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1997. Amy, Matt, Eléa, Zach et Alice sont cinq adolescents inséparables. Musique et cinéma rythment leurs vies jusqu'au jour où un drame viendra tout changer. Face à la réalité de la vie ils vont devoir grandir plus vite que prévu, affronter le monde et faire face à leurs démons respectifs. Un récit sur l'amitié à travers le temps, parsemé de références musicales et cinématographiques.
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Seitenzahl: 96
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Première partie : 1997
Chapitre 1 : La fin d’une époque
Chapitre 2 : Le coeur à la défaite
Chapitre 3 : Vérité
Chapitre 4 : Des coups au coeur
Chapitre 5 : Cassette et VHS
Chapitre 6 : Silence
Chapitre 7 : Règlement de compte
Deuxième partie : 2017
Chapitre 8 : Invitations
Chapitre 9 : Le grand jour
Troisième partie : 2022
Chapitre 10 : La fin du chemin
Chapitre 11 : Le départ
Chapitre 12 : 1996
Chapitre 13 : Révélations
Chapitre 14 : Le temps des au revoir
Chapitre 15 : Les instants d’innocence
Été 1997. Un été doux. Un de ceux où le ciel est suffisamment clair et bleu pour pouvoir sortir léger, mais où la chaleur nous laisse libre de tout mouvement sans nous assommer. Et en ce vendredi 27 juin, il fut préférable pour la plupart des ados de pouvoir courir sans le poids du soleil sur leur dos. Libre de courir vers la liberté. Libre de ne plus subir la dictature du réveil pour aller au bahut. La liberté des vacances. Ils couraient presque tous vers les grilles comme si quelque chose les poursuivait. Comme si le principal risquait de les attraper avant qu'ils aient franchi cette grille, ce qui les condamnerait à passer l’été au lycée Saint-Exupéry.
Se frayant un chemin parmi ce troupeau affolé, Amy courait aussi vite qu'elle le pouvait. Malgré la multitude d'ados dans ce courant qui semblait ne jamais s'arrêter, il était relativement facile de la repérer. Une flamboyante chevelure rousse qui se détachait des communes et tristes couleurs du reste de ses camarades. Une tache de vie et de désordre dans cet océan banal. Enfin arrivée à hauteur de cette grille libératrice, elle s'arrêta net et se retourna. Se glissant sur le côté afin de se détacher de la marée humaine, elle observa le lycée. Ses bâtiments. Son terrain de foot où il lui arrivait de regarder les garçons jouer. Ses bancs le long du seul point de verdure où elle avait passé du temps à parler de garçons et de shopping. À écouter sur son Discman les albums de Oasis, The Verve, Blur et toute cette Britpop qu’elle adore. Son immense statue de Saint-Exupéry sous laquelle elle avait eu son premier baiser. Elle s’égara un instant dans ses souvenirs baignés de nostalgie. Elle n'aurait jamais cru que quitter définitivement ce lycée pouvait lui faire ressentir une forme de tristesse. Elle se trouvait même ridicule. Passer ses journées à traîner des pieds pour ne pas aller au lycée pour se retrouver à avoir un pincement au cœur au moment de le quitter définitivement. Les paradoxes de la vie. Elle resta pourtant debout à contempler le lieu qui aura abrité ses joies et ses peines au cours de ces quatre dernières années lorsqu’une voix derrière elle la sortie de ses souvenirs.
– Ne me dis pas que tu vas regretter ce bahut ?
En se retournant Amy vit que cette voix qui l’avait brutalement sortie de ses pensées et qu'elle n'avait pas reconnu sur le moment était celle de Zach. Avec lui, Matt, Eléa et Alice, ils formaient ce qu'Amy apparentait le plus à une famille. "Les fossiles". C'est comme ça que les autres élèves du lycée avaient baptisé leur petit groupe. On les appelait comme ça à cause de leur amour pour le passé. Amy et les autres n'étaient pas du tout partisans du "c'était mieux avant" mais ils étaient de nature très curieuse et le passé les intriguait énormément. Eléa disait souvent que le présent n'est que l'enfant du passé et qu'il faut d'abord apprendre d'où l'on vient avant de savoir où l'on va. Sinon, c'est comme vouloir apprendre à courir avant même de savoir marcher.
