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L’été de ses sept ans, Victor vit les joies pures de l’enfance en compagnie de son amie Louise. Ces vacances chez ses grands-parents se révéleront déterminantes à plus d’un titre. Les disputes incessantes de ses parents, la collection de papillons de Papy, et surtout, une promesse échangée un après-midi d’orage, bouleverseront sa vie.
Engagé dans sa vie d’adulte, responsable d’un petit garçon, heureux auprès de Lucie, Vic-tor croisera le chemin d’une petite fille. Un visage tant aimé ressurgira de manière inopinée de son passé, troublant son cœur et son âme, risquant de le précipiter au fond du gouffre.
Ce roman qui suit Victor à deux moments charnières de son existence vous emportera dans un tourbillon d’émotions.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Patricia Duterne est une auteure belge. Elle a travaillé durant de nombreuses années auprès d’enfants aveugles et malvoyants. Ses histoires sont empreintes de bienveillance. Depuis 2014, elle a publié six romans et une nouvelle. Ses livres existent en version adaptée pour personnes déficientes visuelles.
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Seitenzahl: 157
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Patricia Duterne
Roman
Nouvelle édition
ISBN : 979-10-388-0546-0
Collection : Blanche
ISSN : 2416-4259
Dépôt légal : janvier 2023
© Photo de couverture de Vincent Duterne pour Ex Æquo
© 2023 Tous droit de reproduction, d’adaptation et de
traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays
Toute modification interdite
ditions Ex Æquo
« La vie se contredit tant.
On se débrouille comme on peut avec la vie. »
Antoine de Saint-Exupéry
La soirée est délicieuse et la Voie lactée l’enveloppe de sa lumière argentée. En sourdine, Victor entend les bribes de la fête battant encore son plein. Cette journée l’a emporté doucement dans un crescendo d’émotions. Un tourbillon de joie et de bonheur qu’il n’est pas près d’oublier. Il s’est retiré dans le jardin embaumant les délicates senteurs de jasmin d’été. Depuis déjà quelques heures, il a dénoué son nœud papillon et tombé sa jaquette. C’est vrai qu’il a un petit air filou, ses cheveux en bataille et les joues rosées. Cette douce torpeur lui convient. Il se sent merveilleusement bien. Le parc est illuminé de flambeaux et un chemin de fleurs mène à la salle de bal. D’où il se trouve, il voit Lucie tournoyer dans les bras de son frère. Son chignon piqueté de roses blanches tient toujours par on ne sait quel miracle. Il sourit à la pensée de l’épreuve qui attend sa toute jeune épouse démêlant ce savant montage avant de se glisser sous les draps. Il l’imagine devant la coiffeuse de leur suite, grimaçante, mais souriante. Après son enterrement de vie de garçon, Victor s’est réveillé avec des cernes et il a craint de ne pas tenir le coup, grognant à la pensée de devoir se traîner pour remplir toutes ses responsabilités. Quelle idée aussi ses copains ont-ils eue de l’emmener au casino juste la veille du jour le plus important de sa vie ! À ce souvenir paraissant déjà si loin, il ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire. Il a tenu le coup, et même plus, il a été rayonnant au bras de Lucie vêtue d’une robe blanche un peu osée, mais tout à son image, simple et provocante. Pas une fausse note dans ce décor magique. Tout a été réglé avec minutie par des mains de fée. Victor sait que sa mère a dû accomplir de gros efforts pour tenir tête à Charlotte prête à régenter son petit monde à la baguette. Il aurait voulu être une petite souris pour les voir avancer chacune leurs pions afin que le mariage de leur enfant soit le reflet de leurs propres désirs. C’était sans compter sur la volonté de Lucie et sa manière habile de réussir un tour de passe-passe. Avec son regard émeraude et quelques œillades bien placées, elle est parvenue à exaucer leurs propres souhaits tout en laissant croire aux deux mères qu’elles avaient les coudées libres. Eh oui, ce regard, ces yeux d’un vert incroyable, ce petit air innocent qui ne la quitte pas… Victor aussi s’y est fait prendre. Ah, sa douce ingénue…
Perdu dans ses pensées, Victor n’a pas tout de suite réalisé la présence de Lucie à ses côtés.
