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Notre vie chrétienne est le premier témoignage sur lequel se greffe la parole évangélisatrice pour porter du fruit. En se fondant sur l’Évangile et les écrits des papes, l’auteur convoque les saints – champions de l’amour de Dieu dans les plus petites choses – pour expliquer comment devenir d’authentiques disciples de Jésus Christ, là où nous sommes, avec toutes nos limites.
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Seitenzahl: 97
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Debout les gars !, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2018
Aime et fais ce que tu veux. Aider nos jeunes à choisir le bien, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2019
Debout les gars !, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2018
Père Cédric Anastase
L’évangélisation pour les pas-doués
Nihil obstat,
Paris, le 7 janvier 2020
P. DE CHAIGNON, Cens. dep.
Imprimatur,
Paris, le 7 janvier 2020
Mgr CHAUVET, Vic. Ép.
Illustration couverture : © Yves Guézou
Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
© Éditions de l’Emmanuel, 2020
89 bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-786-5
Dépôt légal : 1er trimestre 2020
En mémoire de mon ami Thibault qui s’est tant donné pour le soin des plus jeunes ; du ciel, qu’il puisse continuer à veiller sur l’élan missionnaire de la jeunesse.
À ces audacieux étudiants initiateurs de l’AMEN1qui m’ont inspiré ces propos ;
À Pierre, Louis, Maylis, Victoire et Albert, fondateurs d’« Un objet pour un SDF » et, à travers eux, à tous ces jeunes qui nous édifient par leur zèle apostolique.
1. Aumônerie médicale des étudiants Notre-Dame : aumônerie des étudiants en médecine de l’hôpital Bichat à Paris.
Les fameux faux prophètes d’aujourd’hui se démènent comme des fous pour nous faire croire que nous trouverons ce que notre cœur recherche dans le sexe, la drogue, le succès, l’argent ou le pouvoir. Certes, ce sont des intérêts économiques très puissants qui fomentent ce lavage de cerveau. Témoigner de sa foi n’est donc pas une option, mais une responsabilité dont nous devrons rendre compte. La foi ne peut être désincarnée de notre vie quotidienne, parce que c’est une réponse très concrète aux grandes questions de l’existence.2
Chiara Amirante
2. Chiara Amirante, Seul l’amour demeure. Miracle dans l’enfer de la rue, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2019, p. 94.
Vous êtes démunis, vous savez bien qu’il est de votre devoir de chrétien d’évangéliser, mais tout compte fait, vous ne vous sentez surtout pas très doué… Ce livre est fait pour vous !
Lisez-le plusieurs fois, initiez-vous à toutes les techniques de l’évangélisation, à la « science des mystères » (1 Co 13, 2), vous parviendrez toujours, si votre démarche est sincère, à la conclusion que le seul évangélisateur, le grand champion de la conversion, c’est Jésus, et Jésus seul ! Il est la Bonne Nouvelle, il est l’Évangile !
Avant lui, il y a eu des prophètes, des thaumaturges, des prédicateurs, des prêtres. Mais depuis que, dans son amour infini, il a planté sa tente parmi nous, il est le seul prêtre, le seul prophète et le seul roi. Quel formidable réconfort ! Nous n’avons en fait pas besoin d’être des techniciens de l’évangélisation. Au contraire, la meilleure voie pour toucher le cœur de nos frères reste de fréquenter le Christ, de l’écouter, de nous laisser toucher par lui, transformer par lui. Ces quelques mots n’ont rien d’une posture théologique ou d’une attitude pieuse et convenue.
On comprend, à la lecture de ce livre, que nul n’est besoin de grands discours. Dans un propos très simple et accessible à tous, le père Cédric nous rappelle que Jésus est le maître et que la seule chose que nous puissions faire, c’est d’essayer de lui ressembler. Certes il nous envoie, mais il est avec nous et, en fin de compte, c’est le Saint-Esprit qui agit.
La source de l’évangélisation, c’est Jésus ; le but de l’évangélisation, c’est Jésus ; le moyen de l’évangélisation, c’est Jésus !
