Libère-moi de mes démons - Tome 2 - Aline Cooper - E-Book

Libère-moi de mes démons - Tome 2 E-Book

Aline Cooper

0,0

Beschreibung

Jusqu'où Jeremiah ira-t-il pour sauver Alice sans perdre son âme ?

Alice est perdue, piégée entre la vie et la mort, entre l'espoir et le désespoir. Après les terribles événements qui l'ont menée à l'hôpital, elle ne sait plus qui elle est ni comment elle en est arrivée là. Jeremiah veille sur elle à chaque instant, mais chaque épreuve les rapproche un peu plus de la rupture. Jusqu’à quel point Jeremiah pourra-t-il supporter les secrets inavoués, les tourments et les afflictions qui les entourent ? Saura-t-il rester fort alors que sa propre âme est en péril ? Pour Tim, Alice devra affronter ses faiblesses et ses peurs les plus sombres. Mais, est-il encore possible de trouver une issue quand les démons de leur passé ne cessent de les poursuivre ? Plongez dans le second tome de cette romance psychologique intense et démoniaque, où chaque secret dévoilé rapproche un peu plus de la folie.

EXTRAIT

Rien n’est net dans mon esprit. La seule chose dont je suis persuadée, c’est que je devrais être morte. Je ne sais pourquoi ni comment, mais la mort me hante. Tout est vertigineux excepté l’idée d’être morte. Je suis complètement perdue. Où suis-je ? Rien n’est compréhensible. Aidez-moi à me souvenir. — Mademoiselle, c’est normal d’être perdue. Nous allons vous laisser vous reposer, et nous vous ferons d’autres examens à votre réveil. Soyez tranquille, votre petit ami reste à vos côtés. Entre nous, vous avez de la chance de l’avoir. Mon petit ami ? Qui est-ce ? Le jeune homme qui me tient la main ? Comment s’appelle-t-il ? D’ailleurs, comment savoir ce que cette expression signifie alors que je ne me souviens de rien. Rien du tout. Absolument rien. Je ne sais qui je suis. Ni comment je suis. Ni quel âge j’ai. Ni dans quel monde je vis. Rien. Je n’ai plus aucun souvenir.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Aline Cooper est étudiante en psychologie, passionnée par la lecture, l’écriture, et les citations révélant la profondeur de l’âme. Auteure depuis l’âge de quinze ans, elle explore à travers ses écrits les thèmes de la souffrance humaine, des préjugés, et de la résilience. Écrire est pour elle une échappatoire, une manière de se sentir vivante et de libérer son âme. Sincère et altruiste, Aline partage son univers avec des lecteurs en quête d’émotions brutes et authentiques.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 225

Veröffentlichungsjahr: 2019

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



 

 

 

 

 

Libère-moi de mes démons

Tome deux

Romance

Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val

 

Prologue

 

Collision. Soulagement. Légèreté. Apaisement.

Le monde est fait de noirceur, de cruauté et d’injustice. La société est hypocrite et égoïste.

Vivant dans l’égocentricité, elle ne prête attention à son entourage.

Ses sbires ont été créés à son image. Sans cœur ni compassion.

Le monde regorge de mystère.

Le monde abrite autant de richesse que de pauvreté.

Le monde regorge autant de mortel que d’immortel.

Le monde regorge autant d’être vivant que de cadavre.

Parmi les vivants errent des âmes meurtries. Des humains ayant rendu leur dernier souffle.

Font-ils encore partie de ce monde ou sont-ils rejetés à leur mort, comme tout être ne correspondant pas aux normes ?

Disparaissent-ils de l’univers pour ne devenir que poussière ?

Deviennent-ils la faune et la flore ?

Deviennent-ils Papillon symbole de la métamorphose et de la transformation ?

Deviennent-ils Lotus symbole de renaissance et d’illumination ?

Deviennent-ils Phoenix, l’oiseau immortel symbole de la résurrection et de la pureté ?

Leur âme reste-t-elle éveillée ou sombre-t-elle dans le néant ?

L’humanité est-elle réellement si fragile ?

Peut-elle réellement basculer vers un gouffre éternel, sans joie ni prospérité ?

La mort est-elle plus calme que la vie ?

La mort est-elle plus infâme et difforme que la vie ?

N’est-elle pas plus reposante et lumineuse ?

Ou est-elle composée seulement de regret, de douleur intérieure et de monstruosité ?

