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Oliver était un assassin hors pair. Mais à cause du sourire d'une jeune fille, sa vie changea radicalement. Cependant, la Ligue Carpe Noctem, une organisation criminelle, n'accepte pas le fait qu'il quitte l'assassinat. Pour elle, assassin un jour, assassin toujours. Elle décide donc de le faire entrer dans l'école spécialisée d'assassins en tant que professeur. Oliver, désormais sous une autre identité, va-t-il s'en sortir ?
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Seitenzahl: 336
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Préface
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Epilogue
Postface
Remerciements
Une vengeance, un jugement, une peine et de la douleur. Voilà comment le monde se définit aujourd'hui et compte se placer dans l'obscurité. Pourtant, il est libre de ses actes et a et aura toujours le choix.
Aujourd'hui, les gens se croient humbles en se rabaissant, refusent gentiment des compliments. Comme Hercule Poirot le dit : « Je le reconnais, je suis un homme extraordinaire. » L'humilité n'est pas se rabaisser, mais se reconnaître, connaître ses dons. Vous savez écrire un bon texte, eh bien dîtes-le à haute voix. Vous dessinez extrêmement bien, exclamez-vous ! Vous êtes libres de dire que vous êtes doués. N'allez cependant pas jusqu'à la prétention. L'humilité ne va pas au-delà. Prendre du recul, c'est bien ; en prendre trop, c'est mauvais.
Ne vous dîtes surtout pas qu'il vaut mieux être hypocrite dans tous les domaines. Bien sûr que non. Il faut dire son avis ! Sinon cela devient du libéralisme. Vous dites "c'est leur droit". Mais de quel droit, parlez-vous ? La liberté ? La liberté n'est pas un droit ! Par nature, nous l'avons ! La vie est dure, c'est un fait. Nous sommes libres, c'est vrai, mais il ne faut pas en abuser non plus.
Dans le social, vous vous verrez confronter à différentes situations sociales. Par exemple le fait d'aller voir d'autres personnes pour multiplier les relations. En effet, ce n'est pas aussi simple.
Faire le premier pas, cependant, n'est pas se dire : « Bon, puisqu'elle ne fait pas d'efforts, je vais le faire. » Oh que non ! Faire le premier pas, c'est le faire avec bon cœur. Il n'y a pas d'efforts à faire. Vous côtoyez une personne que vous voyez très souvent. Pourquoi ne pas aller lui parler ? Si elle n'ose pas, c'est son problème. C'est donc à vous d'aller la voir !
Être extraverti ne veut pas dire que vous êtes forcément sociables. En effet, il y aura toujours des chances où vous n'irez pas voir une personne en particulier. Être extraverti, c'est s'ouvrir aux autres. C'est montrer aussi tous vos talents. Il faut donc un peu de timidité pour montrer un peu de mystérieux avant d'éclater au grand jour votre véritable talent. Le cacher ne servira à rien cependant. Il faut le multiplier en s'améliorant peu à peu, comme une fleur qui s'épanouit sous le soleil dans un champ de milliers de fleurs.
Attention ! La timidité n'est pas un défaut. Elle révèle un petit peu de réservation, mais elle ne bénéficie pas du fait d'être introverti. Évidemment, on a tendance à dire que c'est un défaut car, la personne timide ne va pas vraiment vers les autres, mais qui dit qu'elle ne cache rien en elle ? Au contraire, tout le monde tient beaucoup de secrets en soi. Même si une personne vous en révèle énormément sur elle-même, il ne faut jamais dire qu'elle a tout dit.
Se méfier au sens positif des gens qui nous entourent. Tout le monde a le droit à sa part de secret. Mais en cacher trop n'est pas bon pour notre santé mentale. Là, ce serait le cas d'une personne introvertie. Se replier sur soi-même est très mauvais pour soi et pour l'entourage. On s'inquiète, on s'irrite puis on s'éloigne. Une amitié brisée peut être une amitié perdue si l'on ne recolle pas chacun les morceaux. Car chacun doit y mettre du sien. Il ne faut jamais attendre des hommes.
« Les avocats sont confiants au procès, ce n'est qu'après qu'ils ont des doutes. » Downton Abbey
La justice fait bien les choses. Elle écoute les témoins, sans aucune exception. Mais qui pourrait croire que les assassins aient aussi une justice propre ? Pourtant cela est vrai. J'ai même un procès pour moi tout seul.
J'étais face à mon juge, assis à ma table, les pieds dessus. J'avais l'air décontracté et je m'ennuyais. Les avocats du diable faisaient leur discours et se disputaient entre eux tandis que le juge, le chef de la Ligue Carpe Noctem, les écoutait en me jetant un petit coup d'œil. J'ai dû le sidérer, car il frappa son bureau avec son poing. Il me regarda de ses yeux noirs de colère et se leva brusquement, faisant taire tous ceux qui se disputaient.
- Monsieur Stone ! Je vous signale que c'est votre procès. Vous devez avoir honte d'avoir tué un des membres seniors dans la Ligue, s'exclama-t-il.
- C'est tout ? demandai-je en baillant.
Je sentais la rage monter en l'homme qui me jugeait. Tous les assassins me regardèrent froidement. Il était vrai que j'avais assassiné un membre du Conseil.
