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Dans 'Les droits de la femme', Olympe de Gouges livre un plaidoyer audacieux en faveur de l'égalité des sexes, s'inscrivant dans le contexte du mouvement féministe naissant au XVIIIe siècle. À la manière des Déclarations des droits de l'homme, elle élabore un texte qui non seulement critique la condition des femmes dans la société patriarcale de son temps, mais propose aussi un cadre juridique où elles pourraient revendiquer leurs droits civiques et politiques. Son style, incisif et emprunt de passion, industriellement résonne avec les idéaux des Lumières, tout en se démarquant par son ardent engagement à la cause féminine. Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, est une figure emblématique du féminisme précoce. Son existence témoigne d'une révolte contre les normes sociales et les inégalités de genre qui prévoyaient une soumission des femmes. Sa vie, marquée par des expériences personnelles et un goût pour la littérature et le théâtre, nourrissait son désir de justice et de changement, où sa position d'écrivain lui offrait une tribune pour faire entendre sa voix. Je recommande vivement 'Les droits de la femme' à quiconque s'intéresse aux luttes pour l'égalité et aux fondements du féminisme. Ce texte, loin d'être un simple manifeste, résonne encore aujourd'hui par sa pertinence et son audace, invitant à réfléchir sur les droits universels et la condition humaine. La lecture de cette œuvre permet de mieux comprendre les luttes d'hier et d'aujourd'hui pour l'égalité des genres. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction succincte situe l'attrait intemporel de l'œuvre et en expose les thèmes. - Le Synopsis présente l'intrigue centrale, en soulignant les développements clés sans révéler les rebondissements critiques. - Un Contexte historique détaillé vous plonge dans les événements et les influences de l'époque qui ont façonné l'écriture. - Une Analyse approfondie examine symboles, motifs et arcs des personnages afin de révéler les significations sous-jacentes. - Des questions de réflexion vous invitent à vous engager personnellement dans les messages de l'œuvre, en les reliant à la vie moderne. - Des Citations mémorables soigneusement sélectionnées soulignent des moments de pure virtuosité littéraire. - Des notes de bas de page interactives clarifient les références inhabituelles, les allusions historiques et les expressions archaïques pour une lecture plus aisée et mieux informée.
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Dans un moment où l’on proclame l’universalité des droits tout en laissant la moitié de l’humanité hors du cercle civique, une voix s’élève pour transformer l’angle mort en principe premier, exigeant que la liberté, l’égalité et la citoyenneté cessent d’être des promesses abstraites et deviennent une norme qui inclut pleinement les femmes, non par faveur mais par justice, non à la marge mais au centre, en rappelant que la loi n’a d’autorité que si elle s’applique à tous et que l’histoire des révolutions se juge aussi à ce qu’elles permettent à celles qu’elles oublient.
Les droits de la femme d’Olympe de Gouges se présentent avant tout comme un manifeste politique: une déclaration formulée dans la France révolutionnaire et publiée en 1791. Dramaturge et citoyenne engagée, l’autrice inscrit son texte au cœur des débats constitutionnels de son époque, en adoptant le langage de la loi pour revendiquer l’égalité. Ni traité théorique ni simple pamphlet d’humeur, l’ouvrage condense la tension entre idéaux proclamés et réalités sociales, et situe les femmes comme sujets de droit à part entière. Sa forme ramassée, son architecture d’articles et son souffle oratoire en font un document d’intervention autant qu’un repère historique.
Sa prémisse est limpide: les principes qui fondent la communauté politique ne valent que s’ils reconnaissent aux femmes les mêmes droits civils et politiques que les hommes, avec les mêmes devoirs. Le texte reformule les notions de liberté, de propriété, de sûreté et de résistance à l’oppression pour y intégrer explicitement la moitié exclue du corps social. À la lecture, on rencontre une voix ferme, directe, qui appelle les institutions à la cohérence et les lectrices comme les lecteurs à la lucidité. L’expérience est brève, dense, structurée, et ménage une progression argumentative qui conjugue exigence morale et précision juridique.