Vous voulez savoir comment toucher le cœur des plus pauvres et qui sont si nombreux dans notre société souffrante : imitez Jésus ! Ayez besoin des autres ! Vous êtes en butte à la raillerie ou au sarcasme, vous êtes en discussion avec quelqu’un qui vous demande pourquoi la souffrance, pourquoi la mort, pourquoi si peu de charité dans l’Église, pourquoi tant de scandales ? L’attitude juste dans ces circonstances, c’est de se poser la bonne question : « Qu’est-ce que Jésus aurait fait à ma place, quel extraordinaire moyen aurait-il choisi pour que j’aie besoin de ce prochain qui me crie sa souffrance, que je me tourne vraiment vers lui et que je sois un témoin authentique de la bonne nouvelle ? » Certainement pas l’affirmation hautaine de mon identité chrétienne, mais l’humble attitude de celui qui, comme saint Paul nous le demande, considère l’autre comme supérieur à lui-même, de celui qui accepte de ne pas tout savoir, de ne pas répondre à tous les problèmes de l’humanité en une phrase lapidaire, de celui qui regarde l’autre en l’aimant, tout simplement.
C’est à ce moment précis que Jésus nous demande de lui ressembler, en rejetant nos postures faciles qui ne convertissent personne mais qui nous donnent la secrète satisfaction d’avoir fait la volonté de Dieu. Au moment précis où nous serions tentés de répondre de façon trop brutale, ou en nous esquivant proprement, Jésus nous invite à lui ressembler et à vivre ce sentiment qui est exprimé dans l’évangile du jeune homme riche : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima » (Mc 10, 21). L’attitude de Jésus au moment où tous seraient tentés de répondre avec violence ou une pointe d’orgueil, c’est de poser sur lui son regard et de l’aimer. Il le respecte. Souvenez-vous que le mot « respecter » vient du latin, re-spectare : regarder à nouveau, y regarder à deux fois, regarder en profondeur.
Pour évangéliser, établissons une vie avec Jésus, partageons la vie de Jésus. Le moment venu, le nom de Jésus touche les cœurs avec des mots. Mais si ce discours n’a pas été préparé par la charité, il ne sert à rien. La charité consiste à rejoindre l’autre, à se mettre à sa place, comme Jésus le fait avec Pierre, avec Marie-Madeleine, avec Zachée, avec la Samaritaine.
Ce livre donne envie de témoigner, d’évangéliser, de parler de l’amour de Dieu qui a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Merci, père Cédric, de nous rappeler tout cela, de nous rappeler l’essentiel. Oui, l’Église vit en étant missionnaire, en envoyant des apôtres de l’Évangile proclamer, par leur vie, que Jésus nous aime d’un amour infini, qu’il nous sauve, qu’il nous invite à entrer dans la communion de l’amour trinitaire.
Alors, n’ayons plus peur, et revêtons le Christ !
Monseigneur Emmanuel Gobilliard +Évêque auxiliaire de Lyon
Vous êtes-vous déjà retrouvé dans la situation où vous sentiez que le moment était venu de témoigner de votre foi mais que, soit par peur d’être raillé, soit parce que vous ne saviez pas quoi dire ou comment le dire, vous êtes resté… discret ? Nous avons tous connu ces moments gênants que nous préférons vite oublier. Pour ma part, je me souviens comme si c’était hier du jour où je me suis dit : « Cédric, tu es chrétien, tu pratiques ta foi, tu essaies d’aimer Jésus, il est temps que tu apprennes à en témoigner ! »
C’était un mercredi matin d’avril 2005, j’étais à l’époque en terminale, et l’heure était au cours de philosophie. Une semaine avant, le pape Jean-Paul II avait fait sa dernière apparition à la fenêtre du Vatican. Très diminué par la maladie, rassemblant ses dernières forces, il avait tenté, dans un extrême effort, d’adresser à la ville de Rome et au monde la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, en vain… Devant les caméras du monde entier, le visage marqué par la souffrance, il était resté muet en face d’une foule de fidèles qui ne cachaient pas leur émotion. Ce spectacle poignant préfigurait le décès du Saint-Père, quelques jours plus tard.
