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Pour briller en société, mettez de l’encaustique. Et lisez ce livre.
– Voulez-vous sourire, vous divertir et même vous esclaffer ? Si oui, ouvrez ce dico énamouré des jeux de mots pour tous les âges et tous les goûts. Ce glossaire pour glousser vous réjouira aussi bien l’été sur la plage que pendant les longues soirées d’hiver. Dans les transports en commun, Alfred Gilder vous transportera d’allégresse à travers les ressources inépuisables du français joyeux. Les mots d’esprit, les calembours, les contrepèteries, les devinettes, les anecdotes, les blagues… agrémenteront votre parcours. Ce bréviaire cocasse plaira aussi à vos amis. Vous pouvez donc le recommander.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Lexicologue reconnu, secrétaire général de l’Association des écrivains combattants,
Alfred Gilder a écrit une dizaine d’ouvrages sur les curiosités de la langue française, notamment
500 Mots rigolos, Le Petit Dico franglais-français, 101 Citations qui ont fait l’histoire de France, Les 300 plus belles fautes à ne pas faire.
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Seitenzahl: 205
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Chez le même éditeur
Sylvain Gary. Les Mots farceurs.
Alfred Gilder. Le Bêtisier de la République
À Sa Majesté La Langue française, à Bièvre et Rivarol, aux deux Alphonse, Allais et Karr, aux trois D : Desproges, Devos, Dac, au non attristant Tristan Bernard, au ci-devant Auguste Derrière aux ci-après joueurs de mots et, bien sûr, à moi-même, avec ma reconnaissance de dette et mon infinie gratitude.
« Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires. »
Pierre Dac
LE GRAND HENRI MICHAUX évoquait dans un de ses livres deux tribus connues de lui seul : les Ouménés de Bonada qui ont pour désagréables voisins les Nippos de Pommédé.
Quant à moi, j’ai partie liée depuis des lustres avec la tribu des Foudémots, qui mène une existence tantôt paisible, tantôt agitée dans nos contrées tempérées où, en toutes saisons, fleurit la littérature. Les membres de cette tribu cultivent le mot sous ses formes les plus diverses ; ils s’en nourrissent et les érigent en véritable mode de vie.
Alfred Gilder appartient à cette tribu dont les grands ancêtres vont de Rabelais à Raymond Queneau (et ceux de l’OuLiPo), d’Alphonse Allais à Sacha Guitry, de Pierre Dac à Boris Vian, d’Alexandre Vialatte à Pierre Desproges, de Georges Fourest à Jean l’Anselme. J’en oublie sûrement.
J’ai eu la chance d’être l’ami, et parfois l’éditeur de quelques Foudémots, aujourd’hui disparus, tels que Pierre Dac et Francis Blanche, Raymond Devos et José Artur, Yvan Audouard et Coluche, Jean Yanne et Jean Dutourd. D’autres, heureusement, sont encore parmi nous. J’ai nommé : René de Obaldia, Daniel Prévost, Guy Chaty, Patrice Delbourg, Daniel Lacotte, Jean-Loup Chiflet, Roland Nadaus et, last but not least – comme, on dit en bon franglais, Alfred Gilder.
À l’égal de ses congénères, Alfred se nourrit exclusivement de productions verbales totalement écologiques, dont voici quelques espèces : le calembour, la contrepèterie, la charade, l’acrostiche, l’allitération, l’anagramme, l’holorime, l’homophonie, le mot-valise, le palindrome, l’aphorisme, le comble ou l’à-peu-près, liste non limitative. Ces produits-là viennent du terroir et du commerce de proximité. On les trouve rarement dans les rayons des supermarchés.
Alfred Gilder est – si l’on parle sérieusement – un remarquable lexicographe doublé d’un défenseur de la langue française, et ce depuis fort longtemps. À ce titre il occupe des fonctions de première importance dans maintes commissions et organismes qui veillent au salut de notre bonne vieille langue. Auparavant, il était haut fonctionnaire au Ministère des Finances, mais nul n’est parfait. Une approche plus souriante révèle un Alfred Gilder cinglé du vocable, gymnaste de la syllabe et de la pirouette verbale ou encore, comme l’indique le titre de son ouvrage, Joueur de mots invétéré, insatiable, indécrottable, inapaisé, insatisfait, inénarrable, inébranlable aussi.
