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Les sciences sont au cœur des grandes problématiques actuelles, de la lutte contre le changement climatique à la gestion des crises environnementales et sanitaires. Pourtant, de nombreuses informations scientifiques sont souvent contestées sans fondement solide, notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux. Cet ouvrage offre un dictionnaire des termes clés à maîtriser en seconde, tirés des programmes officiels, afin de renforcer l’esprit critique des élèves face aux fausses informations. Il vise à fournir les bases nécessaires pour comprendre les enjeux scientifiques et participer activement à la formation de citoyens.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Professeur certifié en SVT, Ghislain Soulier mène depuis plusieurs années une réflexion continue sur des méthodes pédagogiques plus actives et participatives. La rédaction de cette œuvre s’inscrit dans cette approche, visant à encourager l’expression de l’esprit critique chez les élèves, et pourquoi pas chez les adultes, si eux aussi décident de s’emparer de cet outil.
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Seitenzahl: 104
Veröffentlichungsjahr: 2026
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Ghislain Soulier
Le dictionnaire des SVT
Comprendre le vocabulaire des SVT
pour se positionner dans les débats
scientifiques qui agitent nos sociétés
© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2025
www.lysbleueditions.com
ISBN : 979-10-422-9531-8
À Rémy et Nathalie,
partenaires indéfectibles
et bienveillants de nos projets.
Introduction
Je viens de lire un des derniers livres de Thomas Porcher1. Au-delà de l’intérêt que j’y ai trouvé, c’est le format qui m’a interpellé. Un dictionnaire. Rien de bien compliqué, du vocabulaire expliqué simplement pour que tout le monde puisse avoir les connaissances minimales sur des sujets variés. C’est en tout cas l’ambition de son livre.
Je me suis alors posé cette simple question : est-ce que cela existe en SVT ? Oui, un dictionnaire, simple, avec du vocabulaire expliqué et illustré. J’ai un peu cherché, je n’ai rien trouvé de tel, il existe bien un dictionnaire, mais peu adapté au public ciblé.
Étonnant. Ou alors, je ne sais pas chercher (ce qui est une hypothèse crédible).
Alors, voilà, c’est décidé, je me lance dans l’écriture de ce livre. Non pas que je me sente une âme d’écrivain, mais disons plutôt que j’ai envie d’apporter un nouvel outil qui permettra, aux élèves de seconde, de mieux comprendre les notions scientifiques que nous employons.
Des connaissances mal maîtrisées
Premier constat, un vocabulaire et des concepts qui sont parfois difficiles à expliquer en cours, tant le temps nous manque pour cela. Jugez plutôt.
En classe de seconde, nous disposons d’une heure trente minutes de cours par semaine. Enfin, plutôt une heure et vingt minutes si on considère le temps d’arrivée et d’installation des élèves. Bref, un temps bien insuffisant pour faire passer un message clair et complet. Et surtout pour s’assurer que les leçons sont comprises. C’est impossible. Les séances s’enchaînent les unes à la suite des autres, sans que nous ne puissions assurer le feedback nécessaire avec nos élèves.
Développer un esprit critique face aux informations trompeuses
Aujourd’hui, pour pouvoir comprendre et débattre sur les grands enjeux du changement climatique ou encore sur l’érosion de la biodiversité, il me semble important que chacun puisse disposer des outils de compréhension du monde. Un monde complexe, qui va vite (trop vite à mon goût), et qui nous noie sous un flot d’informations scientifiques parfois contradictoires.
Les réseaux sociaux sont inondés de fausses informations. Trolls2 et doomers3 sont omniprésents, agaçants, déprimants.
La méconnaissance de ces sujets est aussi un enjeu démocratique fondamental. En effet, comment se positionner face à des discours au mieux parcellaires, au pire complotistes ? Comment réagir ou se positionner face à la quantité d’information disponible ? D’autant que nous avons, collectivement, une faible connaissance du vivant qui nous entoure. À tel point que nous nous en sommes extrait. Ne parle-t-on pas d’environnement ? Par définition, ce qui nous entoure et nous au milieu. Nous sommes en mesure de reconnaître, sans trop de difficulté, les grandes marques commerciales qui nous entourent au quotidien. Mais qui peut reconnaître, dans son environnement proche, une dizaine d’arbres ou de plantes communes ? À mon avis, très peu. Faites le test chez vous. On en reparle en conclusion.
Il est donc nécessaire que chacun puisse maîtriser certains termes clés et les enjeux qui en découlent pour pouvoir exercer convenablement sa citoyenneté dans les débats qui agitent nos sociétés.