La Ligue Carpe Noctem était constituée de plusieurs échelons. Les supérieurs faisaient partis du Conseil, c'est-à-dire les chefs de la Ligue. Ils dirigeaient tous les autres échelons et c'était eux qui confirmaient nos quêtes. Ensuite, il y a les Solos. Ce sont les assassins qui ont un minimum de pouvoirs et qui peuvent mener leur mission seul. Ils sont dans l'autonomie et réalisent les quêtes les plus dangereuses. Enfin, tout en bas de la liste, il y a la Plèbe. Ses membres vivent en communauté et doivent être en équipe pour faire des quêtes. Ils ne peuvent pas devenir Solo à moins qu'ils aient des compétences remarquables dans l'assassinat. Mais ils doivent passer des tests pour gravir cet échelon. Ainsi que pour atteindre le Conseil, il faut avoir au moins rempli une centaine de missions. Mais ça, ce ne sont que les Solos qui peuvent y accéder. Moi je fais partie des Solos, et je pourrais carrément devenir un membre du Conseil. On me l'a même proposé, mais j'ai refusé car rester devant un bureau était beaucoup moins amusant que de sauter sur les toits de Paris.
La salle du tribunal était crasseuse et démodée, j'imagine que le XVIème siècle était le style de ces grognards. Tous les assassins portaient leur costume simple, gilet à capuche (un peu beauf à mon goût) et un pantalon blanc avec des bottes en cuir noir. Le Conseil lui avait le même costume mais en bleu ce qui les différenciait des autres grades. Pour ma part, je n'avais pas eu le temps d'enfiler mon costume puisque je l'avais abandonné il y a cinq ans de cela.
On m'accusait d'un crime soi-disant odieux pour eux, tuer quelqu'un, quelle ironie. Nous sommes nous-mêmes des assassins, même si je ne voulais plus qu'on me désigne comme tel. Il y a cinq ans, j'étais un assassin hors-pair. Mais une rencontre a changé ma vie et j'ai quitté Paris pour cela. Malheureusement, on m'a déniché dans un petit village situé au nord de la France et je suis revenu dans la capitale pour mon procès. Ce membre du conseil, je l'ai bien tué. Mais j'avais mes raisons. Un tel crime était puni par la mort dans la Ligue. Je m'en fichais. Je préférais mourir, plutôt que de continuer de vivre avec eux. L'assassinat me faisait maintenant vomir.
Mon avocat se leva pour prendre la parole. Je n'avais peut-être aucune chance, mais j'avais tout de même le droit que quelqu'un me défende.
- Monseigneur, dit l'avocat, s'il a tué ce chef, c'est parce qu'il avait une raison. Ce membre du Conseil a tué une personne très chère à Oliver.
À ces mots, je me levai de mon siège, furieux. Cette information était tenue secrète, bon sang ! Aucun assassin ne devait le savoir. Le juge tapa la table avec son marteau en me priant de m'asseoir avec autorité. Je le fis prestement, en colère. L'avocat me regardait un peu surpris, mais il continua:
- La peine est peut-être la condamnation à mort, mais si vous le faites, vous perdrez un assassin qui a de fortes compétences.
Je fixais mon avocat. Je savais qu'il allait dire ceci. Évidemment, tous les témoins ainsi que le juge se regardèrent. Le Conseil, assis derrière le juge, me dévisageait. L'homme avait raison. J'étais l'assassin le plus réputé de la France, et si je mourrais, ils perdraient beaucoup de clients, puisque ceux-ci se référaient uniquement à moi. Étant donné que j'avais quitté la Ligue, plusieurs clients avaient arrêté de demander quête aux assassins, ce qui avait provoqué une grande faillite. La Ligue Carpe Noctem était comme une entreprise. Les assassins étaient ses ouvriers. S'il n'y avait pas beaucoup de clients, il y aurait moins de bénéfices. Le juge se leva, avec tout le Conseil, et s'exclama :
- Nous allons y réfléchir. Une séance d'audience sera exigée. Vous pouvez sortir de la salle.
Sur l'ordre du chef, je fus emmené dans ma prison. Arrivé dans cette salle répugnante, je frappais le mur avec mon poing et m'assis sur mon lit aux draps troués en passant une main dans mes cheveux ébouriffés. Je le sentais très mal. Mourir ne me dérangeait pas. Mais je ne voulais absolument pas redevenir assassin. C'était hors de question.
Alors que je réfléchissais à ma situation, je revis la scène où tout a basculé. L'assassin qui tuait sous mes yeux la personne qui m'était cher, et moi le tuant par vengeance. Ce qui m'avait le plus heurté à cet instant, c'était le sourire de sa victime. Elle me souriait tendrement et fermait les yeux, avant que son corps meurtri s'écrase sur le sol. J'avais accouru pour la prendre dans mes bras, répétant ses mots :
- Ne meurs pas... Je t'en supplie, ne me laisse pas...
