Les vies du Phénix - Christophe Plisson - E-Book

Les vies du Phénix E-Book

Christophe Plisson

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Beschreibung

La candeur de l'enfance, la rébellion de l'adolescence, la monotonie de l'âge adulte et la poésie de l'après, toutes ces étapes, qui sont autant de morts et de renaissances successives, sont ici racontées en slam poésie. Quelques notes de gaieté, de tristesse, de colère, d'humour, d'amour, de nostalgie, composent le chant du Phénix. Une poésie actuelle et vivante où le lecteur pourra trouver, de ci de là, quelques éléments de sa propre vie.

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Seitenzahl: 64

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Une succession de tableaux où les vies dansent du rire au slam entre morts et renaissances...

à Claire, Déa, Mélanie, Nathan, Nicolas, Sébastien,

Anna, Dorian, Eva, Léo, Lucy, Lyn, Nolwenne

et plus si le destin…

à Benoît pour la fraternité

et les conseils bienveillants

à Jérémie pour les coups de pied au cou

nécessaires à la sortie de cet humble recueil

TABLE DES MATIÈRES

ENFANCE

LE POIDS D'UN NOM

POURQUOI, PAPA

L'ÉCOLE DE MA VIE

FILS UNIQUE

BÊTISE D'ANGE

RÊVER AILLEURS

L'ENFANT MEURT

ADOLESCENCE

ELLE COMME LIBERTÉ

LIBRE EXPÉRIENCE

INITIALES

EN SAIGNANT

MOTS D'EUX, MOTS D'ELLES

ADIEU L'ENFANT

L'ADO MEURT

ADULTE

LA CARRIÈRE

PÈRE SÉVÈRE

SLAM AMER À MA MÈRE

INSATISFACTION

FORCE NÉE

L'HOMME MEURT

MAINTENANT

SAIS-JE ?

CITOYEN DE QUEL MONDE

DE LA FONTAINE A LA RUE

C'EST TANT

PHÉNIX

JE VIS

BONUS

LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS

AVANT

L'OISEAU LIBRE

LOURDE PLUME

SLAM vs POÉSIE

MON AMI D'AILLEURS

SI PAR HASARD

ENFANCE

Nul ne sait si j’ai une origine.

Depuis la nuit des temps mon histoire se décline

En succession de morts et de retour à la vie.

Je suis le phénix… à l’infini.

Enfanté du fond des ténèbres éternelles,

Aujourd’hui je renais et je déploie mes ailes.

Voici l’une de mes vies, l’une de mes enfances.

Voici le Phénix… et que meure le silence !

LE POIDS D’UN NOM

Je suis venu au monde avec le poids d’un nom.

Mi-ange, mi-démon, ni fille, ni garçon,

Non, rien de plus qu’un simple nom,

Mon boulet, mes fers, mon poids, ma prison !

Qu’y avait-il donc dans mon berceau

Qui, a priori, leur paraissait si beau ?

Un être fragile, fait de chair et d’os ?

Un simple héritier pour reprendre le flambeau ?

Le flambeau de tous les efforts compulsifs ?

De l’abnégation à vivre le répétitif ?

Des échecs-héritages transmis de père en fils ?

Du devoir à n’être que dans le sacrifice ?

Je suis venu au monde avec le poids d’un nom,

Bien trop lourd pour moi, petit garçon.

Dès la naissance on m’a refusé le droit d’être

Et pour que ce nom devienne mon seul maître

Pour m’enlever mes singularités, on…

A remplacé mon prénom par des surnoms !

Par affection, m’a-t’on dit bien après,

Mais c’était pour me dépersonnaliser !

Moi, devant tant de pression,

Je suis devenu ce nom.

Tellement « non » que j’en suis devenu rebelle,

Perpétuant ainsi la tradition paternelle.

Je suis né avec le poids d’un nom,

Lourd de centaines de générations.

Mais tous ces acquis sont à qui ?

Pas à moi, surtout pas, je les fuis !

Donnez-moi des hochets,

des doudous, des jouets,

Pour déjouer ce piège qui veut m’emprisonner !

Donnez-moi des nounours,

des peluches, des bisous

Mais éloignez de moi ce nom

qui veut me rendre fou !

Je suis né avec le poids d’un nom,

Être indigne d’un autre don,

Une simple appellation.

Pour devenir moi-même, ce sera long.

Il me faudra de la patience et de l’abnégation

Pour arriver à imposer mon propre nom.

Mais j’y arriverai, je deviendrai mon propre père,

Même si pour cela je dois faire des impairs,

Vivre sans cesse dans un monde d’éphémère

Voler haut dans mes cieux,

poursuivant mes chimères.

