l'héritage de pierre - Eric Heine - E-Book

l'héritage de pierre E-Book

Eric Heine

0,0

Beschreibung

J'ai regardé vivre mes contemporains et été le spectateur de leurs élans et de leurs craintes, de leurs beautés et de leurs laideurs. J'ai entendu leurs incertitudes et leurs doutes, leurs vérités et leurs mensonges, leurs jugements et leurs remords, leurs espoirs et leurs inerties... J'ai vu leur amour de la vie, leur peur de la mort et leurs interrogations face aux petits et grands tracas et énigme de l'existence. Dans le premier livre, "La grande aventure", nous porterons notre attention sur notre Univers et comment Homo sapiens s'y développe, ce qu'est sa vision du monde, du Néant à la Vie et à la Mort. Dans le deuxième, "De l'Être-Étoile", tu vas découvrir ce qui fait de toi un individu si particulier, avec tes dons et tes tares, tes composants et tes mécanismes, tes intelligences et tes contradictions. Et dans le troisième, "Si Je veux", je pèserai mes relations à l'Autre, à Moi, aux dieux, et constaterai que si je souhaite un meilleur avenir pour moi autant que pour tous, il me faut commencer par changer moi-même et par monter l'exemple, ici et maintenant.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 515

Veröffentlichungsjahr: 2017

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

AVERTISSEMENT

AVANT-PROPOS

LIVRE 1 : LA GRANDE AVENTURE

Du Néant à l’Être

Espace sans limite...

Mouvement sans limite…

Temps sans limite

Formes, Forces, Fonctions

Tout n’est qu’illusion

La Grande Aventure

Le Grand Réseau

L’Esprit en cause

Entre deux éternités

L’Énigme de la Vie

Lignes et Stations…

Attention, convois

Chefs et locomotives

Le Ça

La problématique N.P.R.

Un corps de bête…

Sexe plaisir…

Sexe pouvoir

Où il y a du gène

Un primaire cerveau

Émeus-moi

Où cours-je ?

L’expérience en héritage…

Traditifs et Traditions

Morituri te salutant

Un pour tous, tous pour un

Du Singe à l’Humain

Entracte : « L’écologie selon Toïdi »

LIVRE 2 : DE L’ÊTRE-ÉTOILE

D’où viens-je ?

La Nature-Être

Merci Maman, merci Papa

Apprends-moi

Vécu, Imagination, Éducation

Les Feux de Conscience

L’Être-Étoile…

Évolution et Involution

Qui va à la chasse…

Perd sa place

Le bon Choix

L’intelligence n’est rien…

Sans la Mémoire

Du Penser au Raisonner…

De l’Agir au Créer

Con comme un Lave-linge

Idiot, Dément, Imbécile

Liberté, Liberté chérie

Indigné, motivé, résolu

Que M’est-Il Permis D’espérer ?

Entracte : « La religion selon Toïdi »

LIVRE 3 : SI JE VEUX

L’Autre

Un bon exemple

Sois mon ami

L’A.R.C. relationnel

L’Amour inconditionnel

Solitudes

Le paradis perdu

Divin papa

Quelques stations spirituelles

Crise d’adolescence

Ni dieu ni maître

Passager clandestin

Meunier, tu dors

Révolution

La voie du guerrier

Le bon sens

Quelques règles de vie

Rappel des acronymes

AVERTISSEMENT

La lecture est au seuil de la vie spirituelle;

Elle peut nous y introduire :

Elle ne la constitue pas.

Marcel Proust

Je suis un contemplatif, un témoin qui s’interroge encore et encore. J’ai, depuis ma plus tendre enfance, été curieux des actes, dires et écrits des grands et petits habitants ayant peuplé cette planète, de leurs quêtes et découvertes, de leurs angoisses comme de leurs plaisirs. J’ai regardé vivre mes contemporains et été le spectateur de leurs élans et de leurs craintes, de leurs beautés et de leurs laideurs. J’ai entendu leurs certitudes et leurs doutes, leurs vérités et leurs mensonges, leurs jugements et leurs remords, leurs espoirs et leurs inerties… J’ai vu leur amour de la vie, leur peur de la mort et leurs interrogations face aux petits et grands tracas et énigmes de l’existence.

Tous ne sont pas aux mêmes niveaux de développement intellectuel, physique, émotionnel, et il en sera naturellement toujours ainsi. Nombreux sont ceux qui n’ont pas le temps, les moyens et/ou le désir de se cultiver. Beaucoup ne comprennent pas ce que signifie une quête spirituelle et n’en ont cure. Quelques-uns entament le voyage mais butent sur les difficultés, les mensonges, les incohérences. Certains se rebiffent, se perdent en chemin, renoncent. Les rares qui ont eu le besoin, le courage, la persévérance et la chance d’atteindre un monde plus proche de la vérité se réfugient dans la solitude d’où, parfois, ils tentent de nous éclairer de leur clairvoyance.

Le doute autant que certaines questions sont des préliminaires sur la voie de la compréhension et il est important de chercher à savoir et à expliquer comment fonctionnent nos relations avec la planète et nos différents types de sociétés, avec l’Autre autant qu’avec nous-mêmes. Aussi, dans le système de communication actuel où les mots perdent trop souvent leur sens dans la cacophonie générale, je souhaite ici rendre une plus juste place aux mots Esprit, Choix, Liberté, Conscience, Responsabilité, Amour… comme à bien d’autres d’importance utilisés sans égards par ceux qui se disent Hommes et agissent trop rarement en Humains.

Je suis un misanthrope humaniste surpris et attristé par l’attitude de nombreux occupants de cette petite planète. Je suis l’amateur de porcelaine qui voit s’ébattre un troupeau d’éléphants. Je suis la forêt qui entend résonner le mugissement des tronçonneuses. Mais j’aime la vie et crois encore en des lendemains qui chantent, même si mon émotion a parfois pris le dessus sur ma raison et certains pourront juger quelques passages un peu trop à charge. Qu’il en soit ainsi.

J’ai ajouté quelques notes personnelles qui me semblaient importantes ou qui me tenaient à cœur. Elles se distingueront par leur retrait du texte principal. D’autres notes, dont je mentionne la source, en retrait également, sont en italiques.

Dans le premier livre, « La grande aventure », nous porterons notre attention sur notre Univers et comment Homo sapiens s’y développe, ce qu’est sa vision du monde, du Néant à la Vie et à la Mort.

Dans le deuxième, « De l’Être-Étoile », tu vas découvrir ce qui fait de toi un individu si particulier, avec tes dons et tes tares, tes composants et tes mécanismes, tes intelligences et tes contradictions.

Et dans le troisième, « Si Je veux », je pèserai mes relations à l’Autre, à Moi, aux dieux, et constaterai que si je souhaite un meilleur avenir pour moi autant que pour tous, il me faut commencer par changer moi-même et par montrer l’exemple, ici et maintenant.

Nous avons une raison de vivre : apprendre, découvrir, être libres ! 1

Ainsi, j’espère offrir mon aide à toi qui tâtonnes dans l’obscurité, à toi qui te sens parfois perdu dans une forêt profonde, à toi qui tournes trop souvent en rond dans ta cage. Et si ce texte semble ne s’adresser qu’à toi, mon fils, c’est que notre langage utilise trop peu le genre neutre, aussi je prie ta sœur de ne pas m’en tenir rigueur et de s’assurer de mon entière impartialité, même si c’est « encore » à elle qu’incombe l’effort d’adaptation.

Je ne pense pas être meilleur que quiconque, peut-être un peu plus ouvert et libre d’esprit que certains, et, sans doute, juste un peu plus prétentieux que je ne le devrais. Je ne présente ici que quelques pistes de réflexion, des envies de retrouver quelques fondamentaux et jalons de pragmatisme. Je ne souhaite que proposer, en héritage d’Amour, un bâton à un Imbécile 2.

Si tu le veux, tu peux faire mieux.

1. Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach (1970).

