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L'histoire de la très grande amitié entre Gila une apprentie gardienne et Edouard un adolescent comme les autres. Ils vont devoir affronter les disciples du Diable pour les empêcher de détruire le monde.
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Seitenzahl: 132
Veröffentlichungsjahr: 2015
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A ma famille et à mes amis
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Épilogue
Remerciements
J’étais là, étendu dans une mare de sang …de mon sang. Les larmes coulaient sur mes joues.
J’avais enlevé le poignard de mon ventre et je m’étais laissé glisser sur le sol.
La flaque de sang était bien assez grande maintenant cependant, je ne mourais pas, mais je continuais de souffrir. On dit souvent que la souffrance est pire que la mort et là, c’était le cas.
Les arbres gigantesques m’entouraient de leurs branches. Mais ils n’avaient rien de réconfortants ; cette forêt était sombre et maléfique. C’était dans les ténèbres que j’allais mourir. Je voyais les ombres de mes agresseurs s’en aller dans la nuit. Il fallait que je les arrête, mais j’avais échoué. Que deviendra ce monde ? Et moi, que vais-je devenir ? Et mon père ? Et ceux qu’il y a quelques mois, je ne connaissais pas encore. Je repense à cette fille aux yeux aussi noirs que cette forêt, aussi noirs que les ténèbres. Dans la souffrance, je revois tout ce que j’ai mal fait dans ma vie, et je regrette tout ça.
Mais il est difficile de penser à ça quand on est allongé sur la terre et dans le sang.
Je vois la lune, sans doute pour la dernière fois de ma vie ; puis je meurs.
Le réveil sonne et je fais semblant de ne pas l’avoir entendu. Normal, c’est la rentrée. Malheureusement, mon père, lui, l’a entendu.
– Edouard, descends tout de suite !
Je ne l’écoute pas. D’ailleurs, cela fait des années que je ne l’écoute plus; depuis la mort de maman en fait …
Oh non, il monte ! Mon père rentre dans la porcherie qui me sert de chambre et chaque fois, il se pince le nez devant l’odeur.
– Edouard Frédéric Henry Casmère, je ne le répéterai pas dix fois.
Ouah, s’il croit que c’est en prononçant mon nom en entier qu’il va m’impressionner. Mais je me lève quand même. Je prends un pantalon au hasard, sans me soucier de savoir s’il est propre ou pas, et je l’enfile. Je traîne jusqu’à la salle de bains où je me peigne vite fait et me mouille le visage. Avec mon allure de voyou et mes cheveux en bataille, je sais que personne ne voudra sortir avec moi un jour. Il est 7h46, ce qui veut dire que dans quatre minutes, mon bus arrive. Je mets donc mon blouson en jean fétiche et mes baskets crados et je pique un pain au chocolat. J’ouvre la porte et je vois mon meilleur ami Erick en face de moi.
– Salut, dit-il.
– Salut mon pote.
Et je sors de la maison sans avoir dit au revoir à mon père. Mon cartable est presque vide et je n’ai aucune envie de le remplir de livres et de cahiers. Les pires inventions de torture de tous les temps. Vous avez compris que l’école, ce n’est pas vraiment mon truc. J’ai quatorze ans, je dois donc passer le brevet. Si je n’ai pas encore redoublé, c’est uniquement parce qu’Erick est toujours nommé délégué, mais les professeurs m’ont averti que cette année, ils ne me feront pas de cadeaux. Mais comme ce matin, j’ai fait le sourd d’oreille. L’obéissance n’est pas ma qualité, par contre, je sais me faire des amis. J’ai beaucoup d’amis. Je me range avec ma nouvelle classe. Chacun bavarde, se raconte ses vacances. Personnellement, je suis resté chez moi. Je n’ai pas pu aller en vacances. De toute façon, avec mon père, ça n’aurait pas été la fête.
En fait, ma mère est morte quand j’avais neuf ans dans un accident de voiture.
Du coup, mon père et moi avons déménagé ici, à Irigny près de Lyon. Bien qu’il soit agent immobilier, il nous a choisi une maison à quatre pièces vraiment moche.
