La colline aux chèvres - Armand Forgeat - E-Book

La colline aux chèvres E-Book

Armand Forgeat

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Beschreibung

Il existe une colline, un peu à l'écart d'un petit village, que j'aime appeler "La colline aux chèvres ". Peu de gens y montent, sauf les chèvres, justement, qui s'y promènent librement, broutant les herbes sèches entre les pierres. C'est là que j'aime aller lorsque j'ai envie de calme. Je grimpe le petit sentier, mon carnet en poche. Je m'assieds toujours au même endroit, sur une pierre plate chauffée par le soleil. De là, la vue s'ouvre sur une large prairie. On entend le vent dans les herbes hautes. C'est un lieu simple, mais pour moi il a quelque chose de spécial. Il me permet de respirer, de ralentir, et surtout d'écrire. Mon calepin devient un terrain de jeu pour mon imagination. Les idées viennent si facilement ici ! C'est mon coin secret, mon refuge. Une colline ordinaire mais essentielle.

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Seitenzahl: 33

Veröffentlichungsjahr: 2025

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La colline de Longperrier

Du même auteur :

Les digitales pourpres - 2021

Mes chemins d’été - 2022

Les plaisirs simples - 2024

Sommaire

Préambule

La vieille dame

Au temps des jeudis sans école

Elle m'attendait

Nuit

Lettre à Rimbaud

Soir d'orage à la ferme

Fantaisie

Un troupeau en Charolais

Et puis encore des souvenirs …

Le peintre

La cour de récréation

Le chant du coq

Au fil de l'eau

Lettre au temps qui passe

Charme

La vieille barrière

J’ai dû grandi par erreur

Les meringues de tante Laurence

L’or du soir

Envolée poétique

La bibliothèque

La colline aux chèvres

Une larme coule sur sa joue

La partie de billes

Confidentiel

A la belle étoile

Les Arbres

Dans l’ombre du silence

L’hirondelle

Au bord de la mare

La mère et l’enfant

La maison de Jean

Repos

Le goûter chez grand-mère

Le Papillon et la Rose

Grandvaux

Sous le voile de la pluie

Déjeuner sur l'herbe

La sortie de l’école

Il est déjà bien tard

Rencontre

Une journée de juin

Sur ton chemin

Le petit poêle

Méditation

Naissance d’un printemps

Le Paon

Préambule

Le jour se lève doucement avec les premiers rayons du soleil qui percent à travers le feuillage de la forêt environnante. Grand-Père ouvre les volets de bois de sa petite maison ; l’odeur des fleurs mellifères et de l’herbe encore humide de rosée emplit l’air. La basse-cour se réveille… Assis à la table de bois patinée par le temps, je prends mon petit-déjeuner au bon goût de pain frais et de beurre fermier ; j’entends le cliquetis des seaux et le bruissement des vaches qui s’agitent : c’est l’heure de la traite, mon père levé depuis bien longtemps soigne les bêtes. Le temps se suspend, je reste un moment devant mon bol fumant à respirer les parfums qui entrent par la fenêtre ouverte.

En ce début du jour, je vais courir derrière les papillons sur les chemins herbeux qui conduisent aux champs ; ces champs, mes champs, chacun porte un nom dont l’origine m’échappe : les Barennes, les Défriches, le Seyan ; là paissent les petits veaux nés au dernier printemps, plus loin j’aperçois le troupeau de moutons ; je m’arrête un instant pour cueillir les mûres sauvages et les fraises des bois qui luisent à l’ombre des haies. Du regard j’explore la forêt où les sentiers encore tapissés des feuilles du dernier automne font le régal des geais qui y cherchent quelques graines.

Encore quelques pas et je rejoins Grand-Père assis près de l’auge où il fait couler de l’eau pour le bétail. J’aime à l’écouter me conter la vie d’antan ; il me confie que rien n’a vraiment changé ici, le temps a conservé ses souvenirs d’enfance qui sont les miens maintenant. Je reste là, au contact de la nature…

Il est passé bien des années. Je reviens souvent en ces lieux, marcher dans les pas de mon enfance. Puis, je m’assieds sur un rocher, le même rocher qu’autrefois, un petit calepin à la main, je note les images du passé qui surgissent ; devant moi, elle trône dans toute sa splendeur : la colline aux chèvres.

La vieille dame

Derrière un rideau en dentelle vieillie,

Elle demeure de longues heures à la fenêtre.

Balayant d'un regard mélancolique l'horizon infini,

Le même qu'il y a quatre-vingt-dix ans l'a vue naître.

Ici se sont écoulées tant de belles années,

Que des photos en noir et blanc racontent si bien,

Mais le temps assassin a très vite tout emporté,

Laissant comme un vide, un nouveau monde orphelin.

Que sont devenues ses amies d'autrefois ?

Elle pense à elles, à ces douces soirées,

Où auprès d'un bon feu de cheminée

Elles contaient leur vie, leurs chagrins et leurs joies ....

Au temps des jeudis sans école

Mes chers jeudis...