Cette personne était tout pour moi. Je l'avais perdue pour toujours. Et rien ne pouvait la ramener. Rien, ni personne... Après ça, je suis parti, sans même me retourner pour me réfugier dans un village. J'avais mené une belle vie, pendant cinq ans. J'étais un homme bon, et les villageois m'aimaient beaucoup. Leur hospitalité était chaleureuse. Mais lorsqu'un assassin m'a retrouvé, j'ai du révélé mes origines à tout le monde. Les habitants m'avaient fixé, surpris par ses révélations. Certains m'ont lancé un regard noir, d'autres détournaient leur regard. Ils me reniaient. Je connaissais cette réaction. J'avais baissé la tête. Lorsqu'un enfant accourut vers moi et s'était jeté dans mes bras en disant :
- Moi, je te pardonne ! Je te pardonne parce que tu as changé !
J'avais écarquillé les yeux puis des larmes commencèrent à monter mais je les retenais. J'enlaçais le petit pour rendre son étreinte et lui avais soufflé à l'oreille :
- Merci.
Enfin, je rompus le câlin et je suivais l'assassin en jetant un dernier regard au village. L'enfant pleurait. Il me tendait ses bras en criant :
- Non ! Reviens ! Reviens !
Ses mots résonnèrent dans la contrée. Je frémissais mais continuais à marcher. Je ne pouvais pas rester. On m'avait trouvé. Sa mère le prit dans ses bras en me regardant et hochant la tête comme pour me remercier et s'en retourna dans sa maison. En voyant cela, une larme roula sur ma joue. Je l'essuyais rapidement et tournais le dos au village. L'assassin me lança alors :
- La réalité est comme ça, Oliv. Assassin un jour, assassin toujours.
Il avait raison. Le monde nous tournait le dos. Nous étions méprisés, même si nous avions considéré que nous n'étions plus des assassins. Le passé est passé, hein ? Pas du tout. On ne juge que sur les origines. C'est injuste, mais c'est comme ça.
Je restai assis, le dos courbé et la tête dans les mains. Mes gardiens se moquaient de moi, voyant que j'avais perdu ma fierté. Je m'en fichais d'eux. Je m'en fichais du Conseil. Je m'en fichais de la vie. Peu importe où cela me menait, pourvu que je ne sois plus assassin !
On ouvrit soudainement la porte. Mon avocat entra dans la cellule et s'assit devant moi. Il portait toujours son costume d'assassin et il me fixait avec un air désolé.
- Je suis ton défenseur, Oliv. Sinon, comment veux-tu sortir d'ici ?
- Je m'en fous, dis-je froidement.
- Tu t'en fous de mourir ?! Réfléchis à ce que tu...
- Non, Marc, le coupai-je. Tu ne peux pas comprendre.
L'homme me regarda en haussant un sourcil. Il n'avait pas l'air de me comprendre. Effectivement, c'est mon avocat, il fait son boulot. Mais il fallait que je lui montre que je n'étais pas d'accord, même si c'était la procédure. Marc se leva et me dit en baissant légèrement la tête :
- Je ferais mon possible pour que tu ne meurs pas.
Je me levai rapidement, menaçant :
- Je viens de te dire que je ne voulais pas !
Il hocha la tête.
- Je sais. Mais il y a une autre solution pour que tu ne sois pas assassin.
- Ne me fais pas de faux espoirs.
Il sourit légèrement et sortit et de la cellule. Ce sourire ne me disait rien qui vaille... Et j'avais raison. Je sentais que le lendemain, quelque chose d'inattendu allait se produire. Ce fut ce quelque chose qui changea, encore une fois, ma vie.
Le marteau frappa contre la table de bois faisant taire les assassins présents dans la salle qui sert de tribunal. Le juge se tenait debout, prêt à déclarer le verdict de l'audience. On m'obligea à me lever, Je baillais et fixais le juge et le Conseil avec un petit sourire en coin. Autant mourir fier plutôt qu'avec le remord dans le ventre. Je ne voulais pas m'abaisser devant ces imbéciles. Je n'étais plus un assassin. Je ne le serai plus jamais. Mais quelque chose clochait encore. Ça ne sentait pas bon. Pas bon du tout.
- Monsieur Stone, veuillez-vous lever, annonça le juge.
Je me levais prestement, gardant mon petit sourire afin de montrer que je ne me rabaisserai jamais devant ses idiots. J'étais prêt à mon prochain avenir. J'étais prêt à la revoir... Elle...
Une odeur malveillante se dégageait dans la salle. Je sentis un malaise se diffuser dans mon corps. C'était comme si mon avenir allait être décidé maintenant mais pas à mon avantage. Je jetais un coup d'œil à la salle : trois membres du Conseil me regardaient avec malice, le sourire en coin. Cette fois-ci, ce fut moi qui perdit le sourire. J'avais perdu la partie.
- L'audience a été faite, et nous avons conclu une solution à votre égard, me dit le juge.
Il marqua un ton de silence avant de reprendre :
- En raison de votre départ d'il y a cinq ans, la Ligue a failli faire faillite.
- Ça m'aurait bien arrangé, murmurai-je.
- Nous avons su que vous ne vouliez plus être assassin.
À ces mots, je levais la tête vers le juge, surpris. Enfin, ce n'était pas étonnant, mais ces imbéciles avaient appris à réfléchir et à y prêter attention ! Bon sang... Je suis très mal...
- Au lieu de vous condamner comme d'autres traîtres de votre type, car il est question de vos capacités assassines, ajouta le juge, nous allons vous envoyer dans un endroit où vous réfléchirez à votre situation.
