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Présentation de l'art de guérison détenu par les ovates, membres de la classe sacerdotale druidique, qui repose sur les connaissances du monde végétal. L'auteure analyse ses vertus énergétiques qui circulent dans le corps, l'âme et l'esprit.
À PROPOS DE L'AUTEURE
En tant qu’enseignante qualifiée et présidente du collège international d’études celtodruidiques,
Claudine Bouchet s’est consacrée à transmettre la sagesse druidique de nos valeureux ancêtres. Passionnée par le druidisme depuis plus de 35 ans et coauteure de nombreux ouvrages sur la tradition celtique-druidique, elle maintient inlassablement vivante la flamme que nous a léguée Paul Bouchet, notre Passé Grand Druide Bod Koad /|\, qui lui-même invoquait une ascendance remontant au XIIe siècle.
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Seitenzahl: 468
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Claudine Bouchet
Les Druides
Tome 2
LES OVATES
Les Acteurs du Savoir
Dans ce livre, le masculin est utilisé comme représentant des deux sexes, sans discrimination à l’égard des hommes et des femmes, et dans le seul but d’alléger le texte.
À tous les membres du Collège International d’Études Celto-Druidiques (en France, en Belgique, en Espagne, en Suisse, en Angleterre, au Canada, au Brésil et en Australie), que je dirige et qui me permet de perpétuer le Flambeau de Paul Bouchet, filiation Bod Koad /|\.
À toutes nos lectrices et lecteurs sympathisants.
Remerciements plus subtils
À notre plus Grand Druide de tous les Druides…
À Maître André…
À tous nos Pères-Druides et Amis-es de Perrière-les-Chênes…
À Paul, Grand Druide Bod Koad /|\ (1897-1979).
À Lucienne, Grande Druidesse Luciana /|\ (1895-1984).
À René, Grand Druide Rénatos Bod Koad /|\ (1940-2015).
À Éliane-Gwenfyd que j’adore et qui prolonge ma vie.
La Terre nous soigne…1
Ovates ? Vous avez dit : « Ovates ? »
♡ « Ma foi ! Existent-ils/elles toujours ? »
Bien sûr qu’elles existent. Elles existent depuis la nuit des temps tout comme la vertu des plantes, la sagesse des arbres, l’âme de la Terre et du Soleil, de l’Eau, du Feu, de l’Air et même des esprits des étoiles qui nous éclairent…
L’immuable sagesse véhiculée par l’esprit de la Nature a traversé les différentes époques de notre histoire et est parvenue jusqu’à nous par les connaissances célestes inaltérables de nos druidesses.
Elles ont développé l’art de la divination, l’utilisation des clairs-sens. Elles œuvrent avec les vibrations subtiles des plantes et des arbres, en équilibre avec les radiations telluriques de notre Terre-Mère, et celles du Cosmos.
Il existe une triade pleinement adaptée à l’ovate :
voir en soi-même pour être clairvoyant,
avoir la bonne santé pour la clairvoyance juste,
rayonner la bonté par la quintessence des clair-sens spirituels.
Voir en soi-même pour être clairvoyant, c’est être doué d’une intelligence pénétrante et subtile qui saisit ce qui échappe à la plupart et peut établir, avec prudence, des prémonitions. En d’autres mots, c’est l’équivalent du célèbre : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux… »
Avoir la bonne santé pour la clairvoyance juste, c’est une forme de perception extrasensorielle qui nous permet de voir et de percevoir avec clarté, pénétration et lucidité depuis un autre espace-temps, les liens vibratoires qui unissent le corps à l’âme et à l’esprit.
Rayonner la bonté par la quintessence des clair-sens spirituels, c’est s’imprégner de la substance éthérée des quatre éléments, liés à nos sens physiques pour les sublimer, afin d’obtenir la plus pure et la plus essentielle vibration qui soit. Et rayonner celle-ci avec grande bonté et bienveillance à l’humanité.
Nous allons donc apprendre à développer notre Corps Amoureux. Qu’est-ce donc que le Corps Amoureux ?
C’est le Corps Amoureux de la vi(e)… bration…
Car tout est vibration et celle-ci est pure AMOUR. Elle nous ramène au point zéro de la vacuité. La vacuité est un lieu vide où il n’existe plus de dimensions car tout est unifié. Là, nous devenons une pure-conscience-amour car nous n’avons plus de contour défini ni de densité, un peu comme un nuage.
Notre Corps Amoureux correspond à notre 4e Roue de vie (chakra) qui est notre Porte d’Ascension vers les mondes galactiques, et cette porte, nous permet de nous syntoniser sur la même fréquence vibratoire que celle de la Terre et en conséquence, de la Nature tout entière.
Ce Corps Amoureux nous ramène forcément à la sublimissime triade de la Nature :
un œil qui sache la voir,
un cœur qui puisse la sentir,
une volonté qui ose la suivre.
Ne tardons plus et connectons-nous, en conscience, à notre Corps Amoureux…
1 Paul Bouchet, notre Passé Grand Druide Bod Koad /|\
Depuis la source intarissable de notre Soleil-Bélen /|\ se devinent 9 filles aussi belles que vertueuses. Le cœur rempli par l’amour de leur père, rayonne l’énergie vibratoire et vitale, indispensable à tout ce qui vit, ici, sur Terre-Mère.
Un jour du solstice d’été où le Soleil-Bélen /|\ avec sa pleine puissance, et en Bon Père Tout-puissant, demande à chacune de ses filles d’exposer leurs plus belles qualités lumineuses.
Si reconnaissantes envers leur père de les remplir autant d’amour et de lumière, et ceci chaque jour, ainsi s’exprime dans le ciel l’étoile à 9 pointes lumineuses…
Aventia, la 1re fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienveillant Père, je vibre la droiture, la loyauté, la bonne foi, la fidélité, le respect, l’honnêteté, la sincérité, le dévouement et l’humanité. Ma fleur est celle du mystère et le mystère est la fleur de Dieu que nous sentons.
Dagia, la 2e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienheureux Père, je vibre la bonté, la beauté, la justice, la délicatesse, l’ouverture d’esprit, la force, la grandeur, la douceur et l’humanité. Ma fleur est celle du fruit et la fleur de l’illusion produit le fruit de la réalité.
Glania, la 3e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienfaisant Père, je vibre la pureté, le cristal, le calme, la candeur, l’authenticité, la sérénité, la finesse, l’ingénuité et l’humanité. Ma fleur est celle d’un être et la fleur est un être entièrement poétique.
Karantia, la 4e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienamoureux Père, je vibre l’élan du cœur, l’affectivité, l’émotion, la fibre, la sensibilité, la lumière, la pensée juste, l’amour et l’humanité. Ma fleur est celle de l’amour et l’amour s’il tient à une seule fleur, est infini.
Lania, la 5e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienvertueux Père, je vibre l’honneur, l’intégrité, la plénitude, la virtuosité, l’équité et l’humanité. Ma fleur est celle de la dignité et même un grain de poussière ne souille pas une fleur.
Lovania, la 6e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienjoyeux Père, je vibre la félicité, le bonheur, l’idéal, la réjouissance, l’allégresse, la joie, le bien-être, l’enchantement et l’humanité. Ma fleur est celle de la beauté et la beauté est la fleur du bonheur.
