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La vie quotidienne des corsaires.
Mois de mars de l’an de Grâce 1704. Ce matin-là, Yawenn Pikert, jeune villageois de Kérascoët, Finistère, ignore en se rendant comme tous les jours au chantier naval de Raguenès, qu’une découverte qu’il n’aurait jamais dû faire, le conduirait, quelques années plus tard, à devenir Enseigne dans la Royale… Il aura entre-temps affronté Lucas-Mâche-Bronze, flibustier et ennemi juré du Marquis de Kerdruc. On le retrouvera impliqué dans la prise de Rio de Janeiro. Son destin le conduira, enfin, à la cour du Roi Soleil. Partager la vie quotidienne des corsaires, voyager jusqu’au Brésil en goélette, aborder en d’héroïques combats navals les plus terribles vaisseaux pirates…. C’est ce que vous propose ce passionnant roman d’aventures qui mêle savamment la fiction et l’Histoire. Au rythme effréné d’un récit qui vous emportera au-delà des mers, l’auteur vous convie à une épopée hauturière dans la plus pure tradition du genre.
Découvrez un récit au rythme effréné, qui vous emportera au-delà des mers dans une épopée hauturière dans la plus pure tradition du genre.
EXTRAIT
À la haute marée, apparut soudain un magnifique trois-mâts, il glissa élégamment dans notre crique et y jeta l'ancre à une encablure de la plage où nous étions assis. Une légère brume de chaleur nous empêchait de voir ce qui se passait à son bord, rendant en cela le vaisseau encore plus intrigant. Nous restâmes longtemps à l'observer tout en essayant de deviner son activité : quel était cet équipage ? Que faisait-il ? Qui le commandait ? Les hypothèses fusaient, chacun y allant de sa proposition !
Nous aurions pu nous en tenir là. Mais, alors que notre imagination se faisait plus raisonnable, nous crûmes d'un coup distinguer un canot à la mer. Cette mystérieuse embarcation semblait se diriger vers nous… puis, brusquement, elle parut happée par le fin brouillard et disparut à nos regards.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Passionné de bateaux et Capitaine à ses heures, Daniel Costal a voulu, en écrivant ce roman, rendre hommage aux auteurs qui ont bercé sa jeunesse et lui ont transmis la passion de la mer : Robert Louis Stevenson, Fenimore Cooper, Rafael Sabatini, Robert de la Croix… S’il destinait originellement ce récit à ses propres enfants pour leur donner le goût de la lecture, ce sont tous les enfants, ainsi que les « anciens enfants » que nous sommes, qui se régaleront à leur tour. L’Anse de Rospico est son deuxième roman publié chez Ex-Aequo.
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Seitenzahl: 90
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Daniel Costal
Les aventures de Yawenn Pikert, pirate et corsaire
roman
Dépôt légal mai 2013
ISBN 978-2-35962-466-3
Collection aventure
Issn : 2104-9696
©Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite
Dans la même collection
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En pleine face – Abdelkader Railane – 2011
Le tireur de sable –
Histoire de l'Anse de Rospico
ou
Les aventures de Yawenn Pikert, pirate et corsaire
par Monsieur de Costal, Chevalier de Bailleul,
Commandant de l’Orixa Iémanja,
pour ses chers enfants : Virgile, Juliette, Félicien
À Robert de la CROIX (1920-1987),
officier de marine, romancier
et historien de la mer
SOMMAIRE
L’Anse de Rospico
Prologue
Chapitre I – Deux garçons trop curieux
Chapitre II – À l’école de la piraterie
Chapitre III – Le baptême du feu
Chapitre IV – La baie de Guanabara
Si d'aventure vous passez au Pays des Pierres Debout et que quittant Névez vous vous dirigez vers Kerascoët, le village de chaumières, observez bien la côte à main gauche. Un chemin y serpente qui relie, sans presque aucune interruption, le phare de Port Manec'h à la Pointe de Trévignon, commune de Saint Philibert, Finistère.
C'est dans ces criques et ces anses, dans cette lande et ces amoncellements granitiques, parmi ces bruyères mauves, au bord de ces eaux d'un bleu profond, au gré de cette poignée de hameaux éparpillés entre grève et bocage, c'est là que tout a commencé…
Ce soir-là, habitués de cette petite baie où, lorsqu’elle s'étire la marée baigne les pieds des arbres de la forêt, nous nous demandions une fois de plus d’où pouvait bien venir son nom. Cette ravissante anse, dite « de Rospico », nous y venions souvent le soir et contemplions le large aux rayons mourants du soleil de juillet. Parfois, l'on apercevait comme de minuscules silhouettes de puissants bâtiments croisant à l'horizon : paquebots scandinaves ou cargos britanniques. Plus souvent et plus près, c’étaient des vedettes que nous admirions. Beaucoup plus près, vers deux, trois milles, rentraient de laborieux chalutiers, dansaient de gracieux dériveurs aux voiles chamarrées.
