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Stacy aime les autres. Si vous l'appelez à l'aide, elle n'hésite pas une seconde. Toujours à l'écoute, c'est une personne qui réfléchit avant de parler afin d'éviter de blesser. Mais, à un moment donné dans sa vie, Stacy a décidé d'être seule avec ses chats, loin de toute civilisation. Voici l'histoire de La Recluse.
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Seitenzahl: 144
Veröffentlichungsjahr: 2021
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À ma famille,Je vous aime.
Christel
Il existe différentes façons de réagir face aux aléas de la vie. Certaines personnes se morfondent, se noient dans diverses substances, d’autres se détachent totalement de leurs émotions et deviennent narcissiques, puis, il y a ceux qui vivent ou survivent en se raccrochant à ce qu’ils peuvent.
Stacy aime les autres. Si vous l’appelez à l’aide, elle n’hésite pas une seconde. Toujours à l’écoute, c’est une personne qui réfléchit avant de parler afin d’éviter de blesser. Mais, à un moment donné dans sa vie, Stacy a décidé d’être seule avec ses chats, loin de toute civilisation.
Voici l’histoire de La Recluse.
STACY
L’EXPÉDITION
LA NOUVELLE
LE SONGE
LASSITUDE
TRAHISON
LUI
INCOMPRÉHENSION
SÉQUESTRATION
INJUSTICE
LE DÉPART
LE CHANGEMENT
RECLUSE
Le jour se lève, j’aime entendre le chant des oiseaux, la plus belle des mélodies qu’il existe sur Terre.
Je suis allongée confortablement sous mon drap, je commence à peine à ouvrir l’œil que Princess, ma minette âgée de quatorze ans, le poil entre court et mi-long selon les parties de son corps, de couleur blanche tachetée de roux et de gris foncé, aux yeux marrons, frotte son nez contre ma joue. Elle est la mamie de la tribu des chats.
Empoisonnée à ses quatre ans, le vétérinaire lui avait prédit une espérance de vie de cinq ans maximum, elle résiste, c’est une battante.
Je la caresse au creux de ses oreilles, son rituel du matin, son ronronnement retentit, que c’est apaisant, c’est alors que Chouchou, mon minou de dix ans, au poil court couleur blanc et tigré gris clair par endroit dont les yeux sont d’un bleu incroyable, s’incruste, comme d’habitude. Son ronronnement couvre celui de Princess. Il aime montrer sa présence, un peu trop parfois.
Quant à Mymy, sœur de Chouchou, toute petite malgré son âge, au poil mi-long plus blanc que son frère et moins tigré, avec la même couleur des yeux, aime se coucher à mes pieds. Elle observe la scène du bout du lit, comme chaque matin.
Aujourd’hui, c’est une journée spéciale, je pars vers la civilisation pour effectuer mes courses alimentaires mensuelles.
Je vous avoue que je préfèrerai rester dans mon petit paradis mais il y a des obligations essentielles. — Allez mes bébés, je me lève, dis-je en les poussant avec douceur.
J’enfile ma robe de chambre et mes charentaises, je descends l’escalier en bois, quelques marches grincent sous mon poids léger. J’aime entendre ce bruit, il est rassurant.
Direction la cuisine, elle est équipée de meubles en chêne massif qui s’accordent parfaitement avec les murs en pierres et les poutres apparentes, et du stricte nécessaire, un lave-linge, un frigo, un congélateur et un mini lave-vaisselle. J’ai opté pour un évier en pierre, une vasque me suffit amplement, avec un robinet en laiton pour rester dans le style de la maison. Une petite table en bois carrée est plaquée sous la fenêtre avec deux chaises assorties, les assises sont en pailles recouvertes de coussins couleur crème où je m’installe pour le repas les jours d’hiver. Je profite ainsi du paysage environnant. D’ailleurs toutes les pièces de la maison sont pourvues comme telle, à l’ancienne avec une touche de moderne.
Je prépare mon petit déjeuner. Un thé vert accompagné d’une tartine de pain aux céréales, un verre de jus de fruit et une compote à la pomme, le tout disposé sur un plateau repas.
Aujourd’hui, il fait beau, je vais pouvoir me poser sur la terrasse.
J’ouvre la baie vitrée de la salle à manger, une grande pièce du même style que la cuisine, l’odeur de la forêt envahit la maison, le chant des oiseaux s’accentue. Je prends mon plateau et je m’installe à table sous la vigne qui recouvre entièrement la terrasse. Elle apporte de la fraicheur l’été en laissant passer quelques rayons de soleil.