Ce fameux mercredi, donc, le professeur de philosophie décida de commencer son cours en commentant cette actualité. Curieusement, le ton était délibérément dithyrambique : « Je rends hommage à l’un des plus grands philosophes que cette terre ait jamais porté, s’exclama-t-il à propos de Jean-Paul II. J’ose le dire, c’est un géant de la philosophie. » Qu’arrivait-il à cet homme, président de l’un des plus influents syndicats de professeurs, anticlérical assumé, pour prononcer, devant sa classe ébahie, un tel éloge ? Avait-il perdu ses esprits ? La réponse ne se fit pas attendre : si l’hommage semblait sincère, il n’en servait pas moins une rhétorique préméditée : ce n’était en fait qu’une introduction à un procès à charge contre le Pape, l’Église et les chrétiens.
En un long monologue, il déploya tout son ressentiment. Jean-Paul II ? Un pape coupable d’un crime contre l’humanité pour son refus de promulguer l’utilisation du préservatif chez les populations africaines les plus éprouvées par le fléau du sida. L’Église ? Une organisation obscurantiste qui maintenait une scandaleuse mainmise sur la conscience des gens en les moralisant et en les menaçant de l’enfer. Les chrétiens ? Des soumis incultes qui fuyaient la réalité et la peur de la mort en se réfugiant dans la religion, « opium du peuple »… Tout y passa. L’éloquence était raffinée. La classe entière était subjuguée…
Cloué à ma chaise, je bouillonnais intérieurement ! Je voulais lui crier que notre pape aimait les personnes et surtout les plus pauvres. Je voulais lui dire que l’Église n’avait qu’un seul souci : indiquer aux hommes le chemin du vrai bonheur. Je voulais témoigner combien être chrétien n’éloignait pas de la réalité mais au contraire lui donnait sens. Je voulais exprimer bien d’autres choses encore, non seulement à ce professeur mais aussi à toute une classe qui buvait ses paroles dans une muette approbation. Je voulais parler, mais les mots ne me venaient pas et le courage me manquait. Comment d’ailleurs aurais-je pu tenir tête à ce brillant intellectuel ? J’ai pensé me lever et sortir de la salle pour marquer mon désaccord, mais je n’en eus pas l’audace. Je restai là, impuissant, silencieux. Mon seul acte de résistance fut de refuser de prendre des notes dans la suite du cours. Le professeur le remarqua, il ne me fit aucune remarque, certainement conscient qu’il avait été un peu loin.
En rentrant à la maison ce jour-là, j’étais en colère. J’en voulais à ce professeur qui profitait de son autorité pour assener ses opinions à de jeunes esprits malléables. J’étais aussi en colère contre mes camarades qui approuvaient ses propos terriblement offensants pour le catholique que j’étais. Mais en réalité, c’est à moi-même que j’en voulais le plus. Je n’avais rien fait pour affirmer mes convictions, je n’avais rien dit pour témoigner de ce qui m’animait. C’est ce jour-là que j’ai compris la nécessité de me former, non pas pour faire du prosélytisme ou partir en croisade, mais tout simplement pour assumer ma foi, sans honte ni crainte, pour « rendre raison de l’espérance qui est en [nous] » (1 P 3, 15) comme le dit saint Pierre.
Et tous, nous sommes confrontés à des situations plus ou moins similaires : le courage nous manque, nous sommes démunis, nous avons « mieux à faire » que de répondre à des « impies », etc. Bref, nous sommes tous des « pas-doués » dans l’histoire. Pourtant, au fond de nous, nous savons bien que l’affaire est d’importance et mérite attention. Penchons-nous donc sur le sujet, non seulement pour comprendre (ou tenter de comprendre) ce qu’est l’évangélisation, mais surtout pour découvrir qu’il est possible d’évangéliser dans un quotidien très simple, avec des moyens ordinaires. Pour réfléchir à l’évangélisation, pas de secret : l’Évangile est sans conteste la meilleure source d’inspiration. Et la vie des saints illustre à merveille cette appropriation de l’Évangile au jour le jour. Nous découvrirons également l’exhortation apostolique de saint Paul VI, Evangelii nuntiandi3, qui traite de l’évangélisation dans le monde moderne et qui est un véritable petit bijou de la tradition chrétienne. Quant au pape François, c’est dans La Joie de l’Évangile qu’il donne le plus de clefs pour nous guider. Chaque chapitre proposera, à la fin, des extraits de méditation pour nous aider à prier pour nos contemporains et pour nous-mêmes.
