Le bêtisier de la République - Alfred Gilder - E-Book

Le bêtisier de la République E-Book

Alfred Gilder

0,0

Beschreibung

A la manière d’une série d’histoires drôles, Alred Gilder nous présente des moments marquants de « bêtises » politiques

Sous la IVe République, les Français n’avaient plus besoin d’aller au cinéma ou au théâtre : ils avaient le Parlement. Depuis lors, l’Élysée-Matignon & dépendances les dispensent d’aller au cirque. Le spectacle est permanent et gratuit. C’est dire que la tragi-comédie du pouvoir manque souvent de sérieux. Pourquoi donc?? Eh bien?! parce que nos politiciens ne se contentent pas de dire des bêtises, ils en font.

L’auteur n’a pas la prétention de les recenser toutes dans ce catalogue du grand guignol de la vie publique française d’hier et d’aujourd’hui. Alfred Gilder relève les plus croustillantes bêtises, mais il ne fait pas de morale. Tout le monde peut se tromper, lui le premier.

Le ton satirique et l’enchaînement des textes courts, illustrations à l’appui, font de ce livre un excellent remède contre la mauvaise humeur !

EXTRAIT

Toilettage

Les groupes de pression profitent lors des campagnes présidentielles pour interpeller les candidats. Ainsi, en 2002, la noble corporation des avocats leur demanda : « Avez-vous l’intention de toiletter le Code pénal ? » La pittoresque Christine Boutin leur tint cette réponse surprenante :
« Le Code pénal n’étant pas un caniche nain, il ne relève pas du toilettage. »

A PROPOS DE L’AUTEUR

Ancien haut fonctionnaire (de taille moyenne), Alfred Gilder est secrétaire général de l’Association des écrivains combattants. Il a publié de nombreux ouvrages instructifs et satiriques, récemment : Anthologie des jeux avec les mots (Cherche Midi Éditeur), Le français administratif (Éditions Glyphe), Oui, l’économie en français, c’est plus clair (France Empire), 500 Mots rigolos (Éditions Glyphe).

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 208

Veröffentlichungsjahr: 2016

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



À Philippe Herzog En témoignage de grande amitié

« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine.

Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Albert EINSTEIN

Avis à la population

Bêtise : manque d’intelligence, de jugement.

LE PETIT LAROUSSE

SOUS LA IVe RÉPUBLIQUE, les Français n’avaient plus besoin d’aller au cinéma ou au théâtre : ils avaient le Parlement. Depuis lors, l’Élysée-Matignon & dépendances les dispensent d’aller au cirque. Le spectacle est permanent et gratuit. C’est dire que la tragi-comédie du pouvoir n’est pas toujours une chose sérieuse. Pourquoi donc ?

Nos chers animaux politiques ne se contentent pas de dire des bêtises : ils en font. Nous n’avons pas la prétention de les recenser toutes, ni de citer tous les gouvernants, élus ou caciques, dans ce catalogue du grand guignol de la politique française d’hier et d’aujourd’hui. Sinon ce livre serait plus épais qu’un vieil annuaire du téléphone. Nous ne voulons pas davantage généraliser, même si l’exception confirme la règle. Et tout le monde a des défauts, moi le premier.

Certes il y a des actes admirables, des boutades savoureuses. Mais il y a aussi des conneries si flagrantes, des bêtises si invraisemblables, qu’elles soient dites ou, plus grave, commises, que c’est un devoir de les rappeler.

Voici donc un échantillonnage de ce que les politiciens ne devraient pas faire, en quelque sorte leur manuel d’instruction incivique. C’est une sélection d’énormités croustillantes ou lamentables, perpétrées par des représentants du peuple, vivants ou morts. Que les militants se rassurent : la droite, la gauche, et le centre lorsqu’il existe, en signent à parts égales. Le grotesque est, peut-être, le seul critère qui unit leurs auteurs.

Entendons-nous bien : échappent aux sarcasmes ceux qui ont une stature d’homme d’État. Il s’agit là d’exceptions. La France n’en fabrique qu’un ou deux par siècle. La plupart des autres ne voient pas plus loin que leur réélection. Elle absorbe, obsessionnellement, au moins 50 % de leur énergie, de leurs calculs et de leur emploi du temps, proportion atteinte dans aucune autre profession. Normal : ils en vivent.