À la haute marée, apparut soudain un magnifique trois-mâts, il glissa élégamment dans notre crique et y jeta l'ancre à une encablure de la plage où nous étions assis. Une légère brume de chaleur nous empêchait de voir ce qui se passait à son bord, rendant en cela le vaisseau encore plus intrigant. Nous restâmes longtemps à l'observer tout en essayant de deviner son activité : quel était cet équipage ? Que faisait-il ? Qui le commandait ? Les hypothèses fusaient, chacun y allant de sa proposition !
Nous aurions pu nous en tenir là. Mais, alors que notre imagination se faisait plus raisonnable, nous crûmes d'un coup distinguer un canot à la mer. Cette mystérieuse embarcation semblait se diriger vers nous… puis, brusquement, elle parut happée par le fin brouillard et disparut à nos regards.
Le lendemain et les jours qui suivirent, nous revînmes à notre poste d'observation, mais le bateau fantôme avait disparu. Bien que l'ayant attendu, espéré, nous ne l'avons jamais revu.
Toutefois, à cette question posée par tant de promeneurs depuis des siècles — pourquoi l’appelle-t-on ainsi cette anse ravissante et mystérieuse ? — nous pouvions désormais apporter notre réponse, notre version ! L'anse de Rospico, comme toute ancienne toponymie, si l’on remonte à son origine on y trouve une légende… cette légende, la voici.
Yawenn Pikert était un bon gars de la Cornouaille qui vivait avec sa mère et sa petite sœur dans un village de chaumières, Kerascoët.
En ce mois de mars 1704, il venait d’avoir treize ans et travaillait au chantier naval de Raguenès. Raguenès était une longue plage de sable bien dessinée en arc de cercle, fermée à l’Ouest par la pointe aux cormorans et à l’Est par une jetée naturelle, faite de monolithes de granit permettant à marée basse de se rendre à pied sur l’île Verte. Celle-ci protégeait un mouillage pour canots, barques de pêches, sloops. De la plage au mouillage, chaque printemps voyait surgir des activités de carénage{1}, car le site était facile d’accès, ne présentait pas de récifs et était bien à l’abri du vent sous une modeste falaise où finissait la lande. Depuis que son père, Yvon Pikert, avait disparu dans une tempête au large de la pointe de Trévignon, Yawenn était obligé de trouver à s’embaucher et ramener à la chaumière quelques sous pour nourrir la famille. C’était son deuxième printemps à Raguenès. Comme tous les enfants du chantier, il était chargé de «bourrer la filasse». Cela participait de la rénovation des coques, opération nécessaire après une année de navigation. Les hommes armés de fers et de maillets écartaient les planches des navires et les enfants garnissaient cet espace d’un mélange de paille et de laine destiné à colmater toutes les brèches. On confiait ce travail aux enfants, car avec leurs petites mains ils pouvaient tasser profondément la filasse et ainsi rendre plus étanches les jointures. Malheureusement, il arrivait parfois qu’une planche pourrie cède ou qu’un fer mal ajusté glisse et alors les doigts des jeunes travailleurs pouvaient être brisés. Depuis la plage où, couchés sur le flanc, les voiliers étaient pansés, le jeune garçon rêvait en observant l'île Verte qui se profilait à sa droite. Balise naturelle qui indiquait un mouillage séculaire, l'île abritait une famille dont l'unique activité était le ramassage du goémon{2}.
Quand il avait fini sa besogne, Yawenn aimait, avant de rentrer, godiller parmi les bateaux qui attendaient d’être réparés, rafistolés.
Ô grands éclopés de la mer, brutalisés dans les tempêtes, soumis aux froids les plus extrêmes et aux soleils les plus brûlants ! Toute une saison agressée par le sel, les courants, les vents chauds et les bises glacées. Les flancs couverts de cicatrices et d’entailles reçues contre les écueils. Les mâtures affaiblies, les cordages usés, les soutes croupissantes. Les bateaux blessés venaient à Raguenès dès la fin février pour se faire soigner : cautériser leurs plaies avec du goudron, remplacer leurs vieilles planches par des neuves fraîchement taillées à l’herminette et ajustées au rabot, repeindre leurs quilles et leurs balustres, recoudre leurs voiles, redorer leurs figures de proue. Il passait parmi les navires en rêvant d’aventure. Manœuvrant sa rame avec douceur il aimait frôler les amarres et les accastillages{3}. Il se laissait dériver ainsi jusqu’à la pointe aux cormorans, alors il entendait la voix aiguë de son ami et voisin, de deux ans son benjamin, Loïc Landenic. Celui-ci était commis de cuisine sur le chantier, il avait deux fonctions qui occupaient à elles seules presque toute sa journée : préparer le pain et servir les hommes. Bien que ce fut là une tâche répétitive, Loïc était toujours de bonne humeur. Il admirait Yawenn Pikert et l’aurait suivi n’importe où les yeux fermés. Comme Yawenn n’avait pas de frère, c’est sans réserve qu’il acceptait l’amitié et les jeux de Loïc, qui vivait seul avec sa très vieille Mémé, la Marie Landenic.
