Les Justes d'Albert Camus (Analyse approfondie) - Bartleby Bazlen - E-Book

Les Justes d'Albert Camus (Analyse approfondie) E-Book

Bartleby Bazlen

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Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de Les Justes d'Albert Camus avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.

Retrouvez dans cette analyse approfondie des Justes d'Albert Camus tout ce que vous devez savoir sur ce classique du théâtre contemporain !

Mise en scène pour la première fois en décembre 1949, Les Justes, pièce essentielle dans l'œuvre d'Albert Camus, repose sur des événements et des personnages historiques. Elle relate un fragment de la Révolution russe de 1905, l'assassinat du grand-duc Serge, oncle du tsar Nicolas II et gouverneur de la ville de Moscou, par le socialiste révolutionnaire Ivan Kaliayev. Avec La Peste, L'État de siège et L'Homme révolté, ce texte forme le deuxième cycle des œuvres de Camus, celui de la révolte.

Que contient cette analyse d'œuvre ?

Après avoir détaillé la biographie d'Albert Camus, Laurent Bernard nous transporte directement au sein de l'intrigue des Justes, qu'il résume fidèlement. Il se penche ensuite sur le contexte qui a vu naître cette pièce, celui de la France de l'après-guerre et des débuts de la guerre froide. Les personnages de la tragédie, Ivan Kaliayev, Stepan Fedorov, Dora Doulebov et les autres sont alors soumis à une analyse rigoureuse. Vient ensuite l'étude des thématiques principales de l'œuvre : le débat entre politique et éthique, l'absurde et la révolte, ou l'incompatibilité entre révolution et amour sont autant de thématiques qui s'entrecroisent et se répondent continuellement dans la pièce. L'analyse du style de Camus fait l'objet du chapitre suivant, tandis que l'étude de la réception des Justes clôt l'analyse littéraire.



Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.

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Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Albert Camus

Né en 1913 en AlgérieMort en 1960 à Villeblevin (France)Quelques-unes de ses œuvres :L’Étranger (roman, 1942)Le Mythe de Sisyphe (essai, 1942)L’Homme révolté (essai, 1951)

« Ainsi, parti de l’absurde, il n’est pas possible de vivre la révolte sans aboutir en quelque point que ce soit à une expérience de l’amour qui reste à définir. » (CAMUS (Albert), Œuvres complètes, tome II, p. 1008)

Né un an avant le début de la Première Guerre mondiale, résistant lors de la Seconde Guerre mondiale, Albert Camus voit sa vie et son œuvre profondément marquées par ces deux conflits. Romancier, essayiste, journaliste, dramaturge, il s’essaie à tous les genres, le plus souvent avec succès.

Son œuvre est composée de trois cycles, chacun illustrant ses différents engagements politiques. Le premier est celui de l’absurde, qu’il théorise comme personne avant lui et qu’il lie avec ingéniosité au nihilisme, concept inventé en 1862 par l’écrivain russe Ivan Tourgueniev (1818-1883). L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe, qui voient le jour durant la Seconde Guerre mondiale, constituent les deux ouvrages les plus connus de ce cycle. Vient ensuite le cycle de la révolte, à la fin des années 1940, dont les ouvrages principaux sont La Peste, L’Homme révolté, mais aussi Les Justes. Après avoir reçu le prix Nobel en 1957, Camus se retire dans le Vaucluse pour se consacrer à la poésie et à l’écriture de son roman autobiographique, Le Premier Homme, ce dernier appartenant au troisième et dernier cycle de son œuvre, celui de l’amour. Il meurt hélas prématurément dans un accident de voiture en 1960, ce qui l’empêche d’achever son ouvrage.

S’il n’appartient à aucune école, Camus est, après la Seconde Guerre mondiale, proche de Sartre (écrivain et philosophe, 1905-1980) et des surréalistes, et ce jusqu’à la parution, en 1949 et en 1951, des Justes et de L’Homme révolté, œuvres qui le sépareront tant du philosophe existentialiste que du groupe poético-révolutionnaire d’André Breton (écrivain, 1896-1966) et de Paul Éluard (poète, 1895-1952).

