Liaisons chromatiques - Alain Persinet - E-Book

Liaisons chromatiques E-Book

Alain Persinet

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9,99 €

Beschreibung

'Liaisons chromatiques' est un recueil de poésies qui parlent des méandres de l'amour, du temps qui passe, des sentiments comme autant de nuances ressenties qui s'étalent sur la palette colorée de nos vies.

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Seitenzahl: 51

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Pour ma petite sœur qui dort,

Pour ma tribu.

L’enfance est un quai de galets d’azur

Longeant les plages polluées,

Poursuivant l’horizon si pur

Qui finit par lui échapper.

TABLE

Les mots

Hiver

Le gâteau

Le bisou

Ame sœur

Instant

Les âmes sensibles

Romantique

Le steak

Votre épaule

Toxique

Lune

Soleils

Monsieur mon chat

Le tram

Tu n’es pas venue

Je traine

Le bout de ma vie

La cour aux belles

Le chat

Charlestown

Un nouveau monde

Au fond des rivières

Agenda

Absence

La statue

Valparaiso

Horizon

La pluie

La source

Dessine-moi le monde

Les ronds dans l’eau

Courir dans la nuit

Soleils et néants

Plume

Amour muet

Le Clown

Drôle de pari

Les éphémères

Le nom des fleurs

Délivre-moi de moi

Tête libre

Au-dessus des nuages

Jaloux

Je viens te chercher

Le Déchu

Le mauvais côté

Les nuits suicidées

Ecrire

Bulles

Voyageur

Les Mots

C'est dimanche et pourtant le grand cirque se réveille.

Celui-là, pour lui, les jours et les nuits, c'est pareil !

Épuisé, fatigué, je vais ouvrir sans force

Les grilles derrière lesquelles rugissent déjà, féroces,

Les mots que j'apprivoise à chaque heure, à grand peine.

Il me faut pénétrer, m'exposer dans l'arène.

Je nourris mes petits avec des pages blanches.

Ça rugit dans ma tête, ça dévore et ça tranche.

Grammaire et orthographe sont des fauves sans pitié,

Syntaxe, lui, semble sourd à mes velléités

De faire de jolies phrases toujours plus audacieuses

Et créer des tournures encore plus périlleuses.

Sous le fouet inflexible et sûr de ma dictée,

Peu à peu tout ce monde s'ordonne et cesse de se cabrer.

Mais, pour ce résultat, je travaille, je m'escrime,

Je me demande parfois à quoi donc tout cela rime !

Tresseur de phrases, dresseur de mots,

Pour elle, chaque jour, un nouveau numéro.

Tout ça, c'est pour plaire à ma muse,

Qui s'en délecte et s'en amuse,

À demi-mot, elle me promet d'ouvrir son cœur et son si joli corps.

Alors je me démène, je redouble d'efforts.

Dompteur, mais aussi acrobate,

Je joue de mon talent pour lui faire de l’épate.

En pauvre intermittent du cœur,

Avec obstination, j'y met toute mon ardeur.

Alors à l'heure où l'aube se pare de mauve,

Chaque jour j'entre à nouveau dans cette cage aux fauves.

Hiver

Les dents du givre sont prêtes à mordre,

Car voilà qu’il gèle à pierre fendre,

En plus il tombe des cordes,

Profitez-en donc pour vous pendre.

Il n’y a plus rien à espérer,

C’est pas le ciel, ce chien couché,

Qui nous rendra la joie de vivre,

L’été est mort, l’hiver arrive.

Le soleil nous pose ses lapins,

Il neige, on n’y voit presque rien,

C’est pas facile de marcher seul.

On se fait petit, tout merdeux

Quand la nature ouvre la gueule.

On se tiendrait chaud tous les deux,

L’hiver irait bien se faire voir,

Gaffe, ça glisse pas mal sur ce trottoir.

Sur le toit de la maison,

Des oiseaux font du toboggan.

C’est vraiment une drôle de saison.

Tiens, j’ai encore oublié mes gants.

Les chats se hâtent, le cul tout froid,

Ils regagnent la maisonnée,

Pour aller se pelotonner

Au plus près d’un bon feu de bois.

Je me hâte de rentrer chez moi.

Je reste seul, l’hiver est là.

Le Gâteau

Te souviens-tu, mon amour,

De cette petite bougie, petite, petite,

Que j’avais plantée ce jour-là,

Sur ce joli petit gâteau, joli, joli.

C’était pour ton anniversaire.

J’avais acheté ce gâteau

Avec l’argent que tu cachais

Dans les replis de ton sommier.

Quelques sous que tu destinais

A te faire refaire un dentier.

Les temps étaient durs, cependant,

Comme le sont les biscuits trop secs.

Nous rêvions de confitures, de pain blanc,

Mais il fallait bien faire avec.

Et ça t’a fait vraiment plaisir,

Tu m’as souri de toutes tes dents,

Sauf celles qui manquent évidement.

Tu as soufflé sur la bougie,

Tu as soufflé tout en sifflant,

A cause de ces trous dans tes dents.

Alors j’ai ri comme un enfant,

Et tu en as fait tout autant.

Même s’il manque des dents au bonheur,

Ce qui compte vraiment vient du cœur.

Le Bisou

Un petit bisou déposé

Sur ses paupières délicates,

Tremblantes comme celles d'une chatte,

Juste au moment de s'éveiller.

À pas de loup, léger, léger,

Bisou plein de délicatesse,

Pour ne pas éveiller la tigresse.

L’Ame-sœur

J'allais seul sur ce monde, cherchant un sens à tout,

Je rêvais d'âme sœur, de vertiges absolus,

Aux quatre coins de la sphère, je cherchais l'amour fou,

Mon empreinte, mon double entre toutes reconnue.

C’est sur une île aux maisons blanches que je la vis,

Le destin ou la chance m’y avaient échoué,

Mon voilier fatigué par l’été alangui,

Depuis dix jours déjà s’y tenait amarré.

Elle marchait près du port d'où les bateaux s'échappent

Et reviennent quand ils ont épuisé leurs espoirs,

Elle croquait dans un fruit comme un raisin en grappe,

De ses lèvres ruisselait un jus presque noir.

Je l'approchai alors, timide et résolu,

Que les femmes sont fortes, imprenables citadelles,

Je bredouillai des mots dont je n’ai rien retenu,

Je me sentais confus, et dieu qu’elle était belle.

Je lui offris mon cœur et je la vis sourire,

Elle me dit tout à l'heure je viendrai te chercher,

Si tu me fais danser, si ma barque chavire,

Je te dirai peut-être le goût de mes baisers.

Elle vint pour me cueillir sur la plage à sept heures,

Me coulant dans son pas, je la suivis, docile,

A travers les ruelles d'où montaient des clameurs.

Des musiciens, plus loin, jouaient un air fébrile.

Là, je la fis danser, le regard éperdu,

Les voiles de sa jupe se firent un tourbillon,

Elle riait en tournant, et c'est là que je sus

Que j'étais arrivé à ma destination.

Puis nous avons mangé du poisson et des fruits,