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La candeur de l'enfance, la rébellion de l'adolescence, la monotonie de l'âge adulte et la poésie de l'après, toutes ces étapes, qui sont autant de morts et de renaissances successives, sont ici racontées en slam poésie. Quelques notes de gaieté, de tristesse, de colère, d'humour, d'amour, de nostalgie, composent le chant du Phénix. Une poésie actuelle et vivante où le lecteur pourra trouver, de ci de là, quelques éléments de sa propre vie.
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Seitenzahl: 64
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Une succession de tableaux où les vies dansent du rire au slam entre morts et renaissances...
à Claire, Déa, Mélanie, Nathan, Nicolas, Sébastien,
Anna, Dorian, Eva, Léo, Lucy, Lyn, Nolwenne
et plus si le destin…
à Benoît pour la fraternité
et les conseils bienveillants
à Jérémie pour les coups de pied au cou
nécessaires à la sortie de cet humble recueil
ENFANCE
LE POIDS D'UN NOM
POURQUOI, PAPA
L'ÉCOLE DE MA VIE
FILS UNIQUE
BÊTISE D'ANGE
RÊVER AILLEURS
L'ENFANT MEURT
ADOLESCENCE
ELLE COMME LIBERTÉ
LIBRE EXPÉRIENCE
INITIALES
EN SAIGNANT
MOTS D'EUX, MOTS D'ELLES
ADIEU L'ENFANT
L'ADO MEURT
ADULTE
LA CARRIÈRE
PÈRE SÉVÈRE
SLAM AMER À MA MÈRE
INSATISFACTION
FORCE NÉE
L'HOMME MEURT
MAINTENANT
SAIS-JE ?
CITOYEN DE QUEL MONDE
DE LA FONTAINE A LA RUE
C'EST TANT
PHÉNIX
JE VIS
BONUS
LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS
AVANT
L'OISEAU LIBRE
LOURDE PLUME
SLAM vs POÉSIE
MON AMI D'AILLEURS
SI PAR HASARD
Nul ne sait si j’ai une origine.
Depuis la nuit des temps mon histoire se décline
En succession de morts et de retour à la vie.
Je suis le phénix… à l’infini.
Enfanté du fond des ténèbres éternelles,
Aujourd’hui je renais et je déploie mes ailes.
Voici l’une de mes vies, l’une de mes enfances.
Voici le Phénix… et que meure le silence !
Je suis venu au monde avec le poids d’un nom.
Mi-ange, mi-démon, ni fille, ni garçon,
Non, rien de plus qu’un simple nom,
Mon boulet, mes fers, mon poids, ma prison !
Qu’y avait-il donc dans mon berceau
Qui, a priori, leur paraissait si beau ?
Un être fragile, fait de chair et d’os ?
Un simple héritier pour reprendre le flambeau ?
Le flambeau de tous les efforts compulsifs ?
De l’abnégation à vivre le répétitif ?
Des échecs-héritages transmis de père en fils ?
Du devoir à n’être que dans le sacrifice ?
Je suis venu au monde avec le poids d’un nom,
Bien trop lourd pour moi, petit garçon.
Dès la naissance on m’a refusé le droit d’être
Et pour que ce nom devienne mon seul maître
Pour m’enlever mes singularités, on…
A remplacé mon prénom par des surnoms !
Par affection, m’a-t’on dit bien après,
Mais c’était pour me dépersonnaliser !
Moi, devant tant de pression,
Je suis devenu ce nom.
Tellement « non » que j’en suis devenu rebelle,
Perpétuant ainsi la tradition paternelle.
Je suis né avec le poids d’un nom,
Lourd de centaines de générations.
Mais tous ces acquis sont à qui ?
Pas à moi, surtout pas, je les fuis !
Donnez-moi des hochets,
des doudous, des jouets,
Pour déjouer ce piège qui veut m’emprisonner !
Donnez-moi des nounours,
des peluches, des bisous
Mais éloignez de moi ce nom
qui veut me rendre fou !
Je suis né avec le poids d’un nom,
Être indigne d’un autre don,
Une simple appellation.
Pour devenir moi-même, ce sera long.
Il me faudra de la patience et de l’abnégation
Pour arriver à imposer mon propre nom.
Mais j’y arriverai, je deviendrai mon propre père,
Même si pour cela je dois faire des impairs,
Vivre sans cesse dans un monde d’éphémère
Voler haut dans mes cieux,
poursuivant mes chimères.
Mon nom ? Je le choisirai quand je serai grand,
Quand je saurai qui je suis et surtout pas avant.