Juste ça ? La Ligue Carpe Noctem n'est plus ce qu'elle était... Comment pouvait-elle être aussi indulgente envers moi alors que j'ai tué un membre haut placé et suis un traître ? Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans cette histoire...
- Bien évidemment, vous serez surveillé et vous devrez accomplir une mission en même temps, continua-t-il.
- Une mission ? répétai-je en haussant un sourcil, incrédule.
- Oui. On vous dira toutes les règles demain à l'aube, car demain sera votre départ.
Je n'aurais jamais imaginé de la sorte que le lendemain sera un grand jour pour moi. Un jour qui changera ma vie, mon destin et mon avenir. Il faut dire que les Assassins ont plus d'un tour dans leur sac et rater une occasion de me tuer était absurde. En effet, certains rêvaient que je sois banni ou quelque chose d'autre dans le genre. En tout cas, je provoquais la jalousie de mon entourage. En observant la salle, je remarquai que beaucoup d'assassins s'échangeaient des regards complices. Certains ricanaient même sous mon nez, d'autres se murmuraient des choses dont je ne préfère pas savoir le contenu. Je trouvais cela étrange, mais je ne voulais pas trop en savoir plus que ça. On m'emmena alors à mon "cachot" et on me pria de dormir car j'avais soi-disant une grosse journée devant moi.
Je me demande vraiment de quoi ils parlaient en disant cela... Alors que je réfléchissais sur ma situation, on ouvrit la porte et Marc apparut. Avant même qu'il ouvrit la bouche, je lui disais :
- Dehors.
J'entendis un profond soupir de sa part.
- Je... fit-il.
- J'ai dit : "Dehors."
Il ne m'écouta pas. Il s'assit en face de moi, croisa ses bras, les posant sur la table et se pencha pour être proche de moi.
- Écoute-moi, Oliv.
- Arrête d'abord de m'appeler par ce surnom.
- Ce que tu peux être rabat-joie. Donc, Oliver, cette mission, je te demande simplement de la faire...
- Et elle consiste en quoi cette mission ? dis-je sidéré.
- Je ne peux pas te le dire. Mais ça va te plaire.
Ça allait me plaire ? Si une telle mission pouvait me plaire, la Ligue m'aurait fait une fleur alors. Mais en écoutant la suite, j'ai compris que c'était plus compliqué que cela :
- Ça va te plaire dans le sens de ta promesse faite à Marie, continua Marc.
À ce nom, je me crispai. Rien qu'à entendre parler de cette fille, des souvenirs bons et mauvais remontaient dans ma mémoire. Mais je restais impassible et calme pour écouter ce qu'il avait à dire :
- Sinon, cette mission est assez délicate. Elle te sera difficile, mais je suis sûr qu'ils vont t'adorer.
- Ils ?
Marc esquissa un léger sourire sans rien dire. Je compris que les Assassins cachaient encore beaucoup de choses, et que je n'avais pas percé jusqu'à ce jour...
***
La classe semblait agitée. Le tableau vert à craie devant nous devait être nettoyé à cause de toute la poussière qu'il a accumulé la dernière année. Mais évidemment, ce sera toujours John qui le fera. Je soupirai et mis mes mains dans mes poches. Je rejetais ma tête en arrière pour regarder le plafond : toujours aussi blanc et vide. Ah ! Non. Ryan a dû encore utilisé sa sarbacane pour lancer du papier mâché. Résultat : des boulettes s'accrochent au plafond. Je fermais les yeux et commençais à rêvasser lorsqu'une voix féminine m'en empêcha :
- Eh ! Olivier, tu pourrais m'aider pour cet exercice ?
Je rouvris les yeux et regardai la personne qui se tenait devant moi et qui m'avait empêché de faire ma petite sieste matinale en attendant le professeur. C'était une grande fille aux cheveux longs, blond vénitien et avec des grands yeux verts. Clara était une fille très enjouée, enthousiaste qui aimait le sport et se rapprocher des gens. En voyant mon air blasé, elle se reprit en frottant sa tête :
- Oups ! Je te dérange ?
Je soupirai et me mis droit sur ma chaise en disant :
- Non, vas-y, c'est quoi ?
Elle fit un grand sourire et posa son cahier devant moi. Elle l'ouvrit et commença à m'expliquer ce qu'elle n'arrivait pas à comprendre en s'asseyant à côté de moi. Ah... Du français... Forcément, étant donné que nous sommes la classe de première année littéraire... Pendant que Clara parlait, je jetais un coup d'œil sur la classe. Tout au fond, il y avait cette personne qui m'intriguait depuis la primaire. Cette jeune fille qui avait grandi avec moi tout au long de mon enfance mais qui n'avait jamais révélé son véritable visage... Elle avait les cheveux au carré, châtains clairs et ondulés, le tout attaché par un unique ruban de soie bleu. Ses yeux bruns étaient tournés vers la fenêtre qui montrait une prairie verte. Son menton se reposait sur la paume de sa main, son coude appuyé sur la table. Même si son regard n'exprimait aucun sentiment, son visage était clair et calme, posé. Tout à coup, elle poussa un léger soupir et se tourna vers son cahier où elle commença à travailler.
