Les Chroniques De La Belle - Alessandro Cadoni - E-Book

Les Chroniques De La Belle E-Book

Alessandro Cadoni

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Beschreibung

Dans un futur qui n’est pas trop lointain, les extraterrestres prouveront qu'ils sont parmi nous depuis de nombreuses années, ce qui provoquera de forts contrastes entre les différents États du monde et les portera en 2097 au troisième conflit mondial. À Paris, Emmanuelle La Belle, à seulement quinze ans, elle se retrouve catapultée dans le futur, en 2145, après vingt ans d'hibernation. Sa mère est morte à cause d'un virus appelé Apocalypse. Le monde est divisé en deux : les États-Unis de l'Hémisphère Nord gouvernent le nord de la planète, tandis que les États Confédérés de l'Hémisphère Sud gouvernent le sud. La population de l'hémisphère Nord a été décimée par le virus Apocalypse, qui ne se propage cependant pas au sud de l'Équateur. En défense de l'Équateur, l'alliance extraterrestre a érigé un mur, appelé la barrière. Emmanuelle, pour pouvoir payer les vingt ans d'hibernation, a été enrôlée dans l'armée par sa mère avant sa mort, pour une durée minimale de dix ans.

Emmanuelle La Belle, à seulement 15 ans, se réveille après 20 ans d'hibernation dans une Paris qu'elle ne reconnaît plus, dans un monde divisé en deux, un hémisphère contre l'autre. Après la troisième guerre mondiale, un virus créé dans le but de contrer les extraterrestres présents sur la planète se révèle mortel pour la race humaine. Orpheline de mère et sans nouvelles de son père depuis son plus jeune âge, elle se retrouve malgré elle enrôlée dans l'armée des États-Unis de l'hémisphère nord. Une découverte bouleversante la mettra en conflit avec les services secrets et ainsi qu’avec l’armée dont elle faisait partie. Dans une Paris presque complètement déserte, elle se retrouvera seule à combattre les infectés et en fuite vers l'équateur à la recherche d'une amère vérité.

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Seitenzahl: 292

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Table des Matières

Note de l’auteur :

LES CHRONIQUES DE LA BELLE

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

d’Alessandro Cadoni
Traduction d’Elisabeth Grélaud
LES CHRONIQUES DE LA BELLE ©copyright 2018
Toutes les marques mentionnées dans ce livre appartiennent à leurs propriétaires légitimes.
Note de l’auteur :
S'il n'y avait pas d'inputs, s'il n'y avait pas de stimuli, s'il n'y avait pas d'émotions, la vie pourrait être plate voire même inutile, mais il arrive parfois qu’il y ait trop de stimuli, trop de pensées qui nous bouleversent et des émotions qui peuvent s’exprimer même de manière inattendue. La vie est étrange et quelquefois un événement fortuit, apparemment insignifiant, peut en changer le cours.
Qui suis-je ? À part vous dire mon nom, je ne le sais pas, mais je peux vous dire qui ou plutôt ce que je ne suis pas.
Dans le passé, je n'ai pas été vraiment chanteur, mais avec le rap, j'avais trouvé le moyen de crier mes pensées au monde et de rendre mes mots concrets. Aujourd'hui, de la même manière, je ne suis pas écrivain, mais je suis une personne qui écrit parce que de cette façon, je rends réels mes rêves, mes pensées, mes fantasmes et mes peurs.
Je ne suis pas un véritable ouvrier, mais je le suis depuis de nombreuses années, je le fais pour vivre. Mon travail est par équipe et il exige des réveils à 3h00 du matin pendant des semaines entières et avec autant de nuits blanches. Souvent, on plaisante sur ces horaires, parce qu'il y a peut-être beaucoup de choses à faire même après le quart d’une nuit de travail et alors on blague ce qui fait qu’on arrive à faire le quart suivant dans des conditions désastreuses vu qu'on s’est peu ou pas du tout reposé.
Ce sont des banalités !
Oui, bien sûr, mais moi, je tire l'inspiration de ma vie banale pour mes histoires que je veux vous faire partager.
Bienvenue dans ce nouveau voyage, mon deuxième roman. Bonne lecture.
LES CHRONIQUES DE LA BELLE
L’involution de l’espèce
d’Alessandro Cadoni
Prologue
Lorsque dans les années 50 (2050 – 2059 après J.-C.) on découvrit que les extraterrestres habitaient notre planète depuis des siècles, l'opinion publique en fut bouleversée, mais les chefs d'État cherchèrent à y voir une source de profit, tandis que ceux qui étaient à la tête des plus grandes armées de la planète ou des services secrets les plus importants, y virent une arme qui, si elle n'était pas entre leurs mains, se révélerait être un problème ou même pire, une menace, étant donné que les inventions les plus innovantes, du domaine scientifique à celui technologique et évidemment militaire, furent attribuées tout justement aux extraterrestres.
