La porte des dragons - Patrick Coulomb - E-Book

La porte des dragons E-Book

Patrick Coulomb

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Beschreibung

Décembre 2012. Les Mayas ont annoncé la fin du monde. Non, elle n'aura pas lieu. A moins que... Depuis plusieurs mois la Terre fait face à une agression inédite, celle des dragons. Les humains vont-ils résister et survivre, et qui sera capable de les sauver ? C'est un écrivain en mal d'inspiration, Biagio La Marca, qui va se retrouver au coeur de la tourmente, secondé par une mystérieuse chercheuse qui est aussi chiromancienne. "La porte des dragons" est le premier volet d'une fantaisie dystopique, "Vienne le temps des dragons", dont le second volet, "Orenoen" paraît concomitamment.

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Seitenzahl: 98

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Sommaire

Note et préface de l’auteur

Epigraphe

SUR LA TERRE DES DRAGONS – PROLOGUE

Pour commencer

Jeudi 17 mai 2012.

Jeudi 21 juin 2012.

Jeudi 27 juillet 2012.

Samedi 28 juillet 2012.

Dimanche 29 juillet 2012.

Dimanche 26 août 2012.

Dimanche 26 août 2012.

Lundi 27 août 2012.

Mardi 28 août 2012.

Mardi 28 août 2012.

Mardi 11 septembre 2012.

SUR LA TERRE DES DRAGONS

Lundi 1er octobre 2012.

Samedi 10 novembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

Vendredi 21 décembre 2012.

SUR LA TERRE DES DRAGONS – EPILOGUE

The End

Dans la même collection

Du même auteur

Indication

Remerciements

Note et préface de l’auteur

La première partie de ce texte a été écrite durant l’année 2012, alors que sévissait sur toute une partie de la planète la croyance fantasmatique en une prophétie maya qui annonçait la fin des temps pour le 22 décembre de cette année-là. De cette amusante conjecture est née l’idée de cette histoire, qui n’a pourtant rien à voir avec les Mayas...

Les événements rapportés dans ce texte sont bien évidemment fictifs et imaginaires, et toute ressemblance avec des personnages réels serait fortuite ou involontaire. Toutefois, s’il était amusant de se servir de la théorie maya d’une fin du monde en 2012, il est « amusant » aussi de penser que les dragons ne sont peut-être pas seulement le fait d’une hallucination collective. J’ai beaucoup pensé au film de Rob Bowman Le règne du feu en écrivant ces pages (Reign of Fire, 2002) ainsi qu’aux nombreuses légendes sur les dragons, britanniques ou d’autres origines. Il y a un mystère réaliste dans l’existence de ces créatures.

Il y a d’ailleurs toutes sortes de réalismes possibles. Celui que l’on tente de nous vendre ces temps-ci (et cela fait un moment que ça dure) se fonde volontiers sur l’existence d’un dieu créateur. De bons esprits tentent - ou ne tentent pas - de faire coïncider cette vision des choses (rassurante pour quantité d’individus) avec la vision de la science, difficilement compatible avec la foi. On s’accommode donc, plus ou moins volontiers, suivant sa culture et sa religion, de cette éventuelle compatibilité entre une création divine et un monde né en quelque sorte de lui-même. Pour un athée, il est impensable qu’un dieu (mais lequel d’ailleurs, puisque plusieurs se targuent d’être ce Créateur originel ?) ait créé l’univers. Pour l’homme de foi à l’inverse, impossible de croire que ce n’est pas Dieu (Allah, Yahvé, ou tout autre nom qui lui est donné) qui soit à l’origine de tout.

Mais qu’y avait-il avant ce fameux dieu - si tant est qu’il y eut un « avant » aux choses - qui l’a fait naître ? Les théologiens se battent sans doute pour faire entendre leurs visions... Cependant, la multiplicité de ces dieux créateurs monothéistes peut aussi être considérée comme une rémanence du « multithéisme » qui a précédé ce triple ou quadruple monothéisme. Et cela est intéressant et nous donne une piste vers une autre voie, un chemin de traverse qui n’est pas incompatible lui avec l’athéisme. Ni avec l’existence des dragons… Quel chemin ? Celui de la spiritualité chamanique, moins dogmatique que les monothéismes et - paradoxalement peut-être - capable de davantage prendre en compte le réel, ou tout au moins de mieux l’adapter. Ces religions « primitives », dont on ressent encore l’influence dans nos monothéismes conquérants, étaient faites de « petites » spiritualités, à l’échelle d’une forêt, d’un village, d’une rivière. Elles n’interdisaient rien, elles expliquaient tout par de fragiles passerelles qui rendaient compte déjà d’un possible compromis entre le monde tangible et celui de l’esprit. Pas nécessairement un monde divin, mais un monde de forces impalpables, cachées, secrètes. « Je crois aux forces de l’esprit », déclara un jour un des présidents de la République française, François Mitterrand, et que faisait-il d’autre alors sinon exprimer à sa manière ce chamanisme pragmatique des peuples premiers ?

