L'histoire dunoise est-elle gravée dans la pierre ? - Andre Lejeune - E-Book

L'histoire dunoise est-elle gravée dans la pierre ? E-Book

André Lejeune

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Beschreibung

Cette histoire conte la vie de Matthieu. Tout petit il chute à la sortie de l'école sur une marche en pierre qui dépasse sur le trottoir. Ce contact brutal guidera toute sa vie. Après le collège, il apprend le métier de maçon et commence à tailler des pierres. Au cours de promenades, il découvre des gravures sur des pierres en bas des murs de maisons dans le centre ancien. Lors de la fête médiévale, la foire aux laines, il est attablé à côté d'une belle jeune fille qu'il reverra souvent.

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Seitenzahl: 159

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Préface

Vingt années de travail dans le bâtiment laissent des traces. Au sein de différentes entreprises ou en bureau d'études seul, j'ai rencontré de nombreux professionnels sur des chantiers en tous genres : maisons individuelles, immeubles collectifs, usines, églises ou châteaux. Du neuf, de l'ancien et même ce qu'on nomme monument historique. Tout ça reste gravé et le regard quelque fois s'arrête sur un détail à un endroit ou à l'autre : une fenêtre avec un encadrement en pierre, une lucarne biscornue, une pierre avec des traces de marques ou même des lettres. Une promenade en centre ville, côté ancien, une visite de l'église de la Madeleine, chanter dans l'église Saint Lubin pour la foire aux laines, suivre une visite de la ville par l'office de tourisme ... Vous mettez ça dans un grand bol, vous secouez et vous en sortez une idée pour un nouveau roman.

Le point de départ se situe rue Lyautey et rue de la Madeleine : Des façades de quelques maisons semblent construites sur un bandeau maçonné qui dépasse de l'alignement : est-ce un reste de trottoir ou un ancien mur qui serait un vestige des constructions incendiée en 1723 ? Cette interrogation m'a tourné en tête depuis plusieurs années puis le fil de ce nouveau roman a été trouvé avec un compagnon tailleur de pierre qui part faire son tour de France. L'écriture avance à petits pas pendant plusieurs mois et je découvre la parution annuelle 2018 de la société archéologique dunoise qui dévoile dans son numéro 308 une étude sur les pierres gravées dans la vieille ville. Perturbé et bloqué de longues semaines par cette découverte j'ai failli tout mettre à la poubelle, puis j'ai repris l'écriture en modifiant un peu mon idée de base.

Aujourd'hui en plus de cette étude sérieuse, vous avez dans ces pages une hypothèse de l'origine de ces marques faîtes par les tailleurs de pierre il y a plusieurs siècles.

Bonne balade dans les rues pour retrouver toutes ces marques et en donner votre solution historique.

André Lejeune.

Mai 2019.

Plan du centre de Châteaudun d'après les plans figurants dans l'étude historique de l'abbé Bordas. Plan incluant les projets de reconstruction de Hardouin, architecte du roi.

SOMMAIRE

La découverte de la vie

Les lendemains de la fête

Des découvertes

Dans le cœur de la ville.