Dans un tel contexte, le mallarméen que je suis se doit de citer ce vers célèbre – il sonne comme un programme – de l’auteur du Coup de dés, quand il souhaitait : « Donner un sens plus pur aux mots de la tribu. »
Alfred Gilder, lui, ne se contente pas de donner un sens plus pur aux mots de sa tribu ; il les triture, les malaxe, les bouscule, les mélange, les entrechoque, les atomise, les démultiplie pour notre plus grand plaisir. J’en citerai un seul, en conclusion : « Littérature : lis tes ratures ». Oui, lisez, séance tenante, non pas les ratures, mais les acrobaties sémantiques et pour tout dire, la joie de vivre verbale de ce foudémots qu’est Alfred Gilder.
Jean Orizet de l’académie Mallarmé
JE M’APPELLE ALFRED GILDER, également connu sous le nom de Gilder Alfred. Je ne suis pas sans une certaine ressemblance avec moi-même, mais aucune avec Gilles d’Haire. J’ai toujours manié l’humour qui fait rire et même pleurer, pleurer de rire. Né en Asie, je suis d’extrême mot riant, ha ha ! Je suis tombé là-dedans tout petit, comme Obélix dans le chaudron de potion magique. C’est que mon père me légua son sens de l’humour et des dettes. Circonstance aggravante, j’aime les bons jeux de mots, même les mauvais. J’aime ces petits trésors du français amusant, ces joyaux de l’esprit, ces bijoux du langage, émaux des mots. En fabriquer, c’est plus fort que moi, une respiration naturelle. J’en concocte depuis le collège, histoire de faire le pitre et l’intéressant. Je ne recule devant aucune facétie facile ou blague Carambar. À trop fabriquer de jeux de mots, j’en ai des maux de jeu et de tête.
En réalité, je souffre d’une vocation contrariée. J’aurais dû faire amuseur public. Or, la Fonction publique m’a préféré, garantie contre le chômage, non contre le divertissement. Ma devise : Bosseur et noceur. Blagueur aussi, ce qui me valut l’épithète de grand comique de l’État. Je me suis toujours défini comme un haut fonctionnaire de taille moyenne. Étant aux Finances à l’époque, lointaine, de l’encadrement du crédit, un bonnetier qui fabriquait des gaines sollicita notre aide auprès d’une banque publique. J’avertis le ministre que l’encadrement du crédit contrariait l’encadrement des hanches. Je fus aussi membre d’un jury de concours d’architecture. À l’un d’eux, parmi les six candidats sélectionnés, il y avait une femme. Ce maître d’œuvre se présenta avec toute son équipe assise derrière elle, et avec la maquette, séduisante, du bâtiment. Le président lui demanda d’exposer son projet. Aucun mot ne sortit de sa bouche. L’enjeu énorme de la compétition, et, peut-être, la mine patibulaire mais presque de certains membres du jury, rendirent ce maître d’œuvre aphone, carrément muet. Le président tenta de la rasséréner. Rien n’y fit. La malheureuse fut donc éliminée. Mais le hasard voulut qu’il y eût un recours. Le concours fut annulé. Il fallut recommencer toute la procédure et reprendre les mêmes compétiteurs. Cette fois-là, la dame architecte put parler. Elle s’avéra loquace et persuasive. Nous choisîmes son projet, à l’unanimité. Après qu’elle fut officiellement désignée, je lui dis : « Madame, la première fois, vous étiez sans voix ; cette fois-ci vous les avez eues toutes. »
Avant que vous n’ouvriez ce dico ludique, lubrique aussi, je dois vous prévenir : dans ce pot-pourri pour rire, je lâche des vannes du Morbihan, des charades de Brest, des boutades de Dijon, des historiettes du Mans, des calembours en Bresse, des bêtises de Cambrai ou d’ailleurs et quelques piques du Midi contre les mous gars de Montélimar. À bon entendeur, port-salut et bien le bonjour à votre dame !
Glossaire : j’y sers mes gloses.
Michel Leiris
Acrostiches. Strophes où les initiales de chaque vers, lues à la verticale, forment un nom, celui, souvent du dédicataire : les acrostiches de Villon sont célèbres.
