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Un acte Personnages: un seul personnage: le champion de course à pied décor piste de course à pied et quelques effets spéciaux Sujet un seul pas peut passer inaperçu. le gigantisme est requis pour qu'il soit visible. nous sommes à mi-chemin. même en courant vers la ligne d'arrivée si le cours de la vie est un chemin tronqué aux deux extrémités, cela vaut également pour un seul de nos pas. Mais il ne faut pas le savoir. *
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Seitenzahl: 35
Veröffentlichungsjahr: 2014
L'issue
Un acte Personnages:
un seul personnage: le champion de course à pied
décor
piste de course à pied et quelques effets spéciaux
Sujet
un seul pas peut passer inaperçu. le gigantisme est requis pour qu'il soit visible. nous sommes à mi-chemin. même en courant vers la ligne d'arrivée
si le cours de la vie est un chemin tronqué aux deux extrémités, cela vaut également pour un seul de nos pas. Mais il ne faut pas le savoir.
*
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L'issue
Ambiance de stade. Starting block et ébauche de piste. Musique.
L'homme champion, au physique neutre et moyen se livre aux mouvements classiques d'échauffement
Scène 1
Échauffement – sautille sur place – salue un public en délire – hymne vraisemblablement national – haut-parleur nasillard et saturé:"La dernière épreuve de l'homme champion, champion éternel et absolu de la course à pied. Vainqueur de tous les vainqueurs! Ce qu'il va vaincre aujourd'hui, ce n'est pas un adversaire, c'est lui-même, c'est son propre record qu'il veut battre. Il court seul. Voici le départ du grand marathon en solitaire. La patrie lui dit merci"
L'homme champion lève les bras; signe de victoire. Simule un départ. Reprend l'échauffement.
Solennel:
ce ne sont plus des pas
les os du talon qui frappent le sol
ce sont des dieux qui engendrent les héros et leur terre sacrée.
haut parleur :" l'homme champion est seul. l'homme champion va partir"
silence
face au public; regarde au loin.
"Nous voici. Une fois de plus moi et la piste. Combien de fois foulée. Toujours aussi sauvage."
se met en place pour partir. Tir
Simule la course, à faible allure. Court face au public jusqu'à la scène 4. Parle comme en confidence, pour lui-même.
coup de feu comme l'autre, le bon, dans sa vieille tempe, l'os de la tempe, la peau parcheminée, les cheveux grisonnants
même pas un coup de feu
même pas le bruit du coup
quelques centièmes de seconde juste l'écaille noire, le premier bord du tir et déjà rien, rien du tout, du temps, l'éternité noire, tomber, manger la terre, j'ai un appétit de dieu.
au dessus de sa tête surgit un ciel bleu éclatant orné de quelques cumulus très bas. regarde vers le ciel.
"toutes les traversées sont la traversée du ciel. je suis loin.
Il n'y a plus que le ciel et moi. Rien d'autre. "
plus personne. c'est fini. plus d'interférence plus d'intervention plus de crime plus de sanction.
j'assume l'autorité entière entre mes grandes parois, respirer, grandes parois de souffle inviolables.
hors de la course il n'y a pas d'homme libre.
"ceux qui ne sont pas dans la course, je les éveille. Ils se tordent le cou pour me suivre du regard. Ils retiennent leur souffle. ils portent l'histoire sur leurs épaules."
Il ne reste ici que l'ombre des seigneurs. Ils se dressent ailleurs, entre la vie et la mort. Mes muscles leur servent de piédestal. Je les franchis comme l'ombre des poteaux.
scène deux:
regarde en arrière par-dessus l'épaule.
on entend le bruit des foulées et son halètement, très amplifiés.
C'est la seule matrice le seul pays natal perdu, perdu à chaque fraction de seconde.
quand j'aurai perdu le monde derrière mes foulées je me dresserai debout sur le sol sauvegardé, don de la terre, debout de plein droit, véritable habitant de la terre.
Un corbeau vole quelques instants devant lui et disparaît.
geste de rejet de la main, très violent
"va!"
courir ici dans l'unique délai que nul ne veut raccourcir, un vide pour survivre, écart entre la chair et la mort, et je le raccourcis en courant, comme nous tous.
oh femme, oh isabelle, c'est bien ton nom, isabelle? tu n'es pas ici, tu n'es nulle part, j'accoste au vide, je me heurte au vide. j'ai mal. il faut en finir.
Vite le deuxième coup de feu, dans mes tripes
le deuxième départ dans les os, il faut que ça démarre et que ça coure.
Il faut produire le nouvel homme je le veux.
regard tourné vers le ciel
"la vie, maman, tu m'as donné la vie et je me tue, je m'immole, je m'annule. le peuple applaudira et toi tu n'en sauras rien.
Trop peu de temps pour engendrer la course qui me porte
Vite produire ici une sorte de mère faite de caillasses et de poussières
apparition du supporter, rapidement distancé; l'asperge d'eau, lui tend une bouteille qu'il rejette.
Punition du crime d'immobilité
je me fouette je m'immole je me sacre je me hisse,
vers la douleur, vers le vrai départ, vers le vrai starting-block.
après, exister.