De nouvelles surprises

Des recherches ailleurs

Des écrits exceptionnels

Saint Aventin

Le grand jour

La découverte de la vie

L'école sera terminée dans une dizaine de minutes en ce vendredi soir. Plusieurs mamans sont déjà à discuter sur le trottoir devant la porte. Elles ont l'habitude de ces conversations à bâtons rompus chaque fin de semaine. Elles commentent les petits événements de la semaine dans l'école mais aussi dans la ville. Elles parlent aussi des projets du week-end ou des futures vacances. Une maman reste à l'écart et semble avoir les yeux dans le vide. Elle est blonde avec de longs cheveux qui lui tombent sur les épaules. Sa tenue vestimentaire la fait remarquer par rapport aux autres mères, son jean est strié et son pull multicolore laisse entrevoir le haut de sa poitrine. Barbara est fidèle depuis plusieurs années à cette tenue décontractée, souvenir du printemps soixante-huit quand, lycéenne, elle a participé aux barricades parisiennes. C'est son style de vie, elle est artiste et travaille la terre. Elle est sculpteur et ne sort de son atelier que pour venir chercher son fils Matthieu à la sortie de l'école. Le regard des autres mères est interrogatif sur cette allure un peu étrange et souvent c'est le sujet de conversation dès qu'elle s'éloigne en tenant son fils par la main. La porte s'ouvre enfin et c'est une nuée d'enfants qui part en courant. Ils sont arrêtés au bord du trottoir par les barrières installées par la mairie pour les protéger de la circulation automobile. Les mamans récupèrent leur progéniture et s'éloignent en marchant. Elles questionnent leurs enfants sur le déroulement de la journée et si la cantine était bonne le midi. Barbara arrive rapidement chez elle. Matthieu trébuche en entrant sur une marche en pierre qui dépasse sur le trottoir. Il se rabote le vernis au genou droit et se met à pleurer. Sa mère se retient de le gronder et le prenant par la main le fait entrer et va dans la cuisine et lui demande de s'asseoir. Avec un coton et un peu d'eau oxygénée elle nettoie la peau qui rosit mais ne saigne pas. Les larmes sont aussitôt interrompues. Barbara prépare le quatre heures. Pendant que son fils mange avec plaisir ses deux tartines de pain avec une belle couche de confiture de fraises, elle retourne à la porte et regarde de près cette marche sur laquelle son fils a buté. Elle se penche un peu et ses yeux sont attirés par une ou deux rayures sur le coté au bout à gauche en entrant. Elle est sculpteur et le contact de la terre est sa vie, elle se met presque agenouillée et passe la main sur la pierre pour sentir ces rayures. Elle est persuadée qu'il s'agit d'une signature. Elle revient vers son fils, le regarde, il tourne la tête et ils se font un grand sourire. Barbara le laisse finir ses tartines et passe dans son atelier pour prendre son appareil photo, ressort avec, puis s'accroupit pour prendre un cliché de cette marque sur la marche d'entrée.

La vie continue sans faits extraordinaires dans ce coin au bas du centre de la ville où sont nombreuses les rues et ruelles anciennes aux trottoirs recouverts de pavés plus ou moins bien joints. À côté de la fenêtre il y a une photo qui intrigue les visiteurs, c'est celle des rayures de la pierre.

Une vingtaine d'années se sont écoulées sans que la vie soit modifiée dans ce centre ville. Matthieu a fait une formation d'ouvrier maçon chez un patron après avoir quitté le collège. Il est embauché et va d'un chantier à l'autre. La petite entreprise artisanale ne prend pas de gros chantiers et souvent répare des vieux murs, construit un garage, transforme une grange en pièces habitables. Matthieu découvre régulièrement des bouts de murs étranges : rien de semblable aux constructions récentes, des pierres taillées au carré, d'autres avec des traces de voussures ou de trous de scellement. Son patron lui a expliqué que le centre ville a été reconstruit plusieurs fois au cours des siècles. Au fil des mois, Matthieu a appris à redresser des vieilles pierres pour les adapter aux constructions qu'ils faisaient avec son patron. Ce travail sur des pierres l'ont incité à le quitter avec son accord pendant presque quatre ans pour s'améliorer dans la taille et connaître les différentes pierres de construction : il a fait le Tour de France des compagnons allant de Tours à Grenoble ou à Strasbourg. Il est revenu avec un début de grand savoir et son patron n'a pas hésité à le reprendre comme promis quand il est parti.