Allitération. Répétition des consonnes initiales ou intérieures dans une suite de mots rapprochés, tels « Six serpents sifflent sans cesse sur Cécile ».
Amphibologie. Construction grammaticale qui donne à une phrase deux sens différents, pouvant conduire à une interprétation fallacieuse.
Anagramme. Permutation des lettres d’un mot ou d’un groupe de mots pour en extraire un sens ou un mot nouveau.
À-peu-près. Forme de calembour formé sur la ressemblance de deux mots.
Contrepèterie. Interversion des syllabes et pervertissement du sens d’un énoncé. Divertissement parfois convenable, tel l’ancestral dicton : Oignez vilain, il vous poindra ; poignez vilain, il vous oindra (« Caressez le rustre, il vous rebutera ; rebutez-le, il vous caressera. »). Mais les contrepèteries salaces sont les plus drôles.
Épigramme. Ne confondez pas l’épigramme, nom masculin, « petites tranches minces d’agneau », et l’épigramme, nom féminin, « petits vers satiriques, spirituels ». Boileau en dit : « N’est souvent qu’un bon mot de deux rimes orné. » Autrefois on rendait épigramme pour épigramme.
Fable express. Jeu verbal faisant fureur vers 1900 et prenant la forme d’un sonnet conclu par un énoncé moral. Alphonse Allais en fut champion.
Familles composées. Amusement consistant à trouver le prénom d’un fils ou fille, voire plusieurs, afin d’obtenir une phrase insolite. Exemple : M. et Mme Mamontre ont une fille : Éléonore. D’où : Éléonore Mamontre.
Hapax. Terme dont on ne connaît qu’une occurrence littéraire, tel le ptyx de Mallarmé. Un hapax est donc un néologisme qui n’a pas prospéré.
Holorimes. Énoncés où la totalité des syllabes est identique du début à la fin, comme : et j’aime honnie / hégémonie. C’est surtout un procédé de poésie, comme dans ce distique de Victor Hugo :
« Et ma blême araignée, ogre illogique et las
Aimable, aime à régner, au gris logis qu’elle a. »
Janotisme. Construction maladroite d’une phrase, où un emplacement fâcheux des mots produit une équivoque ridicule, une association burlesque, une signification grotesque, un jeu de mots volontaire ou non, comme : J’ai acheté un gigot chez le boucher qui était gros.
Lipogramme. Mot grec signifiant « lettre manquante », l’exercice consiste à supprimer dans un texte une lettre, voire plusieurs. Georges Perec était le spécialiste du genre.
Mot-valise. Mot formé par fusion d’au moins deux mots existants, de telle sorte qu’ils y apparaissent tronqués, voire méconnaissables. Exemple : adulescent (« adulte » + »adolescent ») ou alicament (« aliment » + »médicament »).
Néologisme. Terme de création récente, tel courriel. Il peut devenir usuel, comme ordinateur dans les années 1960 ou, plus ancien, avion, qui détrôna aéroplane.
Oxymore. Juxtaposition de mots de sens contraire, comme : se hâter lentement, un vrai-faux passeport, se faire douce violence, « des nains géants » (Hugo), « l’obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille), « le soleil noir de la mélancolie » (Nerval), La Vérité si je mens !
Palindrome. Mot ou phrase pouvant se lire de gauche à droite comme de droite à gauche. Exemples : Laval, ressasser, mayalayalam, élu par cette crapule.
Pangramme. Mot grec signifiant « toutes les lettres », phrase, la plus courte possible, comportant toutes les lettres de l’alphabet, donc les 26 lettres de l’alphabet.
Panstiche. Forme d’acrostiche consistant à cacher un message dans un texte, qui se comprend en lisant une phrase sur deux, parfois à partir de la fin.
Pléonasme. Contrairement au pléonasme vicieux, répétition oiseuse comme « monter en haut » ou « sortir dehors », le pléonasme authentique est une figure de rhétorique, un effet de style voulu, qui ajoute de l’énergie, de la grâce à l’expression, tout en renforçant le sens. Dans Tartuffe, Molière : « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu. Ce qu’on appelle vu. » Et Racine, dans Bérénice : « Et que m’a fait à moi cette Troie où je cours ? »
Prétérition. Figure habile, maniée avec hypocrisie, par laquelle on attire l’attention sur une chose dont on prétend ne pas parler. Exemple : Je ne dis rien de son dévouement.