La politique, source d’humour

Le char de l’État navigue sur un volcan.

Attribué à SULLY-PRUDHOMME

LA VIE POLITIQUE EN FRANCE serait d’un ennui désespérant si des anecdotes ne venaient pas de temps à autre en égayer le cours. Les anecdotes qui suivent en attestent et prouvent que les politiciens savent rire, le plus souvent aux dépens des autres.

Un manchot à la tête de l’État

On sait que le général de Gaulle avait coutume de railler le côté gueulard mais somme toute docile des Français. Il aurait déclaré un jour :

« La France est peuplée de 12 millions de vaches et de 61 millions de veaux. »

Mot vachard. Mais on sait moins qu’en 1946, lorsqu’il démissionna de son poste de président du gouvernement provisoire de la République, son successeur, Félix Gouin, eut droit à un défilé où les manifestants rationnés et affamés braillèrent comme des pingouins. Irrespectueux vis-à-vis du chef de l’État, ils vociférèrent :

« Du pain, Gouin, du pain Gouin ! »

Moteur à gaz pauvre

Sous la IVe République, Georges Bidault fut un dirigeant de premier plan. Dans un libelle mordant, Ça ira, André Frossard fera cette courte « bio » de l’intéressé :

« Professeur agrégé d’histoire démenti par les événements. Ancien président du Conseil national de la Résistance, ancien président du MRP, ancien catholique de gauche, ancien Georges Bidault. Auteur d’un livre de souvenirs D’une résistance à l’autre auquel il manque ce sous-titre : “Quel changement ! »

Ce résistant éminent, devenu politicien brillant, était aussi un alcoolique notoire. Il détestait Robert Schuman, dont il tournait en ridicule la lenteur d’élocution. Un jour, à la Chambre des députés, alors que ce dernier était à la tribune, Bidault lança : « C’est un moteur à gaz pauvre ! » Informé de ce trait d’esprit, Robert Schuman, qui n’en manquait pas non plus, répliqua : « Tout le monde ne peut pas avoir un moteur à alcool. »

Phagocytage

Quand le RPR Christian Poncelet ravit la présidence du Sénat à René Monory, UDF, le centriste André Santini conclut : « Il ne manque plus qu’une présidence au RPR, celle de l’UDF. »

Propos prémonitoire : la création de l’UMP permit au RPR de phagocyter l’UDF. En attendant, dans le contexte sportif des disputes entre les deux partis, Hervé de Charrette, UDF, sortit cette boutade savoureuse :

« Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière, qu’il faut nous prendre pour des gonds. »

Porte-avions en rodage

On se souvient que le lancement du porte-avions Charles de Gaulle s’accompagna de nombreux déboires plus ou moins graves : système de propulsion défaillant, hélice endommagée, vibrations des safrans, fuite de neutrons, etc. À ceux qui s’en alarmaient, le président en exercice, Jacques Chirac, répondait goguenard, pour les rasséréner : « Il flotte, c’est déjà ça. »

Toilettage

Les groupes de pression profitent lors des campagnes présidentielles pour interpeller les candidats. Ainsi, en 2002, la noble corporation des avocats leur demanda : « Avez-vous l’intention de toiletter le Code pénal ? » La pittoresque Christine Boutin leur tint cette réponse surprenante :

« Le Code pénal n’étant pas un caniche nain, il ne relève pas du toilettage. »

Un cheval ingrat

Jacques Chirac eut besoin de mentors pour percer en politique, et de gourous pour s’y maintenir. Il ne leur fut pas forcément reconnaissant. Le premier de ces maîtres stratèges fut Pierre Juillet. Avec Marie-France Garraud, il pensa, après la mort de Pompidou, miser sur ce bon cheval, qu’ils mirent en selle. Jacques Chirac le remercia de ses services. En retour, il eut droit à cette vacherie de son maître de manège congédié : « C’est la première fois qu’un cheval remercie son jockey. » Il en fut, commente André Santini, tout désarçonné.

