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La mauvaise femme dans la mauvaise maison.
C’est ainsi qu’on pourrait résumer la situation d’Héloïse Hommpy, qui a emménagé un peu trop vite pour fuir un ex-petit ami vengeur. Héloïse a quelque chose de spécial : elle est peureuse, mais son nouvel environnement a lui aussi sa particularité : le cimetière n’est pas loin. Spectre ou revenant, fantôme ou poltergeist ; rien de tout cela n’existe ; il n’y a que des projections d’êtres disparus. La réalité physique est bien pire que l’imaginaire fantastique et elle l’apprendra à ses dépens. Ces étranges mécanismes physiques que sont les projections ne sont pas maléfiques, ils veulent seulement s’approcher d’Héloïse pour se voir réconfortés. C’est dommage, car pour en arriver là, les projections devront la tuer. Elle aura besoin d’aide pour s’en tirer, mais dans un univers aussi dangereux, pas sûr que cela suffise… Dans tous les cas, ne soyez jamais aussi craintif qu’Héloïse, ils pourraient le sentir.
Plongez dans un thriller fantastique, et frissonnez aux côtés d'Héloïse, confrontée à des projections d'êtres disparus depuis son déménagement.
EXTRAIT
Une mélodie classique remplit la maison. C’était le carillon de l’entrée. Elle releva la tête, surprise par une visite imprévue. La porte d’entrée ouverte lui révéla une femme de quarante ans qui, à tout point de vue, ressemblait furieusement à la Bree Van de Kamp de la série Desperate Housewives. Une jupe rose pâle droite, une veste assortie sur un chemisier blanc, des escarpins carmin. Ne manquait que le panier de muffins sous le coude.
– Bonjour, commença Héloïse.
– Bonjour, je m’appelle Marlène, je suis votre voisine. Je me suis permis de vous rendre une petite visite de courtoisie, histoire de faire connaissance.
– Eh bien… enchantée. Ça tombe bien, je n’ai pas encore fait le tour du lotissement. Où est votre maison ?
– Dans cette direction, répondit Marlène en pointant le fond du jardin. Mais vous ne pouvez pas la voir d’ici.
– Je ne savais pas qu’il y avait des maisons par là-bas, s’étonna Héloïse.
Marlène ne répondit que par un sourire.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Rémanences est le second livre de Jonathan Gillot, 30 ans, vivant en Haute-Marne. Après Désordres, un roman aux accents politiques et militaires primé et salué par la critique, Jonathan Gillot se lance dans un thriller à l’aspect nettement fantastique. Ses connaissances scientifiques, couronnées par un doctorat en physique quantique, ont façonné l’intrigue de ce premier épisode de Rémanences. Qui d’autre qu’un scientifique aurait pu aborder le thème des revenants de façon si cartésienne ?
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Seitenzahl: 93
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Table des matières
Résumé
Quelques musiques
Chapitre I : Les buis
Chapitre II : Marlène
Chapitre III : La crémaillère
Chapitre IV : Le soldat
Chapitre V : La sorcière
Chapitre VI : Le visiteur
Chapitre VII : Le cimetière
Chapitre VIII : Vent du nord
Épilogue
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La mauvaise femme dans la mauvaise maison.
C’est ainsi qu’on pourrait résumer la situation d’Héloïse Hommpy, qui a emménagé un peu trop vite pour fuir un ex-petit ami vengeur. Héloïse a quelque chose de spécial : elle est peureuse, mais son nouvel environnement a lui aussi sa particularité : le cimetière n’est pas loin.
Spectre ou revenant, fantôme ou poltergeist ; rien de tout cela n’existe ; il n’y a que des projections d’êtres disparus. La réalité physique est bien pire que l’imaginaire fantastique et elle l’apprendra à ses dépens.
Ces étranges mécanismes physiques que sont les projections ne sont pas maléfiques, ils veulent seulement s’approcher d’Héloïse pour se voir réconfortés. C’est dommage, car pour en arriver là, les projections devront la tuer. Elle aura besoin d’aide pour s’en tirer, mais dans un univers aussi dangereux, pas sûr que cela suffise…
Dans tous les cas, ne soyez jamais aussi craintif qu’Héloïse, ils pourraient le sentir.
Rémanences est le second livre de Jonathan Gillot, 30 ans, vivant en Haute-Marne. Après Désordres, un roman aux accents politiques et militaires primé et salué par la critique, Jonathan Gillot se lance dans un thriller à l’aspect nettement fantastique. Ses connaissances scientifiques, couronnées par un doctorat en physique quantique, ont façonné l’intrigue de ce premier épisode de Rémanences. Qui d’autre qu’un scientifique aurait pu aborder le thème des revenants de façon si cartésienne ?