Je l'observais encore, lorsque Clara me tira de mon observation :
- Olivier ? Tu m'écoute ?
- Non.
Elle soupira puis rit doucement. Clara me connaissait bien. Cette fille était douée aussi pour voir les émotions des autres. C'est pour cela qu'elle est arrivée ici... Elle me fit une tape amicale dans le dos avant de dire :
- Toi alors, tu n'as pas changé !
- Si j'avais changé, ça t'aurait fait quoi ? demandai-je d'un air las.
- J'aurais fait une crise cardiaque, je pense.
Elle éclata de rire, mais en voyant mon sérieux, elle se reprit encore et toussa.
- Euh... Plus sérieusement, où j'en étais ? se dit-elle.
- Sur la question de l'utopie, dis-je.
Elle resta interdite en entendant ma réponse puis sourit et continua son argumentation. Je trouvais ça ennuyeux mais par politesse, je m'obligeais à l'écouter. Depuis le début de l'année, notre classe a dû travailler seule car notre professeur n'était là qu'une semaine sur deux. On était au mois de novembre, et plus de nouvelles de ce prof. Alors, la directrice nous a dit qu'un nouveau professeur allait arriver aujourd'hui. Il est en retard... C'est déjà bien.
Soudain, la porte de la classe s'ouvrit, laissant passer une jeune femme aux cheveux mi-longs et bruns au reflet blond. Elle portait un pull blanc à col roulé et une jupe noire qui arrivait à ses genoux. Contrairement aux autres femmes qui travaillaient ici, elle portait des ballerines aux pieds, à la couleur noire. Elle se mit derrière le bureau, face à nous. Tout le monde s'était tu. Même Thomas, l'insolent de la classe avait arrêté de parler.
- Votre nouveau professeur va bientôt arrivé, annonça-t-elle. Je vous prie donc d'être calme le temps qu'il arrive.
Les élèves se regardèrent, un peu étonnés. Le professeur allait bientôt arriver. Sur le coup, je sentais que l'année n'allait pas être comme les autres...
Sur le siège passager de la voiture, j'écoutais attentivement les conseils que l'on me donnait. J'aurais voulu que ce soit Marc qui m'emmène, cela aurait été au moins un côté positif. Je soufflai un coup et jetai un coup d'œil à mon chauffeur qui me parlait. Évidemment, c'était un assassin mais il portait une tenue civile. Sa barbe blanche et les cicatrices qu'il avait sur son front montraient qu'il avait de l'expérience dans le domaine.
- Surtout, veillez à ne pas être en retard la prochaine fois, disait-il.
- Oui, oui... fis-je lassé.
On m'avait réveillé comme prévu à l'aube en me présentant ma nouvelle carte d'identité et une tenue de civil, en priant aussi de me dépêcher de m'habiller. Mais un bel homme doit bien s'occuper de soi, c'est pourquoi j'ai pris mon temps. Alors me voici donc en retard. Je n'aurais jamais imaginé que je deviendrais professeur en un jour ! Je soupirai et regardai ma carte d'identité. Au moins j'avais un prénom et un nom plutôt sympathiques : Lewis Bamer. Je serais ainsi caché sous ce faux nom pour que je ne sois pas mis en rogne par l'État. Je ne sais pas ce qu'attendait de moi le Conseil mais j'allais le découvrir très bientôt... Je regardais par la fenêtre le paysage où le ciel était gris. Quel triste spectacle... J'aurais voulu un beau soleil jaune. Mais comme nous sommes en novembre, donc rien d'étonnant sur le temps.
- Nous sommes presque arrivés. Regardez, dit soudain le chauffeur.
Je me tournais vers le devant de la voiture. En haut d'une colline, si l'on regardait bien, on pouvait apercevoir un manoir immense à travers les arbres. Une forêt était près de ce bâtiment, et tout un bosquet l'entourait. La voiture noire monta sur la colline et je pus mieux voir cette étrange école dont on m'avait caché l'existence... On m'avait dit que cette école servait à enseigner les élèves des cours normaux comme on voit tous les jours mais aussi, l'assassinat. Ces enfants dans cette école venaient d'un orphelinat consacré à ceux-ci. La directrice de l'orphelinat observait les enfants et lorsqu'elle percevait des qualités assassines dans certains, elle les envoyaient dans l'école d'assassin divisé en deux : le collège et le lycée. Et justement, la classe à qui je vais devoir enseigné l'assassinat est une classe de première littéraire...
Je savais que quelque chose clochait. Quand je voyais cette école, je sentais une odeur malsaine se dégager au-dessus d'elle, comme si l'année que j'allais passer dedans allait être très mouvementée... Ce manoir aux murs et aux toits rouges et noirs ne m'annonçait rien de bon.
La voiture s'arrêta devant un immense portail où du lierre poussait pour l'entourer. Le chauffeur m'ordonna de ne pas bouger et sortit de la voiture. Je le suivis du regard et l'observais sonner à la porte puis murmurer quelques mots au parleur. À cet instant, un craquement retentit et le portail s'ouvrit lentement dans un crissement. Ce manoir est vraiment sinistre... Le chauffeur assassin se remit sur son siège et fit avancer la voiture afin de nous faire entrer dans l'enceinte du lycée. L'extérieur était vide, il n'y avait aucun élève dans la cour. Celle-ci était très grande, formait une sorte de carré où il y avait à ma droite, un terrain sableux et à ma gauche, une sorte de rond-point avec de l'herbe. Aucune imagination... Quelques plantations embellissaient la cour mais aucune fleur n'était là pour arranger le tout.