Usine de la Machine à Perdre

En 2002, le RPR parti néogaulliste, et l’UDF, union des partis du centre, fusionnèrent pour tenter de reconquérir le pouvoir. Ils créèrent l’Union pour la majorité présidentielle (UMP). Le nouveau sigle attira cette remarque perfide de Laurent Fabius :

« Avec le PMU, on ne gagne pas toujours, mais avec son envers, UMP, on est sûr de perdre à tous les coups. »

Certains esprits tout aussi malintentionnés requalifièrent ainsi le sigle quand Nicolas Sarkozy en prit la présidence : Usine à Miroiter le Président.

Les déboires de ce rassemblement (guerre des chefs, défaite de 2012, condamnation par le Conseil constitutionnel, désastre financier, affaire Bymalion…) donnèrent au sigle un sens nouveau : Unité des Moyens Perdus.

Crocs féroces

Clemenceau avait la dent dure. Il ne fit qu’une bouchée de ceux qu’il détestait, mordant aussi, à l’occasion, ses fidèles. C’est ainsi qu’en 1898 à l’Assemblée nationale, un député, Lamazelle – il avait ce jour-là l’âme à zèle – proféra cette vérité première : « L’homme est le plus intelligent des animaux. » De son banc, le Tigre le fusilla du regard jusqu’au fond de l’âme et lui rétorqua : « Pas toujours ! Il y a des exceptions. »

Quand Félix Faure mourut, le Tigre déclara : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. »

Et sur Lyautey : « Il a des couilles, même si elles ne sont pas de lui. »

Clemenceau détestait plus que tout autre Aristide Briand : « Même quand j’aurai un pied dans la tombe, j’aurai l’autre dans le derrière de ce voyou. »

Et de son fidèle et dévoué Georges Mandel, il dit : « Quand je pète, il pue. »

Encore les manchots

La France est un pays si riche qu’elle a les moyens de s’offrir sept partis de gauche : PS, PRG, EELV (écologie, les Verts), PCF, NPA, LCR et MRC. Ce dernier est communément appelé « pôle républicain ». William Abitbol, eut sur ce petit parti ce mot cinglant :

« Le pôle républicain doit certainement être le pôle Sud, vu le nombre de manchots qu’on y compte. »

Il est vrai que, dans un pays où il y a autant de fromages que de jours dans l’année, il est logique que la plupart des formations politiques soient peu nombreuses. Certaines d’entre elles firent dire à Charles Pasqua qu’elles pourraient tenir leur assemblée générale dans une cabine téléphonique.

Devinette

Le roi de l’humour politique, André Santini, aime à poser cette devinette :

« Quelle différence y a-t-il entre un cocu et un parlementaire ? »

Si vous calez, voici la réponse :

« Un député ou un sénateur n’est pas obligé d’assister aux séances. »

Autres questions, insolentes

Edgar Faure fut, sous la Quatrième et la Cinquième Républiques, un esprit brillant, passionnant et volubile ; il avait réponse à tout. Entre autres fonctions, cet avocat d’origine, et orateur-né, occupa celle de président de l’Assemblée nationale. Un journaliste impertinent lui posa un jour cette question :

« Le perchoir, est-ce pour vous un tremplin ou une voie de garage ? »

Le député de Dôle eut cette réponse rafraîchissante :

« Mais mon cher, on peut très bien faire un tremplin avec une voie de garage. »

Moralité : il n’y a pas de sottes questions, mais seulement de bonnes réponses.

Tout à l’opposé d’Edgar Faure, le manque d’humour semble être la marque de fabrique de Martine Aubry. On colporte sur son compte cette question :

« Quelle différence y a-t-il entre elle et un pit-bull ? »

Réponse, méchante :

« Celui-ci ne met pas de rouge à lèvres. »

On raconte aussi, mais à tort, qu’après la mairie de Lille, la Dame des 35 heures deviendrait maire du Mans.

« Pourquoi ? demande-t-on.

Réponse : pour faire les 24 Heures. »

Un rire homérique

Député de la Haute-Loire, Paul Antier vota les pleins pouvoirs à Pétain en 10 juillet 1940 et rallia aussitôt la France Libre. Encore plus curieux fut son parcours sous la IVe République. Il présidait alors un important groupe parlementaire, le Groupe paysan. Cette formation comptait une trentaine de membres, chiffre déterminant pour qu’une majorité soutienne le gouvernement.