Cette journée s’annonce bien, un petit air léger frôle mon visage, c’est à ce moment précis que je décide de ma tenue vestimentaire.
Ah oui ! Je ne vous ai pas dit où je vis !
Le village le plus près se situe à environs quarante minutes en voiture.
J’habite au bout d’un chemin de terre, dans l’une des multiples forêts Ardéchoise, les Monts d’Ardèche. Je suis née ici, je n’ai jamais quitté mon département même si j’ai une préférence pour la mer ou l’océan.
À une époque, j’ai envisagé de m’installer vers la côte d’azur, ce fût qu’une envie parmi tant d’autres.
La propriété est entourée d’un grand mur en pierre de deux mètres de hauteur avec un portail impressionnant empêchant de voir l’intérieur.
Au bas de l’enceinte de la clôture, à environ un pied de largeur, j’ai installé un fil de pêche bien tendu avec, aux quatre extrémités de chaque mur, une clochette. À la moindre intrusion, je sais exactement où vérifier. Je me sens plus en sécurité même si parfois il s’agit simplement d’un animal.
Un portillon se situe à l’arrière de la propriété pour accéder à la forêt plus facilement où j’aime me balader malgré la parcelle de bois dans l’enceinte.
Lorsque vous entrez sur mon territoire, vous verrez le garage à votre gauche et la maison au centre. Une bâtisse typique du Pays, toute de pierres et de bois. L’entrée principale donne directement dans la salle à manger meublée d’un grand bahut en chêne massif et d’une grande table assortie avec ses six chaises recouvertes de coussins identiques à ceux de la cuisine. Plusieurs plantes sont disposées un peu dans chaque recoin, elles sont inondées de lumières et apportent une ambiance naturelle à la pièce. Seul le sol et la baie vitrée ne sont pas d’origine. J’ai choisi un carrelage moderne couleur crème pour éclaircir la pièce.
Face à l’entrée, une ouverture en forme d’arc permet d’accéder à la cuisine.
À votre droite, trois petites marches en pierres descendent vers le coin salon. Mon petit cocon empli de plantes vertes avec sa cheminée d’angle, la bibliothèque qui couvre tout un pan de mur, le canapé face à la cheminée où j’aime me relaxer soit, en lisant un livre, soit devant une série télévisée, un film, un documentaire grâce au téléviseur posé sur son meuble à côté de la cheminée. Cette pièce est dédiée à la détente.
Si vous revenez vers la pièce principale, vous apercevrez à votre gauche un escalier en bois, celui que j’ai emprunté au lever.
À l’étage, il y a deux chambres à droite, une salle d’eau et un w-c à gauche, disposé le long d’un petit couloir. Les sanitaires ne sont pas d’origines, ils ont étés installés dans la plus grande pièce divisée en deux parties. Tous les sols de cette partie de la maison sont en parquet bois naturel.
Ma chambre est la plus grande mais sans artifice, elle est sobre.
La deuxième réservée à mes invités, essentiellement la famille, dispose d’un lit deux personnes, d’un bureau et d’une armoire assortie.
En face des deux chambres, il y a la salle d’eau équipée d’une douche avec cabine pour éviter l’inondation, d’un lavabo blanc et son meuble gris, ainsi qu’une colonne identique où j’ai posé une plante verte tombante. J’ai installé plusieurs tapis spécial bain au sol aux teintes gris clair pour protéger le parquet d’éventuelles gouttes d’eau. Elle est spacieuse et lumineuse grâce à la grande fenêtre qui donne sur le jardin.
Le petit déjeuner étant pris, il est temps de me préparer pour mon expédition. Mais d’abord, je vais ouvrir quelques minutes le poulailler situé à l’arrière de la maison, les poules raffolent se promener sur le terrain. J’en ai cinq, elles sont toutes différentes, une blanche, deux rousses, une noire et une blanche et noire, mais elles sont toutes des poules pondeuses.
—Vais-je avoir des œufs aujourd’hui ? dis-je.
Elles ne pondent pas quotidiennement. J’avais peur qu’elles se battent entres elles mais tout se passent bien, la cohabitation s’est faite normalement.
Quant à mes chats, ils ne les attaquent pas, seul Chouchou a tendance à vouloir leur courir après.
Pour lui, les poules sont ses jouets vivants, elles sont habituées désormais. Heureusement d’ailleurs.
Le plus drôle c’est la poule blanche qui vient toujours picorer à côté de lui s’il se couche dehors, elle ne le laisse pas tranquille. C’est peut-être un jeu entre eux, allez savoir.