2. Imbécile : du privatif latin in, et baccilus, bâton. « Sans bâton ».

AVANT-PROPOS

Ce qui me préoccupe,

C’est de ne pas m’appliquer à cultiver la vertu,

De ne pas enseigner ce que j’ai étudié,

D’entendre parler de justice sans pouvoir l’appliquer,

Et de ne pouvoir me corriger de mes défauts.

Confucius

Depuis la nuit des temps, des Héros, des Vertueux, des Sages, se sont soumis aux lois naturelles qu’ils mettaient en lumière, ont cherché les réponses aux questions qui les subjuguaient, ont ouvert et pratiqué des chemins qui les menaient vers des comportements méritant l’intérêt, le respect et la confiance de tous. Ils ont scruté l’espace universel et les profondeurs de l’esprit, sondé l’abstrait et les mondes invisibles, appris à différencier la matière des apparences, les croyances de la vérité, la justice de l’iniquité. Par leurs actes, leurs dires et leurs écrits, ils ont proposé à ceux qui désiraient les suivre dans cette quête quelques préceptes pour vivre en harmonie avec l’Univers, avec les autres, et avec soi-même. Parce qu’ils ont été exemplaires, ils sont devenus des maîtres à penser, à faire, à être, et par leur génie spirituel ils ont aidé leurs congénères à découvrir leur nature, à dompter leurs instincts, à mieux comprendre ce qui les anime. Ils les ont guidés dans les étapes d’un périlleux voyage dans le temps, souhaitant qu’ils aspirent à une société meilleure en gravissant quelques niveaux de conscience.

Il ne faut pas confondre spirituel et religieux. La spiritualité est la quête de la nature des phénomènes. Elle est personnelle, indépendante des confessions religieuses et de leurs dogmes, insoumise à toute croyance imposée.

Par eux ont été conçus des symboles, dressés des monuments, instaurées diverses voies et écoles permettant la transmission d’une connaissance multimillénaire. De toutes ces voies, certaines ont été abandonnées parce que obsolètes, d’autres délaissées pour raisons politiques, économiques ou religieuses, beaucoup galvaudées au profit de divers intérêts et/ou de prestige immédiat. Des idées et des concepts, des préceptes et des règles ont ainsi été oubliés et, c’est à craindre, perdus à tout jamais dans les sables et brouillards de la mémoire universelle. Peu de gens se tournent encore vers le chamanisme pour qui l’Homme et la Nature sont liés par et dans un même Esprit, comprendre et dompter les rêves n’est plus qu’une frivolité, l’étude de l’astrologie se réduit à une récréation pour lecteur désœuvré…

Récupérant une fonction occupée par quelques précepteurs soucieux de morale, voire de religion, depuis la fin du XIXe siècle l’instruction « libre et gratuite » se répand un peu partout sur la planète avec plus ou moins d’ambition de la part de gouvernements revendiquant leur laïcité. Ce nouveau système éducatif partait sans doute d’un bon sentiment, mais, aujourd’hui, il semble surtout avoir pour but principal de mouler uniformément ceux qui seront appelés à poursuivre la volonté de « croissance », de « développement » et de « progrès » glorifiée par des idéologues inconséquents et beaucoup moins d’aider sur la voie du développement personnel et spirituel. Dans le système économique libéral plus que vénal qui prévaut actuellement et dont les têtes pensantes poussent à la généralisation mondiale, les enfants les plus chanceux peuvent être nourris physiquement et intellectuellement, mais s’ils finissent par savoir lire, écrire et compter, qu’en est-il de la découverte de l’Esprit qui les anime ? Qu’en est-il de la philosophie, de cette « amitié envers la sagesse » qui les aiderait à mieux Être ? Qu’en est-il des vertus qui les aideraient à mieux Faire ? Qu’en est-il de l’Art de vivre ?

Pour le capitalisme, concept majeur depuis le XIXe siècle avec la révolution industrielle, l’homme est devenu une marchandise rentable en tous points : éducation et création, santé et recherche, travail et loisir...

Les sociétés contemporaines, proies des principes de rentabilité, entraînent les institutions à se désintéresser des faibles, à abandonner les inutiles, à rejeter ceux qui rêvent d’un autre monde, à punir ceux qui crient leur révolte, les moins performants devant accepter des tâches ingrates et de lourds compromis s’ils veulent néanmoins rester dans le troupeau. Les exclus, les parias, croupissent sur les trottoirs, s’amassent dans des taudis, des bidonvilles et autres ghettos. Les bienheureux qui revendiquent le droit au simple plaisir de vivre attirent les sarcasmes des laborieux qui n’y voient qu’utopie. Certains déboussolés s’accrochent à leurs racines et demandent le retour à des traditions parfois vétustes, souvent par peur, dégoût, ou haine de l’avenir qui leur est promis. D’autres se font prendre dans les filets de faux gourous 3 de toute nature qui profitent du mal-être ambiant. Les plus motivés explorent des voies nouvelles que les marchands se pressent de récupérer et de pervertir. Les soumis et les désillusionnés s’imposent le silence grâce à tous les opiums proposés à cet escient par le Saturne 4 qui les dévore, cherchant à oublier l’ennui dans la consommation futile, les jeux de hasard, le sexe, les drogues, l’idolâtrie de stars éphémères, l’addiction à tout ce qui leur permettra de cacher le présent dans lequel ils étouffent.

- Les enfants, comme les adultes d’ailleurs, sont drogués par la société elle-même qui utilise le système psychiatrique pour contrôler et maîtriser les hyperactifs, les dépressifs, les stressés. Les drogues ainsi infligées sous couvert médical permettent aux laboratoires de créer des individus dépendants, donc rentables. Il suffit de classer les gens « dérangeants » dans la catégorie des « dérangés ».

- Les rescapés du massacre mondial de 1939/1945 ont profité des progressions néo-scientifiques issues des recherches guerrières pour reconstruire leur monde selon une volonté hyper-protectionniste, productiviste et consommatrice. Une ambition rejetée par le mouvement hippie des années 1970. À la suite de ces « peace and lovers » sont arrivés les profiteurs des années 80 pendant lesquelles se sont grand ouvertes les portes aux banquiers et aux jeux de l’argent facile. Des néo-gaspilleurs qui ont donné naissance à une génération décontenancée qui doit aujourd’hui tout nettoyer, restaurer, réévaluer… Mais sur quelles bases ?

Les plus sensibles, les plus désespérés, après des appels par maladies ou toutes sortes de scarifications, en arrivent à opter pour le suicide dans lequel ils peuvent même entraîner quelques innocents, exigeant ainsi une ultime reconnaissance et espérant mettre fin à une lutte profondément spirituelle qu’ils considèrent perdue d’avance, quand ils ne se réunissent pas, quel que soit le thème prétexté, en groupuscules identitaires plus dangereux encore (l’union fait la force). Nombreux sont ces enfants (de tous âges) du mal-Être. La faute à un manque d’écoute et de compréhension, de réponses et de reconnaissance, et/ou de désirs inassouvis et de possibilité de s’épanouir harmonieusement.

20 avril 1999. Lycée de Columbine à Littleton, Colorado, aux USA. Deux adolescents, Eric Harris et Dylan Klebold, armés de pistolets, de fusils à pompe, de carabines et de couteaux de chasse, tuent 13 personnes. Raison invoquée : faire disparaître le lycée et tous ceux qui s’y trouvent 5. Ce n’est qu’un des premiers exemples parmi d’autres de plus en plus nombreux.

À un moment de son existence, tout individu ayant atteint certains niveaux de conscience se pose la question du pourquoi vivre? Question qui se résume par la formule courante : « D’où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? » que Kant traduit par « Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? »6

Il est toujours possible de fuir ces questions et de continuer son petit bonhomme de chemin dans un sommeil rassurant parce que habituel. Pour avoir envie d’y répondre, il faut que le besoin devienne oppressant, et en comprendre l’utilité.

Des réponses existent et rien ni personne ne doit empêcher quiconque d’accéder au patrimoine légué par les anciens Héros, Vertueux et Sages que chacun doit pouvoir remercier en redécouvrant, en perpétuant ou en renouvelant leurs voies. Il est toujours possible de lutter contre les barbares qui abîment et polluent les corps, méprisent et détruisent les cultures, dévorent les cœurs et ankylosent les volontés. Il est toujours possible de combattre ceux qui font de notre paradis d’ici-bas un enfer. Il est toujours possible de « changer le monde ».