En 1955, Edgar Faure fut nommé président du gouvernement. Confronté au casse-tête que constitue la formation d’une équipe ministérielle, il s’aperçut in extremis qu’il avait oublié d’attribuer un maroquin à Paul Antier, lequel piaffait d’en être. Il nomma ce « paysan » à la Marine marchande, seul poste restant à pourvoir.

Du haut du perchoir, le président de l’Assemblée nationale donna ensuite lecture de la liste des nouveaux ministres. Quand il en vint à Paul Antier ce fut sur tous les bancs de l’hémicycle un long éclat de rire qualifié d’homérique par Edgar Faure dans ses Mémoires. Moralité : « labourer la mer » n’est pas une vaine expression.

L’humour politique primé

Voici que s’avance l’immobilisme et nous ne savons pas comment l’arrêter.

Edgar FAURE

DANS LE MARIGOT POLITIQUE, les crocodiles s’entredéchirent à crocs aiguisés. Avantage de l’inconvénient : c’est souvent amusant. Cela donna une bonne idée à Jacqueline Nebout. Cette radicale-valoisienne créa, en 1988, le Prix de l’humour politique. Elle présida un jury composé de joyeux drilles qui se réunissaient à Paris, chez Edgar. Le prix récompense la phrase la plus hilarante de l’année, qu’elle soit volontaire ou involontaire, prononcée par un politicien.

Le prix s’interrompit en 1997. Il reprit de plus belle après l’élection présidentielle de 2002, sous l’égide du Press Club de France, que préside un journaliste, Jean Miot. À la lecture des palmarès ci-après, on constatera que les postulants sont nombreux. Nous ne résistons pas au plaisir d’en citer les lauréats depuis l’origine.

1988

Prix de logique à Raymond Barre pour cette tautologie : Quand le moment est venu, l’heure est arrivée.

Prix de bonne conduite à Jacques Toubon, pour : Même en avion, nous serons tous dans le même bateau.

Prix de sciences naturelles à Pierre Mauroy, pour : La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose.

Prix d’excellence à Alain Juppé, pour : François Mitterrand est le spécialiste du piège à consensus.

NDLR  : Jacques Chirac aurait mérité, comme Edgar Faure, le prix du souvenir. Voulant plaire à la fois aux réformistes et aux conservateurs, il déclara :

Il faut réformer de fond en comble l’administration française, à condition de ne pas toucher au statut de la Fonction publique.

1989

Prix à André Santini, pour :

Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland.

1990

Premier prix à Philippe Séguin, pour :

En 1974, les Français voulaient un jeune : ils ont eu Giscard.

En 1995, ils voudront un vieux : ils auront Giscard.

Deuxième prix à Henri Nallet, ministre de l’Agriculture, pour :

Le plan sécheresse n’est pas un arrosage.

NDLR : Pourtant, l’arrosage de crédits fut abondant.

Troisième prix ex æquo :

À Pierre Arpaillange, garde des Sceaux, pour :

En 1989, sur cinquante-deux évadés, on en a repris cinquante-trois.

À Jean-Pierre Chevènement, pour :

Le mur de Berlin s’écroule. Un mort : Jacques Delors.

Prix du récidiviste à André Santini, pour :

Monseigneur Decourtray n’a rien compris au préservatif. La preuve : il le met à l’index.

1992

Premier prix à Kofi Yamgnane, maire de Saint-Coulitz (Finistère), pour :

Je suis un Breton d’après la marée noire.

1993

Premier prix à Jacques Godfrain, pour :

Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent.

1994

Le prix n’est pas décerné, mais un classement établi : Première place à Jean-Pierre Chevènement, à propos des « Assises de la transformation sociale » organisées par le parti socialiste, pour :

Les assises, c’est un peu dur pour le PS, la correctionnelle aurait suffi.

Deuxième place à Charles Pasqua, pour :

Mes détracteurs ont commencé à s’opposer aux charters. La police de l’air a négocié avec la SNCF, on a parlé de train de la honte. Si on décidait d’utiliser les bateaux, on évoquerait l’Exodus. Il ne nous reste donc, en réalité, que l’autobus ou le vélo.

