Le minot de Marseille - Anne Seillant - E-Book

Le minot de Marseille E-Book

Anne Seillant

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Beschreibung

A cinquante ans passés, Hortense vit très heureuse depuis son mariage avec Octave. Ils ont une vie bien remplie et profitent de toutes les bonnes choses. Mais un drame familial va bouleverser leur couple et l’arrivée de ce petit garçon différent va déranger Hortense qui ne voulait pas d’enfant. Elle va devoir faire preuve de beaucoup de cœur pour accepter cette situation un peu particulière.


À PROPOS DE L'AUTEURE


Anne Seillant est née à Orthez en 1971. Après des années à travailler dans le sport, elle s’est tournée vers la petite enfance. C’est à ce moment là qu’elle se met à écrire des contes pour enfants. Aujourd’hui, elle écrit d’autres histoires et nouvelles, et travaille toujours auprès de jeunes enfants en état d’handicap dans le milieu scolaire.

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Seitenzahl: 39

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Anne Seillant

Le Minot de Marseille

A tous les élèves différents que l’on m’a confiés et que l’on me confie encore :Yoan, Yacine, Tom, Arnaud, Emilie, Matthieu, Noémie, Océane, Valentin, Damian, Yanis et Grégoire.

« Nos différences nous rendent uniques ».Johann Dizant« Recueil de citations »

Le Minot de Marseille

Cela faisait quelques temps maintenant qu’Hortense avait donné le départ du train à la gare Saint-Lazare le jour de ses cinquante ans. En repensant à ce souvenir, elle avait encore des étincelles plein les yeux, le cœur qui palpitait et le souffle qui s’accélérait. Elle ne l’avait jamais refait depuis et s’en garderait bien. Elle voulait conserver ces sensations intactes et ne voulait rien salir si jamais la deuxième fois se passait mal pour une raison ou pour une autre. Cela avait été le plus beau jour de sa vie. Après son mariage avec Octave biensûr.

Hortense avait, depuis, repris le cours tranquille de sa gentille petite vie. Tout était parfait avec Octave qui était un mari très attentionné, à l’écoute et tendre. Il apportait à Hortense une joie perpétuelle car il aimait rire souvent et aimait la vie tout court. Elle qui avait voulu être transparente et discrète se trouvait aujourd’hui au milieu d’amis joyeux et parfois bruyants. Elle s’était fondue dans la bande d’Octave avec une grande facilité et cela l’étonnait d’elle-même. Mais on se découvre tous les jours et on grandit toujours au contact des autres. Avec eux, elle avait rattrapé ses quarante-quatre années de vie solitaire, sans amis, sans enfants et presque sans famille puisque ses rapports avec ses parents étaient juste polis, sans aucune effusion d’amour ou de tendresse. Et de tout ça, aujourd’hui, elle n’en manquait pas. Ses nouveaux amis l’aimaient autant qu’ils aimaient Octave et chaque repas qu’Hortense et son mari organisaient une fois par semaine chez eux était un vrai moment de partage et de rires.

Bref, Hortense était heureuse et cela lui allaitbien.

Au travail, les choses avaient quelque peu changé. Le gros Monsieur Robert avait fini par prendre sa retraite. Il avait quitté le bureau un soir, en douce, sans même dire qu’il partait pour toujours. Sur le moment, tout le monde avait été étonné de son absence car il ne manquait aucun jour de travail. C’est la direction qui apprit à Hortense et Cindy qu’elles travailleraient désormais à deux. Au fond, ce fut un soulagement car les deux femmes n’en pouvaient plus des grossièretés de leur collègue. Avec le temps, il s’avéra même qu’il ne manquait à aucune personne de la société.

Les deux collègues, au fil des années, avaient fini par tisser de forts liens d’amitié. Depuis que Cindy avait pris en main Hortense pour lui apprendre à plaire à Octave, une tendresse infinie s’était glissée entre elles et une grande confiance mutuelle les liait. Alors, oui, elles étaient très différentes, oui, elles n’avaient pas le même âge, oui, leurs vies étaient opposées mais elles s’aimaient telles qu’elles étaient et c’était sans doute ce qui faisait la richesse de cette amitié.

Cindy n’avait pas beaucoup changé avec les années. Elle mâchait toujours du chewing-gum, était toujours trop maquillée mais avait cependant fait quelques progrès dans son travail. C’est-à-dire que maintenant elle arrivait à classer les papiers sans en perdre un seul, ce qui relevait du miracle. Elle n’était toujours pas mariée, ni même fiancée. Disons, que, tel un papillon, Cindy passait de bras en bras, sans vouloir se poser. Elle rendait pourtant les hommes très amoureux d’elle. Mais elle, refusait cette possibilité, alors elle partait en courant. Et ça lui allait bien commeça.

Souvent, les deux collègues fuyaient la cantine du bureau et se retrouvaient à la terrasse d’une brasserie pour manger des poireaux vinaigrette ou une omelette toute simple. Elles en profitaient ensuite pour faire un peu de lèche-vitrines. Hortense, depuis qu’elle avait rencontré Octave, était désireuse de toujours lui plaire et prenait à présent grand plaisir à acheter de jolies tenues. Toujours grâce aux conseils de Cindy, elle avait quitté ses ensembles beiges et ternes, passe partout, pour de belles robes à fleurs ou joliment colorées, cousues dans des tissus légers et bien coupés. Elle ne manquait pas non plus d’aller chez le coiffeur et avait appris à se maquiller. A cinquante ans passés, Hortense resplendissait. Elle aimait d’ailleurs dire que c’était l’amour qui la rendait belle.

Parce qu’il avait bien fallu près de cinquante ans à Hortense pour changer de vie et s’épanouir véritablement. Sa patience avait été récompensée même si, en fait, Hortense n’attendait pas grand chose de la vie, si ce n’était donner le départ d’un train. A présent, elle voulait profiter de tout avec Octave. C’est pourquoi ils voyaient souvent leurs amis, partaient en voyage, allaient au restaurant, au cinéma, au théâtre. Rien ne les en empêchait alors ils y allaient. Et Hortense rayonnait.