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Extrait : "Ce serait avoir à peine entrevu l'une des opérations les plus vulgaires auxquelles l'être qu'on nomme portier de Paris daigne s'abaisser, que de s'imaginer que c'est tout simplement, et suivant la signification exacte qu'un esprit logique peut déduire de ce mot, un homme dont les fonctions se bornent à ouvrir et à fermer la porte d'une maison à ceux qui entrent, ou qui sortent..."
À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
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Seitenzahl: 25
Veröffentlichungsjahr: 2015
Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
Ce serait avoir à peine entrevu l’une des opérations les plus vulgaires auxquelles l’être qu’on nomme portier de Paris daigne s’abaisser, que de s’imaginer que c’est tout simplement, et suivant la signification exacte qu’un esprit logique peut déduire de ce mot, un homme dont les fonctions se bornent à ouvrir et à fermer la porte d’une maison à ceux qui entrent, ou qui sortent. On ne me croirait pas si j’ajoutais, aujourd’hui que la manie dramatique s’est emparée de toutes les facultés animales et intellectuelles du peuple le moins dramatique qui ait jamais existé sur la terre, si j’ajoutais, dis-je, que la vie du portier se compose d’une infinité de petits drames dont l’enchaînement et la péripétie se renouvellent chaque jour, à des intervalles périodiques et calculés aussi mathématiquement que ceux qui séparent les divers étages de la maison dont mon héros est constitué le gardien. Mais j’espère prouver aisément aux esprits les moins crédules, si ce début, peut-être un peu trop pompeux, ne les a pas effrayés, que je n’ai exagéré aucun des privilèges de cette race moitié humaine et moitié canine, dont l’existence se consume sur les marches d’un escalier, et dans l’espace de quelques centaines de pieds cubes que l’on a assez justement appelé loge, ce qui est à remarquer dans un siècle où l’on ne nomme jamais les choses par leur nom.