Rébus. Antique forme de jeu de mots, « art ingénieux de peindre la parole et de parler aux yeux » (Boileau).
Tautologie. Répétition de la même idée sous une autre forme : « Rome, ville éternelle à perpétuité » (Chateaubriand). Ou « Étant en effet Boubouroche, Boubouroche déclara qu’il était Boubouroche. » (Courteline)
Truisme. Vérité d’évidence, banalité, lieu commun ou tautologie. Le pléonasme vicieux est un truisme.
Virelangue. Excellent exercice de prononciation, appelé aussi casse-langue ou fourche-langue ; phrase à caractère ludique, de prononciation ou de compréhension orale difficile. On parle de trompe-oreille lorsque ça semble être en langue étrangère.
Zeugme. Énoncé où ne se répètent pas un mot ou plusieurs déjà exprimés dans une proposition voisine, quand l’esprit peut aisément les rétablir. Cf. Jules Lemaître : « Il avait huit ans et une culotte déchirée » ou Victor Hugo : « Vêtu de lin et de probité candide » ou « L’air était plein d’encens et les prés de verdure. »
À-peu-près
Redis-le moelleux.
Ah, le fat pas bête !
Le loulou de pauv’ mère Annie.
Vous mendierez des nouvelles.
« Tant va l’autruche à l’eau qu’elle feint la bécasse. » (Boris Vian)
Il faut passer, non du Coca light, mais du coq à l’ail.
Le plus grand roi de Babylone s’est enivré à ses cinquante ans de mariage : il n’a bu qu’aux noces d’or.
Acrostiche
L’accro de l’acrostiche s’en entiche.
Mine de rien, Pierre Corneille était un sacré farceur. Ainsi, dans Horace (acte II, scène III) se trouve cette facétie verbale et verticale :
« S’attacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d’une femme et l’amant d’une sœur ;
Et, rompant tous ces nœuds, s’armer pour la patrie
Contre un sang qu’on voudrait racheter de sa vie ;
Une telle vertu n’apprenait qu’à nous.
L’éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux. »
Musset aurait envoyé à Georges Sand cette supplique énamourée, que vous déchiffrerez en mettant bout à bout le premier mot de chaque vers :
« Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :
Vous saurez quel remède apporter à mes maux. »
Ce à quoi Georges Sand aurait fait cette réponse pudique en apparence :
« Cette insigne faveur que votre cœur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme. »
Âge
nonagénaire : du neuf avec du vieux
ride : avec le temps, elle gagne sur tous les fronts.
« Toute ma jeunesse on me disait : vous verrez quand vous aurez 50 ans. J’ai 50 ans. Je n’ai rien vu. » (Erik Satie)
Je fais partie des vieux qu’ont de l’âge.
« Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps. » (Alphonse Allais)
La difficulté avec les dames entre deux âges est de savoir si elles sont plus près du premier que du second.
Deux chipies déambulent sur la Croisette. Elles croisent une élégante, qu’elles dévisagent d’un regard noir. La plus vacharde balance : « Je ne sais pas quel âge elle a, mais elle en paraît bien plus. »
Une coquette demande : « Quel âge me donnez-vous ? » L’impertinent répond : « Oh, Madame, vous en avez déjà assez comme ça sans que je vous en donne plus. »
Une vieille dame passe aux aveux : « Quand j’étais jeune, j’avais une jupe plissée et un visage lisse. Maintenant, c’est le contraire. »
Les vieillards alertes sont comme les teufs-teufs : ils grincent de partout, mais roulent.
Alcoolisme
alcoolisme : fait des ronds, mais pas dans l’eau
beuverie : bis trop
alcootest : « soufflet aux amendes » (Coluche)
compagnon de beuverie : désaltère ego
ébriété : belle rime à sobriété
ivresse au volant : conduire et s’éconduire
vie de l’alcoolique : pas cirrhose que ça.