Ogia, la 7e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Biensouverain Père, je vibre l’évidence, le naturel, l’authenticité, la justesse, la véracité, le bien-fondé, l’originalité et l’humanité. Ma fleur est celle de la justesse et la plus belle de toutes les fleurs est la fleur de la liberté.
Uxellia, la 8e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienglorieux Père, je vibre la dignité, la grandeur, l’élévation, la distinction, l’honnêteté, le sérieux et l’humanité. Ma fleur est celle de la personnalité et la personnalité est à l’humain ce que le parfum est à la fleur.
Viriona, la 9e fille de Bélen /|\ dit :
– Mon Bienloyal Père, je vibre la vérité, la foi raisonnée, la parole juste, la lumière, la sagesse, le mystère, la loi, la nature, la révélation, la sincérité, le verbe et l’humanité. Ma fleur est celle du pardon et le pardon est la plus belle fleur de la victoire.
Étoile à 9 branches dans la Croix celtique initiatique(Archives CIDECD)
Dans nos cérémonies druidiques, un bandeau frontal de même couleur que la robe est brodé sur le milieu du devant des trois rayons dorés : O.I.V.
Cet atome de matière, tiré du Néant, est animé par l’Esprit divin qui s’exercera sur lui par l’une ou l’autre des forces dont la combinaison donnera la vie, l’alternance, la compréhension, ou bien le mouvement.Dans Annuin existe donc la matière, sous sa densité la plus forte, et l’Esprit dans la quantité la plus faible. La vie pénétrant la matière créera le mouvement et de la vie, la connaissance qui peu à peu s’éveillera au cours des migrations dans Abred.La vie qui s’éveille dans le règne minéral, de la roche au métal, se développe dans le monde végétal jusqu’à l’instinct, prend une conscience chez l’animal, acquiert une âme individuelle chez l’humain qui devient alors responsable de ses actes et devra lui-même collaborer à l’œuvre divine en s’efforçant de s’élever de plus en plus vers la spiritualité, en se dégageant de la matière et de l’instinct primitif qui subsiste en lui, par le raisonnement.Chaque stade de l’évolution atomique, minérale, végétale, animale, humaine et cosmique doit pouvoir être franchi en 9 étapes ou intégrations à charge de recommencer le cycle en cas d’échec. Ainsi l’humain parviendra à la plénitude du Gwenwed.Au cours de ses incarnations, l’être humain doit donc s’efforcer de s’élever par l’amour, la science, le sacrifice :par l’amour, en créant et en aidant son prochain à supporter et à vaincre la souffrance,
par la connaissance, en développant sa personnalité et en acquérant plus de science qui le rapproche des Esprits supérieurs déjà évolués,
par le sacrifice, en acceptant les épreuves ou en s’offrant volontairement à elles dans le but d’expier ses fautes ou d’aider ses frères plus faibles dans leur lutte contre la nécessité.
Au cours de ses désincarnations, ces mêmes devoirs subsistent pour l’âme :qui a charge d’aider les vivants,
d’apprendre davantage pour s’élever vers le Gwenwed,
de se sacrifier en acceptant une incarnation dans une situation humaine inférieure à son savoir (İésus C’hristis) pour enseigner les êtres moins évolués et les aider dans leur progression.
Ces huit étapes successives ou stades ne sont pas nécessairement franchies chacune en une seule incarnation, plusieurs même sont habituellement nécessaires. Et le fait d’avoir gravement contrevenu aux Lois divines fait même rétrograder dans Annuin.
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♡ L’ovate Arc-en-ciel /|\ :
Chère druidesse Glania /|\ que signifie la notion de sacrifice pour nos ancêtres ?
La druidesse Glania /|\ :
Le sacrifice pour nos ancêtres est un symbole de renoncement aux liens terrestres par amour de l’esprit ou de la divinité en nous. Il correspond à l’élévation de la spiritualité en nous. Dans notre langue mère, le mot sacré se décompose en 3 racines : sé-a-cré ou sé-a-kré et signifie ‘là fait solide’ autrement dit ‘cela fait fortement’, le sacré est évidemment fait fort, solide. Curieusement, le petit dictionnaire Larousse n’attribue à aucune langue la paternité de ce mot composé…
♡ L’ovate Arc-en-ciel /|\ :
Pourtant, il reste quelque chose de redoutable dans ce mot. Le sens du sacrifice peut être perverti par des tiers maléfiques et assoiffés de vengeance ?
♡ La druidesse Glania /|\ :
Oui, tu as raison et c’est malheureusement arrivé. Tu as très certainement entendu parler d’Agamemnon sacrifiant Iphigénie, où l’obéissance aux oracles dissimule d’autres motifs et en particulier la vanité d’obtenir vengeance. Dans cet exemple, la perversion dans l’âme d’Agamemnon a dénaturé et corrompu le véritable sens, noble, de l’action de sacrifice.
♡ L’ovate Arc-en-ciel /|\ :
Quel serait donc alors le seul sacrifice valable hors de tout doute ?
La druidesse Glania /|\ :
Pour notre sagesse druidique, le seul sacrifice valable est la purification de l’âme de toute exaltation. Cette purification est constamment symbolisée par l’animal innocent qu’est le bélier. En effet, le bélier symbolise la force génésique qui éveille l’être humain et le monde. Il assure la reconduction du cycle vital au printemps de la vie comme à celui des saisons.
♡ L’ovate Arc-en-ciel /|\ :
Comment le sacrifice est-il perverti par les adeptes de la magie noire ?
La druidesse Glania /|\ :
Le sacrifice est lié à l’idée d’un échange au niveau de l’énergie créatrice ou de l’énergie spirituelle. Plus l’objet matériel est précieux, plus l’énergie spirituelle reçue en retour sera puissante quels que soient ses fins propitiatoires… Toute la forme du symbole apparaît dans la conception du sacrifice parce qu’un bien matériel symbolise un bien spirituel, l’offrande du premier attire le don du second en récompense. Nous pouvons même dire, en juste et rigoureuse compensation. Toute la vertu du sacrifice qui sera pervertie dans la magie noire réside dans cette relation matière-esprit et dans cette persuasion erronée que la personne peut agir par le truchement ou la médiation des forces matérielles sur les forces spirituelles. Or, ce sont les forces spirituelles qui agissent sur les forces matérielles et non l’inverse.
♡ L’ovate arc-en-ciel /|\ :
Pourquoi le plus Grand Druide de tous les druides a-t-il donné Sa vie pour nous ? Ne pouvait-il pas l’éviter ?
La druidesse Glania /|\ :
La vie doit être constamment préférée à la mort. Si le plus Grand Druide de tous les druides a sacrifié sa vie mortelle sur Terre-Mère, c’est uniquement pour témoigner qu’une vie supérieure existe dans l’Unité Divine. C’est aussi pour démontrer un principe fondamental de notre sagesse druidique qui enseigne que tous les mondes s’interpénètrent. Lorsqu’il dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Il affirme que Son monde (supérieur) n’est pas de notre monde terrestre ▽ et il ajoute : « Je suis venu témoigner de la vérité. » C’est ainsi qu’il a interpénétré notre monde pour venir nous le dire…
Sache donc chère ovate arc-en-ciel /|\ que dans notre sagesse ancestrale et actuelle, tous sacrifices humains sont prohibés énergiquement.