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sentent qu’une re-évolution s’impose, et sans tarder. Le système de pouvoir pyramidal et de pensée unique est obsolète, et demain pourrait bien voir l’émergence et la multiplication de systèmes coopératifs et solidaires plus conformes aux vœux de ceux qui pensent « partage » et souhaitent vraiment développer de nouveaux concepts de vivre-ensemble.

Mais une réelle re-naissance ne peut commencer qu’en désirant et acceptant, parallèlement et simultanément, de lutter contre soi-même, de la « poutre à la paille » 7, en n’oubliant pas que l’ignorance est un ennemi redoutable, l’acceptation une compromission, l’attente une lâcheté.

3. Gourou : maître spirituel hindou proposant au disciple une voie d’évolution personnelle, sans condition ni espérance.

4. Saturne : en grec, Saturne est désigné sous le nom de Cronos, c’est-à-dire le Temps. Ce dieu qui dévore ses enfants n’est, dit Cicéron, que le Temps lui-même, le Temps insatiable d’années, et qui consume toutes celles qui s’écoulent.

5. Source : LeMonde.fr

6. Dans Critique de la Raison pure. Kant : philosophe allemand, 1724/1804.

7. « Pourquoi voyez-vous une paille dans l’œil de votre frère, tandis que vous ne voyez pas une poutre dans le vôtre ? » Citation de l’Évangile selon saint Matthieu.

LIVRE 1

LA GRANDE AVENTURE

Du Néant à l’Être

Espace sans limite

Mouvement sans limite…

Temps sans limite

Formes, Forces, Fonctions

Tout n’est qu’illusion

La Grande Aventure

Le Grand Réseau

L’Esprit en cause

Entre deux éternités

L’Énigme de la Vie

Lignes et Stations…

Attention, convois

Chefs et locomotives

Le Ça

La problématique N.P.R.

Un corps de bête…

Sexe plaisir…

Sexe pouvoir

Où il y a du gène

Un primaire cerveau

Émeus-moi

Où cours-je ?

L’expérience en héritage…

Traditifs et Traditions

Morituri te salutant

Un pour tous, tous pour un

Du Singe à l’Humain

Entracte : « L’écologie selon Toïdi »

La vérité n’est qu’une vue de l’Esprit

LIVRE 1

LA GRANDE AVENTURE

Celui qui écrit

Trace sur la feuille blanche un sillon

Où il sème des symboles

Qui germeront dans l’esprit du lecteur.

Inconnu

Il y a le Néant.

Et il y a un Être qui vit et raisonne.

Entre les deux, il y a la voie de la spiritualité.

Sans cet Être vivant et raisonnant ce livre est inutile

Et l’Aventure n’est pas.

DU NÉANT À L’ÊTRE

L’univers est plein de choses magiques

Qui attendent patiemment

Que nous soyons assez intelligents pour les percevoir.

Eden Phillpotts

Le Néant, c’est le « Non-Être ».

Du moins est-ce ainsi que nous l’entendons depuis qu’un philosophe s’est penché sur le problème et que les dictionnaires en ont fait une définition. Pourtant, le Néant n’est pas « rien ». Le « vide absolu » n’existe pas. Ce n’est qu’une absence maximale, une absence qui nous est difficilement supportable tant intellectuellement qu’émotionnellement et physiquement.

- Les physiciens définissent le vide comme ce qui reste quand on a éliminé tout ce qu’il est expérimentalement possible d’enlever d’une partie de l’espace : ainsi le vide est défini par une limite expérimentale. Il n’y a donc pas de vide mais de l’ultravide. 8

- Le Néant n’existe pas. Il y a toujours quelque chose, toujours à sa place.

Le Néant n’est qu’un concept que nous ne pouvons définir que comme un « au-delà » d’une porte ouvrant sur un Univers Inconnaissable, un univers passé, présent et futur dont nous ne savons rien et ne pouvons rien savoir. Qu’y avait-il avant que cette porte n’éternue et postillonne des galaxies, des nébuleuses et autres supernovae, et qu’y a-t-il dans l’obscurité de l’horizon cosmologique ? Où était cette pensée avant qu’elle nous vienne en tête et où se perd-elle ? Qu’étaient les mots avant le premier bruit et que seront-ils après le dernier silence ? Où étions-nous avant la naissance de nos parents et où serons-nous après notre décès ?

Le Néant est tout ce qui se situe au delà des limites de notre entendement. Sitôt que nous spéculons sur cet au-delà, nous l’extrayons du Néant pour l’associer à notre Univers Connu qui contient nos passés, présents, et avenirs répertoriés, réels autant qu’imaginaires.

Pour entrer dans ce Connu, il faut que notre perception et notre expérience s’accouplent pour révéler ce que nous appellerons alors un Phénomène 9. Or, même si tous les espoirs sont permis et si notre imagination ne se prive pas de vagabonder dans tous les passés, présents et futurs possibles, il faut bien convenir que nous ne ressentons ni ne connaissons pas tout de l’Univers, loin s’en faut, même si chaque jour de nouvelles découvertes scientifiques, de nouvelles créations artistiques, de nouvelles pensées philosophiques, politiques, économiques, écologiques, tissent la toile de notre Univers Connu et agrémentent notre connaissance commune.

Il faut néanmoins se garder de croire que la toile de connaissance commune contemporaine est plus vaste que celle de nos aïeux, car la connaissance n’est pas si cumulable qu’elle le paraît, et, en y regardant de plus près, il s’avère que nous en gagnons et que nous en perdons, tant à titre individuel que collectif.

La Connaissance est mouvement, elle croît et décroît.

- Nos architectes n’ont plus la connaissance adéquate pour refaire la pyramide de Gizeh ou la cathédrale de Chartres avec les mêmes outils et matériaux que leurs précurseurs. Peu sont les individus sachant allumer le feu à l’aide de bâtonnets ou de silex, et, plus près de nous, de moins en moins nombreux sont ceux capables de traire « naturellement » une vache, de reconnaître une « herbe », et encore moins d’en savoir les vertus.

- Les pérégrinations des grands penseurs philosophiques ont trop souvent été enfermées dans des systèmes de réflexion cadenassés par les instances politiques, économiques et religieuses de chaque époque, instances plus ou moins ouvertes aux nouvelles connaissances et/ou enclines au recul de certaines autres. Il en est de même pour les créateurs de tous bords.

Il est des âges où la Connaissance physique, matérielle, pragmatique, se doit de primer, des temps où la nourriture et la préservation occupent toutes nos activités et nos pensées. Spirituellement, c’est le temps de l’enfance. Ainsi en est-il quand il faut apprendre à survivre aux affres de la faim et de la soif, aux violences des intempéries, des guerres, et aux ennemis de toutes natures. C’est le temps des Héros où l’Être lutte pour ne pas sombrer dans le Néant.

- De puissants changements géopolitiques en Europe ont mené à la première guerre mondiale de 14/18 (± 9 millions de morts), suivie de celle de 39/45 (± 60 millions de morts, toutes nations confondues). En ces périodes, il a fallu que chacun apprenne à survivre, à supporter les bombes, les privations, l’absence, l’humiliation, la peur…

- Aujourd’hui, et depuis le 11 septembre 2001, c’est en Perse et dans tout le Moyen-Orient que la guerre entre civilisations, entre empires, entre « comment et pour quoi vivre », fait rage. Chacun essaye de survivre et lutte pour imposer/conserver ses us et coutumes, ses idéaux… et ses énergies.

Il est des âges où la Connaissance émotionnelle se fait étendard, où la foi mène les foules, que ce soit pour accroître les niveaux de conscience communs ou extirper les « vices » des cœurs et des pensées. C’est le temps de l’adolescence. Ainsi en est-il dans l’Europe gothique avec la ferveur mystique à construire des cathédrales toujours plus élevées, toujours plus lumineuses… C’est le temps des Vertueux où l’Être souhaite s’extraire du Néant.