Malgré ça, "les fossiles" aimaient leur époque. Comme tous les ados de leur âge, ils étaient fans de Jurassic Park, Usual Suspect et Pulp Fiction. Ils avaient été en douce au cinéma pour découvrir Seven. Ils avaient pleuré devant la mort de Mufasa dans le Roi Lion. Amy et Eléa étaient tombées amoureuses de Léonardo Di Caprio en le découvrant dans Roméo + Juliette. Ils étaient accros au Central Perk et à toute la bande de Friends. Mais ils se passionnaient aussi pour les vieux films. Ils avaient vu plusieurs fois les grands classiques de Hitchcock, de Chaplin ou de Franck Capra. Ils n'hésitaient pas à conseiller aux élèves de Saint Exupéry de regarder 12 hommes en colère ou Le Parrain. En ayant toujours la même réponse en retour qui était une combinaison entre un regard à la fois moqueur et hautain et cette phrase qu'ils avaient si souvent entendu : "Dégage avec tes trucs de vieux le fossile". "Les fossiles" aimaient le son de leur génération. Ils écoutaient en boucle Radiohead, Portishead, Nirvana et bons nombres d'autres artistes bien encrés dans cette époque. Mais ils vouaient un culte aux "disques à papa" comme disait Matt. Fleetwood Mac, David Bowie, Bruce Springsteen et bien sûr les Beatles. Ils se retrouvaient chez Matt pour écouter la collection de vinyles de son père et s'ouvraient à tout un horizon de découverte. Ils étaient amoureux de la vie en général. Peu importe le temps, peu importe l'époque.
– Non, répondit Amy...Enfin peut-être. Je ne sais pas. Ca me fait bizarre de me dire que je ne reviendrais plus ici.
– Moi je peux déclarer haut et fort qu'aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie. Enfin jusqu'au jour où j'aurais réussi à coucher avec Clara Berkhof.
– Alors quelque chose me dit que ce 27 juin 1997 restera la plus belle journée de ta vie pendant très longtemps.
– Tu as trop de jalousie en toi répondit Zach avec un grand sourire. Je sais que secrètement, tu as toujours eu envie de moi.
– Tu sais bien que les causes perdues ont toujours été ma passion.
– Bon, dit Zach en ayant perdu tout sourire, je peux savoir ce qui va tant te manquer ici ?
– Tout. Même ce que je déteste le plus ici. C'est une page qui se tourne. Une partie de notre vie se termine ici et maintenant. Et avec ce qu'il s'est passé pendant cette dernière année, c'est encore plus difficile de tourner cette page et de commencer un nouveau chapitre.
– Justement. Avec tout ça, je suis encore plus heureux de partir d'ici. Surtout après ces examens interminables. Ça nous fera du bien de passer à autre chose. Ça nous aidera à oublier.
– On ne pourra jamais oublier ça Zach.
– Alors on va devoir apprendre à vivre avec.
Ils restèrent silencieux un instant. Perdu l'un et l'autre dans des souvenirs qu'ils ne devraient pas avoir à leur âge. Zach brisa le silence le premier.
– Bon. Allons y ou on va encore rater le bus.
– On n’attends pas les autres ?
– Ils sont déjà partis. Grosse soirée ce soir chez Matt. Ses parents lui laissent la maison pour fêter la fin du lycée sans même attendre les résultats des examens. Ça sent l'excès de confiance si tu veux mon avis. Du coup, ils sont chez lui pour préparer la fête.
– Et ils avaient besoin de tout un après–midi pour ça. Une fête avec nous ça se résume à boire de la bière sans alcool et jouer au poker en vous écoutant massacrer "Champagne Supernova" ou "Wonderwall".
– C'est notre vision d'une soirée réussie effectivement, répondit Zach avec un grand sourire.
– Je passe mon tour pour cette fois.
– Tu plaisantes, j'espère ?