— À quoi penses-tu ?
— À toi.
— Huuummm…
— Quoi ?
— Trop facile, ou alors, trop court comme réponse.
D’une main tendre, Victor enlace sa femme. Sa femme… comme ce mot nouveau est savoureux…
— Je ne sais pas si je réalise très bien ce qui m’arrive.
— Ce qui nous arrive !
— Oui. Tu te rends compte, tu es ma femme.
— Madame Recto Verso.
— Ah oui, j’avais presque oublié.
— Nous aurions dû souffler ce petit mot à l’échevin, j’en connais qui auraient bien ri.
— J’imagine sa tête et celle de nos familles.
— Oh, ils n’auraient juste rien compris. Après tout, c’est notre petit surnom.
— Oui, les deux faces de la page d’un beau livre qu’on ne peut détacher.
— Docteur Jekyll et Mister Hyde…
— Je préfère la lune et le soleil. Après tout, nous avons tous les deux nos côtés sombres.
— L’avantage de ces deux-là, c’est qu’ils se tournent autour sans cesse.
— L’ennui, c’est qu’ils ne se trouvent jamais…
— Non, mais l’un ne va pas sans l’autre.
— Que fais-tu de la terre ?
Lucie réfléchit deux secondes et, en un éclair de malice, énonce, très solennelle :
— Nos enfants !
— Quoi, nos enfants ?
— La terre a besoin de la lune et du soleil pour tourner, pour faire éclore les saisons, pour faire jouer les marées. La terre a besoin de ces deux astres pour vivre !
— Pas mal, tu m’épateras toujours. Tu devrais te lancer dans l’écriture.
— Justement...
— Justement ?
D’un air timide et coquin, Lucie fait apparaître un petit carnet bleu fermé d’un ruban de soie. C’est la première fois que Victor voit ce cahier. Il se demande d’où elle le sort.
— C’est pour toi.
— Mais…
— Prends-le.
Victor ne parvient pas à détacher son regard des mains gantées de blanc de Lucie. Elle le regarde presque implorante, semblant appréhender sa réaction.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Ouvre, tu verras bien.
La voix de Lucie n’est plus que murmure. Toujours envoûté par l’objet, Victor n’arrive pas à esquisser un geste. Lucie ne comprend pas sa réaction.
— Prends-le, s’il te plaît. Je ne vais quand même pas t’implorer. C’est mon cadeau de mariage.
— Mais…
— Mais, rien du tout. Je vais finir par croire que tu n’en veux pas.
À son ton soudainement brisé, Victor prend conscience que Lucie interprète mal son attitude.
— Merci, Mamour. Je suis tellement surpris et ému…
Il embrasse tendrement Lucie qui se détend instantanément. Il la berce doucement et, toujours enlacés, dénoue le ruban. Sur la première page, il découvre la représentation de son signe astral conjugué à la voûte céleste. Ses yeux sont hypnotisés par cette reproduction si minutieuse et, en même temps si personnalisée.
— Pour le dessin, c’est mon idée, mais tu sais que j’ai deux mains gauches. C’est Ariane qui a composé l’ensemble. C’est bien réussi, tu ne trouves pas ?
— C’est magnifique.
En tournant la page, le premier texte tout en rimes de Lucie se dévoile. Son écriture en lettres arrondies sautille de ligne en ligne. À la lueur de la nuit, les mots dansent et leur sens prend une signification encore plus profonde. Victor regarde Lucie et découvre dans son regard vert une émotion semblable à la sienne. Il est définitivement sous le charme de cette femme qui le surprend chaque jour un peu plus.
— Je ne sais pas quoi te dire. C’est tellement beau, tellement grand, tellement inattendu…
Lucie éclate de rire et lui donne un baiser sonore sur la joue.