Ce vendredi de début juillet, c'est la grande animation dans la ville avec la fête médiévale qui rappelle les anciens temps qui voyait les gens de la terre venir vendre la laine de leurs moutons. Un grand banquet est organisé dans la cour du château et Matthieu s'y est inscrit. Il ne connaît presque personne à l'exception de quelques anciens copains de collège. En arrivant il est installé à quelques places du bout d'une longue table. Il se retrouve face à une jeune fille blonde qui accompagne ses parents. Au fur et à mesure du repas, les jeunes lient conversation, les parents de la jeune fille posant des questions à Matthieu sur son travail de maçonnerie et de taille de pierres. Il est heureux d'en parler sans voir le regard de celle qui lui fait face. Des chanteurs et danseurs de feu animent l'espace avant un feu d'artifice qui clos la soirée. Matthieu réussit à proposer un rendez-vous le lendemain dans l'après-midi à la belle jeune fille blonde.

Le lendemain Matthieu est fidèle au rendez-vous et attend comme convenu sur les marches du théâtre. Il admire quelques bateleurs qui dansent devant les badauds qui arrivent sur la fête. Il est là depuis un quart d'heure quand il voit arriver la jeune fille qui s'excuse de ces quelques minutes de retard. Matthieu se lève et lui fait une bise amicale en lui disant que les jours de fête on n'est pas à quinze minutes près. Tout en parlant de choses et d'autres, ils partent vers le château en longeant les étals qui proposent des articles en bois pour pouvoir jouer aux chevaliers avec des épées et des heaumes. Plus loin, l'odeur du pain qui cuit attire. À chaque pas c'est la découverte : des plaisirs gustatifs, des boissons anciennes, des vêtements de laine ou de cuir. Des voix se font entendre : un groupe d'une dizaine d'hommes et de femmes en costume de pèlerin arrive en entonnant des chants demandant de l'argent pour continuer leur chemin et boire. La foule s'écarte pour leur laisser le passage. Matthieu voit un panneau indiquant l'église Saint Lubin et s'y dirige. Du regard il cherche un clocher et en quelques pas il est devant des ruines, les restes de cette église. Plusieurs stands d'artistes y sont installés : brodeuses, fileuse de laine, créateur de vêtements en cuir, forgeron et un tailleur de pierre. Les deux jeunes restent un moment à admirer le travail de chaque artiste sans rien dire puis Matthieu demande au tailleur de pierre où est son atelier pour pouvoir le voir au calme.

– Je suis installé à une trentaine de kilomètres d'ici. Que voulez-vous savoir ?

– Je suis maçon et j'ai déjà travaillé sur des vieilles maisons en récupérant des pierres pour refaire des façades. Je voudrais en savoir en peu plus.

– Tiens, viens ici, prend donc ce ciseau et la massette. Tu vois sur le côté j'ai tracé une courbe, il y a un centimètre d'épaisseur à retirer. Tu peux attaquer.

Matthieu est surpris de la proposition et regarde celle qui l'accompagne. Elle sourit en lui disant

– Je vais voir qui tu es ! Allez au travail !

– Bon, bah oui, je vais essayer.

Il y a une dizaine de personnes qui se sont approchées et attendent que le novice se serve des outils du tailleur. Matthieu s'approche de la forme, la prend en mains, la tourne et se penche pour voir les marques qui indiquent le travail. Il demande au tailleur des lunettes de protection, il sait qu'un éclat peut partir n'importe où. Trois petits coups tout faible sur le ciseau lui font sentir les outils et la consistance du bloc de pierre. Le tailleur invite la jeune fille à venir à l'arrière du stand pour mieux voir Matthieu et laisser la place aux curieux qui s'agglutinent. Dix minutes plus tard, les coups de massette cessent, Matthieu la pose avec le ciseau sur l'établi. Le tailleur soulève le bloc à hauteur de ses yeux et le tourne dans tous les sens. Il le repose et passe le doigt sur la partie que Matthieu a taillé. Il revient à côté de lui et pose sa main sur son épaule droite et s'adresse aux spectateurs

– Mesdames et Messieurs, je vous présente un futur artiste, il a réussi aussi bien que moi cette découpe dans la pierre. Au fait quel est ton prénom ?

– Matthieu

– Eh bien applaudissons Matthieu, il a des mains en or ! Il sait se servir de la massette et du ciseau ! Un futur tailleur de pierres !

