La Châtelaine - Christel Clot - E-Book

La Châtelaine E-Book

Christel Clot

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Beschreibung

Le bonheur n'est jamais acquis indéfiniment. Stéphanie a atteint son principal objectif, habiter dans un magnifique château du quinzième siècle. Sa vie lui semble parfaite, un emploi indépendant gratifiant, un époux aimant et deux filles épanouies. Seulement voilà, depuis quelques temps, elle se sent malade, des symptômes étranges, inhabituels. Mais que lui arrive-t-il ? Rien n'est vraiment parfait en fin de compte. Voici l'histoire de La Châtelaine.

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Seitenzahl: 142

Veröffentlichungsjahr: 2022

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À ma famille qui continue de me soutenir dans cette aventure, à mes amis, à ma communauté Instagram, je vous remercie sincèrement, vous m’êtes précieux.

J’adresse un clin d’œil tout particulièrement à l’un de mes artistes préférés Ulrich FORMAN (Polérik ROUVIÈRE), merci à lui d’avoir accepté que son Nom soit cité dans LA CHÂTELAINE.

Le bonheur n’est jamais acquis indéfiniment.

Stéphanie a atteint son principal objectif, habiter dans un magnifique château du quinzième siècle. Sa vie lui semble parfaite, un emploi indépendant gratifiant, un époux aimant et deux filles épanouies.

Seulement voilà, depuis quelques temps, elle se sent malade, des symptômes étranges, inhabituels.

Mais que lui arrive-t-il ?

Rien n’est vraiment parfait en fin de compte.

Voici l’histoire de La Châtelaine.

TABLE DES MATIÈRES

1.

NOUS

2.

DIMANCHE

3.

NOËL

4.

MALAISE

5.

CÉDRIC

6.

SECRETS

7.

ELLES

8.

AVIS

9.

LETHARGIE

10.

DIAGNOSTIC

11.

QUI ?

12.

DISCORDE

13.

QUIÉTUDE

14.

HOMICIDE

15.

ADIEUX

16.

VERDICT

17.

CONCLUSION

1

NOUS

La nuit est tombée depuis plusieurs heures déjà. La galerie marchande se vide peu à peu, il est temps de fermer ma boutique.

Je possède un magasin de prêt à porter dédié uniquement aux femmes.

Vous avez une soirée chic, c’est chez moi qu’il faut venir.

Je vends des robes de soirée, des tailleurs jupes et pantalons, des chemisiers assortis ainsi que toutes sortes d’accessoires pour agrémenter votre tenue : foulards, ceintures, collants, sacs et chapeaux. L’ensemble est sophistiqué et élégant qui peut également convenir pour une tenue professionnelle.

Je suis devenue la référence à Nantes et alentours pour toutes les femmes de la haute société.

Ce samedi a été bénéfique en ce mois de décembre. Il faut dire que Noël approche à grand pas, suivi par le jour de l’an. Deux évènements qui me permettent d’obtenir une marge nette vraiment intéressante, l’une des meilleures de l’année d’ailleurs.

Ma vendeuse est présente à temps partiel. Elle est chargée de l’ouverture de la boutique du mardi au samedi à neuf heures trente, et moi, de la fermeture à vingt heures. Je préfère ainsi, cela me permet de contrôler le stock et la caisse avant de partir.

Après toutes les vérifications, je baisse enfin le rideau. Je m’engage dans l’allée principale de la galerie marchande en direction du parking souterrain, la plupart des magasins sont déjà fermés.

L’agent de sécurité me salue comme à son accoutumé, en retour, je lui souhaite un agréable week-end.

Le parking souterrain me paraît sinistre et froid, j’ai hâte d’être dans ma voiture. Il est temps de rentrer chez moi.

J’ai environ cinquante-six kilomètres entre mon lieu professionnel et mon domicile, un magnifique château du quinzième siècle.

Avec mon époux, Cédric, nous l’avons acquis il y a maintenant dix ans.

Un rêve en commun, mais également, une opportunité à ne pas manquer.

Je m’engage sur la route de Paris, j’emprunte la porte de La Beaujoire, puis le périphérique, deux sorties plus loin me voici à Ponchâteau Est.

J’arrive enfin devant mon petit royaume où m’attend ma famille : Cédric, la quarantaine, élancé, blond aux yeux bleus, mesurant un mètre quatre-vingt ; Érine, ma fille aînée, la vingtaine, identique à son père, elle me dépasse du haut de ses cent soixante-douze centimètres ; et Sandrine, la vingtaine également. Notre petite dernière me ressemble un peu plus, blonde cendrée aux yeux verts de taille moyenne.