« On est que tous les deux, pas besoin d’un palace, m’avait-il dit. »
C’est au collège que je me suis adapté, grâce à mes amis mais depuis, mon père et moi, nous ne nous parlons plus.
En classe, monsieur Clément, mon professeur principal, se présente. Il nous raconte sa vie en fait.
Puis, il nous distribue nos emplois du temps. Il est comme d’habitude, nul. L’emploi du temps ou le prof? Ma lecture de cet emploi du temps est interrompue par quelqu’un qui frappe à la porte.
– Entrez, crie le prof !
Une jeune fille de mon âge entre dans la pièce. Elle a de longs cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules, des yeux noirs profonds. Elle dégage quelque chose de terrible, d’effrayant et de mystérieux. Monsieur Clément la reconnaît.
– Ah, vous êtes la nouvelle élève, Gila Graine ?
– Oui monsieur.
Au son de sa voix, je devine qu’elle est méfiante et mal à l’aise. Soudain, la nouvelle me regarde pendant cinq secondes. À ce moment-là, il se passe quelque chose, à ce moment-là, je sais qu’elle a quelque chose de spécial.
– Très bien, continue monsieur Clément, asseyez-vous là au deuxième rang.
Et il indique la place juste devant moi. Gila s’assoit et monsieur Ne-se-tait-jamais continue son discours :
– Bien, maintenant, nous allons faire les binômes. Mes amis et moi discutons sur le choix des binômes.
Erick, lui, décide finalement de se mettre avec Louis.
– Gila, votre binôme ?
– Je n’en ai pas, monsieur.
– Allons, je sais que c’est une nouvelle élève mais vous êtes en nombre pair alors quelqu’un veut bien se mettre avec Gila ?
Personne ne lève la main. J’entends certains se demander pourquoi cette fille a atterri dans cette classe. Mais Monsieur Clément perd patience.
– Gila, où habitez-vous ?
– Ici, à Irigny.
– Timothée, tu vis à Irigny toi aussi, mets-toi avec elle.
– Oh…. non, murmure celui-ci.
On voit bien qu’il a vraiment peur. Sans savoir pourquoi, je lève la main.
– Ah Edouard, merci.
Gila se retourne pour me regarder une nouvelle fois, mais cette fois, elle a l’air surprise. Mes amis me regardent comme si j’étais devenu fou.
C’est là que la cloche sonne.
La récré est une délivrance. J’en profite pour rejoindre mon groupe de copains. Ils sont là avec quelques filles de notre classe. Quand il me voit, Bruno, le gars le plus populaire, notre leader, fonce vers moi.
– T’es fou de vouloir être le binôme de cette fille !
– Qui, Gila ?
– Ben oui, Gila.
– Qu’est-ce que vous avez contre elle ?
– Attends, tu ne sais pas qui est son grand-père ? me dit Sonia.
– Non, vous connaissez la famille de la nouvelle ?
Bruno m’explique :
– Son grand-père vivait à Irigny depuis toujours comme ses ancêtres. Il passait ses journées sur une chaise à fixer la forêt. Le vieux Grégory est un fou, tout le monde le sait. C’est mon père qui me l’a dit. Il était à l’école avec son fils, un certain Robert, ce type est super bizarre et apparemment, il a déménagé à Lyon, il y a environ vingt ans. Il est revenu avec sa famille pour l’enterrement du papy et ils ont hérité de la maison.
– D’accord, mais quel est le rapport avec Gila et son grand-père ?
– T’as pas vus ses yeux, s’étonne Erick ?
– Si, ils sont noirs, très noirs.
– C’est comme ça qu’on reconnaît les possédés, dit Florian.
– Les possédés de qui ?
– Du Diable bien sûr, assure Bruno.
C’est moi ou mes amis ont pété un plomb ?
– Ses yeux sont noirs comme les enfers. Le vieux Grégory avait les mêmes. Et mon père dit que son fils aussi, affirme Bruno.
Je trouve que mes amis exagèrent un peu. O.K, ses yeux ne sont pas normaux mais quand même, ils me déçoivent sur ce coup-là. Je baisse la tête pour ne pas croiser leur regard. D’une étrange façon, cette fille m’attire.