Alors je pourrai dire « je suis »
Mais pour le moment j’obéis et je fuis.
Pourquoi, papa, pourquoi quand je suis poli,
Quand je dis « bonjour », quand je dis « merci »
Les adultes me rabaissent
et me traitent de « petit » ?
C’est pas juste ! en plus c’est pas gentil !
Pourquoi, papa,
pourquoi quand je suis respectueux,
Les adultes en échange
ne me respectent pas, eux ?
Hier j’ai aidé un papy à traverser la rue
parce qu'il était vieux
Quand je lui ai dit, il m'a grondé
et m'a traité de "petit morveux".
On ne traite pas de vieux une personne âgée ?
Le respect c’est donc ne pas dire la vérité ?
Pourtant il ne faut pas mentir,
c’est ce que tu m’as demandé !
Et comment savoir la vérité
si personne ne la dit jamais ?
Pourquoi, papa, pourquoi voler c’est pas beau,
alors que toi tu triches pour pas payer d’impôts ?
Pourquoi, papa, pourquoi faut pas mettre
ses doigts dans son nez,
alors que dans leurs voitures,
les adultes le font sans se gêner ?
Pourquoi, papa,
pourquoi faut pas parler aux inconnus,
Alors que toi tu abordes
plein de jolies filles dans la rue ?
Pourquoi, papa,
pourquoi faut pas dire des gros mots,
Alors que toi tu en dis
dès que tu utilises ton marteau ?
Pourquoi, papa,
pourquoi tout ce que tu me demandes,
Tu fais tout le contraire
et que personne ne te réprimande ?
Pourquoi papa, pourquoi tu ne réponds jamais
à mes questions ?
Tu ne crois pas que c’est important
pour mon éducation ?
J’ai compris que les valeurs ne s’expliquent pas.
Elles s’appliquent au seul motif
que « c’est comme ça ! »
Que les adultes en sont dispensés
Et que les personnes âgées
les ont toutes oubliées !
Ce serait bien qu’au lieu de nous les apprendre,
Les grands les appliquent sans attendre.
Comprendre est plus simple avec un bon modèle
Et puis avec ça, la vie serait bien plus belle !
À l’école de ma vie, j’ai appris plein de choses.
J’ai appris à ranger, à tout mettre dans des cases.
J’ai appris que tout se classe à une place
qui s’impose.
J’ai appris que l’ordre est la première des bases.
J’ai appris l’alphabet, à assembler les lettres.
J’ai appris à compter et à classer des chiffres.
J’ai appris que tout ça peut faire mal à la tête
Lorsque l’on te corrige avec des paires de gifles.
J’ai bien acquis le goût du classement méritoire.
J’ai tellement bien appris,
tellement bien appliqué,
Qu’à l’école de ma vie, hiérarchie illusoire,
Je me suis cru le meilleur et classé le premier.
Lorsque j’ai commencé, à l’école de ma vie,
Il y avait plein de gens et parmi eux mes potes.
Je les ai classés, connaissances, copains, amis,
Ils étaient importants, et puis il y avait les autres.
Mais ça blase, les cases et les classes.
Ça enferme, ça emprisonne, un clan.
Certains copains, amis, ont alors changé de place
Et sont passés très vite dans d’autres camps.
Alors à l’école de ma vie j’ai appris la solitude.
J’étais l’unique élève de mon unique classe.
J’ai eu ainsi toute latitude
Pour me choisir la meilleure place.
Finalement, j’ai appris deux choses,
à l’école de ma vie,
Deux choses essentielles et pourtant inutiles.
J’ai appris la solitude et à perdre des amis
Franchement, l’école de ma vie, elle est débile !
Je suis fils unique,
Phénix unique, faut que je t’explique.
J’ai eu de la chance, c’est cool,
Mes parents avaient cassé le moule.
Déjà je suis fils et ça c’est bien.
La vie est plus facile du côté masculin.
Une fois que tu sais te battre avec tes poings,
Donner des coups de pied, tu crains plus rien.
À part peut-être les plus grands
et là t’as qu’à courir
Parce que t’as pas de grand frère
pour venir te secourir.
Après je suis unique et y’a des avantages.
J’ai tous les cadeaux, normal, je suis le plus sage.
De toute façon on ne peut pas comparer
Puisque mon frère,
il est comme le poisson… pas né.
Quand je fais une bêtise, j’ai personne à accuser.
Alors bien entendu, je prends 100% des fessées.
Pour les devoirs c’est pareil,
pas de repos pas de répit.