Devise du pochtron : Chassez le naturel, il revient au goulot.
L’alcool tue ce qui est vivant et conserve ce qui est mort.
Résorber l’alcoolisme nécessiterait un plan Vigie-picrate.
Les pochtrons rêvent que les couleurs du drapeau tricolore deviennent le blanc, le rouge et le rosé.
« Après deux scotches, les hommes deviennent collants. » (Auguste Derrière)
« Pour dessaouler, rien de tel qu’un bon Grieg et au Liszt ! » (Marc Hillman et Emmanuel Savoye)
Allitérations
Gentes jouvencelles, jeunes gens joyeux, joueurs joviaux, gentilshommes enjoués, gentils gérontes, geignez jamais, jubilez juste ; jouissez !
Derechef, dit-on, Didon dîna donc délicatement du dos de deux doux dindons dodus délicieux.
Le cricri critique de la crique crie son cri cru, car il craint que, crapulerie coupable, l’escroc le croque et le craque.
Gros grain d’orge gris, quand te dégrograindorgeriseras-tu ? Je me dégrogragraindorgeriserai quand tous les gros gras grains d’orge gris se dégrogragraindorgeriseront.
Zigotos zélotes, zouaves zélés, zoulous zanzibaresques zébrés, zazous azimutés, zozos zinzins zozotant zibeline, zézéyant zinzoline, zonzonant zébulon zézette zigounette, zut !
Ces sinistres sombres sept soutes sépulcrales, suspectes, surchargées, supportent cette sale soldatesque, sauvage, serrée, suintant sans souci ses vices, se sentant solidement soudée, simulant ses desseins, ses sévices, si assassins, si cyniques, si sadiques, si suicidaires, ça, c’est sûr, certain.
Alphabet
Seule matière que tous possèdent de A à Z.
Mélanger les voyelles consiste à faire du met l’i met l’o.
Les empêcheurs de rigoler en rond, peigne-cul pète-sec peine-à-jouir pisse-froid, snobent l’Almanach Vermot, lequel entame sa 133e année de joyeusetés multiformes. Son abécédaire ingénieux devrait s’enseigner, afin que les élèves enrichissent leur vocabulaire :
« L’A se pique (l’aspic). Le B gueule (la bégueule). Le C raille (le sérail). Le D gèle (le dégel). L’É colle (l’école). Le G rend (le gérant). L’H est rond (l’Achéron). L’I sue (l’issue). La J berne (la giberne). Le K narre (le canard). L’L astique (l’élastique). L’M rit (l’émeri). Il est vil N ! (Îlle-et-Vilaine). L’O range (l’orange). P gaze (Pégase). Le Q rage (le curage). L’R nie (la hernie). L’S compte (l’escompte). Le T tue (le têtu). L’U teint (lutin). La V rue (la verrue). Le W te ment (le double vêtement). L’X scia (l’ixia). L’Y… U perd l’eau (l’igue récupère l’eau). Les Z (les aides). »
Au jeu télévisé Des chiffres et des lettres, l’animateur annonce : consonne : c, voyelle : o, voyelle : u, voyelle : i, consonne : l, consonne : l, voyelle : e. Le plus rapide des deux candidats trouve luciole.
Quelle lettre a l’honneur d’être la mère du génie ?
La lettre i, car i fit génie.
Quel est le plus long mot français ?
Élastique.
Celui qui comporte le plus de i ?
Simili (six mille i).
Quelle est la différence entre chat et chas ?
Ça dépend. Est-ce qu’on le caresse ou on l’enfile ?
Épitaphe anonyme pour « un abbé de mince étoffe » :
Il ne savait ni A ni B
Et toutefois il fut abbé.
Amitié
« Il faut aimer quelqu’un pour le préférer à son absence. » (Jean Rostand)
Amour
« Cet amour est le plus beau d’entre les plus belles. » (Georges Courteline)
« Le plaisir est de courte durée, la position ridicule et la dépense absurde. » (Lord Chesterfield)
Louise de Vilmorin s’épanche :
« On se veut
On s’enlace
On se lasse
On s’en veut.
Je t’enlacerai.
Tu t’en lasseras.
L’amante se lamente.