La vérité était qu'après le G.G.C. (le Grand Contrôle Génétique), les ADN de toutes les personnes d'origine extraterrestre furent catalogués dans une grande base de données mondiale. Mais beaucoup, voire la majorité d'entre elles, ne savaient même pas qu'elles l'étaient, car leurs ancêtres en avaient gardé le secret ; tout comme était resté secret l'endroit d'où ils venaient et comment ils étaient arrivés sur notre planète. De nouvelles différences raciales commencèrent à se manifester. Pour pouvoir travailler, les gens devaient montrer, en plus de leur curriculum vitae, la certification de leur ADN. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce furent les extraterrestres qui en profitèrent, car ils assumèrent des rôles de plus en plus prestigieux grâce à leurs capacités intellectuelles qui étaient supérieures à celles des humains ; quant aux humains ils étaient de plus en plus relégués et marginalisés et effectuaient les travaux les plus méprisés et sous-payés.
Les attentats terroristes à caractère religieux et racial augmentèrent de manière exponentielle, rendant impossible la fréquentation d'événements culturels, sportifs et musicaux, à tel point qu'ils devinrent illégaux dans presque toute la planète. Tous les cultes religieux furent également interdits, suite à une explosion qui eut lieu en 2087, durant une rencontre entre le Pape, l'Ayatollah, le Dalaï-Lama, le Patriarche orthodoxe et le Grand Rabbin en Israël. Ils furent tous tués ce qui déclencha une vague de violence incontrôlable.
Jusqu'à l'année 2100, internet fut également censuré et on ne l’utilisa plus que pour des fins militaires et pour l'échange de données pour les transactions monétaires des cryptomonnaies. Dans une tentative désespérée de s'approprier les meilleures intelligences extraterrestres présentes sur Terre, les États déclenchèrent une nouvelle guerre froide qui, en mars 2097, déboucha sur la troisième guerre mondiale. Le conflit dura trois ans et il se déroula de la pire des manières. Après quelques mois de bombardements dans plusieurs parties du globe, tout se transforma en une guerre bactériologique et virologique. Les extraterrestres ayant refusé de s'allier avec quiconque sauf entre eux, on tenta de les exterminer, mais ils se révélèrent immunisés contre toutes les maladies, bactéries et virus existant.
C’est au milieu de ce mélange de virus répandus sur la planète, que beaucoup appelaient « le bouillon viral », que naquit le pire de tous : le virus Apocalypse.
Ce virus pénétrait dans le système nerveux, provoquant une régression cérébrale de la personne atteinte, jusqu'à lui causer un état mental privé de toute raison, entièrement remplacé par l'instinct de tuer. En partant de la théorie de l'évolution des espèces de Charles Darwin, désormais obsolète, qui commençait avec l'Homo Habilis, passait par l'Homo Erectus pour arriver à l'Homo Sapiens, les scientifiques annoncèrent que le virus Apocalypse correspondait au déclin de l'évolution, c'est-à-dire une véritable involution de l'espèce humaine. Ceux qui tombaient malades à cause de ce virus étaient appelés Homo Zed (ou Homo Z).
Le virus Apocalypse décima la population humaine de l'hémisphère nord, causant de nouvelles divisions politiques.
Bien que, pendant le conflit, la Russie sembla être en avantage, une alliance entre les États-Unis, l'Europe occidentale, la Chine et la Corée lui porta un dernier coup ce qui l’obligea à se rendre.
Tous les pays de l'hémisphère nord s'unirent et devinrent les U.S.N.H. (United States of the Northern Hemisphere - États-Unis de l'Hémisphère Nord), et malgré le nom, ceux qui étaient auparavant des « états » devinrent des colonies de l'union, commandées depuis Washington.
Puis après que le monde fut totalement réduit en ruines, le Mouvement Populaire pour la Défense de la Vie arriva au pouvoir.
Au sud de l'équateur, l'autre moitié de la planète devint les C.S.S.H. (Confederate States of the Southern Hemisphere - États Confédérés de l'Hémisphère Sud) avec trois capitales conjointes : Johannesburg en Afrique du Sud, Buenos Aires en Argentine et Canberra en Australie.
Pendant ce temps, les extraterrestres s'organisèrent politiquement et militairement et formèrent l'Alliance Alien.
Lorsque l’on découvrit que le virus Apocalypse ne contaminait pas les personnes au sud de l'Équateur, il y eut un véritable exode, en direction du sud, impliquant des centaines de milliers de personnes. C’est pourquoi les C.S.S.H., en accord avec l'Alliance Alien, construisirent des murs de séparation le long de toute la ligne de l'Équateur ; on l’appela la Barrière. Ils mirent aussi en place des contrôles sévères par mer ; d’autre part une technologie extraterrestre empêchait le lancement en orbite de satellites des U.S.N.H., le monde était divisé en deux.
