L'île disruptive - Sébastien Bénéteau - E-Book

L'île disruptive E-Book

Sébastien Bénéteau

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Beschreibung

10 managers gagnent un séjour de rêve dans les Caraïbes suite à un concours sur Linkedin, organisé par l'association Les Disrupteurs. Hélas, leur voyage commence mal, leur avion est pris dans une tempête et ils se crashent dans l'océan. Les passagers survivent et parviennent à s'échouer sur une île déserte. Ils n'ont plus qu'un seul objectif : survivre. Et ça tombe bien car ce sont tous des leaders, des stratèges hors pair, des experts du management ! Ils vont mettre leurs ego de côté et utiliser leurs compétences pour travailler ensemble dans le but de quitter l'île. Un magnifique challenge pour ces chefs habitués à relever des défis en équipe. Ou pas.

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Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2024

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"Un chef est un homme qui a besoin des autres." Paul Valéry

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

1

— Mayday ! Mayday ! Ici le vol F10CEO en provenance de Paris et à destination de St Martin, est-ce que quelqu’un m’entend ? Nous traversons une tempête, un de nos moteurs a pris feu, nous perdons beaucoup d’altitude, impossible de savoir où nous sommes, la plupart de nos instruments ne répondent plus.

Le copilote se tourna vers le commandant de bord.

— Que fait-on ?

Le pilote avait du mal à maintenir le cap de l’appareil, les trous d’air étaient nombreux, les secousses de plus en plus violentes. L’avion ne devait plus être très loin de l’archipel Caraibéen, mais la pluie sur le pare-brise l'empêchait de distinguer l’horizon. Quelques flashs lumineux éclaircirent le ciel, il crut voir l'océan. Leur altitude était plus basse qu'il ne le pensait.

— On va devoir amerrir. Continue d’appeler de l’aide, si on s’en sort, il nous faudra du secours.

Le copilote hésita, puis renouvela ses appels de détresse dans la radio. Le commandant observait les épais nuages noirs, il aurait préféré piloter un appareil plus imposant que ce petit jet privé, malmené par le vent.

Il devait être de repos ce weekend, mais la compagnie lui avait demandé une faveur : conduire les dix gagnants d’un concours organisé sur Linkedin sur l’île de Saint-Martin pour un séjour offert par l’association Les Disrupteurs. Un petit extra comme le pilote avait l’habitude de les accepter de temps à autre. Dix jours dans les Caraïbes aux frais de son employeur, c’était mieux que de rester seul à la maison. Il avait loué un voilier pour visiter Saint-Barthélémy, mais pour le moment, il faisait tout pour éviter de prendre la mer. La surface de l'océan se rapprochait, camouflée dans l’obscurité, prête à engloutir le petit appareil volant.

Le commandant plissait les yeux à la recherche du moindre indice de la présence de l'eau. Il n’osait pas détourner le regard, malgré les appels des instruments. Il espérait secrètement avoir mal évalué les distances et que les lumières d’une piste d’atterrissage apparaissent dans la nuit.

Hélas, après trente ans de carrière dans l’aviation, ses erreurs d’appréciation étaient rares. Il ne dit rien à son jeune copilote, mais le commandant savait qu’avec leur trajectoire et les avaries de l’avion, il leur serait impossible d’atteindre la terre ferme.

Le commandant n'avait jamais amerri, hormis sur des simulateurs, mais de toute façon, les chances de réussir cet exploit par ce temps étaient quasi nulles, même pour le meilleur des pilotes. Avec la houle, il était plus probable que l’avion heurte une vague et soit aussitôt englouti par les flots.

Il pensa à son collègue, tout juste diplômé de l’école d’aviation. Il avait déjà effectué quelques vols avec lui, c’était un jeune homme prometteur, même s’il se fiait un peu trop aux instruments. Il aurait eu une belle carrière, tout comme l’hôtesse qui les accompagnait. Une femme remarquable, capable d’assurer son service avec le sourire, quelles que soient les circonstances.

Il pensa enfin aux dix passagers qu’il avait brièvement salués lors de l’embarquement. Ils étaient en route pour des vacances de rêves et vivaient un vrai cauchemar.

Le pilote prit une inspiration et ouvrit le micro.

— Mesdames, messieurs, c’est votre commandant de bord qui vous parle.

Il marqua une pause par habitude, mais il se doutait bien qu’il avait déjà toute l'attention des passagers.

— Nous allons devoir amerrir dans quelques minutes. Un gilet de sauvetage se situe sous votre siège, l’hôtesse va vous expliquer comment le mettre. Je vous prie de bien vouloir garder vos ceintures attachées et d’adopter la position de sécurité. Dès que nous aurons touché l’eau, détachez-vous et suivez nos instructions.

Le commandant se tourna vers le copilote et ils se munirent de leurs gilets de sauvetage sans un mot. Quelques instants plus tard, ils distinguèrent enfin l’écume au sommet des vagues.

L’avion survola l’océan déchaîné le plus longtemps possible, jusqu’à ce qu’une vague caresse la coque.

Alors, après son passage, le commandant poussa le manche pour amerrir avant la prochaine lame d’eau.

2

— Là ! Une île !

Le petit canot de sauvetage dérivait sur l’eau, aux premières lueurs du jour. La tempête avait laissé place à un océan calme et un ciel sans nuages. Seul le clapotis des vagues sur le bateau pneumatique brisait le silence.

Neuf têtes se levèrent pour regarder dans la direction désignée. Une ombre se dessinait à l’horizon, prenant peu à peu la forme d’une montagne.

— Allez, il faut ramer !

Les rescapés plongèrent leurs mains dans l’eau pour faire avancer le canot avec une cadence effrénée, puis ralentirent.

— Bah alors ? Qu’est-ce que vous faites ? Ramez !

— Il ne rame pas lui, depuis le début, dit un des naufragés.

— Il faut bien que quelqu’un maintienne le cap ! répondit l’accusé.

— Sans gouvernail ?

— Je vous préviendrais si on ne va pas dans la bonne direction.

— Mais on la voit la direction à prendre, c’est juste en face !

— Ecoutez, dans tout bateau, il faut un capitaine qui…

— Ramez ou on vous jette à l’eau !

Les rescapés reprirent leur route sans s’arrêter, non sans les plaintes de certains. Après plus d’une heure d’efforts, ils atteignirent enfin la plage et se jetèrent sur le sable. Ils s’accordèrent quelques minutes pour récupérer et se regroupèrent en cercle.

Seuls les dix passagers de l’avion avaient survécu. Les pilotes n’étaient jamais sortis de leur cockpit et l’hôtesse avait été emportée par les flots en ouvrant la porte de secours de l’appareil.

Les rescapés réalisèrent que leurs discussions s’étaient résumées à quelques civilités échangées pendant l’embarquement et toute la durée du vol. Ils ignoraient tout des uns des autres, sauf qu’ils étaient dix professionnels, entrepreneurs ou managers à responsabilités et qu’ils avaient gagné le tirage au sort d’un concours.

— Bon, il semblerait qu’il n’y ait plus que nous, on se fait un petit tour de table pour se présenter ?

— On ferait pas mieux de trouver à boire et à manger ?

— Non, il faut qu’on trouve un abri, si la tempête revient.

— Ça ne revient pas une tempête ! Y a pas un nuage dans le ciel.