- Quelle heure est-il ? demandai-je.
- 9h00, répondit l'homme.
- Et les cours commencent...?
- À 8h30.
La classe a dû attendre donc une demi-heure avant que j'arrive, génial. Je me demande bien ce qu'ils vont penser de moi maintenant...
Je restais derrière mon guide afin d'observer le bâtiment et prendre mes repères, s'il y avait une possibilité de sortie pour ma prochaine évasion. Je ne m'imaginais pas donner des cours à des élèves, encore moins sur l'assassinat. Soudain, le guide s'arrêta en plein milieu d'un couloir - luxueux je vous dis - et se tourna vers moi, d'un air impassible.
- Cessez de chercher, il n'y a aucune issue à part l'entrée que nous avons empruntée, dit-il.
J'étais bouche bée. Cet homme avait tout compris dans mon jeu. Il avait vraiment beaucoup d'expérience. Mes yeux se remplirent d'admiration. Même si je ne voulais plus être assassin, je ne pouvais m'empêcher d'admirer cet homme en face de moi. Cela me frustra de ne pas le voir agent secret du FBI ou quelqu'un travaillant pour le gouvernement plutôt qu'assassin.
Soudain, une porte sur le côté s'ouvrit violemment et un garçon aux cheveux bouclés noirs avec de grands yeux bleus sauta sur le guide afin de le mettre à terre. Mais celui-ci s'écarta sans effort et le jeune homme ne pouvant pas s'arrêter à temps à cause de son élan s'écrasa contre le mur. J'éclatai de rire. Cette situation était tellement drôle que rire devenait un faible mot. Mais en croisant le regard blasé du vieil assassin, je me repris et me remis droit sur mes jambes. Le jeune garçon avait une grande taille et ses vêtements fripés étaient simples : chemise blanche non repassée, pantalon noir et chaussures brunes tâchées... Il passa sa main dans ses cheveux, sidéré d'avoir raté son attaque.
- Grrr... J'y arriverais jamais !
- Faut te rendre à l'évidence, Thomas... dit une voix malicieuse derrière moi.
Je me retournais et aperçus un autre garçon au sourire provocateur. Ses cheveux étaient d'un blond vénitien éclatant mais mal coiffés, et ses yeux bruns reflétaient les rayons du soleil qui passaient au travers de la fenêtre du couloir. Il portait la même tenue que l'autre, cependant avec une cravate noire mal mise.
- Arrête de te foutre de moi, Ryan ! cria Thomas en le pointant du doigt.
- Mais c'est tellement amusant de voir tes échecs cuisants...
Le garçon aux cheveux noirs impulsif allait sauter sur l'autre qui restait calme, les mains dans les poches, lorsque mon guide s'interposa entre eux et arrêta le petit idiot.
- Stop ! Ça suffit. Retournez dans votre classe, dit-il.
- Oui, monsieur...
Les deux rentrèrent dans la salle. Je les suivais du regard puis je me tournais vers l'homme à la barbe blanche. Celui-ci devina ma question et sourit de toutes ses dents. J'en ai vu une en or...
- Oui.
- Quoi ? dis-je intrigué.
Mon Dieu... Ne me dites pas que c'est à eux que je vais faire cours ? L'homme continuait de sourire puis baissa légèrement le menton en fermant les yeux pour prendre une profonde respiration. Je me sentais un peu déboussolé. Alors, ce n'était pas une blague... J'allais vraiment donner des cours à des enfants ? Et encore... Ceux que j'ai vu il y a à peine une minute étaient... spéciaux... Alors les autres, je ne les imagine pas... J'en avais même froid dans le dos...
Ce qui me frustrait, c'était le fait que cet établissement avait été imaginé dans les moindres détails. À la moindre tentative d'évasion, on pourrait me débusquer à moins d'un kilomètre. La vue de ce lycée était immense et donnait à une énorme prairie, aucune forêt, à part celle que l'on pouvait voir au-dessus du mur qui entourait le bâtiment, pour se cacher. Ce n'était que de simples champs, et encore il y avait un village qu'on pouvait percevoir au loin mais j'imagine que les habitants sont au courant de ce bâtiment et donc voir promener quelqu'un de mon genre surtout en costume d'assassin, cela éveillerait des soupçons. J'étais coincé.
Tout à coup, je sentis quelqu'un se cogner contre mon dos. Je me retournais et vis cette fois une jeune fille aux cheveux châtains, soigneusement attachés en queue de cheval. Elle ne disait rien et lorsqu'elle leva son regard vers moi, je vis une nuance verte assez belle dans ses yeux mais qui ne semblait exprimer aucune émotion mis à part un petit air blasé. Elle baissa légèrement la tête et ne bougeait pas, serrant un carnet contre sa poitrine. Elle portait une chemise blanche toute simple avec une jupe noire et des bottines brunes. Je souris et allais lui demander son nom quand une voix se fit entendre ainsi que des pas annonçant quelqu'un d'essoufflé :
- Mia !
