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Hortense Pupier rêve de devenir sous-chef de gare, jusqu'au jour où elle fait la connaissance de celui de la Gare Saint-Lazare.
Hortense est une petite comptable discrète et attachante qui vit à Paris. Elle a une passion : les trains. Sont rêve serait d'ailleurs de donner le départ de l'un d'entre eux, avec un vrai sifflet de sous-chef de gare. Sa rencontre avec le sympathique Octave va changer sa vie à un point qu'elle n'imagine même pas.
Une nouvelle romantique légère et rafraichissante... suivie d'une autre !
EXTRAIT
Depuis toujours, Hortense était fascinée par les trains.
Elle ne savait pas expliquer pourquoi, mais lorsqu’elle voyait un train passer, elle était pleine d’admiration. Elle se disait que peut-être, dans une vie antérieure, elle avait été une vache dans un pré qui regardait les trains passer. Cette idée lui plaisait, elle la trouvait rigolote. Elle était allée jusqu’à choisir son appartement afin qu’il donne sur une gare, peu importe laquelle. L’agence immobilière lui avait fait visiter celui où elle vivait. Il n’était pas grand, plutôt vieillot, mais il donnait sur la gare. Elle pouvait à loisir regarder les départs et les arrivées des trains, se délecter des bruits qu’ils faisaient en freinant et écouter les messages SNCF des haut-parleurs.
En fait, le grand rêve d’Hortense était de devenir un jour Sous-Chef de Gare !
Elle rêvait de porter la même casquette et de pouvoir donner un départ avec le précieux et indispensable petit sifflet qui faisait tout dans l’uniforme du Sous-Chef.
Elle n’avait pu résister au plaisir de s’acheter le petit accessoire métallique et avait passé tout un week-end dans son appartement, à souffler dedans à la moindre occasion. Elle sortait un plat du four, hop, elle sifflait, elle finissait la vaisselle, hop, elle sifflait, elle sortait des toilettes, hop elle sifflait… Quel bonheur ! Lorsque son voisin avait tambouriné à la porte la sommant d’arrêter ce vacarme, elle avait rangé son sifflet dans un tiroir, un peu honteuse. Elle le sortait de temps en temps, pour l’admirer. Dans ce même tiroir, se trouvait un petit cahier d’écolier à spirales où Hortense tenait consignés tous les horaires des trains au départ ou à l’arrivée de la Gare St Lazare.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Anne Seillant est née en 1971 à Orthez dans les Pyrénées Atlantiques. Elle a un temps travaillé dans le marketing sportif mais s'est véritablement épanouie en travaillant comme animatrice auprès d'un très jeune public. C'est à cette époque qu'elle se met à écrire des contes pour enfants puis plus tard des nouvelles. Elle assiste aujourd'hui des élèves handicapés dans un collège et écrit toujours.
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Seitenzahl: 37
Veröffentlichungsjahr: 2020
Le rêve d’Hortense
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Anne Seillant
Le rêve d’HortenseSuivi de Pour la fille à vélo
A ma Marraine
« Les histoires d’amour,
c’est comme les voyages en train. »
Grand Corps Malade
Le Rêve d’Hortense
Lorsqu’Hortense Pupier vint au monde dans une maternité du 14ème arrondissement de Paris, elle fut pour ses parents leur plus grande déception.
En effet, ceux-ci attendaient un garçon et furent bien dépourvus lorsque le médecin demanda comment allait s’appeler cette petite fille. Les parents se regardèrent étonnés : personne n’avait jamais pensé à un prénom de fille.
Ils demandèrent alors un délai de quelques heures pour réfléchir, ce que le médecin leur accorda avec indifférence, trop pressé de quitter cette salle d’accouchement pour vaquer à d’autres affaires bien plus importantes.
Une fois dans la chambre de la maman, ils se mirent à chercher un prénom puisqu’il fallait bien l’appeler d’une façon ou d’une autre cette gosse. Pour un garçon ils avaient tout prévu. Il se serait appelé Jacques, comme le grand-père, aurait grandi en jouant au football dans la cour de l’immeuble et serait devenu boulanger comme en rêvait Monsieur Pupier. Mais Jacques n’était pas un prénom de fille. Cette fille ne jouerait jamais au football. Elle ne serait jamais boulanger.
Quelle désillusion tout de même.
Si encore ils avaient choisi Claude ou Dominique pour leur garçon, le problème ne se poserait même pas. Mais là… c’était un problème et il fallait le régler au plus vite, histoire de déclarer cette enfant à la Mairie dans les temps réglementaires.
Lasse, Madame Pupier regarda par la fenêtre et dit vaguement à son mari, pour changer de sujet :
« Tiens, regarde comme ils sont beaux ces hortensias ! »
Monsieur Pupier eut alors un déclic.
Et c’est ainsi qu’il fut décidé que ce bébé joufflu qui les regardait avec étonnement s’appellerait Hortense.
Le sujet était clos. On pouvait passer à autre chose.
En grandissant, Hortense se demandait souvent quel aurait été son prénom si la vue depuis la chambre d’accouchée de sa mère avait donné sur autre chose que des hortensias !
Hortense traversa son enfance et son adolescence dans la plus grande indifférence. Elle était gentille et transparente. C’est tout juste si ses parents remarquaient sa présence. Elle fut une élève ni bonne, ni mauvaise. Elle s’arrangeait juste pour passer en classe supérieure. Aujourd’hui encore, ses professeurs auraient été bien incapables de se souvenir d’Hortense Pupier, élève moyenne, plus préoccupée à se faire oublier des autres qu’à devenir la coqueluche de la classe. Elle n’était ni aimée ni détestée par ses camarades. Tout juste ignorée.
Lorsqu’arriva le moment du choix de l’orientation, Hortense ne sut que choisir, n’aimant rien en particulier. Elle ne savait plus d’ailleurs comment elle était devenue comptable. Mais c’était fait !
Et c’est ainsi, qu’à quarante ans passés, Hortense Pupier travaillait dans une petite entreprise du 17ème arrondissement de Paris. C’était une bien petite entreprise mais elle se plaisait à son travail. Ce que faisait celle-ci ne l’intéressait pas. Elle faisait juste la comptabilité et classait les factures après les avoir réglées. C’était tout et c’était bien comme ça.
Elle partageait son bureau avec deux autres collègues. Il y avait à sa gauche, Monsieur Robert. Il devait avoir près de soixante ans, avait toujours travaillé dans ce bureau qu’il connaissait par cœur. Ce gros bonhomme venait tous les matins en costume trois pièces. Il sentait mauvais. En revanche, il fallait reconnaitre deux choses qu’il faisait bien : travailler et médire. Hortense, très conciliante, lui pardonnait alors les réflexions désobligeantes et les trois grossièretés qu’il disait.
A la droite d’Hortense, il y avait Cindy. C’était la nièce du patron, elle n’avait que vingt-trois ans. Hortense l’aimait bien car elle riait tout le temps et ça la distrayait du gros Monsieur Robert et de ses renvois gastriques. Cindy venait au travail en mini-jupe, trop de maquillage sur le visage et un chewing-gum constamment dans la bouche. Elle était tête en l’air, gaffeuse, oubliait tout et travaillait mal. Hortense dut à maintes reprises reprendre le travail de Cindy en douce, pour que personne ne constate les erreurs de la petite.