LE SACRIFICE N’EST JAMAIS MUTILATION DE LA NATURE, car il y a unité entre le corps et l’âme, l’un et l’autre se conjuguent et s’aident mutuellement. Le sacrifice se résume à une victoire intérieure. Il est par conséquent le symbole de la victoire spirituelle de l’être humain sur son animalité.
♡ L’ovate arc-en-ciel /|\ :
Merci chère druidesse Glania /|\ car vous m’avez éclairé sur le VIIIe point de l’éthique des druides.
De façon générale, la fleur est un symbole du principe passif. Le calice de la fleur est comparable à celui de la coupe, le réceptacle de l’activité céleste.
Le développement de la fleur à partir de la TERRE et de l’EAU symbolise celui de la manifestation.
La fleur est l’image des vertus de l’âme, le bouquet qui les rassemble étant celui de la perfection spirituelle.
La fleur est aussi le symbole de l’amour et de l’harmonie caractérisée par la nature primordiale, elle s’identifie au symbole de la femme et par extension à l’état édénique.
La Fleur d’Or est celle d’une atteinte d’un état spirituel avancé.
La floraison est le résultat d’une alchimie intérieure de l’union de l’essence et du souffle, de l’eau et du feu. La fleur est identique à l’élixir de vie, la floraison est le retour au centre, à l’unité, à l’état primordial.
Au solstice d’été, la rose rouge placée au sommet du bûcher symbolise la connaissance liée au 5e élément : l’éther.
Associées analogiquement aux papillons, les fleurs représentent souvent les âmes des morts.
La fleur se présente souvent comme une figure-archétype de l’âme, un centre spirituel. Sa signification se précise selon ses couleurs, qui elles, sont associées aux planètes. Une fleur jaune sera souvent associée à Mercure, une fleur verte à Vénus, une fleur bleue à Jupiter, une fleur mauve à Neptune, une fleur noire à Saturne, une fleur indigo à Uranus, une fleur rouge à Mars, une fleur orange à la Lune et une fleur blanche au Soleil. Cela étant, les nuances du psychisme se diversifient à l’infini.
Le papillon est un symbole de l’âme ou du souffle vital échappé de la bouche de l’agonisant. Un papillon jouant parmi les fleurs représente l’âme d’un guerrier tombé sur les champs de bataille. Les guerriers morts accompagnent le Soleil dans la première moitié de sa course visible, jusqu’à midi. Ensuite, ils redescendent sur terre sous forme de papillons.
Symbole du feu solaire et diurne, et pour cette raison l’âme des guerriers, le papillon représente aussi les mondes souterrains pendant sa course nocturne.
Ainsi, le papillon devient symbole de réincarnation ou de résurrection. En effet, le symbolisme du papillon est fondé sur ses métamorphoses, la chrysalide est l’œuf qui contient la potentialité de l’être, le papillon qui en sort est un symbole de résurrection ou la sortie du tombeau…
Le papillon est parfois associé au chrysanthème pour symboliser l’automne.
Parmi les initiations convenant aux ovates en tant que dignitaires et sages nous retrouvons la vision béatifique et la beauté universelle.
C’est le plus haut enseignement initiatique en ce qui concerne la recognition et l’usage de la beauté.
Notre Collège druidique suit toujours les lignes justes des mystères initiatiques des druidesses, ces dernières servent toujours de base pour garder l’enseignement sur un très haut plan. Il est donc bon de considérer les conceptions de la beauté tenues par nos prophétesses.
« Le Beau » nous dit Plotin, dans le 6e livre de la première Ennéade, « est surtout dans la vue, mais il est aussi dans l’ouïe, selon l’harmonie des discours et en toute musique. Si on applique cette sensation du Beau à ce qui est en Haut, il y a des belles inspirations, des belles actions, des belles habitudes, des beaux-arts et la beauté de la vertu. Il y a une beauté qui existe en toutes choses, mais il faut apprendre à reconnaître qu’elle est là et pouvoir la voir… »
Dans les autres Ennéades de Plotin et parmi de nombreuses œuvres grecques, le beau ne se trouve pas exclusivement dans les pouvoirs de l’observateur. Il ne faut pas croire non plus que toute la valeur de la beauté reste dans la symétrie ou l’harmonie, car deux choses laides peuvent être symétriques et même harmonieuses l’une par rapport à l’autre.
Il faut que ce soient de beaux objets qui soient symétriques et des choses belles qui soient harmonieuses, ce qui amène la conception de la beauté plus loin.
L’harmonie et la symétrie sont évidemment des aspects de l’ordre, mais nous ne sommes pas justifiés de trouver que le beau réside exclusivement dans l’ordre, car l’ordre en lui-même est l’expression d’une force supérieure.
Différents auteurs portent cette conception du beau aux immortels et aux dieux. Les grands tragédiens comme Eschyle et Euripide vont plus loin encore et présentent le beau comme un élément intégral du destin.
En même temps que la beauté est ainsi transmise à l’idéal suprême, les philosophes (qui matérialisaient le spirituel comme ils spiritualisaient le matériel) trouvaient que la beauté inhérente au destin devait également être inhérente à tout ce que le destin avait produit et maintenu. Ils s’opposaient à la théorie que la beauté est l’abstraction et rien de plus.
Les esthéticiens demandaient aussi son expression matérielle, toutefois ils n’accordaient pas à l’observateur le droit de voir la beauté dans le matériel, sauf comme une appréciation de l’idéal.
Les arts, les sciences et les philosophies évoquaient pour les Gaulois cultivés et même pour les initiés des efforts de l’intelligence et de l’invention humaine. Le but des arts était d’établir un lien entre l’observateur, l’idéal exprimé dans le matériel et l’idéal suprême.
Ce triple lien existait et existe encore.
Les ovates doivent apprendre à le connaître et à employer la faculté qui permet de faire usage de ce lien.
Il est donc évident que la conception initiatique de la beauté mystique porte une signification fortement différenciée du mot beauté de nos jours.
Trop souvent nous appliquons ce mot à tout ce qui est attirance comme dans les affirmations être de grande beauté… Il ne serait pas juste de trop accentuer cette différence, car nous vivons dans une ère où tous les standards sont changés et nous ne demandons pas à tout le monde de devenir un initié.
Nous comprenons plutôt cette conception secrète du beau et de la beauté dans le sens de la manifestation du beau comme l’harmonie, la splendeur, la joliesse…
Et son enseignement remonte à la triade bardique suivante :
Triade n° 32
Il est trois mobiles du renouvellement de la condition humaine dans le cercle du Gwenwed, ce sont :
l’instruction (qui augmente la connaissance),
le repos (par inaptitude à supporter Keugant et son éternité vide),
la beauté (sa recherche).
Voici les 5 étapes progressives :
la réalisation de la beauté,
la réceptivité de la beauté,
la recherche de la beauté,
la participation à la beauté,
la vision de la beauté universelle.
Cette conception de la beauté se développe d’une manière curieuse et différente de notre pensée moderne, car elle n’est plus dans notre entendement de vivre philosophiquement.
Enfin, quelques mots sur la nature de l’enseignement initiatique de chacune de ces étapes expliqueront mieux qu’une discussion abstraite.