Chapitre 1
Le Réveil
France, colonie de l’U.S.N.H.
Une étrange lumière m’aveuglait pratiquement et je voulais fermer les paupières, mais je n’y parvenais pas, puis le noir m’envahit. Encore cette lumière, encore une fois. Derrière moi, j’avais l’impression d’apercevoir le visage de quelqu’un qui semblait me parler. Les voix étaient étouffées, les mots incompréhensibles. Peut-être que je pouvais comprendre quelque chose, mais à présent je ne m’en souviens plus. Je serrai les yeux et je réussis à distinguer la petite torche en métal satiné que la main continuait à me pointer dans les yeux.
« Tu m’entends ? » disait la voix. « Tu arrives à comprendre ce que je dis ? »
La personne qui parlait était un homme aux cheveux blancs comme neige, aux yeux bleus et portant une sorte de combinaison d’ouvrier grise avec un badge accroché à la poitrine.
« Oui » répondis-je. Et à ce moment, je m’aperçus que ma voix était rauque et ma respiration pénible.
« Je suis le docteur Lambert, peux-tu me dire ton prénom ? »
« Je m’appelle Emmanuelle » dis-je avec difficulté.
Il continua à me poser des questions. « Tu te souviens de ton nom de famille ? »
« Lab… » Je toussai. J’hésitai un moment. « La Belle. Je m’appelle Emmanuelle La Belle. Où suis-je ? »
« Tu ne t’en souviens pas ? » dit le docteur Lambert. « Essaye un peu de réfléchir un instant ».
« Paris ? Je suis née à Paris. J’y vis ».
« Oui, nous sommes à Paris » dit le docteur, qui avait entre-temps enfin arrêté de me pointer la lumière dans les yeux.
Je regardai autour de moi, j’avais froid. Il y avait de la vapeur dans la pièce, beaucoup de tubes et d’ordinateurs. Il y avait aussi un garde armé près de la porte, c’était une femme elle aussi habillée en gris avec deux bandes noires qui partaient de l’épaule gauche et descendaient devant jusqu’à sa botte. Elle avait les cheveux courts avec une coupe masculine et elle portait un chapeau bleu. Une lumière blanche très intense entrait par la grande fenêtre, mais le soleil était caché par la brume.
Depuis la fenêtre, on pouvait un château qui semblait être celui de Disneyland, en fait, il s’agissait bien de lui.
« Est-ce qu’on est à Disneyland ? » demandai-je, étonnée, tout en essayant de me rappeler quelque chose pouvant me relier à cet endroit, mais rien ne me venait à l’esprit.
Le docteur hésita, il se tourna pour jeter un coup d'œil au château, puis de nouveau vers moi. Il leva un instant les yeux vers quelqu’un derrière moi, comme pour demander la permission de parler, puis il posa son regard sur moi et il me dit : « Nous sommes à l’Institut Cryogénique La Croix De La Vie ».
À ce moment, je sentis comme une secousse en moi, des milliers de voix et de mots envahirent mon esprit, mais une seule question sortit de mes lèvres : « Où est ma mère ? »
Le docteur Lambert poussa un soupir, recula un peu avec sa chaise pivotante comme pour faire place à une autre personne. Je le regardai, mon expression changea, d’interrogative elle devint un mélange de mépris et de peur.
Je m’examinai et c’est seulement à ce moment que je remarquai que j’avais des sangles qui m’attachaient les poignets et les chevilles à un fauteuil, et que des tubes sortant d’une machine étaient reliés à des aiguilles plantées dans mes bras et mes jambes. J’étais très effrayée.
Derrière mon fauteuil, j’entendis une personne arriver. Quand elle passa à côté de moi, je vis que c’était une femme et qu’elle aussi portait la même combinaison grise. Je ne réussis pas à voir ses pieds, mais je pensai qu’elle devait porter des bottes de type militaire à en juger par le bruit qu’elles faisaient ; elle avait un badge avec un X bleu et l’inscription « Institut Cryogénique La Croix De La Vie » accroché à la combinaison au niveau du sein gauche.
Elle s’approcha de moi, c’était une belle femme, avec des cheveux noirs mi- courts, des yeux marron foncé et une peau très pâle, comme si elle n’avait jamais vu un rayon de soleil. Puis je regardai mes bras et je me rendis compte que j’étais encore plus pâle qu’elle et que ma peau était presque grise. Le docteur Lambert se leva pour laisser la place à cette femme ; celle-ci, avec un sourire et une expression rassurante, s’adressa à moi : « Bonjour Emmanuelle, bien réveillée ».
Je la regardai, ma tension diminua. Je regardai de nouveau le docteur Lambert qui se tenait debout derrière elle les mains dans le dos.
Puis la femme continua : « Je suis Adèle Martin, je travaille pour le gouvernement, je suis la directrice de cet institut, je suis aussi médecin cryogénique, sais-tu ce que ça veut dire ? »
« Je crois bien que oui, vous faites beaucoup de publicité à la télévision. Vous promettez aux personnes malades de leur trouver un remède dans cent ans ».