La mort existe-t-elle seulement ou est-elle un vide sans couleur ni amour ?

Existe-t-il un monde pour les âmes dissociées de leur corps ?

Vais-je sombrer dans la même solitude qui m’étouffait sur terre ?

Je n’ai pas peur de mourir seulement de ne plus rien être et de disparaitre à jamais.

Je n’ai pas peur de bruler, seulement que mon âme s’enflamme.

Je n’ai pas peur des flammes seulement de ne plus être moi.

Je n’ai pas peur du feu seulement d’oublier.

De m’oublier. De les oublier. De ne plus exister. De n’être ni ange ni démon, seulement un souvenir dans les esprits des mortels.

Pour toujours et à jamais.

 

Chapitre un

 

Inspirer. Expirer. Bloquer.

La mort est-elle aussi mesquine que la vie ?

Je ne suis que souffrance et tourment.

Ma vie n’a été que deuil et torture.

Ma mort devait être plus reposante.

Je n’avais pas imaginé que ce serait aussi inhumain d’être morte.

Je brule et m’étouffe.

Je sombre à nouveau dans le néant. Que ce cercle sans fin reprenne vie malgré moi.

~

La lumière est plus vive et aveuglante que celle du monde terrestre. Je ne peux que cligner des yeux au même rythme que les battements d’ailes d’un papillon.

— Lia ?

Qui est Lia ? Est-ce seulement un prénom ?

— Mademoiselle Porter ?

Porter ?

— Ét… umière !

Ma gorge me brule. Ma poitrine me brule. Ma tête hurle d’agonie. Mon souffle me démange.

— Mademoiselle Porter vous nous entendez ?

— Lia, je suis là.

— Lum…

— Je crois qu'elle veut qu'on éteigne la lumière.

Mais où suis-je ?

J'ai la tête qui tourne, mais que m'arrive-t-il ?

Tout n’est que confusion et dénué d’image.

— Tête. Aie.

Pourquoi ma voix n’arrive pas à s’exprimer ?

Que fais-je ici ? Ne devrais-je pas être morte ?

— Nous allons vous faire une autre perfusion de morphine. Cela soulagera vos douleurs. Mais avant dites-moi, avez-vous mal ici ? Et là ? Et si je vous pince à cet endroit, vous sentez quelque chose ?

Rien n’est nette dans mon esprit. La seule chose dont je suis persuadée c’est que je devrais être morte. Je ne sais pourquoi ni comment, mais la mort me hante. Tout est vertigineux excepté l’idée d’être morte. Je suis complètement perdue. Où suis-je ?

Rien n’est compréhensible. Aidez-moi à me souvenir.

— Mademoiselle c’est normal d’être perdu. Nous allons vous laisser vous reposer, et nous vous ferons d’autres examens à votre réveil. Soyez tranquille votre petit ami reste à vos côtés. Entre nous vous avez de la chance de l’avoir.

Mon petit ami ? Qui est-ce ? Le jeune homme qui me tient la main ? Comment s’appelle-t-il ?

D’ailleurs comme savoir ce que cette expression signifie alors que je ne me souviens de rien. Rien du tout. Absolument rien. Je ne sais qui je suis. Ni comment je suis. Ni quel âge j’ai. Ni dans quel monde je vis. Rien. Je n’ai plus aucun souvenir.

Je ne sais même pas pourquoi je suis à l’hôpital ni pourquoi j’ai aussi mal, ni pourquoi je n’arrive à parler. C’est comme si j’avais perdu mon identité mais pas ma dépendance à la société. Je sais parler, dans ma langue, je sais ce que chaque mot veut dire, je sais les utiliser, je me rappelle les normes, les codes et les idéologies, mais pas de ma vie, ni de mes supposés proches. Tout ce qui se rapproche à des souvenirs, des personnes, des dates ou des noms est flouté. Je sais que c’est là tout proche, caché sous des amas de noirceur. Mais je n’arrive pas à me concentrer pour que ne serait-ce qu’un souvenir me revienne.

Un simple constat traverse mon esprit. J'ai dû me rendre ici bien plus qu'il n'était possible. Cette situation ne me semble pas inconnue.

Ce soi-disant petit ami me trouble. Il me dit quelque chose. En le regardant, j’ai la sensation qu’il m’est important.

C’est en détournant le regard que j’observe mon environnement.