La réalisation de la beauté
Les ovates doivent d’abord se rendre compte que le monde n’est pas hétérogène et qu’il n’est pas non plus dans le domaine de la chance, mais qu’il est gouverné par des principes.
Le premier principe enseigné est un des plus difficiles. Nous lui demandons d’abord de saisir le principe général.
Ce principe est que le destin est UN, les émanations d’OIV, les dieux sont UN, le monde est UN et que toutes ces différentes unités apparentes ne sont qu’une partie de la multiplicité qu’est l’Unité. Comprenons que ce qui est différent est nécessairement en même temps uni, et que ce qui est uni est en même temps différent.
Ensuite, les ovates doivent suivre les principes du rythme de DEUX, ceux de la perfection de TROIS, ceux de la nature matérielle de QUATRE, puis de la pensée de CINQ, de la vie de SIX et finalement ceux de l’achèvement de SEPT, en se rappelant que tous ces nombres ne sont que des émanations de UN. Les ovates commencent par trouver qu’elles ont un monde stable sous leurs pieds.
Ensuite les ovates doivent se consacrer à la géométrie sacrée de notre croix celtique initiatique. Elles doivent apprendre à la tracer de façon qu’elle en imprègnent leur esprit.
(Archives du CIDECD)
Elles doivent connaître les significations respectives du sens exotérique (37 feuilles de chêne, 11 glands de chêne, 24 feuilles de gui, 9 baies blanches de gui, 7 épis de 11 grains chacun) et ésotérique (la couronne d’Abred avec les 8 planètes, couleurs, métaux…) de la croix, etc.
La réceptivité de la beauté
L’enseignement initiatique est d’un tout autre caractère. Le travail est grandement introspectif, se basant sur l’enseignement déjà reçu. Les ovates doivent maintenant se rendre réceptives à la conception de l’Unité de toutes choses. Elles doivent manier leurs pensées et leur vie de façon qu’elles restent en harmonie avec cet idéal de l’Unité.
Elle nécessite d’examiner ses propres pensées pour éliminer celles qui ne s’accordent pas avec son propre idéal et avec l’idéal suprême de l’Incréé.
Plotin nous fait bien comprendre que la faculté de la réceptivité à la beauté consiste dans l’établissement du pouvoir de voir et de sentir la conscience universelle, et la conscience inhérente en toutes choses, par l’activité mentale spirituelle de l’être-en-soi-même.
Le rayonnement bienveillant de la croix celtique est parfaitement indiqué pour la réceptivité de la lumière divine et uni-vers-elle qui s’équilibre automatiquement avec les forces universelles avec lesquelles elle doit s’harmoniser.
D’abord pour s’équilibrer, elles doivent trouver leur dominante planétaire qui va correspondre à une couleur sur le cercle d’Abred. Elles s’en imprègnent psychiquement.
Ensuite, elles s’imprègnent du rayonnement planétaire complémentaire pour combler ce qui leur manque, afin d’équilibrer les énergies bienfaisantes en elles et sur tous les plans subtils de leur être ; cette étape réussie, la réceptivité est dès lors activée.
Pourquoi est-il important de savoir discerner si notre réceptivité vient de :
♡ la raison,
♡ nos émotions,
♡ notre âme.
Tout simplement parce qu’il faut s’assurer d’être dans l’ACTE JUSTE des choses, et à ce titre, l’adepte du druidisme doit savoir corriger un raisonnement sans ailes, des émotions trop fortes ou trop faibles ou encore une imagination trop libre ou pas assez…
La recherche de la beauté
Dans les enseignements donnés les ovates ont appris la structure de la beauté, elles ont acquis la réceptivité de la beauté, le premier enseignement est physique, le deuxième psychologique. Par la suite, l’enseignement suit encore une nouvelle ligne. Il ne doit pas s’éterniser à analyser ni à pratiquer l’introspection, mais leurs travaux d’étude, est de faire l’extériorisation et la synthèse de ce qui est visible. Une caractéristique de la civilisation grecque est à noter, c’est qu’une très grande partie de l’enseignement à ce stade avait à faire avec le corps humain. En jugeant cet aspect de culture grecque, nous nous rendons bien compte que ce culte de beauté dans le corps est surtout pour le corps masculin. Les idées classiques étaient tellement différentes des nôtres, qu’il est peut-être nécessaire de donner une petite explication.
Le beau, avons-nous dit, se présentait pour les Grecs comme l’idéal suprême, exprimable dans le destin et les dieux. Le destin était tenu comme une abstraction, il n’y a pas de statue du destin.
Les dieux représentaient tout ce qui était beau, vertueux, idéal et les dieux se présentaient à la pensée grecque comme des corps humains sublimes. L’idée fondamentale dans la pensée d’un athlète grec n’était pas de gagner sa course, mais de faire de lui-même un corps quasi divin.
Presque toutes les statues des Grecs insistent sur cette conception que le corps humain est vestigial du divin. Même pour le corps féminin (qui était de moindre importance à cette époque-là), ils ne présentaient qu’une Vénus matrone digne et noble comme la Vénus de Milo ou la Vénus de Syracuse ou encore une forme svelte comme la déesse lunaire Artémis, la chaste chasseresse. Les hétaïres ou demi-mondaines formaient une classe très importante dans la vie de la Grèce, mais aucune n’a été immortalisée en tableau ou sculpture.
Pour nos ancêtres, la beauté était sacrée tant pour les femmes que pour les hommes et elle occupait une place importante, notamment dans l’art, le symbolisme et la simplicité. Observons ce que signifie le mot ‘broderie’ dans notre langue mère, il se décompose en 4 racines : bro-der-i, lect. inv., ‘elle le commencement du pays’. Sur les vêtements, la broderie signalait les origines tribales et familiales, l’état et la situation des hommes et des femmes. La couleur des familles était dominante et associée aux autres venant des unions intertribales. Les couleurs les plus vives étaient Bigaouden, allant du jaune pâle à l’or et au roux. Sur un gilet d’homme, le cercle avec un point marqué à l’intérieur signifiait kenta, ‘premier’, le premier, les Bigaouden descendaient de la Tuaz Ruben. Les autres broderies, parlantes, sont du Bro Pagan, nous les retrouvons aussi sur le caban, Kaban et le cabic, Kabic. La broderie était une écriture intertribale existant chez nous depuis le Gan Eden.
La participation dans la beauté
Dans la version initiatique de la beauté nous avons vu une extériorisation qui permet aux ovates de trouver et de voir le beau partout. Les anciens savaient que si nous ne cherchons que le Bien, le mal devient invisible. Ce n’est pas à dire qu’il n’est plus là, mais qu’en ce qui concerne les ovates initiés, il n’existe pas.
Le changement dans l’enseignement correspond naturellement à une intériorisation. Ayant compris par les études qu’elles viennent de terminer à quel degré la beauté est répandue partout, ayant acquis la réceptivité pour la saisir et la connaissance qui détermine son caractère, les ovates peuvent justifiablement retracer toutes ses forces en elles-mêmes. Elles peuvent regarder la beauté autour d’elles, et se rendre compte de l’idéal, de la pensée, de la vertu ou du vestige divin même dans un corps humain. Elles ne le font pas d’une manière isolée ou comme elles avaient l’habitude de le faire. Elles doivent désormais l’exercer dans un esprit de participation, c’est-à-dire que leur idéal et leur âme s’associent avec l’idéal de l’être humain. Elles établissent immédiatement une harmonie entre ce qui est beau en elle, et ce qui est beau en toute autre chose. Il n’y a pas de Beauté sans İdéal…
La beauté de la vision universelle
À notre époque moderne, il y a tendance à faire une confusion entre la vision de la beauté universelle et la vision extatique mystique.