— Ça te plaît ?
— Les mots me manquent.
— Oui, je remarque.
— Mais… depuis quand écris-tu ?
— C’est mon trousseau de jeune mariée. Au lieu de broder des nappes et des chemises de nuit, comme d’antan, j’ai voulu trouver quelque chose de plus original à t’offrir. C’est sûr que ça ne nous tiendra pas chaud l’hiver !
— Tu es incroyable !
— Tu en doutais ?
Et c’est au tour de Victor de rire à gorge déployée. Tous deux emplis de ce bonheur partagé, ils décident de s’éclipser de leur journée et de rejoindre leur chambre située dans une autre aile de la demeure. Le chemin est sombre jusqu’à la bâtisse. De ce côté du domaine, l’éclairage est plutôt chiche. Ils se tiennent par la taille, tête contre tête, perdus dans les prémices de leur nuit, accompagnés par un papillon de nuit virevoltant à leurs côtés.
Du haut de ses sept ans, Victor est déjà un véritable petit homme. Sa chambre est toujours impeccablement rangée, si ce n’est un tas de linge sale qu’il ne se décide pas à jeter dans le panier de la salle de bain. Il voit bien que son père laisse traîner ses chaussettes partout et sa maman ne le gronde plus. Elle ramasse tout sans un mot, mais Victor se rend bien compte qu’elle serre les dents. Lui, il se fait gronder. Pour échapper aux disputes, il planque tout sous son lit. Parfois, il oublie ce fatras et maman le trouve en passant l’aspirateur.
— Victor, veux-tu venir ici.
— …
— Victor !
— Quoi ? Je suis occupé.
— Moi aussi, je suis occupée et je nettoie ta chambre.
Victor arrive en traînant les pieds.
— Tu vois ce que je vois ?
— Où ?
— Sous ton lit.
— Non, fait tout noir.
— Victor, ne te moque pas de moi.
— Pfff…
— Veux-tu bien ramasser ton linge ?
— Tantôt.
— Non, maintenant.
— Mais ma peinture va sécher !
— Si tu arrêtais de discuter, tu serais déjà retourné à ton dessin.
— C’est pas un dessin !
— Victor, ne change pas de sujet.
— J’ai pas envie de ramasser. Il y a sûrement des araignées.
— Si je ne sais pas nettoyer, tu peux être certain qu’elles vont rappliquer en quatrième vitesse.
— Tu vois, tu le dis toi-même !
— Ça suffit, Victor. Tu te bouges et tu ramasses tes vêtements !
— NON !
— Victor !
— T’as qu’à le faire toi !
— Ça suffit, tu ramasses ton linge, et en vitesse !
Helen commence à perdre patience, mais Victor ne veut pas en démordre. Il a une peur bleue des araignées et autres insectes rampants ou volants. Il recule vers le couloir, de plus en plus pétrifié. À ce moment-là, une grande main ferme se pose sur son épaule. Elle n’est pas brutale, mais l’empêche de prendre la tangente. Papa est là. Il s’encadre dans la porte et bloque le passage. Victor se retourne et, lentement, lève la tête. Papa semble plus amusé qu’excédé.
— Tu veux qu’on regarde ensemble ce qui se passe sous ton lit.
— …
— Arrête, tu vas en faire une chochotte, proteste Helen.
— Ne dis pas de sottises. Il est encore petit.
— Je lui demande juste de ramasser son linge.
— Je sais, j’ai compris, mais tu peux le faire pour lui. Ce n’est pas la mer à boire. Il te dit qu’il a peur des araignées.
— S’il mettait directement ses vêtements dans la salle de bain, ça n’arriverait pas.
— Ne me dis pas qu’à son âge, tu obéissais au doigt et à l’œil à ta mère.
— C’est pas vrai ! Tu ne vas pas m’accuser moi, alors qu’ici, il s’agit de ton fils.