– Non, non, c'est trop. Je vais vous dire, au coin de l'oreille : j'ai fait quatre ans sur le tour de France.

– Je m'en suis douté !

Les badauds se dispersent lentement en commentant ce que vient de faire Matthieu. De son côté il voit de l'admiration dans les yeux de son accompagnatrice.

Les deux jeunes repartent tranquillement en remontant la rue Saint Lubin avec une véritable cour des miracles du XVème siècle. Un stand d'herboriste embaume le carrefour, il est face à un vendeur de charcutailles et d'un autre de boissons festives. Ils continuent vers l'église de la Madeleine où se déroule un tournoi de chevalerie avec les combats de chevaliers sur leurs chevaux carapaçonnés qui déclenchent les vivas des spectateurs. Les deux jeunes s'installent dans les gradins et restent presque une heure à regarder ce spectacle. Les chevaliers descendent de leurs montures et saluent les centaines de spectateurs qui les applaudissent. Tous quittent leur place pour d'autres qui attendent. Matthieu prend la main de la belle blonde pour l'aider à descendre et l'invite à rejoindre le centre ville pour se rafraîchir à une terrasse de café. Ils sont à peine assis qu'une jeune serveuse vient prendre leur commande. Matthieu commande une bière et la jeune blonde commande une eau gazeuse. Matthieu la regarde et lui demande

– Depuis hier soir on se parle et on se promène ensemble, il y a quelque chose d'étrange

– Quoi ?

– Je ne connais pas ton prénom et j'ignore d'où tu viens.

– Mon prénom est Alice. Mes parents viennent d'arriver ici. Nous venons de Bretagne. Mon père est ingénieur dans une grande société et il vient d'être muté dans cette ville.

– Tu fais quoi ?

– Il me reste deux ans d'études pour devenir infirmière, j'ai vu qu'il y avait une école. Et toi ? j'ai vu que tu connaissais la pierre

– J'ai mon CAP de maçon et j'ai fait quatre ans de Tour de France pour apprendre le travail de la pierre avec les compagnons. Je ne sais pas si je vais continuer parce que j'ai vu des choses ici.

– Des choses ?

– Tout à l'heure on ira voir, c'est juste à côté.

Il est bientôt dix-sept heures quand Matthieu règle les consommations et invite Alice à le suivre. Il part vers l'hôtel de ville et continue vers le mail qui domine la vallée. Avant d'arriver au niveau du musée, il tourne à droite. Alice lui demande

– Pourquoi cette rue ? La fête c'est de l'autre cote.

– Il y a une partie des « choses » comme je t'ai dit tout à l'heure ici. Tiens regarde là le mur de cette maison.

– Je ne vois rien que des pierres plus ou moins carrées

– Là ! Au bout de mon doigt, tu vois ce cœur gravé ?

– Ha oui ! C'est drôle il y a comme trois clous plantés dedans.

– Justement c'est ce que je veux savoir. j'en ai vu plein d'autres ailleurs et il y en a peut-être cachés quelque part. Ça fait certainement partie de l'histoire de notre ville

– Matthieu, as-tu l'heure ?

– Oui, il va être dix-huit heures dans vingt minutes.

– Il faut que je rentre à la maison. On m'attend. Il y a de la famille qui arrive.

– Alice, il faut qu'on se revoie. Peux-tu venir demain après-midi ?

– Oui je pense. C'est encore la fête ?

– Oui. On peux se retrouver comme aujourd'hui même heure, même endroit.

– D'accord devant le théâtre.

– A demain.

Alice s'éloigne de quelques pas, s'arrête, se retourne et fait un grand sourire à Matthieu qui lui répond d'un geste de la main. Ses pas le ramènent sur la fête qui se termine pour ce samedi. Il traverse à nouveau les étals et revient vers l'église de la Madeleine. Il s'en approche et reste un moment à regarder les murs et les piliers. Il pose même la main sur l'encadrement de la porte d'entrée. Il est dans ses pensées. D'un coup, il entend la cloche de la mairie annoncer dix-neuf heures. Il sursaute et décide de rentrer. Il descend vers la rue de la porte d'Abas tranquillement, ses yeux toujours attirés par les vieux murs. Il remonte la rue du Val jusque chez lui et retrouve sa mère.