Je suis bien dans une chambre d’hôpital mais pourquoi ? Pourquoi suis-je ici ?

Je... me rappelle avoir vomi. Je ne sais quand mais l’image de moi vomissant revient fréquemment. Et j'ai soif. Je suis déshydratée.

Mais pourquoi mes parents ne sont pas ici, avec moi ? C’est ce que font les parents d'habitude. Être là pour ses enfants. À moins que je n'en possède pas. Pourquoi suis-je à l'hôpital si j'ai seulement vomi ? Il doit y avoir quelque chose d'autre. Une autre raison qui me cause tous ces soucis.

J'y suis ! Je suis tombée dans les escaliers, j'ai dû me déplacer un muscle. Ils vont faire des examens c'est tout. Mais... j'ai un goût bizarre dans la bouche, un arrière-goût de moisissure. Peut-être que j'ai fait une intoxication alimentaire. Et cela expliquerait ma soif. Mais... Il manque quelque chose. J'ai la conviction que ce n'est pas tout.

— Bien, avez-vous réussi à dormir un peu ? me demande l’infirmière.

Quelle question idiote. Elle s'est absentée même pas cinq minutes.

— Non…

— Tenez un verre d’eau, vous arriverez mieux à parler par la suite.

C’est vrai que c’est un réel soulagement. Le feu qui m’asphyxie semble s’éteindre. Que cela fait du bien !

— Je n’ai pas réussi à dormir… soufflais-je faiblement.

— C’est normal que vous vous posiez quelques questions, vous devez être perdues, mais ne vous inquiétez pas, votre petite perte de mémoire n’est que temporaire, elle est due à un traumatisme crânien à un très faible degré. En parlant avec vos proches, tout vous reviendra. Je vous ai apporté le petit déjeuner. Vous avez faim ?

J’espère que ce sera aussi simple qu’elle me le décrit.

— Oui merci.

— Je reviendrais dans une heure pour vos examens complémentaires. Bon appétit.

J’espère que le retour de ces examens sera positif. Mais j’ai la sensation qu’ils me cachent certaines choses. Je ne suis pas demeurée. J'ai bien vu que je ne suis pas dans mon état normal. L’infirmière me dit que c’est normal, mais jusqu’à quand vais-je rester un légume ?

Mon petit ami a dû partir avant l’arrivée de l’infirmière car je ne le vois plus. Plongée dans mes pensées, je parais absente.

Le silence est trop pesant. Je n'en peux plus. Pourquoi je ne me rappelle rien ? Pourquoi ne puis-je plus bouger ?

Si je bouge d'un millimètre la douleur revient avec une intensité à la limite de l’acceptable. Je ne comprends toujours pas pourquoi je ne suis morte. J’ai vu la faucheuse. J’ai senti son odeur. J’ai vu les ombres me transportant dans l’au-delà. J’ai vu ma chute, ma déchéance dans le néant. Ce devait être mon dernier sommeil. J’ai pris feu. Tout s’est enflammé pour laisser seulement les débris de ma vie. Mon âme s’est éteinte et m’a abandonné. Je ne peux l’inventer. J’en ai autant souffert que les coups qui m’ont conduit sur ce lit d’hôpital.

— Pourquoi pleures-tu ? me demande cet homme en surgissant dans la pièce, le regard terne.

— Oh. Je ne t’avais pas vu. Peux-tu m'éclairer je t’en prie, tous les gens se taisent en me voyant, personne ne me répond. Je ne sais même pas comment je m'appelle et quand je le demande à l'infirmière elle part, en me disant seulement que je vais me rappeler de ma vie, que c’est seulement passager. Mais tu es mon petit ami ! alors aide-moi ! Je t’en prie ! Je veux seulement me souvenir !

Je ne supporte plus ces questions qui restent en suspens, flottant dans l’atmosphère… Le silence dans cette pièce fait tellement de bruit qu’il me brule les tympans ! Pourquoi suis-je ici ? Parce que la mort a essayé de prendre ma vie ? Mais qui suis-je ?

— Dis-moi au moins mon prénom je t’en prie ! Parle-moi ! le suppliais-je.

— Alice, dit-il de but en blanc.

— Alice ? Mon prénom est Alice ? me réjouissais-je d’avoir enfin une information, et pas des moindres.

— Oui, Alice au pays...

— Pays des Cauchemars, complétais-je.

— Tu te souviens de ça ?