Jonathan Gillot
Rémanences
Épisode 1 – Le froid
Thriller fantastique
ISBN: 978-2-35962-900-2
Collection Atlantéïs
ISSN: 2265-2728
Dépôt légal février 2017
©2016 Couverture Ex Aequo
©2016 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
écoutées pendant la rédaction de cette œuvre
Azari & III — Hungry for the power (Jamie Jones remix)
Beck — Everybody's Got To Learn Sometime
Boris Brejcha — White snake
Cigarettes After Sex — Nothing's Gonna Hurt You Baby
Groove Armada — Think Twice
Hans Zimmer — Day One Dark , Time
Infinity Ink — Infinity (Original Mix)
Lana Del Rey — Blue Jeans, Young and beautiful, Burning desire, Ultraviolence
MAD ! — All Gods Love (Feat. Antranita)
Massive Attack — Voodoo In My Blood, Ritual Spirit, Karmacoma, The Spoils ft. Hope Sandoval, Paradise Circus (Gui Boratto Remix)
Mazzy star — Into dust
Metronomy — She wants, A thing for me
Parov Stelar — With You, Promises (feat. Lilja Bloom &Klaus Hainy), L’étoile feat. Max the Sax
Popof — Do you want me
Portishead — Glorybox
Radiohead — Burn The Witch
Royksopp — What Else Is There (Trentemoller Remix)
Solomun — After Rain Comes Sun
Tango with Lions — In a Bar
Ten Walls — Walking with Elephants (Original Mix)
Trentemoller — Miss You, Take me into your skin
« Les morts ne sont pas partis,
Voici l’histoire d’Héloïse Hommpy.
12 décembre, 18h05
– Sale crevure de chat !
Elle vociféra en tournant le volant comme une folle. Les pneus labourèrent les gravillons de l’allée et la voiture stoppa net, le pare-chocs à un doigt de la tête du félin. Les oreilles baissées, la fourrure rousse détala pour se cacher derrière un gros frêne. Dans l’habitacle, tout était sens dessus dessous. Quatre sacs de courses renversés, une bouteille d’huile d’olive cassée, le contenu d’une boîte à gants pleine comme un œuf sur les tapis. Elle se redressa et regarda son visage dans le rétroviseur. Dans le feu de l’action, elle s’était tapé le menton contre le volant. La prochaine fois, elle attendrait d’avoir coupé le moteur pour retirer sa ceinture.
– Hé, merde, marmonna-t-elle en scrutant une petite marque rouge sur sa fossette.
Tout en coinçant une mèche brune derrière une oreille, elle tourna légèrement la tête à gauche, puis à droite, pour estimer les dégâts sur son visage. Le problème d’un joli minois, c’est qu’on a toujours peur de l’abîmer. Héloïse était consciente que le conserver pour l’éternité était une lutte perdue d’avance. Le temps fait son œuvre et il a le pouvoir de rendre ce qui est beau à 28 ans franchement dégueu aux portes du cimetière. Quoi qu’il en fût, les mecs seraient plus occupés à évaluer son tour de poitrine qu’à contempler son menton et elle n’en fit pas une affaire d’État. C’était vraiment une petite marque, pas de quoi fouetter un chat. Sauf peut-être le sien. Elle regarda par le carreau de la portière. Il était là, à l’observer, juste avec un œil et une oreille dressée qui dépassaient du tronc. Voilà quatre jours qu’il ne cessait pas de lui pourrir la vie. Quelque chose le rendait agité et cet épouvantable animal se passait les nerfs en griffant ses vêtements ou en sprintant comme un dératé pour tout renverser sur son passage. Hier soir, il avait même uriné dans ses baskets.
Elle rangea son smartphone dans la poche ventrale de son sweat à capuche et descendit de la voiture. Debout dans l’allée, elle bourra les courses dans les sacs renversés avec la délicatesse d’un bûcheron. Il n’y avait pas eu que la bouteille d’huile de cassée, mais elle se refusa à retourner au supermarché qui était à vingt-cinq minutes de route du village. Elle souleva les sacs tout en sentant, qu’autour d’elle, un truc clochait. Quelque chose avait changé depuis son retour. Elle scruta la maison au crépi crème sur sa petite butte, l’allée et son portail en fer noir, pour arrêter son regard sur les deux grands buis taillés en pointe qui bordaient le portail. Leurs feuilles étaient toutes brunies. On aurait dit deux cônes noirs, pointe vers le ciel bleu pâle d’un soir d’hiver. Pourtant, juste avant qu’elle ne parte aux courses, ils égayaient l’entrée d’un élégant vert tendre. Elle lâcha les sacs sur les graviers et marcha jusqu’au pied des grands arbres pour les toiser de haut en bas. Elle s’agenouilla pour ramasser quelques feuilles qui n’étaient pas seulement noires, mais aussi couvertes de givre.
