Le premier pas - Maya Peters - E-Book

Le premier pas E-Book

Maya Peters

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Beschreibung

Un autre pas dans la guérison, un souhait de vie plus fort que la mort, écrire l'universalité pour rendre visible l'invisible.

Das E-Book Le premier pas wird angeboten von Books on Demand und wurde mit folgenden Begriffen kategorisiert:
poésie, émotion, amour, découverte de soi, poésie contemporaine

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Seitenzahl: 51

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Est bavardage toute conversation avec quelqu’un qui n’a pas souffert”

- Emil Cioran

J’écris l’universalité

pour rendre visible l’invisible.

Des phrases, comme ça, me sont venues. Elles sont arrivées à moi un peu partout. Mais désormais elles sont là, sur le papier, et elles existent.

Ce que vous allez trouver au sein de ce recueil n’est rien de plus que des fragments de ma vie, de ce qui me compose, de ce qui fait de moi, moi et rien d’autre.

Je n’ai pas la prétention d’avoir écrit ici ce qu’on appelle de “la grande littérature” (qui est une expression un peu vide) mais j’ai écrit ce qui me semblait juste sur le moment.

J’ai déposé mes peines et mes joies à vos pieds mais j’espère aussi avoir fabriqué un peu d’espoir, un espoir assez fort pour vous aider à vivre un peu mieux les jours sombres et à profiter un peu mieux des jours clairs.

J’aime sublimer la vie, j’aime vous avoir comme lecteurs, j’aime ce que l’écriture me permet de vivre, j’aime ma communauté.

Bref, ce recueil est à vous et pour vous.

Écrire l’universalité pour rendre visible l’invisible.

Si vous voulez me lire quotidiennement, n’hésitez pas à me rejoindre sur Instagram (@thepangsofasoul). Notre petite communauté s’agrandit de jour en jour et je ne trouve qu’une seule chose à vous dire : merci encore et toujours. Merci.

Sommaire

Deuil et souffrance

Se relever

Ecrire pour guérir

La force de l’amour

Corps et images

La nature pour refuge

Deuil et souffrance

Deux heures du matin

“c’est fini”,

elle ne reviendra pas, plus.

C’est trop tard pour les regrets.

Les yeux fixes,

un poids sur la poitrine,

des jambes que je ne sens plus,

elle est partie,

pour de bon

et elle ne

reviendra plus.

- se sentir tomber

Dans les couloirs

de l’hôpital je revois

le sourire des infirmières

quand je suis allée la voir

pour la dernière fois.

De cette nuit,

je me rappelle

la sensation des jambes

qui vacillent,

et les pleurs silencieux.

Je me rappelle aussi du froid,

de la peur,

de la douleur dans le regard

de mes proches,

de la première fois

que je vois toute ma famille pleurer.

A ce moment-là j’ai su

que plus rien ne serait comme avant.

Le ciel a ton visage

depuis que je ne le vois plus sur Terre.

Je n’ai, malgré tout, jamais cessé de t’aimer,

je te le promets.

Quand j’ai su que tu étais malade,

j’ai fui,

j’ai voulu faire comme si cela n’existait pas,

comme si des années n’allaient pas

nous être volées,

comme si ce mot imprononçable et tabou

de “cancer” n’allait pas devenir

ma raison principale de pleurer.

- déni

Je t’ai vue changer avec le temps,

on se ressemblait tellement avant…

Comment la maladie a-t-elle pu m’enlever

mon seul miroir fiable en ce monde ?

Le monde entier a pleuré pour toi

quand tu t’es éteinte un matin,

ton parfum était partout,

ce sept novembre ressemblait

à un long murmure de vingt-quatre heures

où les oiseaux chantaient ton nom,

le vent criait la femme que tu étais

et qui a disparu dans les méandres

d’un souvenir.

Dans le chaos et dans la peine,

il y a eu des éclats de rire,

de l’espoir,

de l’amour.

Depuis ce jour-là

j’ai compris que rien ne pouvait être détruit

au point de ne jamais pouvoir être reconstruit.

Si un sourire a pu survivre

face à la mort,

tout peut survivre face lol

à la peur, aux doutes, à la tristesse.

La mort a ce pouvoir étrange

de trier les relations,

de mettre en lumière ceux

qui t’aiment et qui feront bouclier

pour éviter que ta douleur ne t’emporte

dans des abysses sans issue,

qui penseront tes plaies

pour que tes cicatrices ne soient pas douloureuses,

mais de mettre également à jour

ceux qui ne sont à tes côtés que de manière passagère.

Ces personnes-là auront comme priorité absolue

de continuer leur vie comme si de rien n’était,

de ne surtout rien changer à leurs plans de départ

et surtout de s’occuper de ce qui ne les regarde pas.

J’ai le souvenir douloureux qu’une ancienne amie

a un jour osé m’envoyer un sms

pour me dire qu’elle était au cimetière,

devant la tombe de ma mère,

pour qu’elle ne soit pas seule.

J’ai entendu dans ce message :

“comme tu n’es pas là, moi j’y suis”.

J’ai longtemps continué

à essayer de t’appeler après ta mort

pour entendre ta voix sur le répondeur

jusqu’à ce qu’une voix métallique me réponde un jour

“ce numéro n’est plus attribué”.

- mon coeur s’est à nouveau brisé

Préparer ton enterrement

a été un soulagement pour moi

parce que je préparais mon au revoir

et je voulais faire quelque chose qui te ressemblait,

quelque chose d’assez fort

pour ressembler à la femme que tu étais,

pour que ton image ne s’évapore pas complètement

dans la mémoire des gens

et pour moins pleurer quand à l’avenir

je repenserai à ce souvenir.

Et je crois que j’ai réussi.

Quand je repense à ce jour,

ce n’est pas la douleur qui me broie le coeur,

mais c’est une vague d’amour qui me permet de respirer

un peu mieux

qui me vient à l’esprit.

Ce n’est pas des larmes de peine qui coulent

sur mes joues

mais de joie d’être si bien entourée par des personnes

aussi merveilleuses.

Des fois je culpabilise

de ne pas me souvenir

qu’aujourd’hui nous sommes le sept

et que ça fait un, deux ou trois mois

que tu es partie de cette Terre.

Puis je me souviens

que ton souvenir n’a jamais quitté mon esprit,

que tu es chaque jour avec moi,

que tu guides chacune de mes décisions,

que le monde entier te ressemble,

que ma force de vivre vient uniquement

de ce que tu m’as laissé en étant ma maman.

Alors je suis heureuse d’oublier cette date,

car ton souvenir ne disparaît jamais

et les jours sont moins amers.

Quand je suis retournée

dans notre ancien appartement,

celui où nous avons vécu tous les quatre

pendant longtemps,