Les Justes

Genre : pièce de théâtre 1re édition : 1949Édition de référence :Les Justes, Paris, Gallimard, coll. « Folioplus classiques », 2010Personnages principaux : Ivan Kaliayev (Yanek), le personnage principal dans le rôle du révolutionnaire idéaliste Dora Doulebov, la seule femme du groupe, protectrice de chacun et amoureuse d’Ivan Stepan Fedorov, le militant révolutionnaire rigoriste Boris Annenkov, le chef de l’Organisation, médiateur entre les différents personnages en présenceSkouratov, le directeur du département de police la grande-duchesse, veuve du grand-duc assassinéThématiques principales : la dénonciation de la terreur et des totalitarismes, l’absurde et la révolte, l’inadéquation entre l’amour et la quête de justice à travers le combat politique

Mise en scène pour la première fois au théâtre Hébertot en décembre 1949, Les Justes est une pièce de théâtre reposant sur des événements et des personnages historiques. Relatant un fragment de la Révolution russe de 1905, cette œuvre de Camus est directement inspirée du livre de Boris Savinkov (écrivain et révolutionnaire, 1879-1925), Souvenirs d’un terroriste. Elle répond en outre à une autre pièce parue l’année précédente, Les Mains sales de Jean-Paul Sartre, racontant comment un groupe de révolutionnaires socialistes cherche à assassiner un traître du Parti.

Les Justes est essentielle dans l’œuvre de Camus parce qu’elle est à la croisée des chemins de ses trois cycles. En effet, cette pièce a l’avantage de présenter à la fois plusieurs visages de l’absurde, mais aussi de nuancer différentes formes de révolte, ainsi que diverses manières d’aimer. Il s’agit donc d’un livre charnière, tant par la multiplicité de sens qu’il offre – son ambiguïté voulue – que par la richesse et la diversité des thèmes abordés. Cette œuvre laisse finalement plus de questions que de réponses, principe classique de tout philosophe, ce qui sera critiqué par de nombreux spécialistes qui voient là « un théâtre d’idées au dépouillement excessif » (DOUDET (Sophie), « Le Texte en perspective », in Les Justes, p. 111).

La vie d’Albert Camus

Albert Camus en 1957

Une enfance difficile

Né le 7 novembre 1913 en Algérie, à Mondovi, Albert Camus ne connaîtra jamais son père Lucien. Ce dernier, mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, est grièvement blessé lors de la bataille de la Marne et meurt à l’hôpital Saint-Brieuc à l’âge de 28 ans. Étant donné que sa mère, Catherine Sintès, est analphabète et accaparée par les ménages qu’elle effectue, il est principalement éduqué par sa grand-mère et par son oncle, à Belcourt, un quartier pauvre d’Alger.

Mais comment ce petit être, apparemment défavorisé, va-t-il devenir l’un des plus importants écrivains et philosophes du XXe siècle ? Sans doute grâce à M. Germain, son instituteur, qui croit très tôt en lui et l’aide, alors qu’il n’a que 10 ans, à obtenir une bourse lui permettant de poursuivre ses études au renommé lycée Bugeaud. Sans doute aussi grâce à Jean Grenier, ce professeur qui lui donne le goût de la philosophie. Camus leur vouera une reconnaissance sans faille tout au long de sa vie et rendra même hommage à son ancien instituteur lors de la réception de son prix Nobel.

Seulement, ces deux excellents professeurs ne suffisent pas à expliquer l’évolution exceptionnelle du jeune Camus. Ce qu’il y a de rarissime chez lui est sans doute son puissant désir d’apprendre, là où la plupart des jeunes, par paresse ou mimétisme, n’apprennent que le strict minimum de manière empressée, juste pour réussir. Il s’agit aussi de volonté et de courage, qualités le plus souvent renforcées chez ceux qui luttent dès leur plus jeune âge, comme c’est le cas pour Albert Camus.

Découverte d’une vocation

Camus obtient ensuite, aisément, un diplôme d’études supérieures en Lettres, section philosophie. C’est alors qu’il est touché par la tuberculose, ce qui l’empêche de s’inscrire pour l’agrégation et, par conséquent, de devenir professeur. La mort prématurée de son père, le travail précaire de sa mère, cette maladie qui le frappe à présent au seuil de l’âge adulte sont autant d’événements qui le poussent très tôt à considérer la vie comme injuste et, corollairement, à ne pas croire en Dieu.

Mais au lieu de se plaindre et de se morfondre, il vit pleinement, en prenant des risques et se remettant sans cesse en question : il crée la maison de la culture d’Alger, puis une troupe de théâtre, il se marie puis divorce, il adhère au Parti communiste, puis démissionne.

Parallèlement aux différents métiers qu’il exerce, il se lance dans l’écriture avec des camarades de l’université et leur premier texte, Révolte dans les Asturies