L’amant, cela ment. »
« L’amour à deux, ça dure le temps de compter jusqu’à trois. » (Sacha Guitry)
« Je lève mon verre au beau sexe des deux Hémisphères. Et je bois aux deux hémisphères du beau sexe. » (Vieuville)
Un beau jour, Claire et Louis, qui s’aimaient tendrement, se brouillèrent. Depuis, Louis ne voit plus clair et Claire a perdu l’ouïe.
Les amours infinies se terminent un jour. L’amour platonique n’est pas un plat tonique.
Que le sexe soit le moteur de l’amour, on s’en aperçoit au moment des pannes.
Signification du sigle MMS :
À vingt ans : matin, midi, soir.
À quarante ans : mardi, mercredi, samedi.
À soixante ans : mars, mai, septembre.
Et à quatre-vingts ans : mes meilleurs souvenirs.
Bien des femmes aimeraient avoir simultanément trois hommes dans leur vie : un de vingt ans pour le choc, un deuxième de quarante ans pour le chic et un troisième de soixante pour le chèque.
« Un baiser, c’est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre. » (Alphonse Karr)
Amphibologie
Auteur du Siège de Paris, représenté au Théâtre-Français en 1827, d’Arlincourt fut un dramaturge dont la notoriété n’est parvenue jusqu’à nous que pour cet alexandrin : « Mais il faut en sortir comme un vieil art en sort. »
Anagrammes
Soyez discret sur les crédits directs.
Le sceptre, ce spectre imposant le respect.
Pister sans répits les tripes des pitres pétris d’esprit.
L’ancre de l’écran nacré cerna le crâne et encra carné rance.
Sans rien viser d’autre, je revis après avoir servi des ivres virés des rives.
L’anagramme peut révéler une vérité cachée :
avis
visa
Angleterre
l’étrangère
armée
marée
caravane
avancera
bonniche
bichonne
créanciers
incarcérés
déroute
redoute
édifier
déifier
épine
peine
mémorialiste
immortalisée
lénifiant
infantile
norme
morne
ministres
intérim
sarcasme
massacre
ost
STO
tergiversations
interrogatives
soigneur
guérison
vote
veto
Marie Touchet1
Je charme tout.
Frère Jacques Clément2
C’est l’enfer qui m’a créé.
Henry de Valois
Roi de nul est hay.
Catherine de Médicis
Chaîne dite de crimes3
Marguerite de Valois
Salve Virgo mater Dei.
Marie-Thérèse [d’]Autriche
Mariée au roi très chrétien.
La Révolution française
Un veto corse la finira.
Henri de Bourbon, Gabrielle d’Estrées4 Noble désir d’ébats le Roi nu héberger.
Napoléon, Empereur des Français
Un pape serf a sacré ce noir démon.
Anglais
Ne lâchez jamais la proie pour Londres.
« L’anglais, c’est du français mal prononcé » (Georges Clemenceau)
Deux villes françaises bien connues des Anglais : too loose et too long.
« Je me suis remis à la clarinette. C’est ce qui se rapproche le plus de l’anglais. » (Raymond Devos)
Les Anglais achètent les Français au prix qu’ils valent et les revendent au prix qu’ils estiment.
Les lords et les milords masos forment la crème anglaise fouettée.
Leur petit-déjeuner est grand. C’est un break faste.
« Je sais maintenant pourquoi les Anglais préfèrent le thé : je viens de goûter leur café. » (Pierre-Jean Vaillard)
Pour gueuletonner, le Français tombe la veste, l’Anglais passe la Manche.
Vers 1800, un Anglais dit à Surcouf : les Français ne se battent que pour l’argent, tandis que les Anglais ne combattent que pour l’honneur et la gloire.
– Eh bien ! lui répondit le corsaire malouin, cela prouve que nous combattons chacun pour acquérir ce qui nous manque.5
Il était anglais par son père, irlandais par un ami de sa mère.
Le peuple anglais est le plus barbare d’Europe parce qu’il aime être anglais.
« Les Anglaises adorent le cheval, mais ignorent le bidet. » (Alphonse Allais)
Animaux
Un rhino, c’est rosse.
Plongé dans l’eau minet râle.
Les chèvres sont poly-glottes.
Le bœuf dit : la vache m’émeuh.