Le choix de la forme déclarative n’est pas anodin: en calquant ses formulations sur les énoncés fondateurs de 1789 pour mieux en révéler l’angle d’ombre, l’ouvrage mène un dialogue frontal avec l’architecture du droit moderne. Les articles énoncent des principes généraux dans un style net, impersonnel et prescriptif, tandis que le commentaire qui les accompagne resserre l’argumentation et ouvre sur leurs conséquences pratiques. La composition alterne rigueur normative et énergie polémique, avec un sens aigu de l’ellipse et de la répétition, afin d’installer une cadence persuasive. Rien de gratuit: chaque terme est pensé pour peser sur la délibération publique.
Au-delà du plaidoyer pour l’égalité, le livre interroge la citoyenneté comme appartenance active, faite de droits mais aussi de responsabilités. Il explore la frontière entre sphère privée et espace public, et montre comment la loi façonne concrètement l’accès à l’éducation, au travail, à la participation politique et à la dignité. Se dessine une réflexion sur la représentation et la voix: qui parle au nom de qui, et avec quelle légitimité? La notion d’universalité est ainsi mise à l’épreuve, non pour la renier mais pour l’achever, en rappelant que l’oubli d’une partie de la population contredit le cœur même du projet.
Pour les lecteurs d’aujourd’hui, ce texte conserve une force singulière parce qu’il relie la promesse des droits humains à l’exigence d’inclusion réelle. On y mesure la puissance d’une écriture normative capable de déplacer la frontière du pensable, en forçant institutions et sociétés à nommer celles qu’elles oublient. Sa clarté conceptuelle offre un vocabulaire utile pour relire les débats contemporains sur l’égalité, la représentation et la justice. Comme document de la Révolution française et jalon du féminisme, il permet d’articuler mémoire et horizon, et de comprendre comment la transformation du droit accompagne, précède ou contraint l’évolution des mœurs.
Lire Les droits de la femme, c’est ainsi entrer dans un texte court, maîtrisé, où la forme juridique devient un instrument littéraire et politique. L’ouvrage offre à la fois un diagnostic et une méthode: clarifier les principes, nommer les exclusions, aligner les institutions sur la promesse qu’elles affichent. On y perçoit l’autorité d’une pensée qui refuse la résignation et propose un cadre pour agir et juger. Sa valeur tient à sa capacité à unir précision et horizon, à faire du langage de la loi un levier d’émancipation, et à rappeler que l’universel ne se vérifie qu’en s’élargissant.
Publié en 1791, en plein cœur de la Révolution française, l’écrit d’Olympe de Gouges souvent appelé Les droits de la femme correspond à la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Conçu en miroir de la Déclaration de 1789, il reprend sa forme solennelle — préambule, dix-sept articles, postambule — pour dénoncer l’exclusion des femmes du champ citoyen. Dédié à la reine, le texte entend intégrer explicitement les femmes dans l’universalité des droits, en rendant visibles les angles morts de la nouvelle légalité. L’ouvrage établit d’emblée son ambition: substituer aux usages et préjugés une égalité civile pleinement reconnue.
Le préambule expose le principe directeur: les droits naturels sont universels et ne peuvent être limités par le sexe. L’auteure y rappelle que la loi doit corriger la coutume, et que la raison commande de mesurer les privilèges hérités à l’aune de l’égalité. Elle réinscrit la souveraineté dans la nation composée de femmes et d’hommes, et fait du gouvernement l’administrateur responsable de ce pacte commun. En situant la question des femmes au cœur du contrat social naissant, le texte met à l’épreuve l’idéal révolutionnaire et pose les conditions d’une citoyenneté partagée, fondée sur la justice, l’éducation et la responsabilité.