Pendant les « années de plomb », de ± 1960 à 1980 qui suivirent la reconstruction d’après-guerre, explosèrent diverses rébellions contre l’ordre établi. Pendant que les hippies cherchaient dans le cœur des fleurs, des psychotropes et sur les routes orientales à renouer avec le spirituel, d’autres montraient leur volonté de vivre autrement en se tournant vers la lutte armée. En France, ce sont Action directe, le Front de libération de la Bretagne, le Front de libération national corse, le Groupe Charles-Martel… Depuis 2010, certains jeunes Européens préfèrent se tourner vers un jihad10… incompris.

Il est des âges où la Connaissance Intellectuelle enflamme les cervelles, où une nouvelle pensée ouvre les yeux et les réflexions. C’est le temps de l’adulte. Ainsi en est-il de la Renaissance européenne du XVIe siècle. Ainsi en est-il du Siècle des lumières qui fut un élan qui couvrait tous les sujets, de l’architecture à la botanique, de la peinture à la philosophie… Mouvement qui a abouti à la révolution française de 1789 déclarant les volontés de Liberté, de Fraternité et d’Égalité. C’est le temps des Sages, où l’Être cherche à domestiquer le Néant.

De fait, la Connaissance, ça va, ça vient, et c’est cycliquement que sociétés et individus vont et viennent d’un âge à l’autre.

Par toutes ses découvertes et malgré tous ses oublis, par ses avancées et ses reculades, par tous ses hauts et ses bas, le genre humain est passé de l’enfance à l’adolescence et commence à découvrir et à comprendre notre phénoménal Univers Connu.

8. Source : astronoo.com

9. Phénomène : tout ce qui est susceptible d’être observé ou ressenti.

10. Dans le Coran, le mot jihad prescrit à l’être humain de lutter et de faire des efforts constants afin d’atteindre et de demeurer dans le droit chemin. Source : inshaallah.com

ESPACE SANS LIMITE…

Comment vous représentez-vous ça:

L’endroit où l’espace se termine?

Arno Schmidt

Dès notre expulsion par le tunnel vaginal nous plongeant dans la lumière, ou pour le moins rapidement après notre naissance, ce qui a dû travailler nos jeunes neurones c’est l’Espace et tout ce qui s’y agite. Tout individu qui lève les yeux au-dessus de son nombril, puis un peu plus loin que le bout de son nez, prend un jour conscience que toutes les « choses » de son environnement baignent dans une étendue plus ou moins définie.

Intellectuellement, à la façon des métaphysiciens, nous pouvons nous interroger sur un Espace Vide ou Matière, abstrait ou divisible, perceptible ou relatif, en expansion ou en contraction… Ce qui ne nous empêche pas d’accepter que, physiquement, tout Espace est inclus dans des limites pour le moins tridimensionnelles impliquant l’idée de volume et de frontière ; l’eau est dans le verre, le verre dans la pièce, la pièce dans la maison, la maison dans la ville… notre galaxie est dans l’Univers qui se perd dans le Néant qui n’est pas du vide mais juste de l’Inconnu. Mais si nous faisons appel à notre sensibilité, l’Espace a, en plus de ses « mesures », des qualités subjectives. Ainsi les angoisses peuvent réduire l’espace entre les murs de la maison de Colin dans L’écume des jours 11, comme le rural sent son « espace vital » fondre dans la mégalopole, espace vital que nous cherchons à préserver lorsqu’un inconnu nous colle de trop près.

Le marin supporte mal de ne plus voir l’horizon, l’urbain invétéré s’est habitué aux claustrophobies, l’espace du garde champêtre ne dépasse pas les limites de sa commune, pour le musicien ou l’écrivain, ce n’est qu’un intervalle, pour l’astrophysicien, un immense champ d’investigations…

L’Espace sépare, unit, englobe. Il est l’intervalle entre deux notes de musique, le silence qui lie les mots, la bulle où s’aiment les amants. Des profondeurs terrestres ou marines aux plus lointaines étoiles, de l’utérus maternel à l’horizon brumeux, de la geôle au bain de foule, du microcosme au macrocosme… c’est par nos perceptions que nous découvrons l’Espace. Sentir que l’Espace va plus loin que les trois dimensions, plus loin que toute conception intellectuelle, plus loin que le montrent nos sens, c’est déjà changer d’Être et s’approcher de la compréhension et de l’acceptation que l’Espace est sans limite.

11. L’écume des jours : roman de Boris Vian - Écrivain français 1920/1959.

MOUVEMENT SANS LIMITE…

Le commencement est la moitié de tout.

Pythagore

Quels que soient notre origine, notre âge, notre genre, il nous est arrivé de contempler le coucher de soleil, la lune et les étoiles épinglées sur la voûte céleste 12, d’admirer la mer et la montagne, d’être ravi par la pluie ou surpris par la neige, de profiter des bruissements de la forêt ou du silence du désert… Nous fréquentons d’autres gens nous ressemblant ou différents, des garçons et des filles, des enfants et des vieillards, des gais et des tristes, des qui resplendissent et des ternes… Nous rencontrons des animaux à poils, à plumes, à écailles, des qui volent, des qui nagent et des qui rampent, des pacifiques, des craintifs et des dangereux… Nous connaissons de toutes petites et de très grandes plantes, des qui se parent de ravissantes fleurs, des qui proposent des fruits juteux, des piquantes et des qui embaument… Nous savons ce qu’est une maison, un siège, un vêtement, un panier, peut-être une clepsydre, un bathyscaphe… Nous sommes perturbés par l’appétit et l’écœurement, secoués de désir et de dégoût, touchés par l’allégresse et l’affliction, ballottés de l’équité à l’injustice… Ces milliers de petites et grandes choses inlistables font notre Univers Connu.

Or, comme tout individu un tant soit peu informé, nous avons appris que tout ce qui nous entoure, de la plus grande des galaxies à la plus petite étoile, de la Terre qui tremble à la particule qui gigote, de l’eau qui s’écoule au feu qui crépite, de l’arc-en-ciel qui réjouit au chant du rossignol qui pâme, de notre colère qui rugit à notre joie qui rayonne, tout est vibrations incessantes. Tout notre Univers Connu est l’ensemble de ces vibrations qui vont et viennent, croissent et décroissent, gonflent et s’affinent… et c’est par la différence de leur onde vibratoire par rapport au milieu ambiant que, dans la mesure de nos possibilités, nous percevons ce que nous nommons les « Phénomènes ».

Cette grandiose phénoménale fiesta vibratoire fait la « respiration », l’Esprit, de cet Univers dans lequel nous nous agitons.

Esprit : de la racine latine spir, traduite généralement par « souffle », et que nous étendrons à « respiration ».

C’est cet Esprit13, ce spir, ces inspirations/expirations de l’Univers, qui, par ses spirales de moins en moins abstraites, ses mouvements vibratoires de plus en plus denses, de plus en plus lents, nous permet de prendre conscience de certains phénomènes, des presque invisibles jusqu’à ceux que nous nommons « matière ».

- « Le physicien Albert Einstein croyait que l’univers était statique puis il a finalement accepté la théorie d’un univers en expansion, qui est toujours en vigueur aujourd’hui » 14. Après avoir accepté l’expiration, découvrira-t-il que l’univers reprendra un jour son inspiration ?