« Pour nourrir ses ânes, Vincent vend gogues. » (Auguste Derrière)
Il est gonflé le veau qu’a bu l’air.
Le homard est un pince-sans-rire !
Les tôles ondulées, les vaches aussi.
Ne pas traire une vache est un pis-aller.
Deux chats amoureux sont félins pour l’autre.
La chèvre au lait broute sous les six troènes.
Le cri du hibou n’est pas chouette, il effraie.
Quand la biche est engrossée, c’est l’effet de cerf.
Les ciseaux à bois, les chiens aussi.
Un crocodile et un alligator, est-ce caïman la même chose ?
« C’est assez ! J’ai le dos fin ! Je me cache à l’eau », chante la baleine.
Une crevette apprend chez son gynéco qu’elle est enceinte.
– Ça, c’est le bouquet ! s’écrie-t-elle.
Pourquoi les éléphants sont-ils aveugles ?
Parce que : défense d’ivoire.
À Yamoussoukro, les caïmans nourris de viande tendre disent : « Y a mou sous crocs ! »
Une haridelle était une vieille jument desséchée, rétive et efflanquée ; on a ri d’elle.
Un dromadaire croise un chameau :
– Alors, ça bosse ?
– Ça bosse, ça bosse…
Un caméléon mourut d’avoir dormi sur un tapis d’Orient.
« Si vous mettez le pied sur une vipère, vous risquez une mort sûre. » (Boris Vian)
Antiquité étiquetée
Le Latin l’atteint. Les Grecs de la Grèce l’agressèrent. Ceux de Rhodes se rodèrent. Les Athéniens s’atteignirent, les Thraces tracèrent, les Parthes partirent, en flèche ça va de soi, sans parler des Phrygiennes frigides et à Lacédémone, on était lassé des démones. Les Perses percèrent, les satrapes s’attrapèrent, les Sicules circulèrent, les Assyriens s’assirent, les Babyloniens babillèrent, les Hittites y titillèrent. L’Ibère se libéra du Maure mis à mort. Les Angles anglaisèrent6, les Écossais, lesquels écossèrent les Irlandais enguirlandèrent les Gallois qui galérèrent. Les Gaulois gaulèrent. Les Teutonnes aux tétons tétés t’étonnèrent. Les Mèdes m’aidèrent. Les Scythes citèrent les Barbares barbants berbères. Le Rhin, les Francs le franchirent, affranchis des Sicambres si cambrés. Et les Helvètes, elles vêtirent les Bernois qu’elles bernèrent. Les Ostrogoths avaient les os trop gros. Les Goths avaient de l’ego à gogo. Et un Corinthien vaut mieux que deux tu l’auras.
Approximations
Aussi sot que grenu.
« Pas tibulaire, mais presque. »
Péremptoire et mère Emptoire.
Impeccable et même deux peccables.
Une remarque aussi acerbe que croate.
C’est sibyllin que ça en devient incompréhensible.
Aptitudes et attitudes
compétent : malappris émettant un bruit incongru.
Il peut peu. Peuh !
Quand vous prêtez l’oreille, ne soyez pas emprunté.
Ceux qui en disent le plus n’en font pas forcément le moins.
« Tu n’es pas bon à rien, t’es mauvais en tout. » (Marcel Pagnol, Le Schpountz)
Les incompétents le sont en deux mots.
« Je suis capable du meilleur comme du pire, mais dans le pire je suis le meilleur. » (Coluche)
Pour ce qui est de la modestie, je ne crains personne.
« Celui qui dans la vie est parti de zéro pour n’arriver à rien dans l’existence n’a de merci à dire à personne. » (Pierre Dac)
Quand on baisse la culotte, on se fait mieux botter le train.
Argent
capital : bonbon fondant.
Argent ard7 gens : « L’argent brûle doigt. »
« Enseignez-moi, demandait un pauvre diable, le chemin qui mène à la fortune. » On lui répondit : « C’est simple, prenez à droite, prenez à gauche, prenez de tous les côtés. »
« L’argent, ça va, ça vient. Mais quand ça vient, ça va. » (Smaïn)
« L’argent ne fait pas le bonheur de celui qui n’en a pas. » (Boris Vian)