Ce soir-là le petit Loïc, tout excité de la découverte qu’il avait faite, guettait l’ami Pikert à qui il allait s’empresser de tout révéler !
Juché sur un énorme rocher à quelques mètres de la pointe aux cormorans, il aperçut la barque de Yawenn qui finissait de contourner le dernier bateau du carénage.
— Ohé grand Capitaine ! Dépêssez-vous : z’ai une suprize incroyable !
— Qu’es-tu encore allé inventer Landenic !
— Ze ne peux pas le crier comme ça ! C’est un secret !
— Ça sent la mauvaise blague…
— Je te zure que non, Maître Pikert !
Ce disant, il avait attrapé au vol le bout lancé par Yawenn dont la barque venait de racler le sable. Un peu plus tard, ils gravissaient l’étroit chemin côtier qui les ramènerait, en longeant la grève, à Kerangall. Le sentier escarpé ne laissait le passage que pour un âne ou un homme. Il prenait à travers des massifs de bruyère, enjambait des ruisseaux venus des bosquets alentour se jeter dans la mer, et surplombait de profonds à-pics au pied desquels les vagues venaient exploser leurs gerbes d’écume. Grimpant, descendant, grimpant de nouveau, les deux garçons étaient agiles et progressaient rapidement en direction de Port Manec’h. À mi-chemin, ils atteignirent l’anse de Kerangall, une magnifique crique, très encaissée, bordée de hauts escarpements rocheux et tapissée par le fond de sable fin. C’est là que, normalement, Yawenn et Loïc quittaient la corniche pour longer l’orée du bois sur un kilomètre et déboucher sur la route des chaumières de Kérascoët. Or Loïc insista pour faire un détour par la crique. En quelques bonds ils atteignirent le sable. Puis, le plus jeune sortit quelque chose de sa poche et, en le tendant à Yawenn il dit :
— C’est ici que ze l’ai trouvé.
Il s’agissait d’un énorme rubis qui se mit à scintiller sitôt qu’il fut exposé aux rayons du soleil couchant.
— Incroyable ! s’exclame Pikert. Tu es riche, mon bon Landenic.
Puis aussitôt, il se mit à réfléchir
— Mais d’où cela peut-il bien venir ?
— Sans doute une noble dame ou un zentilhomme qui l’aura perdu… Tu penses que ze devrais resserser le propriétaire ? fit Loïc.
— Que non ! Laisse-moi te dire : as-tu vu souvent débarquer ici des voyageurs ? Ou même, simplement, se promener de riches personnes ?
— Non zamais ! L’anse est trop étroite, et puis côté mer elle est bordée par un larze banc de sable, et côté terre l’accès n’est pas commode avec de beaux z-habits.
— Tu as raison l’ami, donc…
— Donc ?
— Donc… je ne sais pas ! As-tu creusé plus profond pour voir s’il ne s’agissait pas d’un trésor caché par des pirates ?
— Des pirates à Kerangall ? Ben on aurait zamais vu ça !
Comme son regard suivait les cercles que formait dans le ciel orangé un couple de mouettes, Yawenn eut soudain l’explication la plus réaliste :
— Écoute Loïc, je ne veux pas te décevoir, mais je crois que mesdames les mouettes ont tout bonnement dû voler ce bijou à quelque badaud ou bien le trouver sur une route, ou sur le pont d’un navire, et elles l’ont laissé échappé juste un instant avant que tu n’arrives, et voilà mon gars !
— Comme tu es intellizent… alors c’est pour ça que ces deux oizeaux n’arrêtent pas de me suivre et de tourner autour de moi depuis hier soir ?
— Eh oui ! Ces voleuses veulent récupérer leur butin ! Mais non, allez… tu n’as rien à craindre, froussard. Viens, rentrons à présent !
Et de faire fuir les mouettes en criant et en gesticulant.
Le lendemain, Loïc fit une autre découverte, à quelques mètres de sa première trouvaille.