Adèle esquissa un sourire. « De quoi te souviens-tu en dernier ? »
« J'étais avec ma mère. Elle était malade », j’ouvris grand les yeux, « il lui est arrivé quelque chose ? »
La doctoresse Adèle effaça le sourire de ses lèvres. « Te souviens-tu de la troisième guerre mondiale ? »
« Pourquoi ne me répondez-vous pas ? Où est ma mère ? Elle va bien ? Lui est-il arrivé quelque chose de grave ? Qu'est-ce que la troisième guerre mondiale a à voir là-dedans ? Je n'étais même pas née ! Est-ce clair ? Où est ma mère ? »
La doctoresse soupira. « En quelle année es-tu née ? »
Je soupirai à mon tour. Je me tournai sur le côté pour fixer le sol. J'attendis quelques secondes avant de répondre : « 2110 ».
« Quel âge as-tu maintenant ? »
« 15 ans ».
La doctoresse continua avec ses questions : « Sais-tu ce qu'est l'Apocalypse ? »
« Oui », répondis-je d'une voix basse et fatiguée, « c'est une maladie qui est apparue il y a quatre ou cinq ans et qui rend les gens fous ! »
La doctoresse Adèle Martin prit la parole : « Le premier cas connu remonte à 2120. Maintenant, les malades de l'Apocalypse sont appelés les « Homo Zeta » ou... ».
Je l'interrompis d'un regard plein de colère. « Ça ne m'intéresse pas », puis je demandai d'une voix forte et claire : « Où est ma mère ? »
La doctoresse Martin me prit la main, elle émit un long soupir avec un sourire doux mais douloureux et tremblant.
« Tu n'as rien à craindre, tu es en sécurité ici, je vais tout t'expliquer. Mais d'abord... » elle se tourna vers le docteur Lambert, « Bertrand, peux-tu lui enlever toutes les sondes et la détacher s'il te plaît ? »
« Bien sûr, doctoresse Martin », répondit-il en esquissant un sourire.
Le docteur Lambert s'approcha et commença à retirer un par un les tubes en plastique que j'avais sur les bras et les jambes. « Ce ne sont que des solutions de vitamines, de protéines et des fluidifiants sanguins pour éviter les thromboses ou les embolies. Les sangles étaient simplement pour ta sécurité, on ne sait jamais quelle réaction peut avoir un individu au réveil ».
Il finit de me détacher, mais je n’avais plus de force.
« Maintenant, tu resteras faible pendant quelques jours, c'est tout à fait normal, mais en peu de temps, tu récupéreras à 100 % », dit le docteur Lambert en s'éloignant.
Adèle revint près de moi, elle me prit délicatement les mains, ses yeux se remplirent de larmes. « Ce n'est jamais facile à dire », dit-elle, « surtout à une fille aussi jeune que toi ».
Elle respira profondément.
Moi je ne respirai pas du tout.
Elle fixa ses yeux tristes dans les miens. « Ta mère, Marie, a contracté l’Apocalypse ».
« Non ! » criai-je avec le souffle court. Et encore « Non ! » J'utilisai toutes les forces que j'avais dans le corps, mais ce fut plutôt une syllabe haletante qu'un véritable cri.
Je pleurai, sanglotai, mais aucune larme ne sortit, peut-être n'étais-je pas encore assez hydratée pour pouvoir produire des larmes.
« Où est-elle maintenant ? » demandai-je d'une voix brisée.
« Elle n'est plus là », répondit la doctoresse avec compassion.
« Pourquoi ne me l'a-t-elle pas dit ? »
« Parce qu’autrement tu l'aurais empêchée de faire ce qu'elle a voulu faire », répondit Adèle.
J'écarquillai les yeux en attendant des explications.
« Sais-tu comment on contracte le virus et ce qui se passe après ? » La doctoresse n'attendit pas ma réponse et elle continua : « On se contamine par le sang, il suffit qu'une éclaboussure atteigne les muqueuses, comme celles de la bouche, les yeux ou une plaie, et il y a 100 % de chances d'avoir contracté le virus. Il y a environ 24 heures d'incubation et les premiers symptômes apparaissent après 48 heures : vomissements et brûlures des yeux, le blanc des yeux devient jaune comme lorsqu'on contracte l'hépatite. Dès l'apparition des premiers symptômes, en un peu moins de deux heures, on perd totalement la raison ».
Pendant que la doctoresse parlait, je fermai les yeux et j’essayai d'imaginer le visage de ma mère, belle et souriante.
La doctoresse Martin continuait de parler : « Ta mère est venue ici le 28 juillet 2125 et a signé un contrat gouvernemental ».