La concernée - celle devant moi - se retourna lentement pour regarder un jeune homme brun où l'on pouvait voir un bandeau autour de sa tête et ayant la même tenue que ceux que j'ai vus avant courir la rejoindre et s'arrêter devant elle avant de dire après avoir repris son souffle :
- Mia, s'il te plaît, ne disparais pas comme ça ! Tu m'as fait peur !
- Désolée, John... répondit simplement d'une petite voix la jeune fille.
John fit un grand sourire et ajouta :
- Ce n'est pas grave, mais ne refais plus ça, ok ?
Il leva lentement la tête et posa son regard brunet sur moi. Son sourire s'élargit et tendit sa main vers moi en s'exclamant :
- Oh ! Bonjour, monsieur ! Vous êtes notre nouveau professeur, je suppose... Je me présente : je m'appelle John Bamou.
Je pris sa main pour la serrer en souriant également.
- Enchanté, John. Mon nom est Lewis Bamer, dis-je.
Puis, me tournant vers la jeune fille qui s'était écartée :
- Tu t'appelles Mia, si j'ai bien compris ?
Elle arrêta ses pas, le dos tourné à moi. Elle ne répondit rien et continua sa route. Je haussai un sourcil et me tournis vers John qui avait l'air embarrassé. Il me dit toujours avec le sourire :
- Excusez-la, monsieur... Elle n'est pas trop sociable. Mais elle s'appelle bien Mia et son nom de famille est Nate.
Enfin, il rajouta avec empressement :
- Je vais y aller, comme je suis délégué de classe, je dois voir et régler un peu si la classe cause des problèmes... À tout à l'heure, monsieur !
Et il disparut après avoir franchi la porte. Je regardais mon guide qui m'avait mené dans ce pétrin. Des explications s'imposaient... et il l'avait compris. Il soupira et me fit signe de le suivre. Je hochais la tête et on commença à marcher en direction d'un grand couloir sombre qui nous amenait au bureau du proviseur...
S'il y avait bien une chose qui était claire ici, c'est que tout secret était bien gardé au fond d'un minuscule tiroir ! L'homme qui m'avait emmené dans ce bureau n'était autre que le proviseur lui-même du lycée, monsieur Naima. Ce dernier était assis derrière son bureau, les doigts entre lacés et me regardait avec un sourire malicieux.
- Vous avez tout compris, dit-il.
Je n'étais pas pour autant surpris. Cet homme devant moi avait beaucoup de qualités requises et je suppose que c'est un très bon proviseur, même assassin. Cependant, la question qui me tourmentait était l'organisation de ce lycée.
- Les lycéens ont leur dortoir au rez-de-chaussée, qui donne à la cour, dit le proviseur. Les chambres ne sont pas mixtes et sont partagées afin qu'il y ait au moins deux ou trois élèves qui y dorment.
- Tout ça, c'est bien, mais comment se fait-il qu'ils aient des noms de famille alors qu'ils sont orphelins ? demandai-je incrédule.
Monsieur Naima me sourit et ferma les yeux pour pousser un léger soupir puis me répondit :
- Dès leur entrée au collège, des personnes dans l'entourage acceptent de donner leur nom à ses orphelins.
- Quoi ? Attendez, ces personnes...
- Non, ils ne savent rien. Ils savent juste que ce sont des orphelins qui vont se construire une nouvelle vie.
- C'est de la manipulation...
- Nous sommes des assassins, monsieur Stone...
Je serrai mon poing fermement. Au plus profond de moi, je ne savais pas quoi faire. Tout ce que je devais faire, c'était écouter et exécuter. Je sentais ma conscience me dire que c'était mal, mais que devais-je décider ? Mon sort avait été bien imaginé... A présent, je devais être responsable d'une classe d'assassin. Et j'allais risquer ma peau tous les jours. Le proviseur me regardait avec une attention infinie. Il soupira et allait se lever lorsque je dis précipitamment :
- Ces enfants que j'ai vu tout à l'heure...
- Oui ? fit monsieur Naima.
- Ils sont vraiment destinés à devenir des assassins ?
- Évidemment.
Je ne pouvais pas le croire. Cette jeune fille, cette Mia, me semblait si fragile... Quelles capacités assassines cache-t-elle ? Et John Bamou... Il m'a l'air trop protecteur, trop gentil pour être assassin...
- Méfiez-vous d'eux, dit simplement le proviseur, devinant mes pensées. Ils dissimulent bien leur jeu. Maintenant, allez donner votre premier cours.
Il me transmit les emplois du temps et tous les dossiers que je devais avoir ainsi que les informations nécessaires puis je sortis de la pièce. Je traçais le long couloir sombre, les yeux baissés. Ce qui m'arrivait me plaisait presque... Peut-être parce que je ne mourrais pas en fin de compte... Mais je me repris vite. Je m'étais promis de ne plus avoir affaire avec l'assassinat. Et pourtant, je suis en plein dedans... Ces salauds du Conseil ne vont pas me lâcher. Je réfléchissais encore quand tout à coup, je me cognais contre une jeune femme.
- Aie !
- Oh ! Excusez-moi...