Dante, dans le Paradisio, donne un tableau de la luminosité et de la hiérarchie angélique autour du Trône de Dieu. La description est pratique et inspiratrice, mais en contraste avec notre vision druidique, car elle est locale et sectaire.
En suivant de près les enseignements initiatiques concernant la participation à la beauté en parallèle avec le travail des ovates initiées, il est facile de comprendre qu’elles doivent être une participation au divin.
Le druidisme enseigne que celle ou celui qui ne se préoccupe pas de purifier son âme pendant sa vie terrestre risque de chuter dans le cercle d’Abred.
Qu’est-ce en effet qu’être vraiment tempérant ?
La tempérance est une question d’équilibre tant physique que psychique qui correspond à être bien dans sa peau. Il ne s’agit pas de fuir notre corps comme si c’était quelque chose de malpropre, d’indigne ou d’impur. Il nous est demandé de nous maîtriser, de ne pas nous laisser aller et de ne pas nous laisser induire à quelques tentations pour une satisfaction de notre striatum ou une sensation bassement matérielle.
Soyons courageux, ne craignons pas la mort qui est tout simplement une âme qui s’est libérée du corps. Et certes, ce n’est pas une crainte pour nous qui aspirons à cette libération. Et la grandeur d’âme est le mépris des choses d’ici-bas.
Là où est le Bien, là aussi est le Beau parce que le Bien et la Beauté sont une seule et même chose. Ainsi, c’est par le même moyen qu’il faut rechercher le Beau et le Bien, de même que le laid et le mal, il faut placer la Beauté Première là où nous plaçons le Bien Premier, duquel le Nous (ou mental sublime) détient directement la Beauté.
L’orenda est le lien sacré entre la Nature-sur-Terre et la Nature-aux-Cieux.
Selon la conviction de nos amis amérindiens, l’autre visible est tout proche du visible et le lien entre ce monde et le monde du Ciel est ininterrompu.
Jésus étant mort et déjà dans la Terre-des-Heureux, il n’y avait plus moyen de l’invoquer, alors qu’un sapin étant encore vivant, une invocation des forces d’en haut par l’intermédiaire de l’Arbre-sur-Terre serait mis en fonction par l’orenda de l’Arbre-au-Ciel.
Le POINT essentiel de cette croyance dit que si une personne vit en harmonie constante avec la Nature-en-bas, de caractère temporel, elle établit une assurance de vivre après sa mort en harmonie avec la Nature-au-ciel qui est éternelle.
L’oreille fine et sensible entend une petite musique ; c’est la voix des fleurs, une fleur, deux fleurs chantent et parfois toutes les fleurs ensemble.
La grande fleur rouge (pinceau indien) commence toujours la première. La petite blanche (la pâquerette) dit : « Oui, oui, oui… » Les cloches bleues disent : « Venez… » Et la flamme jaune (dent de lion) dit : « Je viens… » La violette est toujours contente et le chardon répète que la vie est dure, mais après la mort on est léger et on flotte partout.
Mais, tous ensemble, elles répètent toujours : « Nous sommes heureuses, heureuses, heureuses… »
« Mais elles fanent si vite ! » penserons-nous tristement.
Alors, sachons que les Fleurs-en-Ciel ne fanent jamais.
Qu’est-ce que la flamme violette ?
C’est une manifestation divine. Elle est en l’occurrence le rayonnement violet de la planète Neptune, celle du mysticisme, dans notre croix celtique initiatique. Elle fait partie de l’axe : Neptune, Soleil, Lune qui nous guide vers Perrière-les-Chênes…
Sa force énergétique est extraordinaire. Elle transmute le mal jusqu’à sa transmutation finale et jusqu’à son énergie d’origine.
Elle répand l’amour après avoir neutralisé et consumé le mal. Le mal en question peut être dans les gestes, dans les paroles, dans les pensées. Il peut être aussi celui introduit dans les plans subtils d’une personne, comme dans son aura, par malignité diabolique d’un être mal intentionné. La flamme ou la lumière violette transmute tout sur son passage.
Elle transmute aussi les outils ou les symboles chargés d’égrégores disqualifiants qui ne sont pas dans la justesse des choses. Alors protégeons-nous.
Il suffit de projeter psychiquement et intensément des boules violettes et lumineuses sur la personne, sur les paroles, les émotions négatives, les symboles, etc.
Ainsi, chaque fois que nous serons tentés d’étaler des sentiments « troublés » sur le papier projetons mentalement une tache violette sur notre feuille et nous verrons que nous ne pourrons écrire que des pensées positives et élevées.
Restons en phase avec notre haute destinée spirituelle.
Le chaudron est un récipient fort important dans la tradition celtique. C’est celui de la connaissance, de l’awen et de la renaissance au sein de la déesse-mère la Terre symbolisée par Korridwen.
Il apparaît dans plusieurs légendes comme celle du Graal et du roi Arthur, ou encore la liqueur d’inspiration dans l’histoire de Taliesin et de son initiation, et comme le chaudron d’abondance du Dagda.
En outre, le chaudron Gundestrup a été trouvé dans une tourbière au Danemark, montrant ce qui semble être une sorte de rituel d’initiation sur une de ses assiettes. C’est un symbole omniprésent, offrant l’illumination, la prospérité et la nourriture, qui semble être commune à tous les peuples celtes.
Nous explorons ici un autre contexte dans lequel les trois chaudrons sont investis énergétiquement :
Le chaudron de l’âme, connu naturellement comme le chaudron de l’inspiration, de la poésie et de la nature.
Il existe en Irlande, un codex du xve ou du xvie siècle, relatant un poème transcrit par Amergin Glúingel (Amhairghin), qui détaille le procédé par lequel la poésie de l’époque était réalisée. En bref, il décrivait trois chaudrons internes dans lesquels les vers poétiques et la sagesse étaient incubés et prodigués.
Les trois chaudrons sont appelés :
Coire Goiriath, le chaudron de la chaleur,
Coire Emmae, le chaudron de la vocation,
Coire Sois, le chaudron de la sagesse et de la connaissance.
Chaque chaudron est dit être situé dans une partie du corps :
le chaudron de la chaleur humaine se trouve dans le ventre ou dans l’utérus,
le chaudron de la vocation se trouve dans le cœur, et
le chaudron de sagesse se trouve dans la tête.
Chaque chaudron est dit aussi être dans une certaine position, naturellement, en nous :
Le chaudron de la chaleur humaine est à l’endroit, indiquant la santé et la vitalité.
Le chaudron de la vocation est inversé chez les personnes non éclairées. Il est de côté, chez celles et ceux qui pratiquent le bardisme et le poétisme.
En Irlande, cette différence est étroite entre un ou une « aes dana », les personnes compétentes en art ou ordinaires.