Je levai les yeux et demandai calmement : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Elle était ici aujourd'hui ? »
La doctoresse soupira : « Non, Emmanuelle. Les coûts de ce genre de processus sont très élevés, voire prohibitifs pour la plupart de la population. C’est pourquoi, le gouvernement des États-Unis de l'Hémisphère Nord a accordé aux garçons et filles âgés de 15 à 20 ans la possibilité d'être congelés pendant au maximum 20 ans en échange d'un enrôlement obligatoire dans l'armée gouvernementale pour une durée de 10 ans. Aujourd'hui, nous sommes le 28 juillet 2145 ».
Je restai sans voix un instant : « J'ai été mise au congélateur pendant vingt ans ? »
« Oui. Ta mère ne voulait pas que tu restes seule, alors elle t'a confiée à nous dans l'espoir qu'en l'absence de parents, l'armée prendrait soin de toi. En espérant aussi que pendant ces vingt ans, quelqu'un aurait trouvé un remède et que tu te réveillerais dans un monde meilleur », répondit Adèle.
« Mais ça n’a pas été le cas », ajoutai-je.
« Effectivement ça n’a pas été le cas », confirma Adèle.
« J’ai quel âge maintenant ? » La doctoresse dit d'un ton rassurant (autant que cela pouvait l'être dans ce contexte) : « Tu as encore 15 ans, la période d'hibernation est enregistrée à l'état civil et n'est pas prise en compte ».
« Ma… mère ? »
« Elle a choisi l'euthanasie légale pour les malades de l’Apocalypse ».
Je fermai les paupières et je croisai mes bras sur la poitrine, comme si cela pouvait m'aider à garder l'image de ma mère gravée dans mon esprit et avec elle toute la douleur dans mon cœur. Je ne voulais perdre aucune partie de cette douleur qui correspondait à tout ce qui me restait de ma mère. Mais je n'avais même pas une tombe où aller pleurer.
Chapitre 2
La Recrue
Le même jour, l'après-midi, on me donna une combinaison grise avec des bottes noires, on m'embarqua dans un véhicule blindé de l'armée des États-Unis de l'Hémisphère Nord (U.S.N.H.), puis dans un vieux train Hyperloop de Tesla qui, en moins de trente minutes, m'emmena dans le sud de la France, et puis dans un autre véhicule blindé qui me conduisit jusqu'au Centre de Formation des Recrues de Marseille.
Vu de l'extérieur, cela ressemblait à une prison de haute sécurité, ce qu’elle avait peut-être été autrefois, mais maintenant, au-dessus de la porte d'entrée, on pouvait lire en grandes lettres : MARSEILLE RECRUITING TRAINING CENTER.
Je regardai le ciel mais même en étant plus au sud de Paris et en plein été, il était toujours couvert d'une couche homogène de brume qui le rendait blanc. On ne pouvait pas voir le soleil, on réussissait tout juste à l'apercevoir.
Depuis la fin de la guerre, la langue officielle de tout l'hémisphère nord était l'anglais, mais à l'ouest de ce qui était autrefois appelé l'Union Européenne, les personnes âgées parlaient encore leur langue d'origine, ma mère aussi me parlait toujours en français.
Même si pour moi, cela semblait être hier, en réalité cela faisait vingt ans que je n'avais pas entendu la voix de ma mère, plus j'en prenais conscience, plus il était difficile de l'accepter.
L'énorme portail se referma derrière le véhicule blindé, on me fit descendre, deux gardes en combinaison grise s'approchèrent, l'un était armé, l'autre tenait un scanner médical biométrique, servant à effectuer un examen diagnostique supplémentaire pour vérifier l’absence d'agents pathogènes dans mon corps, y compris le virus Apocalypse. On me conduisit dans une pièce où il y avait un bureau et un ancien ordinateur qui fonctionnait encore avec un clavier physique et non holographique. Un jeune homme entra avec un dossier numérique à la main et il me regarda ; il devait avoir seulement quelques années de plus que moi, je lui aurais donné dix-huit ans.
« Une seule recrue aujourd'hui ? »
« Oui, monsieur », répondit l'un des deux gardiens.
« Bien », dit le jeune homme en s'adressant au gardien qui m'avait accompagnée à l'intérieur.
Puis il se tourna vers moi : « Code d'enregistrement ? »
Je ne savais pas de quoi il parlait, alors le gardien intervint : « C'est un contrat gouvernemental, monsieur ».
« Ah ! Je vois », dit le jeune homme qui continuait à être appelé monsieur, « tu es donc un cadeau du passé. De quelle année viens-tu, 2140 ? 35 peut-être ? »
« 25 », répondis-je, « 2125 ».
« Le contrat maximum, félicitations. Qu'as-tu donc fait ? » dit le jeune homme.
« Ma mère est tombée malade et a signé un contrat avec le gouvernement ».
« Apocalypse ? »
« Oui ».
Le jeune homme fit une grimace accompagnée d'un soupir « C'est la vie ! Mes parents et mes deux frères aînés ont eux-aussi été contaminés ».