Les premiers articles déclinent l’égalité en principes juridiques: naissance, dignité et capacité civiles ne se hiérarchisent pas selon le sexe. La liberté est définie comme limite mutuelle qui n’autorise aucun abus contre autrui, et les droits fondamentaux — sûreté, propriété, résistance à l’oppression — appartiennent à toutes et tous. La loi, expression de la volonté générale, doit être la même pour chacun et chacune; nulle infraction, peine ou procédure ne peut varier selon le genre. Le texte insiste sur les garanties de jugement, la présomption d’innocence et la proportionnalité des peines, afin d’inscrire les femmes dans la pleine protection légale.
Viennent ensuite les dispositions civiques qui entendent ouvrir l’espace public: toutes les citoyennes doivent pouvoir concourir à la loi, directement ou par leurs représentantes et représentants, et accéder aux dignités, emplois et fonctions selon le critère du mérite. La liberté d’opinion, notamment politique, et la liberté d’expression sont réaffirmées au profit des femmes, sans discrimination. La contribution commune, en particulier l’impôt, doit être consentie et supportée par toutes et tous dans l’égalité, avec transparence sur l’usage des fonds. Les devoirs civiques découlent symétriquement des droits, de sorte que la responsabilité collective ne saurait exclure la moitié de la nation.
Une place centrale est accordée à la propriété et à la sphère domestique, pour effacer la frontière qui en privait les femmes. La propriété est posée comme droit inviolable également partagé, avec des conséquences sur la gestion des biens et la transmission. L’auteure propose un modèle de contrat civil entre époux, pensé comme pacte d’égalité réglant intérêts, responsabilités et consentement, et envisage la dissolution possible de l’union. L’ensemble vise à reconnaître des droits familiaux symétriques, à protéger les enfants et à faire prévaloir la volonté des personnes sur la tutelle des coutumes, afin d’arrimer la vie privée au droit commun.
Le postambule prend la forme d’une adresse politique aux femmes et aux pouvoirs publics. Il invite les premières à se constituer en sujets de droit instruits et vigilants, et enjoint les seconds à garantir l’application effective des principes. L’argumentation critique l’arbitraire masculin et les habitudes qui perpétuent la dépendance, tout en valorisant l’éducation, le travail et la vertu civique comme leviers d’émancipation. Le texte insiste sur la corrélation entre droits et devoirs, et sur la nécessité d’institutions compatibles avec l’égalité. Il propose ainsi une stratégie républicaine de réforme, ancrée dans la loi, plutôt qu’une simple protestation morale.
Au-delà de son immédiateté révolutionnaire, l’ouvrage s’impose comme jalon majeur de la pensée féministe moderne. Sa structure calquée sur la Déclaration de 1789 en fait un outil critique durable pour tester l’universalité proclamée par les démocraties. S’il n’a pas été consacré par les institutions de son temps, il a nourri, en France et ailleurs, les débats sur la citoyenneté, le suffrage, la parité, l’égalité civile et l’articulation du privé et du public. Par sa clarté normative et sa cohérence argumentative, le texte conserve une force de rappel: faire coïncider principes et pratiques, et mesurer toute réforme au prisme de l’égalité.
Sous l’Ancien Régime, la société française est ordonnée par les trois ordres — clergé, noblesse, tiers état — et par des institutions monarchiques centralisées. Les parlements enregistrent les lois, mais le roi détient l’autorité législative ultime. Les femmes, soumises à la puissance maritale ou paternelle selon les coutumes, n’ont ni droits politiques ni représentation. Le mariage est régi par le droit canon; la séparation légale est rare et le divorce interdit. L’accès aux corporations, à l’éducation supérieure et aux charges publiques est limité. Ce cadre juridique et social, fortement hiérarchisé, façonne le point de départ des revendications égalitaires à la fin du XVIIIe siècle.
Les Lumières diffusent en Europe des idées de droit naturel, de souveraineté populaire et de contrat social. En France, Montesquieu, Voltaire et Diderot contestent l’arbitraire; Rousseau influence les débats sur la citoyenneté, tout en assignant aux femmes un rôle domestique. L’expérience américaine renforce ces circulations: la Déclaration d’indépendance de 1776 et la guerre menée avec l’appui français popularisent le langage des droits. En 1789, des figures comme Lafayette promeuvent une déclaration des principes universels. Dans ce climat, des penseurs tels Condorcet défendent l’admission des femmes aux droits de cité (1790), ouvrant un espace argumentatif pour des revendications explicitement féminines.