Les « aes dana » boivent à la fois dans les ruisseaux des sens et dans le bassin de sagesse de la Terre de Vérité.
Celles et ceux qui pratiquent la poésie puisent dans la créativité inhérente de leur âme et dans celle de l’Au-delà. Le chaudron de la vocation est de côté, et celui-ci leur verse l’art.
Quand les chaudrons sont inversés, ils indiquent un circuit fermé à l’expérience.
Le chaudron de la sagesse naît sur les lèvres… Dans un premier temps, il est inversé, et avant qu’il puisse se retourner, le chaudron de la vocation doit, lui aussi, être activé.
Le chaudron de la chaleur
Le chaudron de la chaleur humaine est situé là où se trouve notre force de vie liée aux trois premières Roues de vie. Elles incarnent les propriétés de la chaleur humaine dans les trois premières dimensions terrestres :
Roue de vie racine,
Roue de vie sexuelle,
Roue de vie ombilicale.
Dans la tradition irlandaise, nous pourrions dire que le chaudron de la chaleur humaine est le réceptacle de notre force vitale, de Dana-Ana, si nous voulons.
Nous ne parlons pas suffisamment de ce chaudron dans les poèmes. En revanche, il est peut-être sûr de dire que sa fonction est aussi simple qu’importante. En effet, ce chaudron produit la nourriture de la vie qui nous permet de respirer et d’être en mouvement.
Nous pouvons imaginer, si Dana-Ana est ce qui remplit ce chaudron, que le processus de retourner les deux autres chaudrons, se réalise par une élévation du niveau vibratoire énergétique du corps, similaire peut-être, à l’éveil de la kundalini.
Le chaudron de la vocation
Ce chaudron est intimement lié à la joie et au chagrin, et par ces émotions, il est soit inversé, soit à l’endroit. Nous disons de lui qu’il est aussi le chaudron du désir.
Toutefois, il est curieux de constater que, dans le texte ancien, le chaudron n’est pas nommé avec quelque chose en relation avec nos sentiments. Il est appelé le chaudron des vacances, et il est dit être celui de notre connexion aux arts poétiques.
Il peut être stimulant de savoir que le mot irlandais pour un poème comme pour le destin est dán. Il semble, en effet, suggérer que ce chaudron soit important pour la découverte de notre âme-don, c’est-à-dire le don de vie qui se trouve dans notre âme, l’étincelle divine. Cette action de s’engager avec notre propre créativité est la motion qui permet au chaudron de la sagesse d’être retourné lui aussi.
Dans notre langue mère initiatique des druides, la racine dan signifie : feu. Ici, il s’agit du Feu de l’Esprit divin. C’est ce qui a fait dire à notre Maître André que : « Tout ce qui brûle est la Vie. » En d’autres mots, tout ce qui est animé par l’Esprit divin est la Vie…
Le chaudron de la sagesse
Enfin, nous arrivons au troisième chaudron qui est celui de notre connexion avec :
la clairvoyance,
la clairaudience,
l’inspiration poétique et
la sagesse d’un autre monde.
Lorsque ce chaudron est à l’endroit, c’est boire à la source de la sagesse.
La mythologie irlandaise nous enseigne que Nechtan est le dieu souverain du Sidh (l’autre monde), et il possède le Segais qui est gardé par 3 échansons : Flesc, Lâm et Luam. Le Segais ou puits de Nechtan, est entouré par 9 noisetiers magiques qui donnent les fruits de la connaissance et de la sagesse. Il est donc une véritable source magique.
Un jour, dans le Segais, se baigne Boann pour se laver d’une relation coupable. Elle y perd, un bras, une jambe et un œil, puis devient la rivière Boyne. La raison principale de sa punition n’est pas son adultère, mais le fait qu’elle ait menti. Nechtan « rejeton des eaux » est comme Dagda, un Feu gardien de la vérité. Le sens principal de cette légende vient du concept paradoxal de la présence du « Feu dans l’Eau ».
Il est probable que l’association de ce chaudron avec la tête soit une des raisons pour laquelle de nombreux érudits ont interprété l’ancienne tradition concernant la vénération de la tête comme un signe, signifiant que les Celtes voyaient l’âme dans la tête.
Cependant, nous inclinons plutôt en faveur de l’explication donnée par le philosophe irlandais John O’Donohue qui propose que l’âme soit omniprésente dans tout l’être, et que dans la tête, le chaudron de l’âme nous relie de façon très profonde à notre puissance spirituelle et à l’Autre Monde.
Les trois chaudrons sont interreliés et démontrent une évolution intérieure qui est vécue différemment par chacun d’entre nous.
Les deux derniers chaudrons, celui de la vocation et celui de la sagesse, peuvent être perçus de la manière suivante :
Le chaudron de la vocation donne un aperçu de l’illumination par la connaissance ou par une compréhension clairvoyante, venant d’une expérience concrète qui révèle la nature illusoire du moi.
Le chaudron de la sagesse est cependant beaucoup plus profond, il est un état constant d’habitation dans une telle connaissance.
De même, puisque le chaudron de la vocation donne le goût de la compréhension de notre dán, le chaudron de la sagesse est, quant à lui, l’intégration de dán dans nos vies.
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Assoyons-nous confortablement sur le sol ou sur un coussin comme nous le ferions pour un exercice de méditation, en gardant la colonne vertébrale bien droite. Si nous choisissons d’être assis sur une chaise, il est important de garder les pieds fermement sur le sol.
Prenons quelques instants pour nous connecter à notre respiration. Nous n’avons pas besoin d’en changer le rythme. Celle-ci peut se modifier naturellement dès lors que nous plaçons notre conscience sur elle. Ne forçons rien. Laissons notre respiration devenir naturelle, pleine et profonde.
Maintenant, plaçons nos mains sur notre ventre, sur le chaudron de la chaleur humaine.
Respirons doucement, là où sont nos mains. Laissons notre respiration devenir profonde et lente. Plaçons notre conscience sur notre inspiration qui entre dans ce chaudron. Que remarquons-nous ?
Notre force vitale coule-t-elle librement ? Est-ce que quelque chose est coincé ou restreint le mouvement de la force vitale ? Si oui, examinons cela.
Nous pouvons choisir aussi d’essayer l’exercice de respiration suivant. Permettons à notre respiration de devenir plus rapide tout en maintenant sa profondeur et sa plénitude.
Respirons rapidement, par les narines, inspirations et expirations profondes comme si nous étions en état d’hyperventilation. Maintenons cette respiration aussi longtemps que possible. Laissons-la être notre guide pendant que nous explorons notre chaudron de chaleur humaine.
Lorsque nous sentons notre chaudron rempli avec cette partie de l’exercice, déplaçons nos mains vers le haut, vers la zone de notre cœur, vers le chaudron de la vocation.
À chaque inspiration, plaçons notre conscience dans notre cœur, à chaque expiration, sentons notre souffle vital chargé d’amour, se verser du chaudron de la chaleur humaine au chaudron de la vocation.
Que remarquons-nous ? Dans quelle position est le chaudron ? Est-il inversé ? Est-il sur le côté ? Est-il droit et bouillonnant d’amour ?
N’émettons aucun jugement quant à la position de ce chaudron. Il suffit tout simplement de le remarquer et de prendre conscience des conditions qui pourraient le transformer ou le soutenir dans son développement.