Du vocabulaire illustré
J’ai souhaité, dans la mesure du possible, associer un schéma ou une illustration à chacun des termes employés. Cela permet de mieux fixer les idées et donc de mieux comprendre les phénomènes expliqués. Les illustrations sont issues d’images libres de droits ou de productions personnelles. Cela explique que certaines soient en anglais, les versions libres n’existant pas en français.
Un outil à manipuler comme bon vous semble
Ce livre ne se lit pas de la première à la dernière page. Il est pensé comme un outil que vous pouvez utiliser comme bon vous semble. Il n’a pas non plus pour ambition d’être exhaustif. Certains mots ou certaines notions sont probablement absents. Les prochaines versions (si elles existent) seront enrichies des oublis que j’ai pu commettre.
Un outil de vulgarisation
Comprenez ce livre comme un outil de vulgarisation au service des élèves (et pourquoi pas de leurs parents). Donc, pour les puristes, soyez indulgents. J’ai essayé d’être le plus proche possible de la réalité scientifique, mais comprenez que certaines simplifications sont nécessaires pour pouvoir expliquer simplement (et non de façon simpliste) des notions parfois compliquées. Je pense ici surtout à la génétique, qui présente des mécanismes complexes dont l’assimilation ne peut se faire que par étapes successives. On construit une maison en posant une brique après l’autre. J’ai posé ici quelques briques, les autres viendront en leur temps.
Adénine
ADN
Agent pathogène
Allèle
ARN
Autotrophe
Adénine (L’)
L’Adénine est l’une des quatre bases* azotées qui composent l’ADN*.
L’adénine a pour formule chimique : C5H5N5 (voir schéma ci-dessous).
Dans la molécule d’ADN, l’Adénine est associée à la Thymine* (on parle de complémentarité*). Ainsi, si, sur un brin* il y a de l’Adénine, en face, sur l’autre brin, vous trouverez une Thymine.
Associée à un Désoxyribose et à un Acide phosphorique, cela constitue un nucléotide. On parle de nucléotide à Adénine.
L’Adénine est donc l’une des quatre « lettres » indispensables à l’écriture de l’ensemble des recettes (gènes*) qui permettent de construire un individu. Et ce, pour la quasi-totalité des espèces vivantes.
Imaginez donc, des bactéries aux baleines bleues, en passant par les plus majestueux arbres que vous connaissez, tous les êtres vivants ont en commun ce système de codage, et donc les mêmes « lettres ».
Formule semi-développée de l’Adénine
https://commons.wikimedia.org/
Schéma d’un nucléotide à Adénine
https://app.biorender.com/
ADN (L’) – Acide DésoxyriboNucléique –
L’ADN (ou acide désoxyribonucléique) est la molécule indispensable à la vie. Cette molécule (une macromolécule en fait) est présente dans presque toutes les cellules* du vivant, mais aussi dans de nombreux virus. On dit de cette molécule qu’elle est universelle, car partagée par l’ensemble du vivant.
Imaginez un héritage moléculaire vieux de plusieurs milliards d’années et partagé par tout ce qui vit sur Terre. Quelle réussite !
Mais aussi un indice d’une origine commune de toutes les cellules*. Dit autrement, toutes les espèces qui vivent sur Terre (ou qui ont fait un passage plus ou moins remarqué) ont un lien de parenté entre elles, car elles ont en commun cette molécule.
L’ADN contient tout le génome*, donc toute l’information génétique nécessaire au développement, au fonctionnement, mais aussi à la reproduction des êtres vivants.
Cette macromolécule est constituée de deux brins*, enroulés l’un autour de l’autre pour former une double hélice. Chaque cellule contient 2 mètres d’ADN. Incroyable, non ?
Imaginez comment il doit être bien rangé pour pouvoir rentrer dans une cellule de quelques dizaines de micromètres de long (10-6 mètre). Tout votre ADN mis bout à bout permettrait de relier plus de 100 000 fois la Terre à la Lune4 ! Retenez l’ordre de grandeur, ces estimations évoluent régulièrement.
Cette molécule est relativement stable. Il vaut mieux me direz-vous. Et vous auriez raison. Il existe tout un tas de processus qui vont permettre de corriger les erreurs qui seraient « repérées » lors de la copie de cette molécule. Erreurs, appelées mutations*, qui peuvent être à l’origine de nombreux problèmes (maladies génétiques, cancers…), mais qui peuvent aussi apporter de « l’innovation » génétique plus ou moins bénéfique à leurs porteurs, ce qui permet aux populations* d’évoluer génétiquement en produisant de nouveaux caractères (de nouveaux allèles*). Si ce nouveau caractère est avantageux, alors son heureux propriétaire aura plus de chances d’accéder à la reproduction, et donc plus de chances de transmettre ces allèles avantageux.
La découverte de cette molécule a bien évidemment marqué l’histoire des sciences. C’est dans le numéro du 25 avril 1953 de la revue Nature que deux chercheurs, James D. Watson et Francis H. Crick, publient un petit article d’une seule page5. Cet article propose la description de la structure de la molécule.