- Ce qu’on nommait Big Bang ne désignerait donc plus qu’un instant de densité maximale - gigantesque mais finie - en amont et en aval duquel l’espace serait classique et décrit par la relativité. L’Univers serait ainsi éternel, ayant subi une phase de contraction avant l’actuelle expansion. Ce rebond peut avoir été unique ou s’être produit plusieurs fois, peut-être une infinité de fois, suivant un scénario d’Univers cyclique qui n’est pas sans faire écho à certaines cosmogonies anciennes. 15

- … on sait donc aujourd’hui que 76% de l’univers est constitué d’une énergie inconnue (l’énergie sombre), que 20% existe sous forme d’une matière invisible (la matière noire), et que seuls 4% apparaissent sous forme de la matière que nous connaissons.16

- Pour l’astrophysicien américain, Roger Ulrich, ces mouvements de vibration à la surface du Soleil sont des « ondes acoustiques stationnaires piégées »… Voilà donc le Soleil transformé en une source sonore très précise puisqu’il s’agit d’un sol dièse.17

Croire que tout phénomène peut être pesé, mesuré, comptabilisé, c’est réduire l’Univers à une conception matérialiste. C’est la théorie rationaliste, atomiste, qui prévaut et fait débat depuis des centaines d’années. Pour les passionnés de calcul, tout ne serait que petits « trucs » de matière. Mais c’est abstraire que les énergies qui animent et provoquent les interactions entre tout phénomènes sont aussi importantes pour reconnaître les spécificités de l’Univers que de savoir de quoi il est composé. Il est également important de ne pas oublier que tout ne se passe pas sans cause et sans effet. Tout phénomène est en interaction avec son environnement, s’en nourrissant ou l’alimentant, l’influençant ou le subissant, le rejetant ou s’y associant, avec un moment considéré comme initial (Cause) et une finalité (Effet).

Tout mouvement est relatif ; il doit être considéré par rapport à des repères eux-mêmes en mouvement.

Chercher à comprendre et accepter ces lois pour mieux participer au système harmonique général, c’est parcourir la voie de la spiritualité et c’est par cette voie que nous pouvons atteindre l’Humanité.

- L’Instruction est la première étape sur le parcours. Par l’Apprentissage chacun peut accéder au Savoir. Par la Culture s’acquiert la Connaissance qui, par la Philosophie, peut mener aux Vertus. Et c’est en pratiquant le bien, le bon, le juste que l’on atteint la Sagesse.

- Le philosophe pose les questions, le sage répond… ou pas !

L’étude est l’outil de notre connaissance et le levier de notre développement, mais malgré notre imagination et notre pouvoir créatif, après des siècles de découvertes, de théories philosophiques et mathématiques, nous ne savons toujours pas ce qu’est la Vérité. Nous avons appris que la Terre n’est pas plate, mais l’Espace reste infini. Nous avons découvert que le Temps ne se résume pas au rythme des saisons mais nous avons toujours foi en une possible immortalité. Nous sommes passés de l’énergie du feu à celle du nucléaire mais nous ne savons toujours pas les utiliser avec raison. Quant aux caractères des Phénomènes, après en avoir reconnu les Esprits dans chaque élément de la Nature pour ensuite les élever jusqu’aux plus hauts Olympe, ils se perdent aujourd’hui, pour beaucoup, entre croyances, superstitions et franche incertitude.

Il va sans dire que nous sommes loin de connaître l’Esprit de tous les Phénomènes. C’est d’ailleurs l’apanage de notre espèce d’avoir un jour accédé à cette compréhension et aux questions qui nous ont ouvert les portes de la voie spirituelle. Face à ces portes, comme aux premiers jours des temps les plus anciens, nombre d’ignorants tremblent encore de peur, blottis derrière ceux qui s’interrogent. Pourtant, l’appréhension, l’apprentissage et l’acceptation des lois de notre Univers Connu ne sont qu’une étape sur le chemin qui mène à la quiétude individuelle, cette avancée personnelle s’additionnant à l’épanouissement de l’Humanité tout entière, car quand un Homme s’améliore, c’est toute l’Humanité qui s’en trouve abonnie.

12. Les anciens ont longtemps cru que les étoiles étaient « accrochées » à la voûte céleste.

13. La source de ce souffle, le « supposé premier spir », est une abstraction sujette à controverse depuis que Homo-penseur a décidé qu’il devait y avoir un commencement.

14. Source : sciencesetavenir.fr

15. Source : larecherche.fr

16. Source : Science & Vie / Juin 2012.

17. Source : Radio France culture / Janv. 2014.

TEMPS SANS LIMITE

C’est un fait de pure expérience

Qu’il n’y a pas d’espace sans temps

Ni de temps sans espace.

Daisetz Téitaro Suzuki

Pour notre cerveau actuel, l’Espace ne peut être sans le Temps, car si l’Espace permet de percevoir la multiplicité des phénomènes, le Temps nous en fait découvrir la successivité, donc le Mouvement. Ainsi, il est possible de voir un ami, mais pas simultanément enfant et vieillard.

Si nous considérons que l’Espace est l’agglomération d’une multitude de phénomènes plus ou moins proches les uns des autres, notre logique doit admettre qu’un certain délai est nécessaire pour aller de l’un à l’autre de ces phénomènes. Cette suite d’instants plus ou moins longs, nous avons pris l’habitude de la comptabiliser en unités de Temps.

Les unités de temps ont été instaurées par quelques scientifiques18 sur la base qu’une seconde était égale au 1/86 400 du jour solaire moyen sur notre planète. Depuis 1967, une seconde a une durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133.

Le physicien peut compter les battements de cœur d’un atome et les comparer à ceux d’atomes voisins, mais la fréquence vibratoire de ces particules élémentaires n’a rien à voir avec le Temps ressenti qui est loin d’être isochrone 19. Ainsi sur notre montre défilent froidement les secondes pendant que notre impatience mesure l’attente sur d’autres critères. Le Temps se fait fugitif à la croisée d’un regard, statique au spectacle d’un lever de soleil, condensé dans l’action théâtrale, à venir et impétueux pour l’adolescent, de plus en plus léthargique pour le vieillard qui subit le poids des années passées, le Temps mesurant l’Espace et les Mouvements entre le plus oublié souvenir et le plus grand espoir.

- Dans le chœur discordant que nous formons, chacun, en réalité, évolue selon son tempo et son rythme propre, développant pour lui-même la loi interne et qualitative de son égoïté. 20

- Le Passé est toujours présent par les monuments, les commémorations, les livres d’histoire, les anniversaires, les souvenirs, les parents et aïeux. Le Futur est déjà présent par les crédits habitation, les agendas, les films de science-fiction, les espoirs et angoisses, les enfants et petits-enfants.

Nous croyons que le Temps se gagne, se gaspille, se perd. Nous le confondons avec les fluctuations météorologiques, avec l’argent, avec les cerises… et nous savons bien que avec le temps, va, tout s’en va 21.

Ce faisant, nous pouvons conjecturer de la durée de quelques siècles, de quelques ères, de quelques années-lumière passées ou à venir, accepter que le Temps est du Présent accouché du Passé et enfantant du Futur, et nous approcher de la compréhension que le Temps n’a pas plus de limite que l’Espace et le Mouvement, l’un n’étant ni n’allant sans l’autre, l’important étant d’avoir le Temps d’Être.

18. Entre autres par l’horloger, mathématicien et astronome Jost Bürgi (1552/1632).

19. Isochrone : propriété d’un système comportant des oscillations dont la période est de durée constante.

20. Phrase de Vladimir Jankélévitch : philosophe et musicologue français 1903/1985.

21. Phrase extraite de la chanson Avec le temps de Léo Ferré, chanteur français, 1916/1993.

FORMES, FORCES, FONCTIONS

L’étude des formes

Est l’étude des transformations.

Goethe

Emplissant l’Espace infini, dans un Mouvement ininterrompu et sous la férule du Temps illimité, s’active la multitude de Phénomènes composant notre Univers. Un univers qui s’avère être un système complexe dans lequel tous les phénomènes sont liés par contact direct ou indirect, comme chaque organe, chaque cellule, chaque molécule, chaque atome, d’un même corps.

- Les scientifiques prennent en compte et nomment « éléments fondamentaux » les plus petites choses tangibles visibles grâce à leurs microscopes ou à leurs théories. Après avoir « découvert » les molécules, puis les atomes, ils en sont arrivés aux différents quarks, en attendant la suite.

- Sur cet atome, cet électron, sur cette particule élémentaire, nous voilà ensemble unis vers l’uni… Attention à ne pas manquer la nécessaire vérité de la transformation…22

- Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin élémentaire du mot complexus, « ce qui est tissé ensemble ». Les constituants sont différents, mais il faut voir comme dans une tapisserie la figure d’ensemble. Le vrai problème (de réforme de pensée) c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il vaut mieux apprendre à relier. 23

En tant qu’observateur « dissécateur », nous voyons chacun de ces phénomènes avec ses propres particularités. Il est alors reconnu par sa Forme, ses Forces et ses Fonctions.

