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Déposée dans une décharge, Eden ne croit plus en rien. Elle est devenue un objet indésirable, jetable et inutile. Elle a perdu sa mère, a oublié la plupart des choses de son passé. Elle est seule au monde jusqu’au jour où elle rencontre, par hasard, une fillette pleine de courage. Rapidement, elles créent un lien et retrouvent espoir ensemble. Elles deviennent comme des sœurs. Mais la petite fille vit un véritable calvaire dans une cabane en forêt. Elle est séquestrée par un étrange individu qu’Eden semble reconnaître et même connaître. Des souvenirs lointains, ceux de sa vie d’avant, refont surfaces en elle. Est-il réellement ce qu’il paraît être ? Le hasard fait-il bien les choses ? Comment la fillette va-t-elle s’en sortir ? Eden trouvera-t-elle la force d’affronter ces vieux démons, quitte à y perdre son identité ?
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Seitenzahl: 99
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Elle peut compter sur moi comme je peux compter sur elle. C’est une évidence, un pacte muet, secret qui jamais ne sera rompu. Ce sont d’agréables chaînes incassables nous liant pour la vie main dans la main. On peut s’embrouiller, se détester parfois, être éloigné souvent. Mais rien ne la remplacera. Rien ne nous séparera. Nos liens de fer sont une force, une arme envers et contre tous.
Je ne saurais exprimer, ni écrire sur ces quelques lignes combien je suis fière de toi. Tu as tout fait pour réaliser ton plus grand rêve. Tu as eu le courage nécessaire pour tenter de poursuivre tes idéaux aussi fous soient-ils. Le résultat n’est que secondaire. Parfois, le destin ne dépend plus vraiment de nous. Sache que même si tu ne deviens pas une Diva, tu resteras pour moi une Superstar.
C’est pour toi petite sœur.
Chapitre un: A l’abandon
Chapitre deux: La cabane en bois
Chapitre trois: Venu d’ailleurs
Chapitre quatre: Rencontre du quatrième type
Chapitre cinq: L’enlèvement
Chapitre six: Premières fois
Chapitre sept: Sœur de cœur
Chapitre huit: Souvenirs retrouvés
Chapitre neuf: En noir et blanc
Chapitre dix: Hors-jeu
Chapitre onze: Le destin
Le soleil se couche droit devant, sur l’horizon. Je suis dans une de ces monotonies paradoxales. Ces habitudes qui nous excèdent et nous rassurent. Cette boule lumineuse est tellement loin et petite d’ici. Je me demande si on l’a déjà atteinte, quitte à s’y brûler. Enfin, j’imagine qu’elle se lève derrière moi, d’après l’éclairage au petit matin. Je ne sais depuis combien de temps tout ça dure exactement. Une éternité, il me semble. Je me questionne alors sur mon âge. Je pivote des yeux, l’unique chose que je puisse animer en cet instant. Je ne peux voir ma peau, ni les éventuelles rides qui la composeraient. J’ignore à quoi je ressemble exactement en ce moment. Je n’arrive pas à bouger la tête pour vérifier l’état de mon visage et de mon corps. Je dois être appuyée contre un monticule de déchets ressemblant à tous les autres autour de moi. En face, il y a une de ces bosses consituées de vieux meubles en bois moisi, de ferailles en tous genres. Des voitures rouillées sont garées partout, un peu n’importe comment. Elles sont laissées à l’abandon, je leur ressemble beaucoup. Je fais partie de ces objets dont personne ne veut. Certainement parce que je suis mauvaise. Parce que j’ai fait quelque chose de mal, de très mal. Je le sais pertinemment. Je le sens. Je ne suis pas bonne. Je me déteste pour ça, je me hais même. Mais je ne me rappelle plus pourquoi, ou peut-être que je ne veux pas me rappeler. Mes souvenirs sont flous, vagues. Ils sont très éloignés, un