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Le Livre de Jade est un récit poétique rapportant l’aventure inédite d’un narrateur-poète tombant amoureux de la muse qui a jailli de son imagination.Construit sous la forme d’un triptyque, chaque poème constitue un chapitre, la narration d’une action précise, et met en scène celle qui a été nommée Jade.Dans la première partie, subjugué, le narrateur se contente de la contempler en faction, dans l’invisibilité la plus totale.Ensuite, désappointé, il devient acteur et échange discrètement, par le regard, avec elle – c’est-à-dire avec l’objet de son imaginaire, de sa création poétique, de sa fantasmagorie du monde – ce qui bouleverse sensiblement sa destinée avant d’oser aller à sa rencontre tactile dans la dernière partie atteignant un paroxysme sublime. Cette œuvre qui constitue une ode au langage, à la consonance et aux sens des mots, à la fantaisie du vers et avant tout à la femme, possède un caractère lyrique, humoristique, érotique et surtout épique. Ce recueil surprenant saura éclabousser quiconque se plonge dans la profondeur de ses flots...
À PROPOS DE L'AUTEUR
Musicien et écrivain, Antoine Casanova s’adonne particulièrement à l’écriture romanesque et poétique. Attiré par la musicalité des mots, le rythme et la consonance du vers, il multiplie les expériences faisant la singularité de sa syntaxe. Le livre de Jade est un récit versifié original et innovant.
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Seitenzahl: 47
Veröffentlichungsjahr: 2021
Antoine Casanova
Le Livre de Jade
Poésie
ISBN : 979-10-388-0253-7
Collection : À l’En-Vers
ISSN : 2606-1716
Dépôt légal : décembre 2021
© Couverture Ex Æquo – illustration de Folco Soffietti
© 2021 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite
Éditions Ex Æquo
Jade a des seins.
Deux beaux seins offerts
À mes yeux curieux…
Sont-ce motifs ou dessins,
Que j’observe de mon belvédère,
Là, sous son décolleté pluvieux ?...
C’est à dessein qu’ils ont fait des motifs !...
Dans l’échancrure de son corsage, mes yeux glissent,
Dérapent, dans cette vallée profonde, insondée,
Où deux pointes discrètes, formant deux récifs,
Amortissent la chute de mes iris
Qui s’emplissent d’une impromptue ondée…
Bien que partiellement offerts,
Ou partiellement masqués,
Ses volubiles seins,
Sans faire de manières,
Sont intrigués,
Je sais bien,
Par mes prunelles
Prises au dépourvu,
Face à ce point d’ancrage
Qui fait chanter l’hirondelle
Friande de beauté charnue.
Pour eux, je braverai mille naufrages !
Malgré l’humidité, mon doux regard
Retourne au lisse sommet d’où il a chu
Et s’y accroche tel un alpiniste de haut-vol
Au-dessus d’un gouffre en forme d’entonnoir,
Ne voulant pas être à nouveau déchu.
Mes pupilles et ses seins batifolent...
L’imaginaire est aux aguets...
Attisé par ce tableau,
Je veux poser ma main
Sur ses monts lactés
Comme un flambeau !
Jade aux seins...
Jade a des mains.
Deux belles mains offertes
À mes yeux curieux
Qui tels les poètes latins,
Jouissant de cette découverte,
Écrivent un blason majestueux.
Comment se lasser d’admirer ses mains ?
Si fines, si suaves, sensuellement soudaines…
Qui soutiennent l’instrument nommé flûte de Pan
Et qui embaument… comme… un bouquet de jasmin…
Mêlés à l’eau d’une claire fontaine,
J’observe ses doigts tel un chenapan.
Désireux, je jalouse l’onde…
De l’auriculaire au pouce,
Ses doigts fins et frivoles
En guise de sonde,
Au poème… poussent.
Je m’envole !
Seul avec ma plume,
D’une trépanation passionnelle,
Mon inspiration étincelle !
Chevauchée d’agrume…
Ses paumes hâlées,
Fruits de mon désir, de mon ignorance,
Étayent ses doigts emplis d’inconstance…
Et d’agilité.