Je me reculai et la regardai, avec un air désolé. Je remarquais qu'elle avait les cheveux au carré, blond aux nuances rousses et les yeux bleu clair... Sa tenue était simple, pull blanc à col roulé et une jupe noire. Et elle me regardait furieuse.
- Regardez où vous allez ! dit-elle.
- Désolé... Je réfléchissais.
Elle fit la moue puis soupira. À ce moment, ma galanterie fit surface et éclata. Je lui souris gentiment et lui demandai :
- Puis-je connaître votre nom ?
Sans me donner une seule réponse, elle passa son chemin, relevant son menton d'un air hautain. Je la suivais du regard, clignant des yeux, étonné, puis je souris légèrement et repris ma route. Les femmes fortes ne sont pas à prendre à la légère. C'est tout à fait mon type. Voyant que je m'égarais dans mes pensées, je me fis une petite claque, soupirai et m'avançais lentement en direction de la classe à qui j'allais faire cours. La porte était devant moi. On pouvait entendre du couloir les agitations que les élèves causaient. Je pouvais entendre la voix de John s'élever qui disait :
- Ça suffit ! Le professeur va arriver ! Chut !
D'un autre côté, j'entendais une voix féminine s'adresser à John avec un petit air exaspéré :
- Ça ne sert à rien, Jojo... Ils sont trop ex... Léo ! Rends-moi ma trousse !
Je ne pouvais m'empêcher de ricaner tellement je trouvais ça pathétique mais en même temps, très drôle. Je pense que cette année allait être très amusante... Prenant mon courage tout de même à deux mains, je tournais la poignée et ouvris la porte. Le silence ne se fit pas prier. Tous les élèves avaient tout de suite arrêter leur remue-ménage. Je souris amusé et fermai la porte derrière moi avant de dire à toute la classe:
- Bonjour.
Les enfants me répondirent en chœur :
- Bonjour, monsieur.
Ils s'étaient tous assis à leur place. J'observais attentivement leurs regards : d'un côté, il y en avait qui me souriaient, et de l'autre, il y en avait qui en faisaient une tête... J'avais envie d'éclater de rire tellement c'était drôle et basique, car cette classe d'assassin faisait penser à une classe totalement normale... Je me mis derrière le bureau et posai les feuilles d'appel sur la table. Puis, je m'adressais à la classe :
- Je suis monsieur Lewis Bamer. Je serai votre professeur principal pour l'année.
Prenant un air embarrassé, je rajoutais :
- Excusez-moi pour le retard. J'ai eu...un contre temps...
Les élèves me regardaient d'un air plutôt très blasé. Je commence vraiment à perdre espoir... "Ils vont t'adorer" disait Marc. C'est ça... Ils me détestent maintenant. Je suis arrivé en retard pour mon premier cours et en plus, il est maintenant 9h20. Ce qui veut dire que le cours est bientôt terminé, normalement. Je soupirai. Cela m'exaspérait et me frustrait en même temps. Je suis vraiment dans une situation embarrassante... Soudain, un élève leva la main. C'était une jeune fille aux longs cheveux noir de jais avec de grands yeux gris. J'acquiesçais de la tête pour savoir ce qu'elle avait à dire. Elle se leva et déclara:
- Nous acceptons vos excuses, monsieur, en espérant que vous ne recommencerez plus.
J'étais soulagé par sa réponse, même si le ton de sa voix était froid... Je lui adressais un sourire et elle se rassit à sa place. Je remarquais qu'elle se tenait à côté de John qui me souriait gentiment. Tout au fond, à ma droite, il y avait Mia qui semblait fixer la fille qui venait de me parler. Son air avait une nuance de colère dans ses yeux... Je me demandais ce qu'elle pensait mais je repris mes esprits pour mieux me concentrer. Je pris la feuille d'appel et commençai à appeler les élèves un par un. Quand chacun entendait son nom, il se levait en répondant "présent" puis se rasseyait.
J'avais peut-être raté une heure, mais je me souvins que j'étais le seul professeur de cette classe.
- Alix Comia.
- Présente, monsieur !
Je découvrais de nouveaux visages, des fois agréables, parfois un peu agaçants. Mais le plus souvent, les remarques que je faisais étaient le fait qu'ils n'avaient pas l'air de devenir assassin. Les paroles de monsieur Naima revinrent dans ma mémoire. « Méfiez-vous d'eux, ils dissimulent bien leur jeu. » Il a bien raison. Si je n'avais pas renié mon titre d'assassin, je serais sûrement fier d'eux. Mais aujourd'hui, je ne suis plus le même qu'auparavant. Et je ne changerai pas. Ses élèves que je voyais là auraient besoin d'un peu de motivation dans la vie qui les entoure et surtout d'un bon professeur, j'en suis certain.
- Mao Dalhmer.
- Présent !
Chaque voix que j'entendais, chaque enfant, chaque levée me faisait frémir. Je ressentis la responsabilité d'une classe comme un vrai professeur. Je me sentais responsable de chacun des élèves devant moi. Je ressentis l'envie de mieux les connaître, les réconforter, les éduquer, leur faire savoir tout dans le monde. J'aimerais leur apprendre ce que j'ai appris il y a cinq ans. Soudain, alors que j'épelais un nom :
- Zélie Montague.
J'entendis une petite voix à côté de moi, ce qui me fit sursauter.
- Ici, monsieur.
