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« Autant les passions peuvent être destructrices, mais quand elles deviennent amères, c'est la fin de tout... ou presque. » Chaque matin est un supplice pour Matthew, un jeune antillais, tiraillé par mille et une questions sur l'existence humaine. Sa rupture avec sa petite amie Laurina et sa rencontre fortuite avec Janawa vont bouleverser sa vie. D'Angers à Paris, Matthew se laisse emporter par d'incroyables aventures aux allures de récit initiatique, qui lui permettront de mieux appréhender le monde.
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Seitenzahl: 145
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Le roman est devenu une quête générale sur l’homme et sur le monde.
Émile Zola
Prologue
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Remerciements
Déséquilibre.
J’entends les lamentations d’un peuple opprimé par les puissants de ce monde, qui tentent comme ils le peuvent, de camoufler leur indifférence. Leurs cris résonnent au plus profond de mon âme et déchirent mon cœur à chacune de leur résonance. L’amertume a eu raison de moi, je n’ai plus goût à la vie. Je me suis déconnecté de cette réalité concrète, loin du malheur, des souffrances et de l’ignominie de l’homme pour saisir à pleines mains, les opportunités offertes par le destin. C’est la seule alternative qui s’offre à moi pour toucher du bout des doigts les rêves dans lesquels je m’évade, et où la vie est meilleure comme à l’époque dorée. Je refuse d’être asphyxié par des paroles illusoires que seuls les désespérés s’obligent à absorber pour espérer des jours plus glorieux. Une odeur m’irrite, elle me met dans tous mes états, je ne la supporte pas, elle m’op-presse et me rend antipathique. C’est l’odeur du faux-semblant. Le spectacle qui m’est offert est lamentable et inquiétant.
Je refuse d’ouvrir les yeux pour en prendre réellement conscience. C’est au-dessus de mes forces et pourtant je ne peux y échapper. Je veux m’enfuir de cette terre infernale où tout n’est que duperie ; mon idéal est ailleurs.
Malheureusement, le doux chemin vers le rêve est inaccessible comme je l’imagine.
Je ne sais plus quel sens donner à mon existence, je suis complètement dérouté, détourné, dévié de mon but.
Déséquilibre. J’espère que tu entends les pleurs silencieux, qui inondent mon cœur et m’anéantissent à petit feu. J’ai besoin de ressentir ta présence à mes côtés, tes caresses remplies de tendresse et ton délicieux parfum, qui m’enivre à chacun de tes baisers qui effleurent ma délicate peau.
Dès que je pose mes yeux sur toi, je ressens cette gêne qui m’empêche de m’exprimer, qui me paralyse. Ton regard attendrissant et malicieux à la fois me laisse perplexe, il m’effraie et me rend vulnérable.
Je te scrute minutieusement comme un bijou d’une inestimable valeur, sans jamais plonger mes yeux dans les tiens.
La peur me guette et je suis désarmé face à la montagne d’épreuves qui s’élève sur mon chemin. J’ai envie de me donner une autre chance parce que j’ai le droit d’être heureux. Je ne dois pas me laisser submerger par les effets néfastes de l’environnement qui m’entoure. Je suis et je dois rester le seul artisan de mon destin. Mon obstination pour la fortune est délirante, même Jupiter est impuissant face à cette divinité inexorable.
Les maux de mon temps interfèrent outrageusement avec mon quotidien. Je ne peux plus cohabiter avec cette introversion et ma sensibilité excessive qui sèment le doute dans ma vie.
Cette fois, c’est décidé, je prends le taureau par les cornes et je ne compte plus le lâcher. Je dois le maîtriser coûte que coûte.
Le désordre est proche. La pression de l’opinion publique est de plus en plus forte. Je refuse de sombrer sans même m’être battu. « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu ». Cette citation du célèbre dramaturge allemand Bertolt Brecht rend compte d’un état d’esprit conquérant, c’est celui-ci que je vais adopter, dès maintenant, envers et contre tous.
J’étais tout excité à l’idée d’aller voir Cyrano accompagné de la femme qui partageait ma vie depuis un an et demi, Laurina.
L’endroit était blindé. Les murmures assourdissants qui jaillissaient des quatre coins de l’immense bâtisse remplissaient mes pauvres tympans qui durent difficilement s’en accommoder. Il y avait des étudiants, des adolescents, des jeunes, des vieux… Toutes les catégories d’âge étaient représentées.
