4,99 €
Il existe une colline, un peu à l'écart d'un petit village, que j'aime appeler "La colline aux chèvres ". Peu de gens y montent, sauf les chèvres, justement, qui s'y promènent librement, broutant les herbes sèches entre les pierres. C'est là que j'aime aller lorsque j'ai envie de calme. Je grimpe le petit sentier, mon carnet en poche. Je m'assieds toujours au même endroit, sur une pierre plate chauffée par le soleil. De là, la vue s'ouvre sur une large prairie. On entend le vent dans les herbes hautes. C'est un lieu simple, mais pour moi il a quelque chose de spécial. Il me permet de respirer, de ralentir, et surtout d'écrire. Mon calepin devient un terrain de jeu pour mon imagination. Les idées viennent si facilement ici ! C'est mon coin secret, mon refuge. Une colline ordinaire mais essentielle.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 33
Veröffentlichungsjahr: 2025
La colline de Longperrier
Les digitales pourpres - 2021
Mes chemins d’été - 2022
Les plaisirs simples - 2024
Préambule
La vieille dame
Au temps des jeudis sans école
Elle m'attendait
Nuit
Lettre à Rimbaud
Soir d'orage à la ferme
Fantaisie
Un troupeau en Charolais
Et puis encore des souvenirs …
Le peintre
La cour de récréation
Le chant du coq
Au fil de l'eau
Lettre au temps qui passe
Charme
La vieille barrière
J’ai dû grandi par erreur
Les meringues de tante Laurence
L’or du soir
Envolée poétique
La bibliothèque
La colline aux chèvres
Une larme coule sur sa joue
La partie de billes
Confidentiel
A la belle étoile
Les Arbres
Dans l’ombre du silence
L’hirondelle
Au bord de la mare
La mère et l’enfant
La maison de Jean
Repos
Le goûter chez grand-mère
Le Papillon et la Rose
Grandvaux
Sous le voile de la pluie
Déjeuner sur l'herbe
La sortie de l’école
Il est déjà bien tard
Rencontre
Une journée de juin
Sur ton chemin
Le petit poêle
Méditation
Naissance d’un printemps
Le Paon
Le jour se lève doucement avec les premiers rayons du soleil qui percent à travers le feuillage de la forêt environnante. Grand-Père ouvre les volets de bois de sa petite maison ; l’odeur des fleurs mellifères et de l’herbe encore humide de rosée emplit l’air. La basse-cour se réveille… Assis à la table de bois patinée par le temps, je prends mon petit-déjeuner au bon goût de pain frais et de beurre fermier ; j’entends le cliquetis des seaux et le bruissement des vaches qui s’agitent : c’est l’heure de la traite, mon père levé depuis bien longtemps soigne les bêtes. Le temps se suspend, je reste un moment devant mon bol fumant à respirer les parfums qui entrent par la fenêtre ouverte.
En ce début du jour, je vais courir derrière les papillons sur les chemins herbeux qui conduisent aux champs ; ces champs, mes champs, chacun porte un nom dont l’origine m’échappe : les Barennes, les Défriches, le Seyan ; là paissent les petits veaux nés au dernier printemps, plus loin j’aperçois le troupeau de moutons ; je m’arrête un instant pour cueillir les mûres sauvages et les fraises des bois qui luisent à l’ombre des haies. Du regard j’explore la forêt où les sentiers encore tapissés des feuilles du dernier automne font le régal des geais qui y cherchent quelques graines.
Encore quelques pas et je rejoins Grand-Père assis près de l’auge où il fait couler de l’eau pour le bétail. J’aime à l’écouter me conter la vie d’antan ; il me confie que rien n’a vraiment changé ici, le temps a conservé ses souvenirs d’enfance qui sont les miens maintenant. Je reste là, au contact de la nature…
Il est passé bien des années. Je reviens souvent en ces lieux, marcher dans les pas de mon enfance. Puis, je m’assieds sur un rocher, le même rocher qu’autrefois, un petit calepin à la main, je note les images du passé qui surgissent ; devant moi, elle trône dans toute sa splendeur : la colline aux chèvres.
Derrière un rideau en dentelle vieillie,
Elle demeure de longues heures à la fenêtre.
Balayant d'un regard mélancolique l'horizon infini,
Le même qu'il y a quatre-vingt-dix ans l'a vue naître.
Ici se sont écoulées tant de belles années,
Que des photos en noir et blanc racontent si bien,
Mais le temps assassin a très vite tout emporté,
Laissant comme un vide, un nouveau monde orphelin.
Que sont devenues ses amies d'autrefois ?
Elle pense à elles, à ces douces soirées,
Où auprès d'un bon feu de cheminée
Elles contaient leur vie, leurs chagrins et leurs joies ....
Mes chers jeudis...