Je me gare dans la cour principale face à l’entrée, devant ce grand mur en pierre de deux étages ornés de lierre, et de ses deux tours à chaque extrémité.

Si je tourne la tête, je vois dans la pénombre le magnifique parc arboré de ses arbres centenaires, il est clôturé par une barrière blanche en bois. En son centre, il y a un plan d’eau où les chevaux aiment pâturer. Nous en avons deux, Lamiral et Lucky.

La propriété possède presque deux hectares de terre répartis autour du château. Il y a des parcelles entièrement boisées à l’arrière, le parc arboré à l’avant, notre grande terrasse engazonnée à sa droite à l’abri de tout regard donnant accès à la piscine, le verger et le potager qui sont délimités par un muret en pierre sèche d’antan.

À l’arrière se trouve l’entrée dédiée aux employés du Château et aux dépendances (cuisine, buanderie, caves et logement de fonction).

Coté route, disons plutôt, côté chemin, oui, il s’agit plus d’un chemin que d’une route, un escalier permet d’accéder à l’étage mais nous l’avons à moitié condamné.

En effet, la porte s’ouvre uniquement de l’intérieur en cas d’urgence, il s’agit d’une issue de secours.

J’aime contempler ce lieu empli d’histoire.

J’imagine, juste en fermant les yeux, la vie du Château au quinzième siècle.

Je détache ma ceinture de sécurité, je sors de ma voiture. Mes talons craquent sur le gravier, je remonte le col de mon manteau, il fait vraiment froid ce soir. La lumière extérieure de la porte d’entrée principale s’allume.

J’emprunte les trois marches en pierres blanches, j’ouvre la porte aux petits carreaux vitrés, celle qui se situe à gauche, à côté de la première tour, la chaleur des lieux m’enveloppe.

Toutes nos portes extérieurs et nos fenêtres sont peintes de couleur rouille.

Je me sens en sécurité, je ne saurai vous dire pourquoi.

Pourtant, la surface habitable est immense, sept cents mètres carrés, plus de vingt pièces réparties autour de la cour intérieure.

Un château perdu au bout d’un chemin dans les bois, mon Château, notre Château.

J’entends les voix si familières au loin. Je quitte mes talons, je les range dans le meuble en bois massif de l’entrée. J’enlève mon manteau, je le dépose sur le porte-manteau assorti. J’enfile mes charentaises et mon gilet en laine tricoté main. C’est toujours le même rituel quotidien, j’aime cette routine.

L’entrée est spacieuse avec son meuble à chaussure à droite et son porte-manteau à côté, le tapis aux motifs d’antan au centre, une console assortie à gauche où je dépose mon sac et mes clés. Son haut plafond orné de poutres apparentes où est suspendu un majestueux lustre en cuivre à six branches qui illumine la pièce grâce à ses luminaires ressemblant à des bougies.

Dans l’angle gauche de l’entrée, il y a la première tour. Vous pouvez accéder à l’étage grâce aux escaliers en colimaçon, plus particulièrement aux chambres des filles. Il y a exactement les mêmes escaliers dans la deuxième tour à l’autre extrémité du Château.

J’entends des pas lourds arriver vers moi.

C’est Beethoven ! Notre labrador blanc âgé de sept ans. Il est toujours le premier à m’accueillir. Il sait qu’il n’a pas le droit de me sauter dessus, ni de me lécher, je déteste cela. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurai vous répondre, mais je l’aime malgré tout.

Je me penche vers lui pour le caresser, il est tellement beau mon bébé.

— Comment vas-tu mon Beethoven ? lui murmuré-je au creux de l’oreille.

Il me regarde avec douceur, la langue pendante, la queue remuante. Je ressens son amour, son dévouement. Comment ne pas aimer Beethoven ?

C’est impossible.

— Allez mon grand, nous allons rejoindre les autres.

Il me suit au pas.

Nous traversons ensemble la salle à manger plus spacieuse que l’entrée avec sa grande table en chêne massif et ses six chaises assorties. Je remarque que la table est débarrassée, ils ont fini de souper.

L’impressionnant bahut spécialement fabriqué pour la pièce trône fièrement contre le mur face aux deux fenêtres qui laissent entrapercevoir le parc.

J’aime m’assoir le regard tournait vers l’une de ses ouvertures lors des repas.

Deux grandes plantes vertes se dressent en toute élégance de chaque côté du bahut. Il y a également quelques décorations par-ci par-là posées sur des petites consoles, une cheminée d’époque où grésille de temps en temps un petit feu.

Une desserte pour accueillir les plats cuisinés et les maintenir au chaud est adossée contre le mur donnant sur la pièce suivante, le grand salon.