Je remonte à l’étage pour me préparer, ce sera un jean couleur caramel avec une brassière crème et une chemise transparente couleur beige clair. Des bottines marrons en cuir véritable sont appropriées pour la saison ainsi qu’un petit foulard de la même couleur.
J’ai une multitude de foulard, de toutes les couleurs possibles, unis ou à motifs, un pour chacune de mes tenues.
Je me maquille très peu, juste un peu de crayon noir aux yeux et du ricil, cela suffira amplement. Quant à mes cheveux, de couleur châtain clair avec des reflets blonds et quelques mèches blanches semées par ci par là, long jusqu’au fessier et ondulés, ils restent libres de toute attache. D’ordinaire à la maison, je fais une tresse, c’est plus pratique, ils sont tellement épais. Mais lorsque je reçois ma famille ou lorsque je sors, j’aime les voir libres, les sentir dans mon dos, sauf en cas de fortes chaleurs ou de vent.
Je trouve que les cheveux longs et détachés c’est beaucoup plus féminin.
Me voici prête.
Partir vers la civilisation est tout un challenge pour moi.
Princess se repose sur le canapé, elle dort beaucoup ces derniers temps, ce n’est pas bon signe.
Je cherche les deux autres, il est hors de question qu’ils restent dehors pendant mon absence. Mymy est allongée sur mon transat, elle surveille les poules qui sont venues devant la terrasse. Je la prends sous mon bras et je pars à la recherche de Monsieur Chouchou. L’avantage de ce chat c’est que dès qu’on l’appelle, il vient. Il me suit comme un véritable toutou. Nous pouvons tous rentrer, je ferme la baie vitrée et pose Mymy parterre.
La litière est propre, elle est rangée sous l’escalier, les chats l’utilisent quand ils sont confinés à l’intérieur. J’aurai pu installer une chatière mais cela ne m’inspire pas confiance, je n’aime vraiment pas les savoir à l’extérieur quand je suis absente.
Après la vérification de toutes les fenêtres, il ne me reste plus qu’à prendre mes sacs de courses, mon sac à main et mon téléphone. Je choisi mon sac Guess rose pastel que m’a offert Gaby pour la fête des mères en deux mille vingt-et-un, il sera en parfait accord avec ma tenue vestimentaire. J’accorde une grande importance à l’apparence lorsque je sors de mon cocon, tout doit être harmonieux.
—À tout à l’heure mes bébés.
Les clefs en main, je ferme la porte d’entrée à double tour. Je me dirige vers le garage, la porte commence à grincer, elle est de plus en plus difficile à ouvrir. Il va falloir que je pense à m’occuper de ce problème. Je dépose toutes mes affaires dans la voiture. Je débranche mon frigo de transport de la prise murale pour l’installer à l’avant côté passager. Je le branche à l’allume cigare. Au démarrage de la voiture, le moteur du réfrigérateur se remet en route. Tout est prêt.
Il me reste plus qu’à rentrer les poules dans leur habitat.
C’est parti.
J’ouvre le portail. Sortie de la propriété, je roule doucement sur ce chemin de terre qui s’avère difficile lors des jours de pluies, mais aujourd’hui, il fait beau, le chemin est sec. J’évite les trous tant bien que mal.
Après quelques minutes, me voici sur l’axe goudronné, premier pas vers la ville, une petite route étroite avec des virages bien serrés typiques Ardéchois.
Je traverse quelques hameaux qui paraissent vide mais très bien entretenus. J’aperçois la ville au loin, cette vue est magnifique ! Entourée de montagne, au creux de la vallée, la civilisation se dessine. Je ne m’en lasserai jamais.
J’approche de la route Nationale 102, celle qui relie Montélimar à Lempdes-sur-Allagnon, environs deux cent kilomètres avec un col nommé La Chavade traversant une partie des Monts d’Ardèche.
L’été, cette route est bondée de monde. Ici, il n’y a ni train, ni autoroute et ni aéroport. Voilà un petit moment que je roule lorsque j’approche de ma destination finale.
J’arrive à Aubenas et sa zone commerciale, je me souviens qu’enfant cette zone était vide, il y avait des champs à perte de vue. Désormais, vous trouverez de tout, restaurant, fastfood, vêtements, chaussures, articles de sport, meubles, bazar, lunettes, animaux… Bref, vraiment de tout.
Le magasin qui m’intéresse, Garden Center, se situe à l’extérieur de cette zone, juste à côté. Je me gare sur le grand parking. J’apprécie ce magasin car il est spacieux, les personnes ont de l’espace pour se déplacer, en plus, j’y trouve les articles nécessaires pour mes poules et le jardin.
—Bonjour ! dis-je en souriant à la caissière de l’entrée.