Sans être une bonne jardinière, Héloïse savait qu’un buis ne gelait pas, a fortiori avec des températures positives.
21 janvier, 17h55
Les boxers dans le panier du haut, les chaussettes dans celui du bas. Elle soupira en pensant à la pile de cartons qui occupait encore le hall d’entrée. Plus d’un mois s’était écoulé depuis l’emménagement, mais force était de constater que l’installation n’en finissait pas. Dès qu’elle descendait l’escalier, la pyramide de blocs bruns aux tailles disparates la narguait de toute sa hauteur. Bancale et menaçante, elle semblait vouloir se jeter sur elle à chaque fois qu’elle osait la frôler. Si au moins quelques bibelots pouvaient se casser dans l’avalanche, ça m’arrangerait, espéra-t-elle.
Une mélodie classique remplit la maison. C’était le carillon de l’entrée. Elle releva la tête, surprise par une visite imprévue. La porte d’entrée ouverte lui révéla une femme de quarante ans qui, à tout point de vue, ressemblait furieusement à la Bree Van de Kamp de la série Desperate Housewives. Une jupe rose pâle droite, une veste assortie sur un chemisier blanc, des escarpins carmin. Ne manquait que le panier de muffins sous le coude.
– Bonjour, commença Héloïse.
– Bonjour, je m’appelle Marlène, je suis votre voisine. Je me suis permis de vous rendre une petite visite de courtoisie, histoire de faire connaissance.
– Eh bien… enchantée. Ça tombe bien, je n’ai pas encore fait le tour du lotissement. Où est votre maison ?
– Dans cette direction, répondit Marlène en pointant le fond du jardin. Mais vous ne pouvez pas la voir d’ici.
– Je ne savais pas qu’il y avait des maisons par là-bas, s’étonna Héloïse.
Marlène ne répondit que par un sourire.
– Oh, mais entrez, on va discuter un peu. Ne faites pas attention à tout ce cirque, je suis encore en pleine phase de rangement, dit-elle en pointant les cartons du doigt.
– Emménager, c’est toujours une corvée, renchérit la visiteuse en passant le seuil.
– Je peux vous proposer un apéritif ? J’ai aussi des infusions, du thé, du café… énuméra Héloïse.
– Eh bien, allons-y pour une tisane, trancha Marlène en la suivant dans la cuisine, visiblement ravie.
Cette visite impromptue avait le mérite de forcer Héloïse à faire une pause dans le déballage de ses affaires ; et puis elle savait qu’une tasse de thé entre quatre yeux pouvait révéler des tas de choses. C’était l’occasion de mieux connaître ses nouveaux voisins et d’apprendre quelques secrets croustillants sur la vie du lotissement. Toutes les petites cachotteries sur les autres, celles qu’on a scellées par de belles promesses, finissent toujours par céder dans l’intimité des volutes de vapeur. Tout juste assise, Marlène enchaîna :
– Vous faites quoi dans la vie ?
– Je suis aide-soignante à l’hôpital. Enfin, je l’étais. Mon contrat est terminé et je suis au chômage depuis deux mois, expliqua Héloïse.
– Avec tous les vieux qu’il y a dans le coin, c’est très demandé les aides-soignantes. Vous allez retrouver du boulot bien vite, j’en suis sûre. Mais au fait, quel bon vent vous a porté jusqu’à ce village ?
Cette question, Héloïse l’attendait. Aux yeux de ses amis, ce déménagement dans cette maison isolée passait pour un choix personnel, mais pour elle, c’était un naufrage. Avant cela, Héloïse s’était mise en ménage un peu trop vite, sans doute pour jouer à la grande fille en couple, avec un type un tantinet vieille France. À la longue arriva ce qui devait arriver. On dit souvent que « ce n’est pas parce qu’on a déjà choisi un plat qu’on n’a plus le droit de regarder le menu ». Mais pour retrouver du piquant, Héloïse était maintes fois retournée s’attabler au restaurant et elle n’avait pas fait que regarder les plats de la carte. Non, elle les avait tous essayés : du généreux boudin créole à la saucisse de Morteau, tout, absolument tout y était passé. Un soir, Loïc était rentré à l’appartement en furie : après la bonne chère, voilà que venait l’addition.
– Il y en a eu combien ?
Les secondes de réflexion qu’elle s’accorda pour compter toutes ses incartades furent pires que n’importe quel chiffre jeté à Loïc.
– Tu n’es qu’une petite traînée, avait-il asséné avant la gifle magistrale.