— Je crois, enfin cette phrase hante mon cerveau. Mais que veut-elle dire ?

— C’est toi qui le dis avec beaucoup de conviction car elle correspond à l’image que tu as de ta vie. Tu es Alice Porter précisément.

— Oh... merci… ma vie n’est pas un conte de fée alors ?

— Pas vraiment. Elle est assez triste et… horrible. Si tu es ici, c’est à cause de ton beau-père.

— Beau-père ? Et mon père ?

Le voyant tirer la grimace. Je comprends. Je n’ai plus de père. Toutes les nouvelles informations prennent place en moi.

— Il est mort c’est cela ?

— Oui. Et ta mère aussi. Mais tu as un demi-frère, le fils de ton beau-père et de ta mère.

— Ma mère aussi ? Mais je n’ai plus de parent alors ?

Je comprends mieux la solitude qui m’étranglait à mon réveil.

— Et ce beau-père, comment est-il ? Pourquoi n’est-il pas ici ?

— En toute honnêteté, il est abominable, il te maltraite et c’est dû à ses coups et insultes que tu es dans cet état. Mais il a été arrêté par la police.

Oh. Je ne sais comment réagir. C’est troublant car c’est comme si je m’y attendais.

Une image très violente s’impose à moi m’enlevant la vue par la même occasion. Je me vois à terre, souffrante, blessée et endurant les coups d’un monstre. Du démon. La vue du sang me brule les rétines et me donne un étrange gout amer dans la bouche.

Une image beaucoup plus douce fait son apparition dans mon esprit. L’eau. La piscine. Nager. Repos. Apaisement. Maman. Souvenir. Béatitude. Homme. Amour. Admiration.

— Tu nages ? le questionnais-je, l’esprit ailleurs.

— Oui, pourquoi ?

— Je sais maintenant où je t’ai vu, au centre aquatique.

— Oh, tu t’en souviens ? s’extasie-t-il.

— Ta voix... Elle me rappelle celle d'un garçon, mais celle de qui... réfléchissais-je, je te vois nager avec moi, je me vois te parler et m’émerveiller devant toi…

— T’émerveiller ? Tu ne me l’as jamais dit. J’en apprendrai tous les jours avec toi Lia. Je m'appelle Jeremiah, mais on m'appelle, enfin tu m'appelles...

— J ? ou Jer ?

— Cela te dit quelque chose ?

— Je... je connais une personne qui s'appelle Jeremiah, enfin je crois, je ne sais pas si c’est toi.

— Et qui était-il pour toi, si ce n’est pas moi ?

— Je ne sais pas, mais je l'aime, je sais qu’il est beau, il est incroyablement sexy, et tellement gentil, il connaît tout de moi, et si je le voyais, je suis sûr, qu'il me dirait tout ce que je voudrais savoir, je sais qu'il connaît mon secret.

— Ton secret ?

— Oui je sais que j'en ai un, mais je ne sais plus lequel.

Comment puis-je savoir que j’ai un secret sans savoir ce qu’il est ? Je suis de plus en plus folle, je crois…

— Tu veux que je t'aide à te souvenir, je pourrai te montrer des photos ?

— Non. Je… je crois que tout revient. J’ai des images dans la tête mais je ne les comprends pas. Tu me connais vraiment ? Je suis vraiment ta petite amie ?

— Et toi, tu me connais ? me répond-il.

— Je crois, bafouillais-je.

Il m’attire. Son regard m’envoute et me transporte dans un monde enchanté.

— Oh tes mains. Tu peux me toucher. Je crois que… ta peau…

Oh.

Sa main, les picotements que je ressens en le touchant… La douceur de sa peau…

Ses yeux si bleus.

Les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, je me souviens.

Les yeux dans les yeux, sa main sur ma joue, je renais.

Les yeux dans les yeux, ma main dans ses cheveux, je redeviens moi. Je me souviens et n’ai plus peur de disparaître, car tant qu’il est à mes côtés, l’humaine demeurera.

— Oh mon dieu. J, c'est toi ! C'est toi et ton père qui êtes venus me chercher chez moi. Tu m'as tellement manqué.

— Toi aussi. Tu te souviens de tout ?

— Oui je sais tout à présent, tout, tout, tout. IL est où ? Et Tim ? m’affolais-je.

— Il est en garde à vue. Et Tim est chez ta nounou.

— Ok, il y a des preuves ? Je veux dire, il va allez en prison ?