La récré est finie, nous allons assister à notre premier cours. Je fais exprès de croiser Gila pour regarder ses yeux. Mes amis avaient raison, ils sont noirs comme les ténèbres. Mais ce n’est pas une raison pour dire qu’elle est possédée. Quand on rentre dans la classe, je me mets à côté d’elle dans le fond. De toute façon, je n’aime pas être devant. Mme Maryse, notre professeur d’espagnol, se présente et nous demande chacun à notre tour de nous présenter. Lorsque c’est au tour de Gila, celle-ci se lève et commence à se présenter en espagnol. J’apprends qu’elle est fille unique et qu’elle vivait à Lyon, enfin ça je le savais déjà, Bruno me l’a dit. Je la trouve très intelligente et ça me plaît, pourtant en temps normal, je déteste les gens qui ont une telle facilité à retenir les leçons alors que pour moi, ouvrir un livre est une torture. La vérité me frappe soudain. Je suis en train de tomber amoureux. Je n’aurai jamais pensé que ça l’arrivera un jour. L’ennui, c’est que depuis que l’on a annoncé les binômes, Gila ne me regarde plus et elle ne m’adresse pas la parole. Elle se comporte avec moi comme avec les autres, elle m’ignore. Et ça, ça me fait mal. Elle est assise à côté de la fenêtre et elle n’arrête pas de fixer l’horizon. Elle a l’air tendue. Sa manche glisse et je vois apparaître sur son bras une blessure. On dirait qu’elle s’est coupée plusieurs fois.
Gila a remarquée mon manège et elle s’empresse de descendre sa manche jusqu’à son poignet. Elle me fusille du regard, mais je ne comprends pas pourquoi, je n’ai rien fait après tout. Prudent, je chuchote.
– Salut, je m’appelle Edouard.
Gila ne bronche pas, mais je continue.
– Moi, je vis à Irigny depuis toujours, même si j’ai changé de maison entre temps. Et Lyon, c’est bien comme ville ?
Gila serre ses poings si fort que ses phalanges en deviennent blanches. J’ai comme l’impression qu’elle se retient de me frapper. Et puis, elle se calme et je n’ajoute pas un mot. Mais je suis furieux, elle aurait pu me répondre quand même.
La journée se termine. Et aussi bizarre que ça puisse paraître, j’ai hâte de retourner à l’école. Pour la revoir. Pour pouvoir lui parler et pour qu’elle me réponde. Je la vois monter dans un bus et partir. Oui, j’ai hâte d’être à demain.
C’est décidé, aujourd’hui je vais lui parler. Je suis devant mon miroir, je ne sais pas quoi me mettre. J’ai un peu honte parce que, normalement, c’est un problème de filles. Avant, je prenais tout ce qui me passait sous la main. Je ne suis plus du tout le même ; j’ai l’impression d’être plus tendre mais en même temps plus fort. Je suis invincible. Pendant que je mange mes céréales, mon père me regarde, surpris. Il faut dire que j’ai mis mon plus beau jean et une belle chemise comme si c’était la photo de classe. Bien entendu, j’ai gardé mon blouson fétiche, un peu sale. C’est vrai que je suis un peu fatigué et nerveux, car je n’ai pas dormi de la nuit, donc pour une fois, je ne vais pas être en retard à l’école. Heureusement, mon père ne me pose pas de questions et j’entends Erick sonner à la porte. Quand il me voit, il écarquille les yeux.
– Qu’est-ce qui t’est arrivé cette nuit ?
Je ne réponds rien et nous marchons tous les deux jusqu’à l’arrêt de bus. Erick me regarde de haut en bas et de bas en haut.
– Alors, c’est qui cette fille ?
Décidément, les copains nous connaissent par cœur. Mais je n’ai pas oublié qu’il s’était rangé du côté des autres pour critiquer Gila.
– Tu ne veux pas me le dire.
Il a l’air vexé mais tant pis. De toute façon, le bus arrive.
Elle est là, juste en face de moi. Ses yeux noirs me regardent avec intensité.