L’affluence en disait long sur la popularité de l’œuvre écrite par Rostand et réadaptée par une brillantissime troupe de comédiens. J’aimais beaucoup les représentations théâtrales et je saisissais toutes les occasions pour en profiter pleinement au théâtre du Quai. Le grand hall d’entrée commençait à se vider. Chacun regagnait au pas de course la porte qu’il fallait franchir pour accéder à la salle de spectacle. Les membres du personnel ne savaient plus où donner de la tête : entre les demandes de direction et les renseignements à fournir sur les autres représentations, ils étaient sur le pied de guerre. Sans grande difficulté, je rejoignis la place qui m’avait été attribuée, celle juste à côté de ma chérie. Nous dûmes attendre une bonne poignée de minutes avant l’installation complète de toute l’assemblée. Nous profitâmes de ce temps de désordre pour échanger un baiser langoureux et furtif.
L’éclatante lumière des impressionnants projecteurs diminua tout d’un coup. Les quelques murmures qui persistaient à quelques coins s’éteignirent aussitôt. Un grand moment de silence. Tout le monde était captivé. Une curieuse voix masculine s’éleva dans les travées du théâtre, pleins feux sur ce personnage.
Une femme apparut à gauche de la scène, un comédien puis un autre. Tous entraînés par une musique jouée à la lettre, lancèrent la pièce à merveille.
D’abord dérouté, je lançai des regards dubitatifs à ma tendre chérie qui me promit d’être conquis par l’affaire. J’esquissai un sourire avant de me replonger dans la scène hilarante à laquelle j’étais en train d’assister. Le début du spectacle était très vivant, une vraie jouissance pour les yeux.
Finalement, tout cela était plaisant et je prenais plaisir à regarder l’évolution des personnages. La troupe était dynamique et ne laissait rien au hasard. J’eus un véritable coup de cœur pour elle.
Après trois heures de spectacle, nos estomacs se tortillaient dans tous les sens. Il était presque minuit et la plupart des fast-foods avaient déjà baissé leurs rideaux.
Je regrettais à chacune de mes sorties l’heure à laquelle cette ville s’éteignait, elle n’avait rien à voir avec la capitale parisienne qui vivait jusqu’au petit matin. Laurina était fatiguée et ne voulait pas rejoindre le boulevard du Maréchal Foch où était situé le McDonald’s.
Elle ne pensait qu’à rentrer chez elle pour manger une énième boîte de conserve. Personnellement, je n’en voulais pas. Il me fallait un bon faux-filet bien cuit avec des tonnes de frites pour rassasier ma faim de loup. Et une violente dispute éclata.
— Il est tard, Matthew. Quasiment tous les magasins sont fermés. Tu m’agaces avec tes frites, putain ! Je suis fatiguée, s’il te plaît rentrons.
— Je ne suis pas au régime. Marre des légumes verts bordel ! m’écriai-je.
— OK. Fais comme tu veux, moi je me casse. Salut.
— Mais reste là… Allons au McDo.
— Il est 23 h 54. Il ferme dans six minutes ! Ce n’est pas croyable ça, tu es pire qu’un gamin.
Elle résidait dans le quartier de Saint Serge, habité par les étudiants de la fac de droit, d’économie, de gestion et bien d’autres encore… Quant à moi, je logeais en plein centre-ville, pas loin de l’espace commercial Fleur d’Eau. Au début de notre relation, nous prîmes la décision de vivre séparément parce que cette charge était beaucoup trop lourde à assurer. Nous n’étions pas encore prêts à franchir ce cap. C’était quelque chose de symbolique qu’il ne fallait pas prendre avec frivolité et nos familles n’étaient pas trop emballées par cette idée.
Pour désamorcer la dispute qui prenait de l’ampleur à cause d’une histoire de bouffe, je l’invitai à dormir chez moi. Elle n’avait pas cours le lendemain et moi, je ne commençais qu’aux alentours de 14 h 30. Elle accepta volontiers. Heureusement qu’elle n’avait pas d’examen ou de devoir à rendre, parce que j’aurais sans doute dormi seul. Nous nous voyions souvent, une fois chez elle, une fois chez moi et on gérait plutôt bien.
Après quelques minutes de marche, nous foulions le parquet de mon appart. Laurina était déterminée à manger de la salade et du jambon de poulet.
Je me résolus donc à manger ce qu’elle avait préparé. Je ne voulais pas polluer l’air avec l’odeur asphyxiante de la friture qui mettait au moins deux jours à se dissiper.
— Tu es vraiment ingérable.
— Laisse-moi. Réjouis-toi, je vais manger des légumes avec toi.
— Tu as de la chance d’avoir une copine comme moi. Avec d’autres, tu n’aurais pas mangé. Elles t’au-raient fait payer tes manières d’enfant capricieux.