Comme pour le chaudron précédent, nous voudrons peut-être aller plus loin et utiliser une respiration similaire afin de guider nos explorations avec celui-ci.
Nous vous conseillons ici de prendre une longue inspiration, profonde, suivie d’une expiration rapide, comme lorsque nous soupirons.
Enfin, déplaçons nos mains vers la tête, et laissons notre souffle vital s’élever jusqu’à notre tête. Laissons notre conscience se verser du chaudron de la vocation au chaudron de la sagesse.
Que remarquons-nous ? Quelle est la position de ce chaudron ? Quelle est son activité ? Il est peu probable que ce chaudron soit complètement droit. Qu’est-ce qui pourrait le bloquer ? Comment notre relation avec les autres chaudrons semble-t-elle affecter celui-ci ?
Soyons honnêtes avec nous-mêmes. Il peut y avoir ici une tendance pour le « mental-ego » à se renforcer en nous donnant des visions de chaudrons entièrement droits, suggérant la maîtrise spirituelle (domination de l’ego spirituel ?). Dans tous les cas, essayons de comprendre ce qu’il en est vraiment. Quelles conditions pourraient favoriser la croissance et le développement de ce chaudron ?
Dès que nous sommes comblés par l’exercice, commençons lentement à revenir à notre corps en conscience. Déplaçons nos « restes » dans les orteils, les bras et les jambes. Lorsque nous nous sentons prêts, ouvrons les yeux.
Après cet exercice, trois résultats sont possibles :
♡ Soit nous sommes remplis, nous sentons la plénitude intérieure et nous nous sentons bien et en paix.
♡ Soit 1/3 ou 2/3 des chaudrons sont remplis et donc il reste encore des espaces libres et du travail à faire. C’est à nous de voir !
♡ Soit, nous nous sentons vides, secs et dépeuplés, pour bien le vérifier, tournons les paumes de nos mains face au sol, et si nous survivons dans cet état et désemplis, nous vous conseillons de manger et de boire un peu, tout en ayant en conscience, que nous nourrissons notre âme par analogie. C’est une façon positive de soutenir ce type de travail. Et surtout gardons notre calme, la plénitude n’est que différée.
Ah non ! pour ne pas être coupé,de la moindre partition spontanéequi est toute Nature.Et des quatre éléments si pursPrésents devant la loi des étoilesPlus rien ne résiste au voileMais alors l’intérieur, qu’est-ce que c’est ?sinon le ciel intensifié,traversé par les oiseaux légerset les vents profonds du retour.
Dans la Nature, tout est histoire. Dans la marche du progrès, nous avons perdu notre place dans la plus grande histoire de toutes choses, et nous avons ainsi perdu une pièce vitale de notre âme. Sortir de cette histoire, c’est tout risquer. Nous l’avons prouvé hors de tout doute. La destruction de l’environnement a coïncidé avec un sentiment collectif d’aliénation, de marginalisation et de déracinement. Chaque jour, dans notre délire rationalisé, nous favorisons la destruction et la profanation de la terre.
Les druides ont toujours enseigné qu’un habitat dégradé produira des humains dégradés. Guérir cette dégradation du lieu, de soi et du monde est la tâche d’une ère émergente ou plutôt renaissante dans l’histoire de l’évolution humaine. Nous devons nous adapter et revenir à une relation de réciprocité entre la Nature et l’humain.
Nous sommes une partie intégrante de ce monde, de notre Terre-Mère. Notre âme façonnée par le tellurisme maintient notre relation liée avec celle-ci.
La psychologie environnementale commence enfin à le reconnaître. En effet, quelle relation plus fondamentale pourrait exister entre un être et son lieu ?
Le lieu est donc la plus omniprésente de toutes les influences sur la psyché. Nos Sages ancêtres l’avaient compris depuis des lustres…
Cette compréhension est-elle en train de revenir ? Elle semble avoir été explorée dans le domaine plus approuvé de la psychologie environnementale.
Néanmoins, cette discipline échoue en grande partie en raison de sa nature anthropocentrique.
En effet, celle-ci se concentre uniquement sur l’utilisation de l’environnement pour stimuler le bien-être humain. Donc toute son action vise ce dernier plutôt que d’être un partage équilibré entre lui-même et la Nature…
Le domaine jaillissant et beaucoup plus conciliant de l’écopsychologie va bien au-delà de cette approche qui fait de l’humain le centre du monde… Elle est une réaction directe à ce « courant » actuel entre l’histoire du lieu et celui de l’être vivant sur et en ce lieu.
En premier lieu… D’où vient le mot écopsychologie ?
Il vient d’éco-psyché-logos : l’histoire de l’âme de la maison ou l’histoire de la maison de l’âme. C’est l’étude de l’âme humaine en relation avec l’âme de la nature.
En tant que tel, il reconnaît le besoin de réciprocité entre les deux, et ce, parce que la nature a une âme, elle a une valeur intrinsèque, complètement indépendante de notre besoin humain pour ses ressources naturelles, telluriques et cosmiques.
La psychologie est l’étude scientifique du domaine de l’âme. Elle s’est bien diversifiée à partir de ces racines occidentales. Nous évoquons la psychologie : clinique, expérimentale, sociale, cognitive, positive, analytique, interculturelle, etc.
La psychologie transpersonnelle, celle qui va au-delà de nos 5 sens a beaucoup fait pour récupérer la dimension spirituelle de la psychologie. En effet, elle intègre l’étude approfondie des états modifiés de la conscience et par extension des qualités spirituelles inhérentes à l’être humain. Par conséquent, elle tend à spiritualiser les choses et maintient l’opinion que la seule valeur pour la nature physique est qu’elle soit une expression de l’esprit…
Quant à l’écopsychologie, elle reconnaît la nature spirituelle, mais affirme aussi avec assurance que le plan physique de la nature est tout aussi important que l’âme de la nature. Après tout, nous ne nous relions pas aux autres humains simplement pour l’expérience d’entrer en contact avec leur âme. Nous nous relions à l’ensemble de leur être tel qu’il est exprimé, à la fois comme spirituel et physique. Cela est particulièrement évident dans les relations intimes et personnelles. C’est du moins la relation qui est mise en évidence dans l’ancien thème mythologique de l’amour de la terre.
Beaucoup des traditions spirituelles indigènes du monde qui honorent la terre pourraient être considérées comme des écopsychologies originelles ou comme des psychologies de l’âge de pierre. Dans l’étude moderne de l’écopsychologie, les traditions des personnes animistes partagent les concepts et les pratiques parallèles. Il s’agit d’une partie importante du travail parce qu’elle englobe la remise en état de l’âme autochtone.
La culture est tellement liée à la terre dont elle est issue, que l’épanouissement d’un lieu est souvent synonyme d’un enrichissement authentique à la culture.
Par exemple, pour être autochtone, il n’est pas nécessaire d’être enraciné dans la même terre que ses ancêtres ou dans une tradition culturelle autochtone ininterrompue. En réalité, il existe encore peu de choses qui ont évité les influences du monde contemporain. Être indigène signifie être situé dans un lieu, et dans celui-ci, l’informer de la façon dont nous appartenons à ce lieu, à ce monde.