écho au loin dont je ne peux saisir le sens malgré qu’il se répète sans cesse jusqu’à m’étourdir la tête. Tout ça n’a été qu’une autre vie, on dirait. A chaque fois, j’ai une image à l’esprit, celle de maman. Et elle me manque beaucoup lorsque je la vois. Elle me blesse, me transperce le cœur. Elle est semblable à un tableau exposé dans un musée dont je suis la gardienne. Rien ni personne ne peut y toucher, au risque de le détruire définitivement. N’étant pas amatrice d’art, je ne suis pas certaine de comprendre toute l’importance de ce portrait maudit. Alors j’essaie de ne plus le toiser, de nier son existence. Je me concentre sur autre chose. Mais il n’y a pas grand-chose d’intéressant aux alentours. Tout est mort et je me sens pareille. Je me sens morte, jambes et bras ballants, le sont très certainement. Automatiquement, je pense. Je pense tout le temps. C’est tout ce que je peux faire depuis toujours. Je pense toutes les secondes, toutes les minutes, toutes les heures, tous les jours qui passent. Je n’ai pas d’autres options pour ne pas péter les plombs. Quand bien même, que se passerait-il ? Je ne peux pas m’échapper, ni simplement taper du pied. Ainsi, dans mon esprit, j’essaie de revenir en arrière. Mais j’en ai horriblement mal à la poitrine et au ventre. Je ne peux pas me souvenir. C’est trop, sans doute trop douloureux. Mon cerveau a enfoui le passé dans un recoin auquel je n’ai plus accès. C’est une zone sombre, sinistrée. Ce système de protection doit probablement me préserver. Me préserver de quoi ? Car, je suis sans vie comme je l’ai toujours été. L’odeur est ignoble en ces lieux isolés. Pour preuve, de grosses mouches vertes virevoltent dans tous les sens. Avec leurs bourdonnements grossiers, on entend qu’elles. Mais à force d’être plongé en cet endroit décomposé, je ne sens plus vraiment quelque chose. Ai-je perdu l’odorat ? Oui, je le crois. Tout est pourri. Même mon âme se putrifie. Je suis mauvaise. Je ne sens plus rien nulle part. C’est peut-être mieux comme ça.
Soudain, un être vivant s’approche. Je m’y accroche. Il m’ancre à cette terrible réalité. Il marche à quatre pattes. Il est plein de poils noirs et bruns, langue pendante. D’habitude, il ne se promène pas en solitaire ; il est relié à un humain. Là, il n’y en a pas. Attaché à un fantôme sans doute, il me ressemble. Il me sent, avance son museau pointu et humide de ma tête figée. Il me met un coup de langue. Je ne réagis pas. Pourtant, je veux parler, crier de toutes mes forces pour lui dire de rester, que je pourrais m’en occuper. Mais rien ne sort. Mes lèvres ne remuent pas. Muette, je ne peux que promener mes yeux çà et là. L’animal s’éloigne en continuant de renifler. Apparement, je ne suis pas la plus intéressante. Il cherche ou peut-être n’est-il porté que par le hasard. Il enfile son museau sous le vieux bureau en face. Son souffle s’intensifie. Il commence à gratter. Il attrape et tire sur quelque chose. Il en sort un tissu qui reste à moitié coincé. Il est sale. Puis, le chien poursuit son extraction. Soudain, un sifflement lointain le fait réagir. Il dresse la tête et ses oreilles pointues en l’air. Il s’en va en courant sans finir ce qu’il a commencé. Je me retrouve encore seule. Je pose les yeux sous le bureau. Je ne peux les décoller de cette vision. Là-dessous, il y a une main. Le bras qui y est rattaché est enfoui sous les déchets. Je suppose qu’il s’agit d’un mannequin de plastique tant la peau est pâle et souillée. En le voyant, étrangement, je ne suis plus une recluse. D’autres ici semblent avoir péri. Peut-être s’en est-on débarrassé tout comme moi. Vais-je finir comme ça ?