— Pourquoi tu parles d’autres ? Tu cherches toujours les discussions conflictuelles, toi alors.
Elle ouvrit une boîte de haricots verts qu’elle mélangea avec des épinards et du beurre que j’avais achetés la veille. Elle les passa rapidement à la poêle avant de les servir dans une assiette où était déjà dressé le jambon de poulet. J’en avais l’eau à la bouche.
— Ça sent bon, mon cœur. J’ai hâte, lui lançai-je pour la taquiner un peu.
— Ta gueule, petit con.
— Répète ça encore et tu verras, ça va être ta fête.
— Tes menaces ? Toi et moi savons comment elles se terminent, mon chou, poursuivit-elle avec un sourire narquois.
— Tu m’as l’air sûre de toi.
— Viens manger au lieu de raconter tes rêves.
Pendant qu’elle s’affairait à préparer le dîner dans la cuisine, je regardais How to get away with murder sur Netflix. Elle finit par me rejoindre. Nous mangions tous les deux devant cette série, qui alimentait notre discussion et nos débats sur la justice américaine et ses dessous. Nos avis divergeaient sur la manière dont les représentants de la loi géraient les nombreuses affaires pénales. Chaque épisode ouvrait une nouvelle fenêtre de réflexion où je prenais un grand plaisir à mettre en avant mes talents de détective passionné par les mystères. Elle s’éclipsa quelques instants pour réceptionner un appel. Cette conversation devait être vraiment ultrasecrète pour qu’elle s’en allât aussi loin. Cinq minutes plus tard, elle revint l’air de rien.
Un instant. Le regard perdu sur l’écran de mon ordinateur, je pris conscience de la chance que j’avais d’être avec cette fille. Nous nous entendions super bien, notre relation était vraiment fusionnelle comme je l’adorais. Une scène d’action me ramena à la réalité. Je continuai d’enfiler mon assiette. Et tout d’un coup, je m’arrêtai et regardai Laurina droit dans les yeux avant de lui dire ces quelques mots :
— Ma vie a changé le jour où tu as croisé mon regard. Sache que je suis content de t’avoir à mes côtés. Je t’aime profondément.
Stupéfaite, elle se mit à pleurer, à rire de joie. Les mots ne sortaient plus de sa bouche encore remplie de nourriture. L’émotion s’accrocha à son visage. La sonnerie de son téléphone retentit. Elle n’eut aucune réaction.
Après le repas, la soirée se poursuivit sur la plate-forme du géant américain spécialisée dans le streaming. Une idée me trottait dans la tête, mais il fallait que je me canalise. Nous enchaînâmes les sept épisodes de la troisième saison, j’étais vraiment accro à cette série.
Laurina commençait à bâiller. Elle voulait probablement m’avertir de son état de fatigue. Dans tous les cas je feignis de ne pas la comprendre.
— J’ai envie de regarder un film. Tiens, on pourrait regarder Naked. Johan m’a dit qu’il est vraiment drôle.
— On pourrait dormir aussi, non ?
— Il est à peine deux heures du matin. Et puis je n’ai pas encore eu mon dessert…
— Ton frigo est rempli, fais-toi plaisir, mon chat, m’interrompit-elle.
— Depuis tout à l’heure tu fais l’arrogante avec tes réponses, viens-là qu’on règle cette histoire.
Elle était couchée à mes côtés. Brusquement, je me jetai sur ses lèvres charnues et l’embrassai avec une incroyable fougue.
— Non, pas ce soir. Attends, attends.
— Comment ça, pas ce soir ? Maintenant il faut assumer, Lau !
D’abord réticente, elle finit par lâcher prise et s’adonner à moi. Une forte chaleur conquit rapidement ma chambre. Nos corps en ébullition se hâtaient de fusionner, emmitouflés sous les épais draps blancs qui recouvraient mon grand lit en bois de chêne.
Plus un mot, plus aucun bruit. Seuls nos respirations saccadées et nos profonds gémissements rompirent ce silence assourdissant.
Pause.
J’ôtai mes vêtements que je jetai sans délicatesse sur le parquet. Quant à Laurina, elle était déjà dépossédée de la robe en satin rouge que je lui avais offerte pour la Saint-Valentin. Je la dévorais du regard et le sien me rendait dément. Je commençais à perdre mes moyens.