Les voix s’accentuent clairement, j’arrive à reconnaître chacune d’elle.

Nous entrons dans le grand salon.

J’adore mon grand salon d’environ quarante mètres carrés qui donne sur la cour d’entrée et la terrasse engazonnée.

En forme de L, la pièce est lumineuse avec ses multiples ouvertures vers l’extérieur.

Nous avons installé dans l’angle un bar du même style que la salle à manger ainsi qu’une mini cave à vins et un mini frigo. Vous trouverez toutes sortes de boissons fraiches.

L’avantage de cette pièce, nous pouvons accéder à l’étage supérieur où se situe la partie nuit grâce à la deuxième montée d’escaliers.

Après le bar, le salon se dévoile dans toute sa splendeur, plusieurs fauteuils et canapés modernes de couleur saumon sont positionnés devant la cheminée et l’écran plat fixé au mur. De nombreux plaids sont posés de toute part de la pièce. J’aime m’envelopper dans l’un d’entre eux.

Toutes les pièces du Château ont une cheminée. Nous avons préféré les laisser d’origine sauf pour le grand salon.

Nous avons opté pour un style moderne et design. Un bloc carré gris moucheté de légers points blancs avec son insert au centre. La table basse est dans les mêmes teintes que la cheminée, elle est posée sur un tapis à trois couleurs, gris, blanc et saumon, style contemporain.

L’ensemble est cohérent, chaleureux, il donne envie de se prélasser au creux d’une des assises devant le feu de bois crépitant.

Beethoven a son panier juste à côté de la cheminé, à droite plus précisément, et Kalia…

Ah oui, je ne vous ai pas encore parler d’elle. Une chartreuse grise aux yeux verts âgée de quatre ans.

Donc, Kalia possède aussi son panier à côté du feu mais du côté gauche.

Ma petite famille est au complet, chacun assis devant la cheminée, un verre à la main.

Ce tableau me plait bien, l’image de la famille parfaite.

Ils se lèvent pour m’accueillir.

Beethoven va se louver dans son panier, Kalia redresse à peine la tête puis se rendort comme si de rien n’était.

Je serre dans mes bras chacune de mes filles qui sont arrivées dans l’après-midi.

Érine, l’ainée, fait des études de médecine à Nantes, elle rentre chez nous un week-end sur deux et parfois, la moitié des vacances.

Quant à Sandrine, elle a choisi une spécialisation Design d’espace, plus particulièrement la décoration d’intérieur, son cursus est à Nantes également. Du coup, elle partage un appartement avec sa sœur en centre-ville.

Sandrine vient plus souvent au Château, la plupart des week-ends. Il faut dire qu’elle est totalement différente d’Érine. Plus discrète, les sorties et la fête, ce n’est pas trop son truc. Mais surtout, je soupçonne Érine d’avoir un petit ami, ce qui expliquerait l’envie de rester seule à l’appartement.

Je m’approche de Cédric pour lui déposer un baiser sur ses lèvres.

Nous sommes mariés depuis tant d’années. Nous avons parcouru tellement de chemin ensemble que je ne conçois pas ma vie sans lui. Tout le monde reprend sa place initiale, je m’installe dans mon fauteuil préféré près du feu.

— Veux-tu boire un verre ? me propose Cédric. Je décline gentiment.

— Non merci. Comment s’est passée votre semaine les filles ?

— Bien, répondirent-elles toutes les deux en même temps.

Elles se regardent et éclatent de rires. C’est si spontané !

— Et toi Maman ? me demande Érine.

— Comme d’habitude, hormis que j’ai eu beaucoup de clientes aujourd’hui, mais c’est normal, avec les fêtes qui approchent.

— En parlant de fête, j’ai quelque chose à vous demander. Est-ce que mon petit ami peut venir pour le repas de Noël ? nous questionne Érine avec un brin de gêne dans le ton de sa voix.

J’en étais certaine !

Je regarde Cédric qui paraît complètement désappointé. Lui, il ne s’y attendait pas du tout. Après un instant de stupeur, il lui répond.

— Oui mais je préférerai que tu nous le présentes avant tout de même.

— Pourquoi pas demain après-midi ? Je préparerai un gâteau pour l’occasion, dis-je enjouée.

Je sens tous les regards se tourner vers moi, comme si je venais de dire quelque chose d’incroyable.

Cédric acquise après un instant d’hésitation. Érine envoie un sms à son petit ami qui répond dans l’instantanée.

Voilà, c’est accepté, demain nous rencontrerons le chéri de notre aînée.

Après avoir échangé quelques nouvelles, je décide de me retirer.

— Je monte me coucher, bonne nuit à tous.