Débarrassé des oeillères du monothéisme (peu importe lequel) l’être humain peut devenir alors la corde sensible qui vibre avec son environnement. Or, parmi les possibles, la science nous révèle aujourd’hui que notre univers pourrait être un parmi d’autres, non pas éloignés dans le temps et l’espace, mais « parallèles »... C’est la théorie du physicien américain Hugh Everett, publiée dans les années 1950, et la célèbre expérience du chat de Schrödinger. De tous temps, des passeurs entre les mondes nous sont alertés sur cette éventualité d’une multiplicité des univers. Ce roman est en quelque sorte l’histoire, contemporaine, de l’un de ces passeurs.

A l’impossible.

"Le Drac fut le premier à se réveiller.

Puis vint King Gidorah.

Dans les villes s’installèrent

quelques croque-mitaines;

dans les campagnes les ogres des contes

et légendes refirent leur apparition.

Ils aimaient toujours la chair fraîche.

Il ne faisait pas bon être un enfant".

Biagio LaMarca,

Chronique des événements étranges survenus après

le 22 décembre 2012.

SUR LA TERRE DES DRAGONS – PROLOGUE

Discours de Siwolfann-Riink au Conseil Supérieur de Tarra-001

« Il se passe des choses étranges dans les mondes. Oui, mes amis, des choses étranges. Sur les centaines de Tarras parallèles que nous avons répertoriées, rares sont celles qui possèdent le même équilibre que celui qui est le nôtre. Mais elles sont pour la plupart trop éloignées dans les cordes pour représenter un danger. Des explorateurs de notre espèce ont voyagé dans les Tarras, puisque nous avons ce privilège qui semble à ce jour unique de pouvoir nous déplacer de corde en corde. Ils ont pu ramener des récits quelquefois anecdotiques, quelquefois inquiétants, mais au bout du compte, rien qui nous mette réellement en danger. Sauf sur l’une d’entre elles, notre voisine, que nous avons nommée 408 et qu’ils appellent de divers noms, car ils ne parlent pas d’une seule et même langue. Terre, Terra, Earth, Erde, Aarde, est habitée, je devrais dire infestée, par une espèce de petite taille qui a compensé son absence d’aptitudes physiques (ils ne peuvent ni voler, ni cracher du feu) par un développement scientifique et technologique aveugle. Ils avancent dans le noir, sans comprendre les conséquences de leurs actes, mais ils avancent. Et la progression de 408 menace aujourd’hui notre propre Tarra.

C’est pourquoi le Conseil a décidé d’envoyer des Eclaireurs, avec une double intention : mesurer et contrôler. C’est-à-dire mesurer le danger que 408 nous fait encourir et, si le besoin s’en fait sentir, contrôler 408, en prendre les rênes. Les petits hommes qui la peuplent sont nombreux, mais, comme vous le savez, nous avons plusieurs possibilités pour les maîtriser : en premier lieu la terreur, car ils ont peur de nous, le passé l’a démontré lors des quelques incursions que nous avons déjà fait sur 408, ou la fusion. Car nous pouvons, peut-être, éviter la violence. Certains d’entre nous, les Supra, sont directement connectés par les cordes à d’autres individus sur plusieurs des mondes parallèles, et en particulier sur notre voisin 408. Cette connexion, dont nous n’avons pas défini toute la complexité organique, peut mener à la fusion. La fusion est une opération dangereuse, elle ne garantit pas la prééminence de notre espèce, mais, même si plusieurs des Supra doivent finalement se transformer en apparence pour devenir des humains, ils resteront à l’intérieur les dragons que nous sommes et pourront ainsi prendre le contrôle de 408 et la rediriger dans un sens qui ne nous soit pas funeste. Je vous concède, mes chers amis, que la Terreur est une solution plus simple en première analyse, mais les Eclaireurs qui vont partir sur 408 nous feront leur rapport, et nous saurons bientôt de quelle manière nous allons devoir régler le problème que nous posent les hommes... »

Pour commencer

« I got my mojo working,

but it just don’t work on you

I got my mojo working,

but it just don’t work on you. »

Muddy Waters – “Got My Mojo Working” (1957).