Perversion de tous mes sens. Nous étions là, tous les deux, en sous-vêtements, l’un dans les bras de l’autre. L’amour qui régnait dans la chambre nous étouffait de plaisir, nous rendait fébriles et esclaves de nos corps avides de se noyer dans les abysses de la luxure. Couchée sur le dos, elle se jeta sur mon corps aux muscles saillants, elle m’embrassa. Je perdis définitivement le contrôle. Elle finit par libérer ses seins que je tétai avec passion. Son corps s’élevait du lit à chaque moment d’intense volupté. Elle poussait de terribles gémissements, quel délice. Je finis par introduire ma main toute chaude dans sa petite culotte qui commençait à s’hu-midifier entre mes brûlantes phalanges.
— Matthew, Matthew, Matt… murmura-t-elle d’une voix suave.
— Je suis là, chérie. Ne t’inquiète pas.
Elle était enfin nue. Sa silhouette parfaite était irrésistible. Ma verge, toute dure, veineuse et luisante, ne tenait plus en place dans mon boxer devenu soudainement trop petit.
Nous étions enfin nus comme Adam et Ève. Elle posa ses lèvres sur mon fruit défendu qu’elle avala goulûment avant de répéter son geste qu’elle maîtrisait à la perfection. Je profitai de l’occasion pour tâtonner du bout des doigts les murets du territoire que j’avais déjà conquis, mais que je prenais un savoureux plaisir à redécouvrir à chacune de mes nouvelles conquêtes. Je la sentais trembler et perdre ses moyens à chaque effleurement de ma chair contre la sienne.
— J’ai envie de toi, là, maintenant, tout de suite.
— Chérie, attache ta ceinture, ce soir c’est moi le pilote. J’espère que tu aimes les sensations fortes.
L’excitation était à son paroxysme. Je m’apprêtais à assouvir nos désirs communs. Je me rapprochai délicatement de la cible. Elle s’ouvrit comme un cattleya au printemps sous la chaleur de mon corps. Le bout de mon pénis frôlait ses lèvres humides et sans tarder, je l’introduisis enfin au plus profond de son être. Mes mains sur sa poitrine, j’accélérai la cadence. Elle en perdit le souffle.
Plus aucun mot ne sortit de sa bouche. Des gémissements étouffés. Laurina s’agrippait aux draps, les serrait très fort et m’encouragea à poursuivre mes attaques successives. J’étais sur le front et je ne faiblissais pas. Nous ne formions plus qu’un.
— Attends, attends un peu.
— T’inquiète, bébé. Je gère.
Elle m’arrêta net pour changer position. En appui sur ses avant-bras, elle orienta ses jolies fesses rebondies vers le septième ciel, sur lesquelles je claquais mon pénis fièrement dressé. Mes coups saccadés rythmèrent ses gémissements qui devinrent de plus en plus forts tant le plaisir était incontrôlable.
J’adorais cette position très animale qui faisait ressortir le félin qui sommeillait en moi. L’orgasme n’était pas loin. La pression commençait à atteindre des sommets jamais atteints.
— Hmm oui… Mmmh… C’est bon, susurra-t-elle d’une voix étouffée. Oh putain ! C’est trop bon, encore, encore.
— Continue comme ça, ne t’arrête pas !
Elle accéléra la cadence à son tour, jusqu’à l’explosion qui recouvrit sa silhouette divinement sculptée. L’instant d’après, elle poussa un cri de plaisir assouvi puis immergea les draps de sa délicieuse rosée.
La nuit dernière fut particulièrement mouvementée avec les violents orages qui s’étaient abattus sur la ville. Il pleuvait encore et les bourrasques sifflotaient une douce mélodie à chacun de leur contact sur les carreaux de mes vétustes fenêtres. Je n’avais aucune envie de quitter mon lit tout chaud.
Alors que la sonnerie de mon réveil chantait à tue-tête, j’attrapai mon oreiller et le plaquai solidement sur ma tête pour fuir la réalité qui me faisait face, celle d’un jour nouveau. Après quelques instants de tergiversations, je me résolus à mettre fin au capharnaüm en balançant d’un revers de main l’objet de mon irritation matinale. Il tomba brusquement avec fracas. Je me réveillai définitivement malgré moi.
Les yeux à demi-ouverts, le visage encore harassé, je me tournai vers la femme qui m’avait apporté tant de plaisirs durant cette nuit où nous avions succombé aux délicieux plaisirs de la chair. Un étrange frisson m’envahit. La place à mes côtés était froide et vide. Laurina n’était plus là.
Je bondis de mon lit comme un fou furieux et rejoignis la salle de bains pour me rafraîchir les idées toutes fragmentées qui parcouraient mon esprit tourmenté par cette étrange découverte.
Plus les minutes s’écoulaient et plus un sentiment d’effarement s’emparait de mon être impuissant. Je niais cette réalité, cette douleur qui revenait me hanter et me replonger dans un état de mal-être profond.