Par exemple, nous pouvons différencier les chênes des sapins par leurs Formes ; les premiers sont des boules de multiples feuilles lobées accrochées à des branchages tortueux portés par de solides troncs à écorce rugueuse. Le tronc des seconds monte en pointe et les branches étagées portent des petites feuilles en aiguilles. Mais ces images sont immobiles, figées, qu’elles soient dessinées, peintes, photographiées ou même seulement pensées. Ce sont juste des Formes (Espace), peut-être des volumes, reconnus comme chênes ou sapins, mais sans vie. C’est par leur Mouvement que nous pouvons prendre conscience de leurs Forces (Temps). Ainsi les feuilles des chênes apparaissent sur les tiges pour bruire au souffle du vent printanier. Puis des chatons de fleurs s’épanouissent, pollinisent avant de se transformer en glands qui choient l’automne venu pendant que les feuilles sèchent et tombent en rondes monotones annonçant le sommeil hivernal, pendant que les sapins semblent faire fi du temps en conservant leur couleur et en exhibant leurs cônes tout au long des saisons. Quant aux racines, elles s’étalent dans le sol meuble ou perforent et s’enfoncent dans la roche. Leurs Fonctions, outre d’être et de durer afin de perpétuer l’espèce, est de filtrer l’air et de produire de l’oxygène, d’augmenter la couche d’humus et de favoriser le développement de quelques champignons et lichens, de nourrir diverses bestioles de l’insecte au sanglier, de porter et d’abriter l’oiseau, de fournir du bois pour nos bateaux, meubles, cheminées et potences… Sans compter les interactions ignorées et/ou inconnaissables…

Les noms vernaculaires du Taraxacum officinale sont assez exemplaires: sa Forme est désignée comme Dent de lion présentant les dentelures acérées de ses feuilles, ses « faibles » Forces nourricières comme Laitue de chien ou Laitue de taupe, et sa Fonction principale de Pissenlit laisse supposer ses vertus particulièrement diurétiques.

Les livres ont une Forme ; de collection ou de poche, cousus ou collés, couverture cuir ou carton… Leurs Forces correspondent aux symboles inclus ; textes ou images, proses ou vers, contes ou comptes… Les Fonctions sont dans le message proposé par ces symboles ; policier ou d’amour qui distrait, historique ou scientifique qui instruit, romantique ou pamphlétaire qui émeut… Pour nos émotions, ce peut être un rire, un chagrin, ou une colère (Forme) qui couve timidement ou, au contraire, s’exprime bruyamment (Force) pour se gausser de l’autre, pleurnicher sur soi-même, ou contre ce foutu trousseau de clefs qui s’est encore caché (Fonction). Idem pour toute création culturelle : théâtre, musique, poème, chant, peinture, sculpture, danse, architecture… Tout mot, tout signe, tout sentiment, toute attitude, comme chacun de nous, comme toute famille, de même que tout village, pays, continent, objet céleste…

- Nombre de nos « artistes » feraient bien de tenir compte de la Fonction de leurs œuvres afin de nous éviter certaines chansons, certains tableaux où la signature est plus importante que la représentation, certains livres où l’on privilégie le patronyme de l’auteur ou une récompense passée à la réelle teneur du nouveau message proposé.

- Les anciens n’ont pas manqué de signifier l’Esprit des planètes ; Vénus pour les plaisirs sensuels, Mars la rouge a l’Esprit guerrier, Mercure la rapide est le messager ailé…

Tout Phénomène est Forme, Forces et Fonctions, sujet à l’Espace, au Mouvement et au Temps, à la respiration, l’Esprit de notre Univers Connu.

Des paramètres relativisés par nos perceptions et par nos illusions.

22. Tiré de Uni vers l’uni, chanson (1985) du chanteur français Michel Jonasz.

23. Définition de la Pensée complexe. Edgar Morin, philosophe français contemporain.

TOUT N’EST QU’ILLUSION 24

Ce qui est visible n’est que le reflet de ce qui est invisible

Rabbi Abba

Tout étant Mouvement, il est bien entendu que l’Univers n’a pas toujours présenté les mêmes Formes, Forces et Fonctions. On connaît mieux maintenant les promenades des étoiles, la fuite des comètes, les colères éruptives du Soleil. La Terre a été tantôt chaude, tantôt glaciale, avec ses continents mobiles qui se déplacent encore sans retenue formant de nouvelles failles et de nouveaux monts, avec ses mers et ses vents qui l’érodent tandis que ses volcans vomissent leurs laves. Sans s’étaler sur ses habitants de toute nature qui la creusent, la dérasent, l’arasent, la rasent… avant de la combler de leurs déjections, de leurs chairs et de leurs cendres.

- Malgré leur scintillement qui décore encore nos nuits, certaines étoiles sont en réalité mortes, ou pour le moins éteintes, depuis des milliers d’années-lumière.

- Les surfaces humifères de notre planète sont constituées de fientes, de déjections, de cadavres de végétaux et d’animaux de toutes natures accumulés depuis des millénaires. Et c’est dans ce fumier ancestral que naissent les roses, les carottes et le chiendent.

De même, en ce qui concerne notre espèce, le cerveau des contemporains de chaque époque et de chaque civilisation a conçu, conçoit et concevra son univers selon les performances et les limites de ses facultés sensorielles, des informations que celles-ci sont capables de lui fournir, de sa capacité à les traiter… Ainsi, nous ne pouvons que supputer des perceptions de Homo habilis (± 2 Ma), des effets du feu sur Homo erectus (± 500000 ans), des rapports entre l’homme de Néandertal et de Homo sapiens, des qualités du cavalier sumérien, comme des ambitions du sculpteur olmèque. L’Hominidé, tout au long de son « évolution », a sans aucun doute changé de Forme, de Forces et de Fonctions.

Aujourd’hui notre rétine, qui n’enregistre que vingt-quatre images par seconde, voit un papillon voler par à-coups et bien rares sont ceux qui entendent ses battement d’ailes. Nos bâtonnets récepteurs ne peuvent capturer que la gamme des sept couleurs d’un arc-en-ciel que nous limitons nommément des ultra-violets aux infra-rouges (avant d’entrer dans le monde électromagnétique, petite partie d’une gamme vibratoire potentiellement infinie), et il nous faut souvent plonger notre pauvre truffe au cœur d’une fleur pour profiter de son parfum. Nos Forces ne semblent pas plus au « top » que celles de nos aïeux capables de sentir un point d’eau dans le désert, d’attraper un poisson à mains nues ou un lapin à la course, de ne pas se perdre dans la forêt, peut-être de mieux voir la nuit…

- Homo sapiens actuel est trichromate, il voit sur la base de trois couleurs : rouge, vert, bleu, mais la vision des couleurs et leur distinction varient d’un individu à l’autre. On retrouve pour les personnes ayant une perception des couleurs dite normale une combinaison des différents types d’anomalies propre à ce que l’on nomme le daltonisme.

- L’odorat du chien est évalué à 15 000 fois plus puissant que le nôtre mais il n’a que deux récepteurs de couleur (dichromatie). Le chat ne voit pas le rouge mais voit bien la nuit la souris qui ne voit qu’en noir et blanc. La baleine entend ses congénères à plus de 1 000 km. Le papillon voit sur une base de 5 couleurs et l’abeille est sensible aux ultraviolets… Tous ces paramètres ne prenant en compte qu’une comparaison avec nos propres facultés.