– J'ai pas la tête à m'amuser ce soir.
J'ai juste envie de rentrer. Mon père m'a acheté "Ok Computer" ce matin. Je vais m'allonger sur mon lit et me laisser porter par la voix de Thom York.
– Et te laisser porter pas la déprime oui. Radiohead c'est pas conseillé dans ton état. Tu as besoin de te vider la tête. Tu as besoin de voir du monde. Viens avec nous ce soir s'il te plaît. Fais moi confiance, tu vas t'amuser.
Même si elle n'avait vraiment aucune envie de se rendre à cette fête, Amy ne savait pas dire non. Elle ne compte plus le nombre de soirées perdues dans l'ennui ou d'après-midi ruinés à rendre des services aussi fatigants qu'inutiles. Avec le temps, elle avait fini par se dire que ce blocage du mot non était probablement en lien avec un autre de ses problèmes. Son besoin de plaire. Amy avait au fond d'elle un irrépressible besoin d'être aimée. Elle voulait être certaine que les gens auraient d'elle l'image de la fille pleine de qualités, souriante et toujours prête à rendre service. Encore une fois, à cet instant précis, Amy savait que l'absence du mot non dans son vocabulaire allait la conduire droit à cette soirée qu'elle aurait préféré éviter. Autant ne pas perdre inutilement du temps et rendre les armes tout de suite se dit-elle.
– C'est d'accord. Je viens.
– Je savais que tu finirais par dire oui, répondit Zach avec un air triomphant.
– Mais je ne resterai pas longtemps.
– Si tu veux. Ne t'inquiète pas, on va passer une très bonne soirée.
Amy espérait que les paroles de son ami soient vraies. Mais le doute en elle était plus fort que tout.
*
Durant le trajet de bus et les quelques minutes de marche qui l'emmenèrent jusqu'à chez elle, Amy était restée silencieuse et absente. Comme détaché de l'excitation que ressentaient les autres élèves à l'aube des vacances d'été. Il n'y avait qu'elle, ses pensées et la voix de Richard Ashcroft qui chantait "Bitter sweet symphony" dans ses écouteurs. Devant sa porte d'entrée, elle hésita un instant à faire demi-tour et à marcher sans destination particulière, mais en se laissant porter par ses jambes. En pilotage automatique. Aussi bien du corps que de l'esprit. S'enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien étaient les seules choses qu'elle désirait vraiment. Mais avant ça, il lui faudra passer devant les gardiens de son temple de la tranquillité. Franck et Justine, ses parents. Elle n'avait pas réellement de rapports conflictuels avec eux. En tout cas pas plus que n'importe quel adolescent qui considère qu'être interdit de sortir un soir ou que de se faire confisquer sa chaîne hi-fi est une cause suffisante pour acquérir les statuts de martyrs et d'incompris. Amy était même plutôt heureuse. Sans vivre dans l'opulence, elle n'avait jamais manqué de rien. Mais ces sept derniers mois, parler avec ses parents lui demandait un effort qu'elle n'était pas toujours prête à faire. Aujourd'hui, elle ne savait pas encore si elle en aurait la force et le seul moyen d'en être certaine était d'entrer dans cette maison. Se jeter dans la gueule du loup.
Amy prit une profonde inspiration et entra en étant décidée à prendre sur elle quoi qu’il arrive et à faire bonne figure. Après tout, elle allait passer ses deux mois de vacances avec eux et son frère, alors autant démarrer dans les meilleures conditions. En entrant dans la maison, Amy entendit du bruit dans la cuisine. Des bruits de verre, la porte du frigo qui s’ouvre et se ferme plus que nécessaire, le son presque envoûtant de l'eau qui bout sur le feu. Des bruits tout à fait communs pour cette pièce. Un son couvrait malgré tout les autres. Le son d'une voix au ton doux et rassurant sortant d'un haut-parleur qui contrebalance avec les mots qu'elle prononce. L'animatrice de la station de radio locale était en train d'annoncer les dernières informations lorsque Amy entra dans la cuisine.
”Ce soir,