1995

Premier prix à Philippe Séguin, pour :

Avec Delors, les socialistes passent de Léon Blum à Léon XIII.

Explication : Jacques Delors passe pour être chrétien ; un chrétien fourvoyé chez des laïcards.

Deuxième prix à Valéry Giscard d’Estaing, s’adressant à Benazir Bhutto, Premier Ministre du Pakistan, pour :

Votre peuple a eu l’intelligence de vous élire deux fois.

Hélas ! elle fut, la deuxième fois, assassinée.

Troisième prix à François Baroin, à propos d’un incident de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur, pour :

Je ne suis pas sûr qu’on prenne de la hauteur en montant sur une table.

NDLR : Il était en effet cocasse de voir se hisser sur une table à la fin d’un banquet l’ancien Premier ministre, que Plantu caricaturait en aristo emperruqué et véhiculé en chaise à porteurs.

Prix d’Excellence à André Santini, encore lui, pour :

Alain Juppé voulait un gouvernement ramassé, il n’est pas loin de l’avoir.

Accessit à André Santini, pour :

Je me demande si l’on n’en a pas trop fait pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu’on en ait fait autant pour Giscard.

1997

À Raymond Barre, pour :

La meilleure façon de résoudre le chômage, c’est de travailler.

À Laurent Fabius, pour :

Il est plus facile de céder son siège à une femme dans l’autobus qu’à l’Assemblée nationale.

À Hervé de Charette, à propos de son parti, la Convention démocrate, pour :

Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière qu’il faut nous prendre pour des gonds.

À Jacques Chirac, pour :

J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée nationale.

Cette décision absurde occasionna ce bon mot de Patrick Devedjian :

On était dans un appartement avec une fuite de gaz. Chirac a craqué une allumette pour y voir clair.

1998

À Marie-Noëlle Lienemann, pour :

Mon mari était jusqu’à présent chômeur, mais je suis en train de changer de mari.

À Michel Crépeau, ancien ministre, pour :

J’ai été avocat pendant 28 ans et garde des Sceaux pendant 28 jours. Si je suis le seul ministre de la Justice à ne pas avoir commis d’erreur, c’est parce que je n’ai pas eu le temps.

À Bernard Kouchner, le « docteur français », pour :

La contraception doit avoir ses règles.

2003

À Renaud Muselier, secrétaire d’État auprès de Dominique Villepin, ministre des Affaires étrangères, pour :

Villepin fait tout, je fais le reste.

Parmi les nommés :

François Goulard, pour :

Cette semaine, le gouvernement fait un sans-faute ; il est vrai que nous ne sommes que mardi.

Et Bernard Kouchner, pour :

Il doit bien rester un angle de tir pour la paix.

2004

À Jean-Louis Debré à propos de la Corse, pour :

Je n’imagine pas un instant cette île séparée du continent.

NDLR : Déjà André Siegfried disait sur l’Angleterre : Une île entourée d’eau de toutes parts.

Prix Spécial du Jury à Michel Charasse, après le mariage homosexuel de Bègles, pour :

Cela pourrait faire un film dont le titre serait Mamère Noël est une ordure.

Parmi les nommés :

Roselyne Bachelot, pour :

La moitié du nuage d’ozone qui sévit dans la région parisienne est d’importation anglaise et allemande.

François Gerbaud, à propos du groupe UMP du Sénat, présidé par le duc de Rohan, co-vice-présidé par le marquis de Raincourt et Xavier Galouzeau de Villepin (père de Dominique), pour :

Ce n’est donc pas un groupe politique, c’est un accélérateur de particules.

Dominique Strauss-Kahn, à propos de l’alliance entre Arlette Laguiller et Olivier Besancenot, pour :

C’est l’union d’un postier et d’une timbrée.

Bernadette Chirac, s’adressant à Nicolas Sarkozy, pour :

Heureusement qu’on vous a ; et, en plus, je suis sincère.

Xavier Darcos, à des élus PS, pour :

Quand vous êtes aux affaires, vous manquez de souffle ; quand vous êtes dans l’opposition, vous ne manquez pas d’air.

NDLR : à dire vrai, tous les politiciens vendent du vent à en couper le souffle.