Mon nom ? Je le choisirai quand je serai grand,

Quand je saurai qui je suis et surtout pas avant.

Alors je pourrai dire « je suis »

Mais pour le moment j’obéis et je fuis.

POURQUOI PAPA ?

Pourquoi, papa, pourquoi quand je suis poli,

Quand je dis « bonjour », quand je dis « merci »

Les adultes me rabaissent

et me traitent de « petit » ?

C’est pas juste ! en plus c’est pas gentil !

Pourquoi, papa,

pourquoi quand je suis respectueux,

Les adultes en échange

ne me respectent pas, eux ?

Hier j’ai aidé un papy à traverser la rue

parce qu'il était vieux

Quand je lui ai dit, il m'a grondé

et m'a traité de "petit morveux".

On ne traite pas de vieux une personne âgée ?

Le respect c’est donc ne pas dire la vérité ?

Pourtant il ne faut pas mentir,

c’est ce que tu m’as demandé !

Et comment savoir la vérité

si personne ne la dit jamais ?

Pourquoi, papa, pourquoi voler c’est pas beau,

alors que toi tu triches pour pas payer d’impôts ?

Pourquoi, papa, pourquoi faut pas mettre

ses doigts dans son nez,

alors que dans leurs voitures,

les adultes le font sans se gêner ?

Pourquoi, papa,

pourquoi faut pas parler aux inconnus,

Alors que toi tu abordes

plein de jolies filles dans la rue ?

Pourquoi, papa,

pourquoi faut pas dire des gros mots,

Alors que toi tu en dis

dès que tu utilises ton marteau ?

Pourquoi, papa,

pourquoi tout ce que tu me demandes,

Tu fais tout le contraire

et que personne ne te réprimande ?

Pourquoi papa, pourquoi tu ne réponds jamais

à mes questions ?

Tu ne crois pas que c’est important

pour mon éducation ?

J’ai compris que les valeurs ne s’expliquent pas.

Elles s’appliquent au seul motif

que « c’est comme ça ! »

Que les adultes en sont dispensés

Et que les personnes âgées

les ont toutes oubliées !

Ce serait bien qu’au lieu de nous les apprendre,

Les grands les appliquent sans attendre.

Comprendre est plus simple avec un bon modèle

Et puis avec ça, la vie serait bien plus belle !

L’ÉCOLE DE MA VIE

À l’école de ma vie, j’ai appris plein de choses.

J’ai appris à ranger, à tout mettre dans des cases.

J’ai appris que tout se classe à une place

qui s’impose.

J’ai appris que l’ordre est la première des bases.

J’ai appris l’alphabet, à assembler les lettres.

J’ai appris à compter et à classer des chiffres.

J’ai appris que tout ça peut faire mal à la tête

Lorsque l’on te corrige avec des paires de gifles.

J’ai bien acquis le goût du classement méritoire.

J’ai tellement bien appris,

tellement bien appliqué,

Qu’à l’école de ma vie, hiérarchie illusoire,

Je me suis cru le meilleur et classé le premier.

Lorsque j’ai commencé, à l’école de ma vie,

Il y avait plein de gens et parmi eux mes potes.

Je les ai classés, connaissances, copains, amis,

Ils étaient importants, et puis il y avait les autres.

Mais ça blase, les cases et les classes.

Ça enferme, ça emprisonne, un clan.

Certains copains, amis, ont alors changé de place

Et sont passés très vite dans d’autres camps.

Alors à l’école de ma vie j’ai appris la solitude.

J’étais l’unique élève de mon unique classe.

J’ai eu ainsi toute latitude

Pour me choisir la meilleure place.

Finalement, j’ai appris deux choses,

à l’école de ma vie,

Deux choses essentielles et pourtant inutiles.

J’ai appris la solitude et à perdre des amis

Franchement, l’école de ma vie, elle est débile !

FILS UNIQUE

Je suis fils unique,

Phénix unique, faut que je t’explique.

J’ai eu de la chance, c’est cool,

Mes parents avaient cassé le moule.

Déjà je suis fils et ça c’est bien.

La vie est plus facile du côté masculin.

Une fois que tu sais te battre avec tes poings,

Donner des coups de pied, tu crains plus rien.

À part peut-être les plus grands

et là t’as qu’à courir

Parce que t’as pas de grand frère

pour venir te secourir.

Après je suis unique et y’a des avantages.

J’ai tous les cadeaux, normal, je suis le plus sage.

De toute façon on ne peut pas comparer

Puisque mon frère,

il est comme le poisson… pas né.

Quand je fais une bêtise, j’ai personne à accuser.

Alors bien entendu, je prends 100% des fessées.

Pour les devoirs c’est pareil,

pas de repos pas de répit.