— Je te rejoins dans quelques minutes, me répond Cédric.

Je suis lasse, je gravis les marches en pierres qui mènent à mon espace nuit, une grande chambre à coucher style Louis XIV.

Une bonne douche me fera du bien avant de me glisser sous la couette.

Kalia me suit de près. Certes, elle ne m’accueille pas quand je rentre, mais dès qu’il s’agit d’un bon lit douillet, là, elle vient.

Beethoven reste en bas, l’étage lui est interdit. Au début, c’était compliqué mais désormais, il connaît les règles et les respectent sans problème.

Demain, c’est le jour du Seigneur, certes nous n’allons pas à la messe tous les dimanches mais des Châtelains se doivent d’être chrétien.

Du moins, je crois en Dieu et en son fils Jésus Christ. D’ailleurs, dans ma chambre orne un tableau de Jésus accroché au-dessus de l’entête du lit. Il est beau, étincellent, représenté sous sa forme ressuscitée. Une peinture signée Reno. J’ai la sensation qu’il me protège chaque nuit.

Me voici prête à dormir.

Je ferme les volets des deux fenêtres de la pièce. L’une donne sur le parc, l’autre sur la terrasse engazonnée.

Je m’endors sans attendre Cédric, les bras de Morphée m’accompagnent dans le monde des songes en un instant.

2

DIMANCHE

Je m’éveille doucement, les bruits familiers extérieurs se font entendre de plus en plus. J’ouvre les yeux, le jour est bien levé. Cédric dort paisiblement, il est tourné vers moi. Je l’observe, il paraît si serein. Est-il en train de rêver ? Très certainement.

Kalia est allongée au creux de mes jambes, c’est son petit rituel. Je ne sais pas si elle reste vraiment toute la nuit mais il est clair qu’au réveil, elle est là.

Le Château, lui, semble endormi, seule Dame nature s’active.

Je m’étire, Kalia en fait autant. Je pose un pied au sol sur le tapis, j’enfile mes charentaises, ma robe de chambre et je me dirige vers la troisième porte, celle qui mène dans le hall.

Notre chambre est la plus grande, elle possède trois portes, une première qui donne sur les escaliers en colimaçon, la deuxième pour accéder à notre salle de bain et dressing, et la dernière, celle que j’emprunte tous les matins.

Le parquet grince légèrement sous mes pas. Je longe le couloir. Je passe à côté du bureau de Cédric, puis s’ensuit la bibliothèque.

Je descends dans la partie dépendance du Château où se trouve la cuisine pour préparer le petit déjeuner.

Du lundi au vendredi, c’est Édith, notre cuisinière, une petite femme rondelette aux cheveux courts et frisés, qui gère cette pièce. Sauf lorsque nous avons des invités le week-end ou les jours fériés, elle peut être amenée à travailler. Mais la plupart du temps, je lui demande de préparer à l’avance le menu.

La cuisine est une pièce de vingt-trois mètres carrés toute équipée. Une table en sapin positionnée au centre permet l’élaboration de savoureux petits plats. Elle est parementée de deux bancs dans toute sa longueur.

C’est surtout la grande cheminée en pierre de Maître qui reste impressionnante. J’imagine les soupes d’antan, les viandes cuisant à la chaleur du bois… Je suis fascinée par le passé.

Je me dirige vers l’évier, je remplie une carafe d’eau puis j’avance en direction de la cafetière. Voilà, tout est prêt pour laisser couler lentement le café. Son parfum ambré parfume la pièce. Le Château se réveille peu à peu.

Tiens, d’ailleurs j’entends les gros pas de Beethoven !

Lui aussi à droit à son petit déjeuner.

Parfois nous le prenons tous ensemble dans la salle à manger, parfois simplement dans la cuisine.

Aujourd’hui, j’ai envie de rester posée sur ce banc dans cette pièce emplie d’histoire. Un dimanche parmi tant d’autres…

Un peu plus tard dans la matinée, je préparerai le gâteau pour le goûter. Je pense faire une tarte tatin avec les pommes de notre verger. Ils en restent encore quelques-unes, elles sont entreposées dans la cave attenante.

Il y a également un logement de fonction à coté de cette pièce. Il est destiné à notre couple d’intendants. Jean-Pierre, un homme d’une cinquantaine d’années, maigre, brun et très grand, est chargé de l’extérieur ; son épouse Marie, de taille moyenne, les cheveux châtain clair coupés au carré, s’occupe de l’intérieur, tout particulièrement des pièces à vivre, hormis la cuisine. Elle est accompagnée de deux employées de maison pour l’aider dans ses tâches quotidiennes.