Nous pourrions considérer un ajout important à l’écopsychologie comme une forme de psychologie culturelle, une pratique de reconnexion pour les déracinés.
Les traditions spirituelles celtiques fournissent un tel cadre de connexion. Le mot ‘Tuatha’ est une belle expression des penchants écopsychologiques inhérents qui caractérisent l’esprit celtique. Tuatha a une double signification ; il s’agit à la fois du peuple et de la terre en un seul souffle. Tuatha ne signifie pas seulement la terre comme le sol sous nos pieds ; sa connotation est de la terre-comme-lieu. C’est une distinction importante, car elle implique le tellurisme comme une reconnaissance essentielle de l’âme du lieu. C’est la place du peuple, mais comme le mot le suggère, le lieu et le peuple ne sont pas des entités séparées ; ils ne font qu’un. L’intimité de cette relation est telle que, la terre est le peuple, et le peuple la terre.
Pour parler de l’interaction entre l’âme et le lieu, nous devons clarifier ce que nous entendons par âme et ce que nous entendons par nature. Plotkin, psychologue en profondeur et écothérapeute, définit l’âme comme le noyau vital, mystérieux et sauvage de notre moi individuel, une essence unique à chaque personne, des qualités que nous trouvons dans des couches de soi. Dans la psychologie jungienne, l’âme est comprise comme étant le Soi, qui est indépendant de l’ego. Ceci est admirablement articulé dans un poème du poète espagnol du début du xxe siècle, Jiménez :
Je ne le suis pas.Je suis celui-là.Marchant à côté de moi que je ne vois pas,Que j’arrive parfois à visiter,Et que d’autres fois j’oublie ;Celui qui reste silencieux quand je parle,Celui qui pardonne quand je réprouve,Celui qui se promène là où je ne suis pas,Celui qui restera debout quand je mourrai.
Dans de nombreuses cultures anciennes, l’âme est souvent liée à l’air ou au souffle. Ce sentiment survit dans la connexion entre les mots anam (âme) et andil (souffle). En latin, la connexion est encore plus étroitement exprimée, et anima est le mot pour l’âme et le souffle. Le souffle est de l’air, et cela brise l’affirmation selon laquelle l’âme est piégée dans le corps et a besoin de libération.
Au contraire, l’âme est quelque chose que nous engageons intimement dans chaque moment, elle est à la fois tout autour de nous et infuse dans notre être avec la vie (qui est un autre sens du mot anam). Comme l’écrit le poète philosophe John O’Donohue :
« Le corps est votre maison d’argile… Il est habité par l’âme ; cette reconnaissance confère au corps une dignité sacrée et mystique. »
Inhérente à cette compréhension est l’affirmation que même l’âme individuelle, ou Soi, participe à une relation beaucoup plus large avec le monde. Elle est aussi omniprésente que l’air que nous respirons. L’âme s’étend au-delà de nos notions limitées de soi-égoïque, et s’engage et se rapporte à tout ce avec quoi elle entre en contact. Dans cette compréhension, l’âme est à peine limitée à l’âme humaine. Elle touche et infuse tout avec l’histoire. Il n’y a rien qui ne participe à ce dialogue. C’est le fondement de la pensée ancestrale. Il y a l’âme en tout et la nature est l’expression la plus élégante de l’âme comme matière.
Rappelons-nous ce qu’enseignait notre Passé Grand Druide Ab Gwenc’hlan /|\ :
« Chaque âme poursuivant son but à soi, a son génie à soi, qui fait qu’elle ne ressemble à aucune autre, son AWEN, comme disaient les vieux Druides, ces étranges penseurs méconnus, dont les pressentiments sont allés souventes fois vers la Vérité définitive. »
Cela nous laisse encore, bien sûr, saisir la question de qu’est-ce que la nature ?
Il peut sembler évident au début, mais après un examen plus approfondi, il devient aussi difficile à définir que l’autre monde, en perpétuel changement, du monde celtique. À bien des égards, il défie la catégorisation et les définitions parce qu’il est si fondamental et omniprésent de notre expérience humaine.
La nature pourrait être considérée comme le monde physique et sensuel qui conserve l’intégrité de sa nature sauvage. Parce que les humains font partie de la nature, cela ne signifie pas nécessairement que la nature est tout à l’écart des impacts de l’activité humaine. Nous pourrions dire que la nature est l’endroit dans lequel l’âme habite. Plutôt que de définir la nature comme tout autre que l’humain, nous pouvons faire le saut pour nous inclure dans ce spectre. Mais la nature n’est pas seulement un monde étonnant, elle incarne aussi les dimensions spirituelles, cultuelles, culturelles et psychologiques qui s’y trouvent.
De cette compréhension, la nature et l’âme sont une, et ni l’une ni l’autre n’est élevée en importance au-dessus de l’autre. Un arbre est autant une âme qu’une série de cellules ligneuses de chlorophylle. Ni l’expérience de l’arbre n’est plus primaire ou précieuse que l’autre parce qu’elles sont essentiellement la même expérience pour commencer.
Cela contraste directement avec les tentatives de spiritualiser la nature. Parfois, il est assez spirituel de se tenir debout et de sentir le vent à travers nos cheveux, la pluie d’hiver glacée atterrir sur notre visage, ou écouter le jaillissement d’un ruisseau sous la couleur diverse et brillante des feuilles d’automne. Sublimé dans cette expérience sensuelle avec la nature, c’est exactement là, où nous rencontrons la présence légendaire de l’âme.
L’âme du lieu est une présence invisible qui imprègne la terre. C’est la terre derrière la terre, tout comme notre propre âme est le Soi derrière le Soi, « marchant à côté de moi que je ne vois pas ». Il suffit d’être touché par la beauté du monde naturel pour connaître cette puissance ; un sommet de montagne couvert de nuages, le soleil brillant jaune-vert à travers une canopée de feuilles de forêt, le vol d’oies reflété dans l’eau bleu clair d’un lac sombre. L’âme du lieu se révèle dans la présence pure et authentique de la nature.
Lorsque nous cessons d’expérimenter la présence du monde, nous perdons notre propre sens de la présence, et nous nous aliénons davantage la nature et l’âme. Toutefois, si nous sommes prêts à nous joindre à cette danse dynamique de la nature, notre propre sens de la présence émotive s’anime en nous. Ce genre de dialogue entre la nature et l’âme peut s’exprimer ainsi :
Présence
Quelque chose sur le chemin, les montagnes et les arbres dansent avec les formes des nuages du Tarbes.L’écho symphonique de l’immobilité contre la dérive calme et la douce ondulation, est appelée par le vent de l’immensité,sous elle, le lac paisible répand l’esprit égayé de l’ondoiement, enveloppé d’inspiration de sa propre interprétation.La présence est l’union spontanée de nos voix devinées.
L’interaction entre l’âme du lieu et la communauté humaine est d’une importance primordiale dans les cultures celtiques.
Si nous considérons le druide dans cette perspective, nous pouvons commencer à comprendre que les druides ont été les premiers écopsychologues. Leur capacité à guérir était fondée sur la réciprocité continue entre les communautés humaines et naturelles. Nous avons reconnu que les maladies étaient en grande partie le produit d’un déséquilibre dans cette relation plus primaire. Dans son livre : The Ecology of Magic, David Abram s’exprime ainsi :