Le sourire est toujours de rigueur même si je vis recluse chez moi.
À l’entrée, il y a pleins de décorations pour l’intérieur mais également un rayon de produits du terroir. Je me dirige vers le rayon animalerie pour la nourriture de mes poules puis je flâne un peu au rayon plantes. Il y a vraiment le choix. Le temps passe, je vais en caisse.
L’avantage de ce magasin, c’est qu’il n’y a pas vraiment de monde, l’attente est minime. Je charge les achats sur la banquette arrière, puis je prends la direction du grand centre commercial du secteur situé à Saint-Étienne-De-Fontbellon, c’est à quelques minutes de là. J’ai toujours connu ce commerce, Centre E. Leclerc, nous y venions enfants tous les quinze jours. Puis, un Intermarché s’est construit vers chez nous, nous descendions alors à Aubenas que rarement. Je pourrais faire la même chose, il y en a un à quarante minutes de chez moi mais je préfère ici, il y a le choix et des prix accessibles. En plus, le magasin s’est agrandit pour proposer plus de produits et services, ils vendent même des produits du terroir beaucoup moins chers qu’ailleurs. Seul bémol, c’est rempli de monde, une horreur.
Je prends mon mal en patience, je me dirige dans les rayons avec mon caddy qui se remplit au fur et à mesure. Au rayon bio, une personne me bouscule, je manque trébucher.
— Oh pardon, dis-je par réflexe.
Aucune réaction de sa part !
La personne trace sa route comme si de rien n’était ! En mode normal ! Les gens ont de moins en moins de respect, c’est affligeant… mais plus rien ne m’étonne.
Je me hâte dans mes emplettes, je languis de rentrer.
— Stacy ? C’est bien toi ? m’interpelle une femme que je ne reconnais pas au premier abord.
— Euh oui ? répondis-je avec un air interrogateur. — Nous étions ensemble au Lycée !
J’ai un instant de réflexion, oui, je la reconnais !
— Ah oui, excuse-moi Sandra, je ne t’avais pas reconnu sur le moment. Comment vas-tu ?
— Bien et toi ? Tu n’as pas changé, c’est dingue !
— Je vais bien, merci, j’ai pris quelques cheveux blancs quand même, dis-je sur un ton ironique.
— Tu deviens quoi ?
— Rien de spécial, je mène ma vie tranquillement et toi ?
— Pareil. Bon bin là, je suis pressée mais j’espère te recroiser bientôt peut-être…
— Oui peut-être, bonne continuation à toi.
— Merci, Salut !
Un échange court mais agréable malgré tout, je revois ma période lycée, l’insouciance de la vie, les rêves inassouvis, l’adolescence et ses tourments.
Que le temps passe vite…
Je regarde un peu les nouvelles sorties littéraires, le rayon est spacieux, il y en a pour tous les goûts. Certes cela ne vaut pas la FNAC qui se situe dans la zone commerciale d’Aubenas, mais c’est déjà bien. De toute façon, je n’ai pas prévu l’achat d’un livre dans mon budget d’aujourd’hui. Je suis juste un peu curieuse, j’aime tellement les livres, ma bibliothèque est archi pleine.
Ah oui ! C’est vrai !
J’ai oublié de vous dire, je suis auteure ou romancière si vous préférez, j’écris autant des romans court que long mais également des poèmes, je les partagerai avec vous volontiers plus tard, du moins, quelques un.
Derniers rayons à visiter, le surgelé et le frais. Je passe toujours à la fin par ces deux rayons alimentaires pour que la chaine de froid soit bien respectée.
Une fois fini, je me presse vers la caisse. La queue est longue, j’espère que mon frais va tenir, j’ai un peu de route à faire pour rentrer, environs cinquante-cinq minutes. Même si j’ai un frigo de voyage dans la voiture branché sur l’allume cigare, je crains toujours l’attente en caisse. En plus, les gens sont désagréables, je ne les comprendrai jamais ! Je garde le sourire en toute circonstance, un petit soupir néanmoins s’échappe de ma bouche.
Pratiquement vingt minutes entre le passage en caisse et la sortie du magasin ! La prochaine fois, je viendrai dès l’ouverture, il y aura peut-être moins de monde.
Je range les articles correctement dans le coffre, mon frais dans le frigo et mon surgelé dans un sac isotherme dernier cri censé tenir pratiquement deux heures. Par mesure de précaution, j’y ai rajouté une bouteille de deux litres d’eau congelée. Je m’installe et je pars. Même le parking est empli de monde, c’est impressionnant.
Je quitte les lieux avec soulagement, je suis libérée de cette corvée.