« Je… je suis désolée », dis-je.
Le jeune homme resta un instant absorbé par le dossier numérique « C’est comme ça ! »
Puis il leva les yeux vers moi, il me fixa dans les yeux, il s'approcha et me dit à voix basse : « On m'a demandé de les tuer tous avant que se manifeste le pire de la maladie ».
« Oh, mon Dieu ! » m'exclamai-je.
Il fit une autre grimace « C’est du passé ! » Il s'approcha de moi et me tendit la main « Je suis le Sergent-Major Rousseau. Alain Rousseau, mais à partir de maintenant, tu peux simplement m'appeler monsieur ».
Je mis la tête en arrière en écarquillant les yeux, puis je dis : « Oui, monsieur ».
« Parfait, alors nous y sommes. Nom ? … Ton nom ? »
« Emmanuelle. Emmanuelle La Belle ».
Il fit une autre grimace, mais cette fois c'était une grimace de satisfaction « Jamais un nom n'a été plus approprié ». Je ne dis rien.
« Âge ? »
« 15 ans ».
« Très bien, je vais maintenant demander ton dossier complet à l'Institut Cryogénique. Doux Sommeil ou La Croix de la Vie ? »
« La Croix », répondis-je.
« Puis-je vous poser une question ? … Monsieur ? »
« Vas-y », dit-il presque avec indifférence en remplissant le dossier, « voici ton dossier ».
« Quand pourrai-je récupérer mes affaires chez moi à Paris ? »
Alain leva les sourcils et me regarda « Je suis désolé, mais tu appartiens au gouvernement pour les dix prochaines années et ta maison est également devenue la propriété du gouvernement. C'est comme ça que ça fonctionne en absence de famille en vie ».
« Mais mon père n'est pas mort ».
« En es-tu sûre ? Ici, il y a une déclaration de disparition en 2117, il ne s’est plus manifesté et ça fait presque trente ans. Crois-moi, avec l'Apocalypse en cours… tu dois t'y faire. Maintenant, je vais te faire accompagner à l'habillage où on te donnera le nécessaire et ensuite à ton logement. Je te préviens que ce n'est pas une caserne féminine, alors pas de flirt dans les dortoirs, compris ? »
Je hochai la tête « Oui, monsieur, j'ai compris ».
« Ah ! » dit le Sergent-Major Rousseau comme s'il avait oublié quelque chose. « Je suis désolé pour tes beaux cheveux châtains, mais ici il est interdit de porter les cheveux longs ». Puis il se tourna vers le gardien « Faites aussi un saut chez l'italien ».
Pendant un instant, j'eus un sursaut, puis je me décidai de demander « Qui est l'italien ? »
« Je n'ai pas compris la question, peux-tu répéter ? » dit-il en fronçant les sourcils.
Je compris où je me trompais « Je m'excuse, monsieur. Je demandais simplement qui était l'italien, monsieur ».
« Tu apprends vite », dit-il satisfait, « ne t'inquiète pas, l'italien ce n’est que le coiffeur ».
« Allons-y », dit le gardien en tendant la main pour prendre le dossier que lui tendait le Sergent-Major. Il me fit signe de le suivre et je le suivis. La première étape fut chez l'italien. Je frappai à la porte.
« Entrez », dit une voix. J'entrai et je vis un soldat assis sur le fauteuil du coiffeur, les pieds sur le lavabo, les mains croisées derrière la nuque et un casque VR sur le visage.
« Un instant seulement », dit le soldat, « je regarde les nouvelles du front avec l'Équateur. Waouh ! Aujourd'hui, il y a eu un massacre ».
« Il y a une recrue », dit le garde « dépêche-toi, je dois retourner à la porte ».
« Me voilà ! Pas si vite ! » dit le soldat en se levant du fauteuil « Alors, qui avons-nous ici ? Oh, quelle jolie demoiselle. Comment t'appelles-tu ? »
« Emmanuelle ».
« S'il te plaît, installe-toi Emmanuelle », dit le soldat en prenant une cape blanche d'un tiroir. Il me la mit autour du cou en sortant mes cheveux « Emmanuelle et ensuite ? »
« La Belle ».
« Waouh ! Quel nom ! À partir d'aujourd'hui, je t'appellerai La Belle. Moi c’est Tony le coiffeur, mais tout le monde m'appelle l'italien. Alors, quelle coupe faisons-nous ? »
Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il démarra avec la tondeuse électrique. Quand il eut fini, je me regardai dans le miroir, en retenant mes larmes de justesse.
« Voilà ! Quel chef-d'œuvre », il enleva la cape de mon cou « Alors La Belle, on se revoit bientôt, n'oublie pas de venir faire une retouche au moins une fois par semaine, il y a le tableau pour les rendez-vous à l'extérieur ».
« D'accord », répondis-je.