— Je ne sais pas. Mais par précaution tu ne dois pas retourner chez lui.

— Mais le ski c'est dans une semaine.

— Si on y va, tu ne vas pas skier, tu n'es pas en état, s’offusque-t-il de moi penser à cela dans mon état.

— D'ailleurs dans quel état suis-je ?

— Tu as une commotion cérébrale ce qui explique la petite perte de mémoire. Et tu t'es ouverte à la tête, on a dû te faire des points de suture. Tu as la cheville cassée, ainsi que le bras, tu t'es aussi cassé le coccyx. Et tu as d'énormes bleus dans ton dos et sur le reste de ton corps. Tu as aussi une vilaine brûlure au visage.

— Oh, il ne m'a pas loupé, la prochaine fois j'essayerai de me défendre un peu mieux.

— La prochaine fois ? Non mais il n'y en aura pas. Ne parle pas comme cela, je ne le supporte pas ! C’est un monstre ! Je le haï et pourrai le tuer ! Mon père va tout faire pour le garder derrière les barreaux, hurla-t-il d’indignation.

— Tant que je ne serai pas morte, il me tourmentera. Ce monstre gagne toujours ses exploits, dis-je d’une vois lasse.

— Ne dis pas ça, je suis là pour toi, et je te protégerai. Je t'aime tellement Alice. J'ai eu tellement peur de te perdre. J’ai cru mourir. Je ne peux vivre sans toi. Ne disparais plus jamais. Ne m’oublie plus. Reste à jamais avec moi.

Et moi j’ai eu tellement peur de mourir et de ne jamais plus le revoir… Ce funeste passage de ma vie sera, je pense, le plus douloureux, horrible et poignant souvenir. Il me hantera jusqu’aux tréfonds de mon âme, me guettant, moi la proie, pour me plonger dans les abysses de l’enfer.

 

Chapitre deux

Quelques semaines plus tard

— J'ai les glaces ! Tu as le film ? me demande J.

— Oui. Il ne manque plus que toi.

— J'arrive, bon allez viens princesse.

— Jer, A Star Is Born, ça te va ? Je n'ai pas trouvé mieux. Mais j'adore ce film !1

— C'est parfait. Tu ne vas pas pleurer ?

— Hum... c’est fort probable, riais-je.

— Je serais là pour essuyer tes larmes.

— Anw tu es toujours romantique toi ! Mais c’est un tout petit peu niais tout cela ! me moquais-je.

Le film commence et nous le regardons, l'un contre l'autre. Toujours et encore blottis dans son lit.

— Wouah, c'est la première fois que j'ai été ému en le voyant, peut être que c'est dû à ta présence, me murmure Jer.

— Hum… lui répondais-je, incapable d’émettre une phrase.

— Oh, mais tu es bien plus émue que moi.

— Ne te moque pas ! sanglotais-je comme une idiote.

— Oh mais je ne me moque absolument pas, je trouve ça très mignon.

Il se pose délicatement sur moi, en veillant à ne pas me faire mal et caresse tendrement mes cheveux, puis sa main touche ma mâchoire regardant mes larmes couler le long de mon visage.

— Désolée, je pleure à chaque fois que je regarde ce film, c'est tellement triste. Tu crois que l'on aura une meilleure fin que celui-ci ?

— Ne t'excuse pas et je ne le crois pas, j'en suis persuadé, me promet-il.

Il soulève ma tête pour que nos yeux soient verrouillés l'un à l'autre. Chaque regard échangé soigne mon cœur brisé en mille morceaux. Il lie ses mains sur mes hanches, me tirant doucement vers lui et m'entoure de ses bras musclés, plaçant ma tête sur son torse et son menton sur mon épaule. Ses doigts parcourent mes longs cheveux, les caressant, les démêlant, les chouchoutant. Le silence est confortable et apaisant, il n’est jamais gênant avec lui. Après vingt minutes de pur silence, je lève ma tête et il fait de même. Le silence se prolonge, mes yeux trouvent les siens et tout ce qui m'entoure disparait comme par enchantement. Il n'y a plus de décor, plus de couleur, plus de bruit ni d'odeur ni de vie autour de nous.