Sous le pamplemousse ; la cucurbite lune rousse,
Jade aguiche la Grande Ourse en agitant son pouce.
Ses manches elle retrousse, j’en ressens les secousses…
À moi ! À la rescousse !
Elle pointe son index vers l’infini…
Et souffle une mélodie aérienne,
Avec l’aide de Pan.
Toutes deux aux tâches aguerries,
Pourvu qu’elle n’asphyxie ces reines !
En enfilant des gants…
Étendue nue au sein des vapeurs,
Jade se délasse dans les bains romains.
Épousant la roche douce,
Elle mire la montagne souche
Où se côtoient rapaces et vaillants sapins.
Béatitude et torpeur…
Isolée au milieu du tout blanc,
Dans l’onde délicieusement brûlante,
Ses sens sont épris de liberté…
Ses pulsions s’animent… soudainement…
Alors que ses mains trépignent, impatientes !
Ces commères sont la panacée…
Telles de fines stratèges,
Elles attaquent, se ruent aux endroits chromatiques !...
Nul besoin de savoir le solfège,
Pour descendre la gamme orgasmique…
Tandis que tombent des nues flocons de neige,
Se délie la mécanique…
D’une magnanime main,
Elle agresse avec amour ses deux récifs
Où Prométhée rêverait d’être enchaîné…
Amusés par ce jeu taquin du destin,
Ses volubiles seins, doux et attractifs,
Pointent vers les Pyrénées…
Du pollen de sa main verte,
Elle butine la fleur de son verger…
Hum… Au bord de la corolle ses doigts glissent…
Adorant l’action, ne voulant être inerte,
Ce sacré cinq-là ne se fait pas prier
Pour côtoyer le calice…
Ses doigts emplis de témérité
Revisitent le mythe de la caverne…
Polyphème viendra y pleurer
Afin d’inonder de joie cette citerne…
Mon bon cyclope, n’aie crainte d’être myope
Le long des parois de cette polyglotte…
Ton tour viendra, médite à cela…
En attendant, ce sont ses frivoles doigts
Qui jouent les explorateurs sans lampe torche…
Grimpant spongieusement comme des loofahs
Le long de son Mont de Vénus en émoi…
Comme l’explosion du dôme est proche !…
La lave monte terriblement,
De toute part se font sentir des secousses !
Le cataclysme est prochain !
Dans ces bains, ô Jade aux mains,
Tu es l’objet qui fait palpiter mes gousses,
Qui s’entrechoquent fatalement…
Tel un bouchon de champagne,
Le sommet du volcan a sauté !
Abondant, le magma coule…
En ce pays de cocagne…
Pompéi n’était rien à côté…
Au loin, un oiseau roucoule…
Un grand sourire aux lèvres, la belle s’endort…
Dans son coulant cocon de chaleur,
Tout son être est soumis à l’extase…
Dans le ciel apparaît la lune topaze
Qui fixe la femme de mon cœur.
Elle convoite mon doux trésor…
J’ai le flutiau, c’est ma tirade,
Pour louer celle que j’admire !…
Ma Jade qui me fait frémir ;
Mon eau de vie, ma citronnade !
J’improvise la sérénade,
Joue des sons à n’en plus dormir !
J’ai le flutiau, c’est ma tirade,
Pour louer celle que j’admire !
Chanter Jade est mon olympiade !
Ma grenade, mon cachemire…
D’un œil passionné je la mire ;
Ma sirène du hit-parade !
J’ai le flutiau, c’est ma tirade !...
D’une marche nonchalante
Sur le Sentier des Douaniers,
Jade laisse les cigales
Guider ses petites sandales
Sur cette terre jonchée
D’aiguilles de pins attachantes…
Les résineux aux couleurs verdoyantes
Lorgnent cette passante bien profilée
Flâner sur jambes d’aiguilles idéales
Nullement dérangées par le vieux Mistral
Qui roupille avant d’à nouveau souffler