Nous nous arrêtâmes devant une porte avec une serrure à scanner rétinien, avec écrit en haut « DÉPARTEMENT BIOMÉDICAL », le gardien approcha son visage du scanner, un lecteur laser se déclencha et la porte s'ouvrit.
« Qu’est-ce qu’on doit faire ici ? » demandai-je avec appréhension, même si je savais bien que je n'avais aucun choix et que je devais me soumettre à tout ce qui m'était imposé.
« Ici, on va te faire l'implantation de la puce pour les Crédits de Vie », dit le gardien en traversant la porte.
« De quoi s'agit-il ? » demandai-je.
À ce moment-là, le médecin du département apparut « Salut Wolf, qui avons-nous ? »
« Bonjour docteur, nous avons besoin d'une puce, voici le dossier », dit-il en tendant la fiche remise par le Sergent-Major Rousseau.
Wolf se tourna vers moi « La puce sert à tout. Au cours des vingt dernières années, beaucoup de choses ont changé, avec l'augmentation de l'automatisation, le chômage mondial est arrivé à des niveaux compromettant la survie d'une grande partie de la population… ».
Pendant ce temps, le docteur préparait une seringue avec une grosse aiguille contenant une petite, mais pas si petite que ça, capsule avec la puce à l'intérieur.
Entre temps Wolf continuait à parler « … la pauvreté avait atteint un niveau inimaginable. Le virus Apocalypse est arrivé et a décimé la population de nombreuses grandes villes. Puis il y a eu l'affaire des extraterrestres ».
« C’est quoi ? » j'étais intriguée.
« L'Alliance Extraterrestre et le fait qu'ils se sont presque tous installés dans le sud de la planète. Avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement du Mouvement Populaire pour la Défense de la Vie dans les U.S.N.H. (United States of the Northern Hemisphere), le parlement a décidé que tout devait changer. On a instauré le système des Crédits de Vie, c'est-à-dire le droit à un crédit mensuel dépassant le seuil de pauvreté, utilisable dès la naissance avec des ajustements annuels basés sur les besoins individuels. Les cryptomonnaies ont été bannies, leur fluctuation constante de valeur était devenue un business pour les multinationales et les banques, car il arrivait trop souvent que les cryptomonnaies les plus accessibles disparaissent dans la nature, en plongeant les citoyens ordinaires dans la misère et en augmentant la criminalité à des niveaux exponentiels… ».
Pendant ce temps, le docteur commençait à désinfecter le dos de ma main gauche entre le pouce et l'index. « Ça va faire un peu mal », dit-il en m'injectant déjà la puce.
« Ah ! » je serrai les dents.
« Avec cette puce, tu as droit aux Crédits de Vie à partir d'aujourd'hui, plus le salaire gouvernemental qui te sera versé tant que tu seras en service. Cependant, tu ne pourras dépenser aucun crédit avant d'atteindre la majorité, sauf si tu as un tuteur légal, mais je crois que tu n’en as pas. De toute manière, ne t'inquiète pas, l'armée te fournira tout ce dont tu peux avoir besoin ».
Puis il mit ma main sous une sorte de laser, il appuya sur un bouton, je ressentis une légère brûlure et je vis qu'à l'emplacement de la puce, il y avait maintenant un code QR tatoué, ensuite il me banda la main. « Une signature ici et tu peux partir. Si tu as besoin de l'infirmerie, il y a toujours quelqu'un de service, si tu te sens mal à l'intérieur du bâtiment et que tu es seule, il suffit d'atteindre l'un des boutons jaunes situés au début de chaque couloir ou escalier. La puce transmet ta position grâce à un système radio basse fréquence qui ne fonctionne que sur la terre ferme et seulement dans les états de l’hémisphère nord, car malheureusement cela fait des années que l’on n’essaie plus de lancer un satellite en orbite parce qu'il est constamment abattu par l'armée du Sud. Voici les instructions, il y a peu de choses à retenir, ton numéro de matricule 30012017 est inscrit en haut, il correspond également au numéro de la puce, tu dois l'apprendre par cœur et ne jamais l'oublier, beaucoup se le font tatouer, en fait pratiquement tout le monde. D'accord, maintenant tu es libre de partir ».
« Merci docteur ».
« Je suis le docteur Hamilton ».
Il me tendit la main, je la serrai. « Emmanuelle La Belle ».
Il hocha la tête.
Nous sortîmes.
Wolf reprit la conversation « … maintenant la pauvreté n'existe plus et si on trouve un emploi, on peut même se permettre des extras ».
« Je me souviens de l'Alliance Alien, on en parlait déjà quand j'étais petite ».
« Oui », me dit Wolf «« seulement que maintenant elle a grandi et elle possède sa propre armée. Ils défendent la ligne de l'équateur. Les gens veulent fuir vers le Sud de la planète, même si le Nord garantit de bonnes conditions de vie, car tout le monde a peur de la contagion et pour une raison inconnue, aucun cas d'Apocalypse n'a jamais été enregistré dans l'hémisphère sud ».