Dimanche matin, Matthieu se lève alors qu'il est presque onze heures. Il est resté dans le lit à penser à la ballade de la veille avec Alice. Son visage et ses yeux lui reviennent sans arrêt. Par moment il en a presque les larmes qui montent. Quand il arrive dans la cuisine pour boire un café sa mère le dévisage et lui demande

– Tu as la tête de quelqu'un qui a passé la nuit ailleurs que dans son lit. À qui as-tu pensé au lieu de dormir ? Une fille ou un gars ? Ou un fantôme ?

– Non rien de tout ça. J'ai rencontré une belle jeune fille qui a regardé les pierres avec moi, tu sais bien que ça me tracasse ces dessins et elle a regardé aussi.

– Tu rêves ou quoi ? Allez, bois ton café ça va te remettre les idées en place.

– Oui. Au fait je ne suis pas là cet après-midi.

– Tu as rendez-vous avec cette fille ?

– Ne dis pas une fille s'il te plaît, elle est belle

– Bon, bien monsieur l'amoureux !

– Non... ou pas encore. Bon, oui, sers moi mon café.

Alice est arrivée avant Matthieu au rendez-vous sur les marches du théâtre. Elle s'est cachée en se collant dans le renfoncement de la porte et tend le cou pour regarder au-delà des espaces des bateleurs sur la place. Quand elle l'aperçoit, elle fait un pas et se plante au milieu du parvis. Matthieu la voit et en courant vient vers elle. Il bouscule un enfant qui avait une épée en bois à la main, s'arrête et le relève en pleurs. Alice descend du parvis et se précipite. Elle regarde l'enfant et lui demande où il a mal. L'enfant répond nulle part, sa mère vient aussi voir et rassure Matthieu et Alice avec un petit mot à son fils « un chevalier est fort avec une épée ! ». Alice et Matthieu lui font une bise et lui propose une gaufre ou une crêpe à manger. Le choix se fait sur une gaufre qui est dans sa main trois minutes plus tard. Matthieu se tourne alors vers Alice en s'excusant d'une telle arrivée au rendez-vous

– Oui. Tu as même cinq minutes de retard !

– Non. Il y a quelqu'un qui m'a empêché d'être à l'heure

– Ah bon ! Et c'est qui ?

– Il mange une gaufre !

Les deux éclatent de rire et Alice demande le programme de l'après-midi. Matthieu propose de faire un tour comme la veille pour revoir les étals, il veut revoir rapidement le tailleur de pierre et montrer à Alice d'autres pierres avec des marques. Ils s'arrêtent longuement dans la rue Saint Lubin pour assister au spectacle de la vie au moyen-âge reconstitué dans la cour des miracles. Matthieu montre les façades de maisons à Alice qui ne comprend toujours pas que ces pierres ou sculptures en bois attirent tant Matthieu. Ils continuent leur ballade jusqu'aux jardins derrière l'hôtel Dieu avant de revenir vers l'église de la Madeleine. Plusieurs fois la foule a fait que les deux jeunes se sont retrouvés à se frôler de très près et même quelques fois leurs mains se sont touchées. Les chevaliers sont encore en spectacle. Matthieu propose de rejoindre le centre ville, sans réfléchir il a tendu la main et Alice y a mis la sienne. Main dans la main ils partent tranquillement. Au premier carrefour, Matthieu s'arrête et se baisse pour montrer plusieurs marques sur les pierres des soubassements des maisons. Alice regarde puis se redresse, elle se met face à Matthieu et lui demande

– Dis, c'est une véritable obsession ces marques sur les murs !

– C'est une petite partie de mon métier et c'est un morceau de ma ville. J'ai lu pas mal de choses sur son histoire.