En 1789, les États généraux convoqués à Versailles se transforment en Assemblée nationale, puis en Assemblée nationale constituante. L’Assemblée adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789), qui proclame l’égalité des droits mais ne mentionne pas les femmes. Le suffrage est restreint aux « citoyens actifs » masculins, définis par l’impôt (décrets de 1789–1790), et confirmé par la Constitution de 1791. La question coloniale s’impose aussi: la Société des Amis des Noirs plaide contre la traite, et le décret du 15 mai 1791 accorde des droits politiques aux hommes libres de couleur nés de parents libres.
À partir de 1789, les femmes participent visiblement à la vie publique. Les « journées d’Octobre » (5–6 octobre 1789) voient des milliers de Parisiennes marcher sur Versailles et ramener la cour à Paris, événement marquant des mobilisations populaires. La liberté de la presse fait naître un foisonnement de brochures et journaux, où paraissent pétitions et plaidoyers féminins. Des militantes comme Théroigne de Méricourt prennent la parole aux clubs; Etta Palm d’Aelders plaide en 1790 pour des droits civils. En avril 1792, Pauline Léon réclame l’armement d’une garde nationale féminine, illustrant des revendications de citoyenneté active.
Olympe de Gouges, née Marie Gouze à Montauban en 1748, s’installe à Paris dans les années 1770 et se fait connaître comme dramaturge. Elle publie des pièces et des pamphlets politiques traitant de la pauvreté, du mariage et de l’esclavage. Sa pièce antiesclavagiste Zamore et Mirza, ou l’Heureux naufrage, écrite dans les années 1780 et jouée en 1789, sera reprise sous le titre L’Esclavage des Noirs. Elle diffuse aussi des écrits abolitionnistes. À la faveur de la Révolution et de l’essor de l’imprimé, elle adopte la forme du manifeste pour intervenir directement dans les discussions constitutionnelles et civiques.
En 1791, la crise politique culmine avec la fuite manquée de Louis XVI à Varennes (juin) et l’achèvement de la Constitution (septembre). Malgré les réformes, les femmes demeurent exclues des droits politiques et de la citoyenneté active. C’est dans ce contexte qu’Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, adressée à Marie-Antoinette. Le texte reprend la structure solennelle de 1789 et la transpose au féminin afin d’exiger l’égalité civile et politique, en s’appuyant sur les principes de liberté, d’égalité et de propriété alors proclamés par l’Assemblée constituante.
La Déclaration d’Olympe de Gouges ne reçoit aucune reconnaissance institutionnelle et suscite des critiques dans la presse politique. Certaines réformes vont cependant dans le sens d’avancées civiles: le mariage civil et le divorce sont instaurés le 20 septembre 1792, tandis que l’égalité d’héritage progresse. En revanche, l’exclusion politique se durcit. La Convention nationale interdit les clubs de femmes en octobre 1793. La radicalisation des luttes entre Girondins et Montagnards emporte l’auteure: arrêtée puis jugée par le Tribunal révolutionnaire, Olympe de Gouges est guillotinée le 3 novembre 1793, sanction emblématique des limites imposées aux voix dissidentes.
Par ce texte, de Gouges met à nu une tension centrale de la Révolution: l’universalité proclamée des droits et leur application masculine. Sa démarche s’inscrit dans un moment transnational où paraît aussi, en 1792, A Vindication of the Rights of Woman de Mary Wollstonecraft. Elle rappelle que la citoyenneté, définie alors par la Constitution de 1791 et les lois électorales, exclut explicitement les femmes. La reprise article par article de la Déclaration de 1789 sert de miroir critique aux institutions naissantes. La persistance d’un cadre patriarcal, confirmé plus tard par le Code civil de 1804, souligne l’actualité durable de son intervention.