En voici un petit extrait : « Nous souhaitons proposer une structure radicalement différente pour […] l’acide désoxyribonucléique. Cette structure a deux chaînes hélicoïdales enroulées chacune autour du même axe. […] Les deux chaînes suivent des hélices dextres, mais […] de directions opposées (2). […] Les bases sont à l’intérieur de l’hélice et les phosphates à l’extérieur. »6.
Cette découverte, fondamentale, a permis de comprendre tous les mécanismes qui en découlent : la réplication (copie) de l’ADN, les systèmes de correspondance avec l’ARN*, etc.
Voilà pour la version officielle.
Mais la découverte de la structure en double hélice de l’ADN revient en réalité à une femme, Rosalind Franklin. C’est elle qui réalise les premiers clichés de la molécule d’ADN au début des années 50. Mais elle a, malheureusement, rejoint le panthéon des femmes oubliées de la science. En effet, contrairement à ses pairs masculins, cette dernière n’a pas reçu le prix Nobel pour sa découverte.
Schéma de la structure de la molécule d’ADN
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:DNA_structure_and_bases_FR.svg?uselang=fr
Agrosystème (Un)
Un agrosystème est un écosystème naturel qui a été modifié ou créé par l’Homme avec l’intention de production de matière organique. Ainsi, un agrosystème va être exploité afin de produire un maximum de biomasse ; végétale ou animale. Cette biomasse sera utilisée pour l’alimentation, mais pas seulement. Elle peut servir pour l’industrie (le coton est cultivé pour produire des vêtements) ou encore la production d’énergie (comme la betterave ou le colza pour la production d’agrocarburants).
Un agrosystème peut être terrestre (comme un champ de maïs ou un élevage porcin par exemple) ou encore maritime (les élevages de saumons ou de truites, par exemple). Par définition, un agrosystème va se limiter à l’exploitation d’une seule espèce, animale ou végétale. En conséquence, il est bien plus pauvre qu’un écosystème naturel, et il est également déséquilibré, puisque la matière produite sera exportée.
Cela nécessite donc l’utilisation d’intrants qui vont avoir pour objectif d’améliorer la productivité (les engrais à base d’azote [N], de phosphore [P] et de potassium [K], par exemple) ou de lutter contre les maladies ou les ravageurs (toute une gamme de pesticides est disponible pour les agriculteurs).
Ces agrosystèmes sont donc extrêmement gourmands en énergie, en intrants, et vont, au cours des années, dégrader fortement les sols d’un point de vue minéralogique (la pratique du labour qui, en mettant le sol à nu, l’expose aux intempéries qui entraîneront les particules les plus fines (– argiles –) dans les cours d’eau, mais aussi d’un point de vue biologique (la faune du sol est fortement impactée par l’usage répété de produits phytosanitaires).
Donc, si la pratique d’une agriculture intensive s’est avérée nécessaire après la Seconde Guerre mondiale afin de pouvoir nourrir les populations, elle est, aujourd’hui, arrivée au bout d’un modèle qui n’est pas durable. Vous l’entrevoyez bien.
Aussi, des pratiques alternatives se développent afin de restaurer la fertilité des sols (l’agroécologie en est une forme, la polyculture en est une autre) tout en continuant à produire l’alimentation nécessaire à l’humanité.
L’un des enjeux est aussi la prise en compte des limites planétaires7 pour faire évoluer les pratiques agricoles.
La fabrication des engrais nécessite, par exemple, de consommer des quantités non négligeables d’énergie fossile (du gaz surtout). Par exemple, le phosphore est indispensable à la croissance des végétaux. Ce phosphore est dérivé de phosphate naturel que l’on extrait de mines aux États-Unis ou encore en Chine et dont les réserves sont limitées.
L’eau est aussi un enjeu majeur pour augmenter la productivité des agrosystèmes. La forme intensive de l’agriculture va donc, inévitablement, provoquer des conflits sur les usages de l’eau (d’autant que le cycle de l’eau semble être perturbé par le changement climatique) avec les autres besoins humains. Et pourquoi pas entre pays voisins ?
Enfin, l’agriculture intensive telle qu’on la pratique est un contributeur important à l’effet de serre. En France, 21 % de nos émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) ont pour origine l’agriculture8. Et ici ne sont pas comptabilisées toutes les émissions importées (pensons au soja qui provient d’Amérique du Sud, par exemple) qui alourdissent cette dette climatique.
La perte de matière organique est due au fait que, année après année, cette matière, stockée dans les sols, est remontée à la surface par le labour puis consommée par les êtres vivants présents en surface. L’activité des microbes par exemple va libérer du CO2