En ce temps-là j’avais le mojo. Je veux dire qu’on aurait bien dit que la chance me souriait, parfois faut pas chercher à comprendre. Ma bagnole n’était pas tombée en rade depuis plus de six mois ; j’avais rencontré une blonde dans un bar et le rodéo avait bien duré quarante-huit heures avant qu’elle ne me largue, puis une jolie brune que je voyais de temps en temps et qui me faisait entrevoir d’autres horizons possibles que le célibat ; même mes locataires étaient cool, puisqu’ils me payaient tous les mois rubis sur l’ongle les loyers qu’ils me devaient. Il faut dire que j’avais embauché un gars pour faire la tournée à ma place qui savait y faire - gentiment - avec les récalcitrants. Bref, j’avais de quoi voir venir, de quoi circuler, et même un lit douillet où aller me changer les idées avec une « chouette nana ». Un vrai héros de série B des années 70. C’était trop beau pour être vrai.

Faut croire.

Les choses ont commencé à se gâter autour du mois de mai. D’abord rien, je ne m’en suis pas aperçu, une impression diffuse, un truc bancal : la sensation qu’une ombre furtive me croisait, ou passait derrière moi. C’est arrivé une fois, puis une autre, à plusieurs semaines d’intervalle. Rien de captivant, rien d’angoissant. Des ombres qui passent. Il en passe tous les jours, pas vrai ? D’ailleurs je ne peux pas dire que je m’en étais vraiment aperçu, pas consciemment. Est-ce qu’on s’aperçoit de ces choses-là ?

Jeudi 17 mai 2012.

Jour de la mort de Donna Summer.

« I’m all lost in the supermarket,

I can no longer shop happily

I came in here for that special offer,

a guaranteed personality. »

The Clash – “Lost In A Supermarket” (1979).

C’est pendant que je faisais des courses avec Jennifer - cette jolie brune que je voyais de temps en temps - que ça s’est précisé. Je venais d’avoir la sensation bizarre qu’une ombre était sortie du rayon boucherie, avait traversé la travée et s’était fondue dans les steacks hachés...

- Tu as pas senti un truc bizarre ?

- Genre ?

- Genre, comme si une ombre nous était passée à côté.

- N’importe quoi, monsieur voit des ombres maintenant, tu sais que ça se soigne ?

Je haussais les épaules, résigné, de toutes façons comment faire partager une sensation aussi fugace ? Je fis donc à Jenn une réponse passe-partout.

- Laisse tomber, il fait un froid de canard dans ce supermarché, ça doit être ça.

On a repris nos petites affaires, rempli le chariot avec à peu près quinze millions de trucs inutiles et on a filé chez elle. Je lui avait promis que ce soir c’était moi qui faisais la cuisine, et j’avais l’intention de nous concocter un vrai repas 4 étoiles. Mais je sentais Jennifer plus troublée que ce qu’elle voulait bien dire par ce que j’avais lâché entre les gigots et les steacks hachés... Avant de monter dans le gros Mercedes Vito qui me servait de véhicule quotidien, elle ausculta le parking du magasin avec des mines de Sioux puis elle me fit :

- Tu sais sur quoi c’est construit ici ?

- Nan, pourquoi ?

- C’était la nécropole d’une tribu celto-ligure, on a appris ça il n’y pas longtemps, j’ai fait un article dessus dans le journal.

- Et après ?

- Et après, et après, tu me dis que tu vois des ombres et on est en plein sur un cimetière, tu trouves pas ça bizarre, toi ?

Je la trouvais surtout à croquer avec sa voix rauque et son micro-débardeur, aussi je lui fis un de mes sourires estampillés « à-faire-fondre-la-banquise » et je démarrai le Vito, direction son lit, et plus vite que ça, pour le repas, on s’en occuperait après.

Jeudi 21 juin 2012.

Solstice d’été. 11eanniversaire de la mort de John Lee Hooker.

« It’s close to midnight and something evil’s

lurking in the dark