Valéry Giscard d’Estaing, reçu à l’Académie française, pour :

À mon âge, l’immortalité est devenue une valeur refuge.

2005

Nicolas Sarkozy, pour :

Je ne suis candidat à rien.

NDLR : ce mot aurait mérité le prix de la décennie.

Prix Spécial du Jury

Remis à Valéry Giscard d’Estaing pour l’ensemble de son œuvre, en particulier pour ces deux phrases relatives au projet de Constitution européenne :

C’est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit : je le dis d’autant plus aisément que c’est moi qui l’ai écrit.

C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui.

Parmi les présélectionnés figuraient :

Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale, pour :

À l’Assemblée nationale on s’occupe des JO et on laisse les Jeux paralympiques au Sénat.

Robert Hue, ancien chef du parti communiste, pour :

Si Bush et Thatcher avaient eu un enfant ensemble, ils l’auraient appelé Sarkozy.

Manuel Valls, pour :

J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui.

Michel Barnier, commissaire européen, pour :

Que l’on soit pour ou contre la Turquie, on ne pourra pas changer l’endroit où elle se trouve.

Jean-Pierre Raffarin, le 30 mai 2005 : « The “yes” needs the “no” to win against the “no”. » (Source : INA)

Malek Boutih, secrétaire national du PS à propos de la venue de Lionel Jospin aux universités d’été du PS, pour :

Cela fait toujours plaisir de revoir ses grands-parents.

Hervé Gaymard, pour :

Je n’ai pas le sentiment de tromper ma femme quand je suis avec la France.

Bernard Poignant, maire PS de Quimper, pour :

L’an dernier, les carottes étaient râpées, cette fois elles sont cuites.

Jean-Pierre Raffarin, pour :

Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints. NDLR : Georges Clemenceau l’avait mieux dit : Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, surtout les veuves.

2006

À Ségolène Royal, pour :

Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit.

Parmi les nommés :

Dominique de Villepin pour :

Le pétrole est une ressource inépuisable qui va se faire de plus en plus rare.

Nelly Olin, ministre de l’Écologie, pour :

Je trouve qu’on a tellement de choses à se mettre dans la tête qu’il est inutile de s’encombrer le cerveau.

Azouz Begag, ministre du gouvernement Villepin, pour :

Je ne suis pas l’Arabe qui cache la forêt.

Arlette Laguiller, pour :

Mes idées n’ont pas pris une ride.

Odile Saugues, député PS, pour :

Mettre une taxe sur des billets d’avion qu’on ne paye jamais, c’est un comble pour un président.

Bernadette Chirac, sur Dominique de Villepin, pour :

Je ne l’ai pas beaucoup côtoyé à l’Élysée ; on peut ne pas prendre le même escalier.

Dominique de Villepin, à propos des manifestations anti-CPE, pour :

J’écoute ceux qui manifestent, mais j’écoute aussi ceux qui ne manifestent pas.

Nicolas Sarkozy – répondant à Dominique de Villepin qui aurait affirmé « Nous sommes en 14, c’est la guerre des tranchées, moi j’ai des couilles » –, pour :

En France, ce ne sont pas les couilles que l’on coupe, mais la tête.

François Baroin, ministre de l’Outre-Mer, au moment de la guerre des chefs, pour :

Je suis un des rares ministres chiraco-sarko-villepino compatible.

Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, pour :

Le Hamas a voulu faire une croix sur Israël.

Ségolène Royal, pour :

Les gazelles courent plus vite que les éléphants.

C’était une réplique à Henri Emmanuelli, qui aurait dit à François Hollande :

Mon cher François, il va falloir arriver à enfermer dans le même zoo les éléphants et les gazelles.

NDLR : Cela rappelle cette devinette : Pourquoi dit-on « pure laine vierge ? » Parce que les brebis courent plus vite que les bergers.

Jean-Pierre Chevènement, mis en cause dans l’affaire Clearstream, pour :

Cette année, les corbeaux volent en escadrille.

Philippe de Villiers, concernant le soutien d’un rappeur à la candidature de Nicolas Sarkozy, pour :

Docteur Sarko et Doc Gynéco, c’est la com’ et la came.