Derrière elle, il y a une forêt très sombre, aussi noire que les yeux de Gila.
J’ai l’impression que les arbres aussi me regardent. Je m’approche jusqu’à ce que je vois ce qui coule sur les joues de Gila. Des larmes …
Je me réveille brusquement et je me rends compte que je m’étais endormi dans le bus. C’est Erick qui m’a donné un coup de coude pour me prévenir qu’on était arrivé. Je bondis hors du bus, je veux à tout prix retrouver Gila. Elle est sous le préau et elle me voit arriver. J’ai vraiment l’impression qu’elle ne m’aime pas. Je commence à peine à ouvrir la bouche quand elle me dit :
– Tu es Edouard Casmère ?
– Heu….
Mince, je ne pensais pas qu’elle me parlerait, maintenant je m’embrouille.
– T’as perdu ta langue ? se moque-t-elle.
– Oui, enfin non, mais si, enfin c’est moi Edouard Casmère.
Je souris bêtement. Gila pouffe. Bon au moins, j’ai réussi à la faire rire. D’un autre côté, je me suis montré parfaitement ridicule. Mes amis et d’autres personnes que je ne connais pas ont assisté à la scène et me regardent bizarrement.
J’essaye de me calmer un peu. Je demande à la nouvelle :
– Alors, finalement tu ne m’ignores pas ?
Elle paraît surprise, car elle fronce les sourcils.
Finalement elle dit :
– Toi, tu ne m’ignores pas alors que tu devrais.
Je rêve, elle me sourit. Elle est si jolie quand elle sourit. Je profite de ce moment. Un moment un peu gâché car tous les élèves sous le préau nous regardent comme si nous étions des extra-terrestres.
Bon, je me lance.
– Gila, comme t’es nouvelle et qu’on est binôme, on pourrait devenir amis tous les deux, enfin si tu veux.
J’ai pas envie qu’elle sache que je craque pour elle alors qu’on ne se connaît que depuis hier et puis, être amis, ça me convient très bien….pour l’instant.
Mais sa réponse fut brève.
– Non.
– Pourquoi, tu ne m’aimes pas ? Tu peux me le dire tu sais.
– Je n’ai pas le droit de te parler ni de t’approcher.
– C’est stupide !
– Si tu veux vivre, non.
Et elle me plante là. Je suis abasourdi. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. En fait, j’avais raison, cette fille est vraiment mystérieuse. Et en même temps, elle me fiche les chocottes. Bruno, Erick et toute ma bande de copains arrivent.
Erick me lance.
– Alors, c’est elle, cette fille.
– Quoi ?
– Erick nous a raconté ce qui t’arrivait, dit Bruno, mais t’es fou.
– Vous n’allez pas recommencer avec cette histoire débile de possédés. C’est bon, Gila est une fille normale, c’est tout.
− Tu ne sais pas ce que je sais. Elle est en train de te tendre un piège. Tu seras vite possédé toi aussi ou pire …tué.
– Ouah, j’ai trop peur, dis-je, d’un ton ironique.
– Tu fais le malin mais moi, j’essaye de te protéger, mon pote.
– Ouais, ben t’es pas mon père.
Je le repousse et je vais vers ma classe qui commence à se ranger. Erick est le seul à me rejoindre.
– Edouard
– Va-t’en, je ne veux plus te parler !
Je le pousse, lui aussi. Il me regarde d’un air dépité.
Je ne m’arrête pas, mais j’entends Bruno me dire :
– Ta mère, elle, elle est retournée dans le droit chemin.
Qu’est-ce qu’il me raconte ? Et de quel droit parle-t-il de ma mère comme ça ?!
Je retourne sur mes pas et je frappe Bruno de toutes mes forces. Il tombe par terre. Son menton saigne et il me regarde avec plein de haine.
– T’as vu, elle est déjà en train de te transformer en démon !
Je lui crache dessus et je pars me ranger.
C’est le week-end et je m’ennuie profondément. Alors, pour la première fois de ma vie, je range ma chambre. Je retrouve toutes mes affaires sales. C’est-