Ceux qui m’ont jetée là, je ne les connais pas. Maman ne les en a pas empêchés, pourquoi ? J’ai mal au cœur et à la tête rien que d’y réfléchir. Un événement dramatique lui est arrivé, sinon elle ne m’aurait pas laissée. Non, jamais elle ne m’aurait laissé. Elle aurait préféré y rester que de me balancer aux ordures. Mon crâne me fait souffrir davantage. Je parviens tout à coup à pivoter la tête. Un flash m’aveugle. Je ferme les yeux et je vois un brancard recouvert d’un épais plastique transparent. Il sort d’une maison. Je m’approche. Il y a un corps dessous, je le devine. Une main blanche m’attrape le bras. Elle est glacée. Ça me pétrifie. Le cadavre se relève machinalement. Malgré qu’il bouge, il dégage une odeur de putréfaction. C’est maman, je le devine. Je la reconnaîtrais entre mille telle une peinture d’un célèbre artiste ; c’est elle. Elle me serre la main jusqu’à en craquer mes os ou peut-être que ce sont les siens qui se déboîtent facilement au vu de sa décomposition. Elle me lâche brusquement pour se tordre de douleur. Elle se tient la gorge, halète fortement. Elle essaie de respirer, mais on l’en empêche apparemment. Je lève le bras pour lui enlever ce plastique qui nous sépare. En un clignement d’œil, elle a disparu. Bras en l’air, je me retrouve contre les ordures en réalisant que j’en suis également une. Je soupire. Une larme coule sur ma joue. Au travers de cette illusion révélatrice, je comprends qu’elle est décédée. Néanmoins tout ceci n’est pas un souvenir, mais seulement mon imagination. Je le sais, car je ne l’ai jamais vue dans un tel état. Je n’ai jamais vu de cadavre... enfin, son cadavre. Elle n’est plus de ce monde, pourquoi le suis-je encore ? Elle m’a faite rien que pour elle. Je suis ici rien que pour elle. Alors pourquoi suis-je encore là sans elle ? Pourquoi lui survivre ? Est-ce parce qu’elle l’aurait souhaité ? Je n’ai plus de raison d’exister. Je ne sers plus à rien. Pourtant, je suis bel et bien ici à présent. Et j’attends. J’attends quoi ? Je ne l’attends plus elle, à moins qu’on puisse revenir d’entre les morts. Personne ne sait que je suis auprès des déchets de la société. Personne ne connaît mon existence. Personne ne me trouvera, encore moins ne me cherchera puisque je suis supposée ne pas être. C’est comme si je suis une erreur, une erreur de la nature.
Des picottements me parcourent. Une fourmi, ensuite une ribambelle d’autres insectes s’attisent sur mon corps inerte. Curieusement, je les sens frétiller sur ma peau. Les sensations commencent à me revenir très lentement. Je tente de les ôter, sans succès. Je n’arrive pas à bouger comme le mannequin plastique sous le bureau. Que lui est-il arrivé ? L’a-t-on également abandonné ? Je ne parviens pas à réfléchir ; on me piétine tel un vulgaire chemin de traverse. J’aimerais les éjecter ou me gratter. J’ai l’impression d’être couchée sur un nid de fourmis. Elles font de moi leur nouvel habitat. Je suis bloquée, utilisée.
Les grillons chantent une mélodie aux allures de désert aride. La nuit a commencé à tout avaler sur son passage. Mon tour arrivera. Je me ferai bouffer. Au-dessus du monticule de déchets situé devant moi, j’arrive à distinguer des arbres. Il doit y avoir une forêt et des champs là-bas. Je suis éloignée de cette civilisation. Je me surprends à envisager ce que ça serait de s’y promener. Mais tout ça n’est qu’une diversion de mon esprit. Parce que je sais ce qui va se passer. A chaque fois qu’il fait sombre, ça recommence. De la fumée s’évade de la forêt. J’ai peur, car ce que je vais entendre ne me plaît pas du tout. J’aimerais me boucher les oreilles. J’essaie encore et encore sans succès. Mes bras restent de marbre. Le passage d’un hibou ainsi que ses cris rendent les lieux très macabres. J’aimerais être ailleurs. Je tente de me plonger dans les étoiles naissantes. Je m’y noierais volontiers pour éviter cet instant imminent. Pouvoir m’y envoler serait aussi merveilleux. Ça y est, c’est l’heure. J’entends les pleures. Pratiquement chaque nuit, c’est ainsi. Il y a des hurlements qui, petit à petit, s’espacent et finissent par étouffer dans l’obscurité. Je ne sais pas ce qu’il se passe là-bas, au-delà de la forêt. Je ne veux pas savoir. Impossible de ne pas y prêter attention, ça semble venir de partout. Les échos me font perdre la tête. Ce n’est pas naturel comme un hululement. Ces lamentations m’attristent réellement. Pourquoi ? Ce n’est pas moi pourtant qui souffre. Je ne risque rien ici. Mais je compatis. Je me mets à la place de cette personne. Et ça me fait mal à mon tour. C’est idiot, je le sais. Je ne peux pourtant m’en empêcher, c’est involontaire. Je crois pouvoir concevoir cette agonie aux travers de ses cris que j’ai tellement