- Que vont devenir les facultés visuelles de ceux qui restent l’œil fixé sur les pixels d’un écran à lumière artificielle, les facultés auditives de ceux qui ont un « baladeur multimédia » constamment collé à l’oreille… ? Mais beaucoup craignaient que le corps ne puisse supporter l’« excessive » vitesse des premiers trains. Comme dit le sage : « On verra, on verra ! »

S’il est regrettable de constater l’abandon du calcul mental au profit de quelque ordinateur, laissant ainsi vacante une capacité bien utile et gratuite, il est aussi désolant que peu se soucient de conserver ou d’accroître l’acuité de leurs sens « communs » (vue, ouïe, odorat, etc.) et moins encore de leur intuition, de leur magnétisme, de leur sens de l’orientation (qui ne s’arrange pas depuis l’invention du GPS 25), de la visée, fort utile pour le tir à l’arc et le bowling. Des facultés considérées comme superflues, délaissées et/ou dédaignées, remplacées par quelques machines plus maîtrisables et plus rentables.

Outre ces Forces négligées, notre relative perception du monde est de plus troublée par des subjectivités émotionnelles et intellectuelles, éducatives, sociales, poussant l’horticulteur à ne voir une fleur que filtrée par sa valeur marchande, ce qui indiffère l’amoureux qui en arrache un à un les pétales dans l’espoir d’y découvrir des sentiments cachés. L’héraldiste la perçoit comme symbole. Le parfumeur ne souhaite que s’enivrer de sa fragrance. L’agro-scientifique cherche à en décomposer les cellules. Le militaire s’y couche pour mourir faute de s’en servir en message de paix. Certains aiment cette fleur par nostalgie du jardin de leur gentille mamie, d’autres ne l’apprécient guère parce qu’elle ramène du fond de leur mémoire la disparition d’un être cher. Ainsi chacun perçoit cette fleur avec une partialité limitative et, paraphrasant le peintre Magritte et sa « pipe qui n’en est pas une », nous pouvons finalement nous demander si cette fleur en est bien une, et/ou seulement une, et où est la vérité dans tout ça. Ce que nous percevons n’est qu’une faible partie de l’Univers au sein duquel nous vibrons tous de concert, fleurs, papillons, jardiniers et petit caillou.

- Le papillon se satisfait de butiner une fleur offerte, et, par ce modeste larcin, offre à cette éphémère une possibilité de renaître l’année suivante pour d’autres papillons perpétuant ainsi l’Esprit de la Fleur et l’Esprit du Papillon.

- Si nous considérons le texte de La caverne de Platon, les hommes vivent dans l’illusion des sens et les philosophes aspirent à dénoncer cette situation en prônant que la raison mène à la vérité. Mais il reste à démontrer que l’intellect est plus « vrai » que le ressenti.

Notre performant cerveau se trouvant dépassé par tant d’agitations vibratoires, ne peut que calmer tout ça et s’accommoder d’une méthode présentant un monde de Formes certes plus stables, mais illusoire parce qu’elle mésestime les Forces, les Fonctions et les interactions de l’ensemble du système qui poussent toute fleur à profiter d’un rayon de soleil pour s’épanouir afin de propager ses graines, toute chenille à muer de chrysalide en papillon pollinisateur, tout cailloux à devenir minéral nourrissant, et tout jardinier à perdre sa jeunesse, parfois en gagnant du savoir, voire de la sagesse, ce qui le mène à perdre ses illusions… d’aventure en aventure.

24. Illusion : du préfixe latin in, dans, et ludere jouer : dans le jeu des apparences - Ou du préfixe latin in, privé de, et luci, lumière : privé de lumière ? Dans les deux cas, il y a carence quant à la réalité.

25. GPS : Global Positioning System, dont la traduction en français est « Système de Localisation Mondial ».

LA GRANDE AVENTURE

La vie est un défi à relever,

Un bonheur à mériter

Une aventure à tenter.

Mère Térésa

Avant de débarquer sur une planète, de s’installer dans un pays, une ville, un quartier, une habitation, il est prudent d’en étudier la topographie. Il est également avisé de se renseigner sur les lois qui régissent l’endroit comme de connaître les divers organismes qui le fréquentent. Ces précautions nous préservent des mauvaises surprises. Dans le cas contraire on risque l’aventure avec tous les désagréments et les désillusions que cela implique et nous pouvons soupçonner que le jour de notre naissance est le début de la plus grande, de la plus merveilleuse, mais aussi de la plus inconnue aventure qui nous ait été donnée en héritage.

C’est au fur et à mesure de sa pénétration dans ce que l’imagination de beaucoup assimile à une « jungle » que chacun, selon ses moyens, va appréhender et, peut-être, comprendre le monde étrange qu’il est appelé à traverser. Ainsi, l’aventurier réfléchi étudie son environnement proche, ses Formes, ses Forces et ses Fonctions, puis il étend son champ d’investigation jusqu’à atteindre des limites, des frontières, des barrières infranchissables qu’avec courage et volonté il essaye, parfois, de dépasser malgré tout. Chemin faisant, il peut ainsi découvrir l’Esprit de ce nouvel univers et en déceler les beautés et trésors visibles, et en soupçonner les invisibles.

Mais ce monde si merveilleux n’est pas toujours rose. Les voies à parcourir s’avèrent souvent rocailleuses, semées d’embûches et de traquenards, peuplées de loups affamés et de requins avides, autour autant qu’au plus profond de nous-même. Ces fauves cachés dans notre for intérieur n’étant pas les moins féroces ni les plus aisés à dompter.

Des conteurs et griots 26 de tout pays ont, depuis bien longtemps, conservé et transmis les épopées des aventuriers locaux, réels ou mythiques, traqueurs sans relâche de dragons, démons, ogres et sirènes…, fantasmes qui nous assaillent toujours aujourd’hui sous d’autres vocables. Des penseurs, poursuivant la quête d’un bonheur suprême, ont décrit les grands sentiments et les maux qui nous animent, et la plupart de leurs récits révèlent l’héroïsme, les valeurs et la sagesse de ceux qui nous ont précédés. Ils peuvent être écoutés ou lus comme des romans distrayants, mais beaucoup sont là pour titiller l’apprenti aventurier, accroître sa connaissance et provoquer son désir d’avancer, lui aussi, sur le chemin de la Spiritualité, de la Liberté, de l’Humanité.

Dans une société où le temps c’est de l’argent, rares sont ceux qui peuvent s’instruire de Gilgamesh 27 ou de Houang-ti 28, et Confucius, Lao-tseu, Averroès, autant que le Mulla Nasrudin ne sont plus lus que par des « curieux de savoir ».

- Comment comprendre les mots, et plus encore les symboles des anciens si l’instruction ne tient plus son rôle. Depuis les années 2000, les ministres successifs de l’Éducation nationale de France semblent tout faire pour enrayer l’apprentissage du latin et du grec ancien.

- À ce jour, en France, seulement environ 18 % des collégiens étudient le latin et moins de 5 % au lycée. En 2010 ils n’étaient plus que 503 628. Seulement 2 % étudient le grec ancien au collège pour se réduire de moitié au lycée. 29

Si quelques gardiens de la tradition perpétuent pour les enfants toujours émerveillables des histoires d’il était une fois, les petites filles s’interrogent-elles encore sur le « pourquoi un chaperon rouge ? », les petits garçons rêvent-ils de haricots magiques et vérifient-ils qu’une princesse est bien chaussée d’une pantoufle de vair 30. Quant au « grand méchant loup », il est sous protection dans un parc « naturel » et remplacé par quelques légendes urbaines, nouvelles Formes présentant les mêmes ressorts et aboutissants des peurs millénaires.

Il est, bien sûr, inutile de s’apitoyer sur un « c’était mieux avant ». Rien n’y fait, la roue tourne.

Nous pouvons tout de même constater que suite aux révolutions qui ont décapité 31 quelques aristocraties disgraciées avec la certitude que les serfs déchaînés deviendraient des hommes libres et égaux en droit, tout en laissant se mettre en place de nouveaux systèmes oligarchiques 32, qu’après avoir rejeté les dieux protecteurs avec l’eau du bain des prêtres dévoyés 33 en remplaçant les temples voués à la foi par ceux dédiés à la consommation, qu’après avoir remis en question les valeurs ancestrales pour laisser s’exprimer les petits esprits jaloux et mesquins usant de leur nouvelle liberté d’expression, l’Esprit occidental en est arrivé à remplacer la Spiritualité par une grande fiesta commercialo-médiatique où la vulgarité, la médiocrité, la fatuité, le mensonge, font les meilleures recettes.

