauder les fruits charnus qu'emballait son mini soutien-gorge, tandis qu'elle tournait la tête et que ses lèvres n'eurent pas de peine à trouver les miennes.
Alors, poursuivant l'exploration de cet accueillant domaine, j'ai senti sa petite culotte se mouiller, et comme j'avais une affaire grandissante dans la mienne, je n'ai pas su résister à nous procurer du bien-être de la façon la plus naturelle.
Cette nuit-là, je suis rentré très tard - ou très tôt, comme on veut -.
Vicky ne dormait pas, et malgré tout le mal que je me suis donné, j'ai eu toutes les peines du monde à lui faire admettre que la réunion avait été si intéressante, que j'en avais oublié de l'appeler.
Peu après cette soirée, comme je revoyais de temps en temps Sandra pour la bonne cause, Vicky suggéra calmement, un jour plus bête et plus noir que les autres, que l'on devrait essayer de mener une autre vie. Nous convînmes, enfin elle plus que moi, mais tous deux à contrecœur, de nous voir moins, et même de ne plus nous voir du tout pendant un temps indéterminé...
Je respectais cette décision, partant du principe qu'un partenaire que l'on oblige n'en est plus un.
Mais, pour tromper la solitude qui me rongeait, je me suis mis à voir de plus en plus souvent Sandra qui ne demandait que ça.
Cependant, si je trouvais mon compte à faire l'amour avec elle, car elle m'excitait et satisfaisait en partie mes sens, mes sentiments n'étaient pas aussi forts ni les mêmes que ceux que j'éprouvais envers Vicky qui, elle, me manquait cruellement.
En plus de cette détresse amoureuse, je traversais une passe où jamais je n'avais été aussi fauché.
Mes cartes de crédit n'en avaient plus ! Elles refusaient obstinément, en se gondolant, de passer dans toute machine à l'usage de n'importe quel commerçant malhonnête ou honnête - il en existe encore, paraît-il.
Les factures et leurs rappels virulents s'accumulaient sur le bureau au premier étage.
J'en avais marre de solliciter tout le monde pour des délais de règlements.
Je me demandais parfois si je n'allais pas être obligé de vendre la maison pour payer l'eau, l'électricité les taxes d'habitation et de ramassage des ordures.
J'avais beau être sobre, je bouclais de plus en plus difficilement mes fins de mois.
Heureusement, les sports d'hiver ou les joies de la plage en été ne m'intéressaient pas. Pas plus que les bagnoles, les sorties dans les restaurants ou les boites de nuit, enfin tout et le reste de ce qui constitue la panoplie du parfait consommateur de notre temps. Seul me manquait de me payer un bon film, un théâtre et de temps en temps un voyage lointain. Certes, je compensais par la lecture, plus accessible à mon portefeuille en peau de chagrin.
Les travaux d'écriture dans des petits journaux locaux, qu'on me confiait parfois, se faisaient de plus en plus rares.
Et puis, malgré ma volonté, mon bouquin n'avançait pas. Parfois, je me mettais à écrire des suites de phrases amphigouriques ou qui me semblaient telles. Et, quand pour trouver l'inspiration, je m'efforçais de laisser vagabonder mon esprit, au bout de cinq minutes je voyais l'image de Vicky qui venait me troubler, souriante et toujours plus que présente dans ma tête.
Un jour, Sandra m'annonça qu'une de ses copines travaillait dans une boite où le patron recherchait quelqu'un de confiance pour une tournée à travers le pays.
Il s'agissait, d'après la copine, de mettre en place des displays et autres imprimés et cartons publicitaires dans divers magasins sélectionnés, un peu partout dans le pays.
Il fallait une certaine disponibilité pour se déplacer, une bonne présentation, du bon sens, de l'organisation et savoir conduire.
Je n'avais rien demandé à Sandra ni même parlé de ma situation, mais elle avait remarqué mon état de désolation et m'avait senti au bord du précipice. Elle s'était dit que ça pouvait m'intéresser et avait tenu après réflexion de m'en parler.
Je devais être dans un bon jour lorsqu'elle m'avisa de cette nouvelle, car j'évitais de lui dire de se mêler de ses affaires. Après tout elle était bonne fille et me voulait certainement du bien et à priori ce job ne semblait pas être déplaisant.
C'est pourquoi, il fut convenu qu'un soir prochain on rencontre la copine et son boss pour qu'ils m'en racontent plus et voir si je convenais pour ce genre de besogne.
Je m'étais habillé pour ce rendez-vous avec mon futur employeur. Enfin, j'avais mis un jean propre et ma plus belle chemise sans cravate. Jouer les cadres moyens ou employés supérieurs avec attaché-case et costume trois pièces m'était à jamais passé, si même j'avais un temps donné dans ce registre, je ne m'en souvenais plus.
J'ai tout de suite pigé en pénétrant dans le bureau que la copine de Sandra, « the secrétaire » était entièrement à la disposition, corps et âme - peut-être même plus corps - de son gros patron.
Lui, avait une bouille ronde sympathique et cachait sa timidité derrière un large bureau, d'où il émergeait en manches de chemise à carreaux.
Comme c'était la fin de la journée, on est allé manger tous les quatre dans un petit restau à l'autre bout de la ville.
Pendant que je conduisais, j'ai pu voir dans mon rétroviseur qu'il fourrait ses mains sous la jupe de sa secrétaire et, plus tard, dans la soirée, comme ils étaient en confiance, ils se sont plus gênés pour se rouler des pelles devant nous.
Le contact a été tout de suite bon entre Gary et moi. J'avais même en prime, un ticket de faveur avec Josie, la secrétaire-copine de Sandra et secrétaire-maitresse de Gary. Mais là pas de risques, je ne voulais pas me mettre mal avec le gros Gary et puis je laisse les blondes trop enveloppées à d'autres qui s'en régalent.