— Et du tien…
— Arrête !
Helen se tourne vers le petit garçon dans une attitude menaçante.
— Victor, je ne vais pas le répéter trois fois. Dépêche-toi et on n’en parle plus.
— NON ! Je n’irai pas sous mon lit.
— Regarde autour de toi, chérie, dit Édouard. Le reste de sa chambre est nickel. Son bureau digne d’un étudiant d’université, ses jeux dans les étagères, son lit est fait. Ce n’est quand même pas grave si deux paires de chaussettes traînent sur la moquette.
— Mais nom de Dieu ! Tu vas arrêter ton cirque !
Et boum, Helen laisse tomber le tuyau de l’aspirateur et part en claquant la porte. Victor se sent un peu coupable de la discorde entre ses parents. Il se gratte la tête et se penche tout doucement. Son papa s’agenouille à côté de lui et l’encourage doucement.
— Vas-y, mon bonhomme. Je suis là. Si une bêbête montre le bout de ses pattes, je te promets de l’attraper.
— J’vais pas y arriver.
— Essaye et on verra.
Victor se met courageusement à plat ventre et commence à ramper à la vitesse d’un escargot. Il sait qu’un papillon est entré dans sa chambre, cette nuit. Il l’a surveillé pendant un temps fou avant de piquer du nez. Il a mal dormi. Il a été courageux et n’a pas appelé ses parents. Il aurait dû crier. Maintenant, c’est lui qui est puni. Papa et maman ne comprennent pas cette peur irrationnelle. De la cuisine, montent des bruits de vaisselle. Helen doit passer sa rage sur les tasses et les assiettes du petit-déjeuner. Dix minutes plus tard, Victor a atteint les pieds du lit. Il se pétrifie, le regard fixe et les traits tirés. Il est tout pâlot et ses dents claquent. Son papa vient se placer à côté de lui et tend le bras. Il récupère les chaussettes à l’origine de cette épreuve terrifiante pour son fils. Il relève tendrement Victor et le serre très fort.
— Calme-toi, c’est fini. Tu as été courageux.
— J’y étais presque, dit Victor d’une petite voix étouffée.
— Oui, je t’ai vu et je suis super fier de toi !
— Maman ne va pas être contente.
— Pourquoi ?
— C’est toi qui es allé en dessous du lit.
— Non, j’ai juste tendu le bras. Toi, tu aurais dû te glisser plus loin.
— Oui, mais j’ai pas réussi.
— Tu as déjà bien progressé. La prochaine fois, tu iras encore plus loin.
— …
— Ne t’inquiète pas.
Victor se laisse aller dans les bras réconfortants de son papa, mais il est triste. Sa maman sera déçue et fâchée et, à cause de sa frayeur, ses parents se sont disputés. Il s’en veut et pleure toutes les larmes de son cœur, le visage enfoui au creux de son épaule.
Depuis quelque temps, Victor s’enlise dans son boulot qui le pompe nerveusement. Il rentre éreinté par des journées de stress impossibles à gérer. Il en a marre d’être le laquais d’un boss qui se prend pour John Galiano. Le ton monte de plus en plus dans l’atelier, et les créations de Victor en souffrent. Il n’a jamais supporté l’agressivité, encore moins quand l’injustice s’y mêle. Il passe ses week-ends dans un état second et commence à fuir les soirées en tête-à-tête avec Lucie. Il s’embourbe dans un tourbillon d’idées négatives duquel elle n’arrive pas à l’extirper. Un soir, n’y tenant plus, elle suscite la discussion. Ce n’est pas la peine de se donner beaucoup de mal en cuisine, sachant que son homme a perdu l’appétit. Elle décide donc, d’autorité, de choisir une pizza grand format et appelle le livreur. Victor ne fait aucun commentaire et la rejoint dès le coup de sonnette.
Lucie essaye de s’enthousiasmer face à ce grand carton tout chaud.