Il s'arrêta de marcher et il se tourna vers moi. « Et ceux qui ne meurent pas à cause de la contagion meurent en essayant de franchir la frontière ».
Je restai immobile à le regarder, pensant qu'il allait me dire autre chose. Wolf leva la main gauche pour indiquer une autre porte. « Nous sommes arrivés ».
Je lus l'inscription sur la porte « HABILLAGE ».
J'entrai. Cinq minutes plus tard, je sortis avec un énorme sac rempli de plusieurs choses : uniformes, draps, baskets, brosse à dents et même des serviettes hygiéniques de différents types. Il était tellement lourd que je le traînais avec difficulté.
Nous arrivâmes dans un vaste espace à l'intérieur du bâtiment avec un plafond était très haut. Sur les côtés, les anciennes cellules de la prison s'élevaient sur quatre étages et on y accédait par des passerelles en saillie sur le mur périmétrique intérieur, elles avaient été aménagées en chambres individuelles pour les recrues, les barreaux avaient été remplacés par des murs en placoplâtre et des portes coulissantes qui s'ouvraient en approchant la main avec la puce à un lecteur magnétique.
« Et là voici La Place ou la « Piazza » » dit Wolf.
« Les rassemblements et souvent aussi l'entraînement se font ici. Là-bas, c'est le magasin » dit-il en indiquant du doigt une pièce de l'autre côté de la « Piazza ». Tu peux y prendre du shampoing, du dentifrice et tout ce dont tu as besoin, mais pas plus d'un exemplaire toutes les deux semaines, donc fais attention si tu ne veux pas commencer à puer comme une chèvre. Il y a aussi des boissons, mais pas d'alcool dans la caserne. Tu as droit à un paquet de cigarettes par jour, je te conseille de les prendre même si tu ne fumes pas, car tu peux les utiliser comme monnaie d'échange, par exemple si tu manques de gel douche avant la fin de la période ; mais il y a aussi ceux qui préfèrent sentir mauvais plutôt que de rester sans cigarettes ».
Il s'arrêta devant un comptoir, qui ressemblait à ceux qu'il y avait à l'école, derrière lequel était assise une femme d'une trentaine d'années, un peu ronde, avec des cheveux blond platine de la longueur standard militaire, elle avait le dos tourné et elle discutait avec deux autres filles, l'une était noire, tandis que l'autre était blanche avec quelques taches de rousseur sur le nez et les cheveux rouges, toutes deux avaient des physiques athlétiques bien sculptés.
L'une d'elles dit : « Tu as des visites Lisa ».
Et l'autre : « Waouh Wolf, quel beau gosse ! »
« Salut Lisa, voici Emmanuelle La Belle, matricule n° 30012017, je te la confie » dit-il en posant le dossier numérique sur le comptoir.
« Ok Wolf. Tu fais quoi ce soir ? On va boire un pot à la citadelle ? » dit Lisa avec un petit sourire malicieux.
« Désolé, mais pas ce soir Lisa. J'ai le tour de garde à la carraia » répondit Wolf sans se démonter.
« Ok, à la prochaine fois alors ».
Wolf me regarda et dit : « Tu es entre de bonnes mains, fais ce qu'elle te dit. ».
« D'accord ».
Quand je me retournai vers Lisa, je vis qu'elle et ses deux amies avaient la tête penchée d'un côté et regardaient avec beaucoup d'attention le derrière de Wolf pendant qu'il s'éloignait, elles restèrent ainsi jusqu'à ce qu'il tourne dans le couloir de gauche, puis en riant, elles s’en tapèrent cinq.
« Tu as reçu la bienvenue par nul autre que le Caporal Instructeur Wolf... Okay, petite, mais tu es bien jeune. Quel âge as-tu ? »
« 15 ans ».
« Oh mon Dieu ! Je suis désolée, mais jusqu'à tes 18 ans révolus, il n'y a pas de sortie libre. Tu pourras sortir d'ici seulement pour les missions ou les entraînements externes. Ça n’a pas l’air de te déranger, tout va bien ? »
« Pas du tout » j'essayai de retenir mes larmes avec mes mains, mais elles coulaient quand même. « Ce matin, j'ai appris que ma mère est morte et que c'est arrivé il y a vingt ans. J'ai appris aussi que j'ai été hibernée pendant ces vingt années... » je sanglotai, mais je me repris immédiatement « ... peut-être dans l'espoir qu'une cure pour l'Apocalypse soit trouvée pendant cette période, mais apparemment ça n’a pas l’air d’être le cas. J'ai appris que je n'ai plus de maison et que j'ai été enrôlée dans les forces gouvernementales à mon insu pour les dix prochaines années et je n'ai même pas terminé l'école. La sortie libre ne me servirait pas à grand-chose ».