Les soirées dansantes - Jacques Raphaël - E-Book

Les soirées dansantes E-Book

Jacques Raphaël

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Beschreibung

Extrait : "À dix-huit ans, on jouit naïvement de la danse comme d'un plaisir; mais il n'en est pas qui cesse plus vite pour les hommes, ni qui dure plus longtemps chez les femmes. Je rappelle quelquefois, avec un soupir de regret, cette époque si tôt passée de ma vie, où le lendemain d'un bal, je me réveillais à midi en disant: "Dieu! que je me suis amusé!"

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.

LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :

• Livres rares
• Livres libertins
• Livres d'Histoire
• Poésies
• Première guerre mondiale
• Jeunesse
• Policier

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EPUB

Seitenzahl: 25

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Note de l’éditeur

Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

Les soirées dansantes

À dix-huit ans, on jouit naïvement de la danse comme d’un plaisir ; mais il n’en est pas qui cesse plus vite pour les hommes, ni qui dure plus longtemps chez les femmes. Je me rappelle quelquefois, avec un soupir de regret, cette époque si tôt passée de ma vie, où le lendemain d’un bal, je me réveillais à midi en disant : « Dieu ! que je me suis amusé ! »

Et je contemplais, avec un délicieux souvenir de pensées, les débris de ma brillante toilette de la veille épars au milieu de ma chambre ; les bas de soie roulés autour d’un bras de fauteuil, le pantalon gisant sur le tapis, les gants accrochés au cou d’une théière, et les mignons souliers, à la doublure de soie puce, dormant sur les cendres de ma cheminée, comme un chat qui se chauffe.

Alors, je ne m’amusais jamais à demi. L’approche d’un bal vidait mon cœur de tous ses petits chagrins ; j’aurais fait danser le diable en cornette et battu vingt entrechats pour une soirée au quatrième étage. Si le matin ma distraction me valait quelque pensum de mon professeur, en revanche le soir quand je me trouvais au milieu d’un grand salon, et que la maîtresse de la maison, enchantée de l’intrépidité de mes petites jambes, me faisait trotter à droite et à gauche, pour inviter à danser toutes les vieilles filles de sa connaissance qui ne dansaient pas, je croyais être déjà un personnage de quelque importance aux yeux des dames, et j’oubliais bien vite les petits désappointements du collège.

Hélas ! à présent, je ne vais plus au bal que pour y jouer le rôle passif d’observateur. Mes jambes se reposent dans un coin obscur du salon, et, semblable à un vieux soldat invalide qui pend son sabre rouillé au chevet de son lit, je cloue mes mollets dans l’angle d’une embrasure de croisée. Si je danse, c’est comme une toupie qui tourne, en grondant ; si je joue, c’est par désœuvrement. J’adresse de temps en temps la parole aux vieilles femmes, ce qui me raccommode quelquefois avec les jeunes. Du reste, je suis pétri d’une pâte assez ingrate, et peu propre à faire ce qu’on appelle un homme aimable.

Aimable ! entendons-nous.