— Au menu : une pizza salmone ! Installe-toi dans le canapé, je nous sers un petit blanc.
Victor se laisse tomber entre les gros coussins, les pieds sur la table basse. Quelques instants plus tard, Lucie réapparaît avec une spirale pour découper la pizza, deux serviettes en papier et une bouteille d’un bon Lansac blanc.
— En quel honneur, ce festin ?
— Je pense que nous avons besoin d’un peu de légèreté.
Victor acquiesce en levant son verre.
— À la légèreté, alors !
— À nous, répond Lucie en souriant.
— Oui, à nous !
Lucie laisse le calme imprégner la pièce et voit les épaules de Victor se détendre doucement.
— J’ai réfléchi, dit Lucie.
— À quoi ?
— À ton boulot.
— Tu es certaine que ce soit le moment d’en parler ? On est bien là.
— Oui, mais j’ai une idée.
— Ah, tu comptes aller démettre le grand patron ?
— Non, mais j’ai fait des comptes.
Victor se redresse, subitement en alerte.
— Laisse-moi parler sans m’interrompre. O.K. ?
— Je vais essayer…
Lucie fait l’impasse sur le manque d’enthousiasme flagrant de Victor.
— Voilà, comme tu sais, j’ai eu une belle promotion et…
— Je suis au courant. Merci de me rappeler que je ne ramène pas grand-chose pour faire tourner la baraque.
— S’il te plaît, laisse-moi continuer.
— Vas-y, je me tais.
— Bon, grâce à ça, je crois que tu pourrais rejoindre Benoît. Je suis convaincue qu’à vous deux, vous ferez un malheur. Il a déjà une bonne clientèle. Pas besoin de te lancer tout seul.
— Tu as vu où il travaille ? C’est à l’autre bout de la Belgique.
— Écoute-moi jusqu’au bout. Je suis certaine que mes parents accepteraient de mettre à votre disposition une pièce de leur annexe, voire l’annexe entière. En attendant, tu investis la chambre d’amis, je pousse la planche à repasser et tu mets à jour ton book. Tu démarches pour te trouver une petite clientèle, et tu envoies bouler John et sa superbe.
Victor est abasourdi par le discours de Lucie. Il n’est pas certain qu’elle ait pensé à tous les tenants et aboutissants d’une telle décision. La voilà qui sort une feuille de papier, bien cachée dans un magazine féminin. Il sourit à la vision de ce petit subterfuge.
— J’ai tout calculé.
Et voilà des colonnes de chiffres qui s’alignent. Bon, il faut admettre qu’elle a bien analysé les diverses possibilités. Elle a toujours été plus forte que lui en maths, mais bon, il y a tout de même deux inconnues de taille.
— C’est très joli, mais il faudrait d’abord poser la question aux intéressés.
— Cache ta joie.
— Non, je te remercie de tout ce travail. Chapeau !
— Pour mes parents, je m’en charge. Toi, tu relances Benoît. Il sera peut-être ravi de se rapprocher de la capitale. Il dit lui-même que, dans son trou, ce n’est pas toujours simple.
— Tu es incroyable ! Je suis à deux doigts de céder.
— Je croyais que tu serais plus difficile à convaincre.
— Tu as trouvé tous les arguments.
— Je sais. Je suis une championne de la persuasion.
La soirée se poursuit sur un joyeux nuage. Il reprend peu à peu confiance en lui, mais, au fond de son esprit, le doute s’insinue toujours. Ce ne sera pas une entreprise facile. Benoît est un chic type. Ils se sont connus lors de leurs études de stylisme, et leurs goûts convergeaient souvent. Ils avaient obtenu l’autorisation exceptionnelle de leur direction pour proposer un défilé ensemble à la fin de leur cursus. Le résultat fut plus que probant et la mention tomba sans appel. Et si le moment était venu de déployer ses ailes ? Il est prêt à appeler son ancien comparse sans plus attendre, mais l’heure tardive l’en dissuade. Demain sera un jour plein de promesses.