Laurent Fabius, rival de Ségolène Royal, lors de la primaire du PS en 2011 (interviou accordé à L’Express, le 24 août 2006), pour :

Je préfère dire « Voici mon projet » que « Mon projet, c’est Voici ».

Ségolène Royal en visite en Corse, pour :

Je ne parlerai ni des attentats ni des incendies, je ne parlerai que de la Corse qui travaille.

Patrick Devedjian paraphrasant Yvan Audouard, pour :

Les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite.

2007

À Patrick Devedjian, pour :

Je suis pour un gouvernement d’ouverture, y compris aux sarkozistes, c’est tout dire.

À Pierre Lelouche, prix spécial du Jury, à propos de Marine Le Pen, pour :

La Royal a coulé la Marine.

NB : Aux dires de Laurent Ruquié, si Jean-Marie Le Pen avait eu un fils, il l’aurait appelé Infanterie.

Parmi les nommés :

François Bayrou, pour un aveu :

J’ai été longtemps un jeune conformiste, et sans doute formiste était-il de trop.

François Hollande, pour :

Jack Lang avait toutes les qualités pour briguer la présidence de la République. C’est pour cela que je l’ai chaudement encouragé à se retirer.

Pascal Clément, pour :

Je suis peut-être nul, mais le ministre, c’est moi.

Jean-Marie Le Pen, pour sa réponse à « Si vous êtes élu président, quel sera votre premier voyage à l’étranger ? » :

Montfermeil.

Et pour :

L’UMP est une formation jeune, qui n’avait pas prévu qu’un des siens deviendrait président de la République !

Autres « petites phrases » retenues pour le Prix 2007 : François Bayrou, pour :

Si je suis élu, rien ne changera en France.

Arno Klarsfeld, candidat parachuté aux municipales, dans le XIIe arrondissement de Paris, pour :

Je ne suis pas un expert du XIIe arrondissement, mais je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris.

Philippe de Villiers, pour :

Quand on va m’entendre et que l’on va me voir, ça va se voir et ça va s’entendre.

2008

À Ségolène Royal, pour ce qu’elle avait dit à propos de François Bayrou, qui refusa de la rencontrer à son domicile entre les deux tours de la présidentielle de 2007 :

Il m’a fait l’impression de l’amant qui craint la panne. NDLR : la panne d’ascenseur, bien sûr.

À François Goulard, député UMP, pour :

Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c’est une période faste pour l’intelligence française.

À Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, pour :

Les retraits de l’UIMM1, c’est mieux que la valise RTL. Explication : de longue date, l’UIMM rétribuait sous la table des syndicalistes. L’argent occulte « servait à fluidifier les relations sociales ». Ces versements illégaux ont valu un an de prison ferme à Denis Gautier-Sauvagnac, DGS pour les intimes, car il refusa, magnanime, de lâcher le nom des donateurs et des bénéficiaires. À ceux qui ne le savent pas, DGS explique ce que signifie son sigle : « Denis garde le silence. »

À Christine Lagarde, présidente du FMI, pour :

Pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo.

Surtout elle, pour se rendre au FMI à Washington !

À Rama Yade, ancienne ministre médiatique de Nicolas Sarkozy, pour :

Je me retrouve avec la journée des droits de l’homme sur les bras et Khadafi sur le tarmac.

À Nadine Morano, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, pour :

Fadela Amara au gouvernement, cela montre les limites du casting à la Fogiel.

Et la réponse de Fadela Amara :

J’ai tendance à croire que Nadine Morano, c’est la Castafiore.

À Roselyne Bachelot-Narquin, à la suite d’un tour en bobsleigh, pour :

Le bobsleigh, c’est comme l’amour : on hésite au début, on trouve cela très bien pendant et après on regrette que cela soit déjà terminé.

À Dominique de Villepin, pour :

C’est un combat essentiel que celui de la laïcité, il a causé, Dieu sait, beaucoup de morts dans notre pays.

À François Bayrou, le soir d’une défaite électorale, pour :

Je vous le promets, nous aurons d’autres victoires.

À Bernard Laporte, ministre des Sports, en Guadeloupe, pour :

Je voulais voir les Antilles de vive voix.

À Christian Estrosi en Guyane, pour :

Vous avez vu comme Monsieur Sarkozy est populaire en forêt amazonienne ?