Sous la bannière du capitalisme, nous voyons surtout aujourd’hui glorifier l’idée de propriété et d’égoïsme qui laisse libre cours à tous ceux qui en profitent pour détruire, saloper, insulter, mortifier une planète accueillante qu’ils tiennent pour leur. Une exagération du comportement territorial propre à certains animaux que Sapiens a su perfectionner sous divers et variés prétextes. Ces demeurés sapiens crachent aujourd’hui dans la soupe qui doit nourrir leurs enfants et sont engagés sur une voie plus que périlleuse dont certains soupçonnent qu’elle mène, à courte échéance, à une issue fatale.

Quoi qu’il en soit, l’heure de la fin du Vieux Temps a sonné et la Grande Aventure a changé de Forme et de rythme. Les nouveaux arrivants atterrissent au milieu d’automates et d’écrans, de nanotechnologie et d’engins spatiaux, d’énergie nucléaire et de poubelles en tous genres. Les moins regardants, les no-life 34, peuvent danser, jouer, faire les boutiques, l’amour ou la guerre par ordinateurs interposés, évitant ainsi la « dure » réalité de la vie contemporaine. Et pour ceux qui rêvent encore de découverte ou pensent trouver ailleurs ce qu’ils ne savent pas qu’ils cherchent, le bout du monde est à quelques tours de roues ou coups d’ailes d’avion.

Alors, en ce début de nouvelle ère où notre espèce semble avoir fait le tour de la matérialité, ne sachant plus quoi inventer pour occuper son Espace, passer son Temps et divertir/endormir son Esprit, il semble nécessaire d’utiliser des analogies nouvelles pour aider dans son cheminement l’explorateur de la jungle contemporaine.

26. Griot : conteur-historien africain dépositaire d’une mémoire commune.

27. Le roi Gilgamesh est un héros mythique mésopotamien de 2600 av. J.-C. Dans le récit on retrouve l’histoire du déluge repris plus tard dans la Bible. Ses exploits seront copiés par les Grecs avec les travaux d’Hercule et les voyages d’Ulysse.

28. Houang-ti, empereur de Chine, est donné comme le fondateur originel du taoïsme. Il aurait vécu de 2697 à 2597 av. J.-C. Les inventions de la boussole, de la roue, du bateau, de l’écriture, du bronze lui sont contemporaines, et on lui attribue la consécration de l’acupuncture.

29. Source : sauv.net

30. Et non pas de « verre ». Le vair est une fourrure d’écureuil, et cette chaussure de vair est un symbole trop sexuel pour être présenté comme tel dans des dessins animés par trop puritains. Un Prince qui essaye toutes les « fourrures » des filles du comté pour savoir laquelle est à sa taille... Quelle drôle d’histoire !

31. Décapiter : supprimer la tête, c’est aussi supprimer le pouvoir de décision.

32. Oligarchie : régime politique où le pouvoir n’est détenu que par quelques individus.

33. Dévoyé : qui a perdu la voie, la direction.

34. No-life : de l’anglais no life, sans vie. Personne qui consacre tout son temps à sa passion des jeux de rôle sur Internet.

LE GRAND RÉSEAU

L’étude parallèle de l’homme et du monde

Montre à l’étudiant l’unité fondamentale de tout ce qui existe

Et l’aide à découvrir les analogies

Entre tous les phénomènes de différents ordres.

Georges Ivanovitch Gurdjieff

Lors d’une première visite dans une capitale étrangère, rien de tel comme Grande Aventure que de vouloir se déplacer en utilisant le métropolitain local.

En décidant de descendre les marches abruptes et de se laisser engloutir par la bouche du métro, l’Aventurier abandonne ses repères habituels. Il découvre un nouveau monde où il se trouve entouré de graphes et images ésotériques, mêlé à des êtres aux attitudes étranges et au langage incompréhensible, enveloppé d’odeurs inconnues et troublé par des bruits alarmants. Audacieusement, il peut se risquer à entrer dans un des trains et se laisser engouffrer vers le cœur de la Terre jusqu’à, il l’espère, la station suivante où il pourra choisir de sortir pour remonter vers le monde ensoleillé.

Ainsi va la vie, à l’image d’un réseau ferroviaire inconnu. Un Grand Réseau constitué de multiples lignes à directions diverses, reliées à d’autres petites et grandes lignes ponctuées de stations anodines ou d’importance, franchies par de petits et grands convois venus d’on ne sait où et se déplaçant vers une destination énigmatique.

Personne ne sait depuis quand existe ce Grand Réseau, mais nous pouvons apprendre des physiciens que tout ce qui le constitue n’est que convois de « trucs » en mouvement, des « trucs » toujours plus petits à mesure des nouvelles performances des appareils de vision et des théories mathématiques, toujours plus « trucs » de surprises en découvertes, et tellement mobiles qu’ils ne sont plus perçus que comme « vibrations énergétiques ». Ces « trucs », de Formes, de Forces et de Fonctions différentes, semblent tourner les uns autour des autres, plus ou moins rond, plus ou moins vite. Des petits et grands convois qui s’attirent et se repoussent, se frôlent et se percutent, se mêlent et se transforment dans des gigues amoureuses. De l’immensité des galaxies aux plus petits des quarks 35, tout ne serait donc que rencontres, qu’attirances et refoulements, mélanges et métamorphoses vibratoires. Tous les symptômes de l’Amour en somme. Et c’est ce grand bal permanent qui anime la totalité de notre Univers Connu, de notre Grand Réseau.

En fait, un caillou est un ensemble de petits « trucs » qui gigotent et qui dansent une ronde en Forme de caillou, cette ronde circulant dans l’Espace/ Temps comme un convoi dans le Réseau. De même, chaque fleur vibre selon ses critères, chaque papillon et chaque jardinier selon les leurs ! Et ce qui est entre ces convois est également vibrations, comme le vent qui soutient le papillon s’approchant de la fleur à peine éclose sous le regard du jardinier contemplatif malgré le petit caillou dans son soulier. Toute cette scène bucolique enveloppée de lumière printanière est un groupe de Formes similaire à n’importe quel système solaire, mais à une taille moindre, dont l’étoile centrale pourrait être la fleur autour de laquelle tournent le papillon et le jardinier, avec son petit caillou comme satellite. Ils sont tous des particules de « trucs » liés pour un Temps dans l’Espace où ils se mêlent amoureusement.

Et ils se mêlent bel et bien puisque les petits « trucs » en vibration que sont les molécules de parfum que la fleur exhale pénètrent le papillon bien avant que celui-ci s’approche et se pose pour se nourrir du nectar. Et les couleurs de l’insecte, autres « petits trucs » en vibration, ravissent le jardinier en venant percuter les capteurs de sa rétine comme la pellicule d’un appareil photo. Sachant que tout cela baigne dans le vent et la lumière, on peut admettre que dans cet Espace et ce Temps, la fleur est dans le papillon et le papillon dans l’admirateur, le tout baignant dans le vent, la lumière et la bonne humeur.

- Le holisme ontologique est une doctrine ou un système de pensée pour lequel les caractéristiques d’un être, d’une entité ou d’un phénomène, ne peuvent être connues que si on le considère ou si on l’appréhende dans sa totalité et non par l’étude de chacune de ses parties indépendamment les unes des autres. On ne peut déduire les propriétés d’un ensemble à partir de chacune de ses parties. Le holisme s’oppose au réductionnisme qui cherche à expliquer un phénomène en le divisant en parties, et à l’atomisme. 36

- L’Univers est un système complexe où des phénomènes eux-mêmes complexes doivent être perçus dans la vision globale de cette complexité.

Mais, tributaire de ses sens et de ses illusions, notre cerveau voit chaque participant de cette orgie vibratoire comme autonome, il scinde les différents ensembles et réduit le Réseau à une perception de convois distincts, avec une fleur, un papillon, un jardinier et un petit caillou, en oubliant leur interdépendance, en négligeant que tout Phénomène est présentement dans le même Espace, assimilé dans le même Temps et uni dans le même Mouvement du Grand Convoi.

35