Les secondes deviennent des minutes, nos yeux ne se quittent plus. Mais ils continuent de descendre vers nos lèvres. Ses lèvres roses, dont j'ai tellement envie, ses lèvres roses qui me réconfortent à chaque baiser, ses lèvres roses qui affolent mon cœur, ses lèvres qui m'apportent tant de chaleur et d'adrénaline. Je ne me lasse jamais de ses baisers et de ses lèvres contre les miennes. Avec lui, je ne me contrôle pas, c'est mon corps qui réagit à ses caresses, qui me fait vibrer de plaisir. Mon envie de lui est pressante, je m'appuie contre lui, mon bassin contre le sien et il comprend le message instantanément. Il caresse le derrière de ma tête et pose ses lèvres sur les miennes, la brûlante sensation est fraîche sur ma langue. Les flammes sont vivantes, parcourant mon corps, prêtes à exploser. Le goût de ses lèvres est toujours aussi délicieux, mais j'en veux plus encore, mes joues sont en feu, gênée de ressentir du désir, pas encore habituée à tout cela... Il les caresse du bout de son pouce, en me chuchotant au creux de l'oreille combien il me trouve belle.

— Alice, Jeremiah, le repas est prêt, nous prévient sa mère.

Oh, et bien ce sera pour une prochaine fois.

— On arrive.

— Prête pour un autre repas en famille ?

— Je pense oui, je me suis habituée maintenant, mais... une question, ta mère et ta sœur savent quoi ? le questionnais-je.

— Je… euh… désolé, mon père a tenu à mettre ma mère au courant. Elle sait tout du début à la fin, ma sœur en revanche, n'a pas à savoir même si c'est une de tes amies.

— Oh. C'est… gênant, maintenant je vais avoir l'impression qu'ils me regardent tous bizarrement et je déteste la pitié, cela rend ma situation encore plus réelle et je me sens vulnérable après... mais je ne veux absolument pas en parler à ton père avant que ce soit le moment.

— Je comprends, nous ne sommes pas obligés d'en parler, mais pourquoi ne veux-tu pas en discuter avec mon père ? Il pourrait t'aider, il est policier après tout.

— Justement, si je lui dis de vive voix, je serais désignée comme victime et témoin, et ce sera fini pour Tim, plus de famille pour lui. C'est juste horrible. Et puis, regarde-moi, je ne suis pas si mal que ça, je n'ai même plus mal, donc tout va bien. La seule chose qui me rend mal ce sont les souvenirs et... être chez toi, je me sens redevable et j'ai l'impression de profiter de leur générosité. Et puis je n'ai pas trop confiance en ton père. Il est flic, oui et alors ? A l'époque aussi il était flic mais sa vie personnelle a empiété sur sa vie professionnelle. Il m'a abandonnée. Il savait ce que je vivais mais il m'a abandonnée. Qu'est ce qui l'empêche de recommencer aujourd’hui ? Sachant que nous sommes encore plus proche toi et moi à l'heure actuelle qu'à l'époque. Ne m'en demande pas trop.

— Là c'est trop ! Non mais tu t'es vu ? Justement je te regarde et tout ce que je vois c'est une fille maltraitée, triste, malade, avec des bleus de partout, je vois une fille sans famille à cause d'un Bâtard, je vois une fille qui se cache aux autres, qui refuse mon aide et l'aide de ma famille, qui fait semblant que tout va bien, alors qu'elle a failli mourir, que tu as failli mourir à cause d'un mec qui te bat, te sous-estime, te donne des coups dans le visage, et dans tout le corps, qui te traite comme une esclave, une pourriture alors que tu es une perle rare qui mérite le bien et non le mal. Je vois une fille qui se rabaisse sans cesse et qui est idiote. Oui tu es une idiote parce que tu as l'occasion d'arrêter ce cauchemar, mais tu refuses pour des raisons débiles, puisque Tim se porterait mieux avec toi et sans ce monstre. Mais tu restes butée, alors oui il n'aura plus de père mais si tu restes dans cette situation et que tu meures des mains de ce monstre, tu penses qu'il sera bien ? Qu'il sera plus heureux alors qu'il saura que c'est son père qui t’a tué et que tu n'as rien fait pour l'en empêcher ? Que tu l'as laissé entre ses mains. Car rien ne lui empêche d'être aussi cruel avec ton frère qu'avec toi. Tu crois vraiment que son père ne le battra pas lui aussi ? Eh bien je pense qu'il le fera, pourquoi ? Parce qu'il n'aura plus personne à qui broyer les os, à brutaliser, à fouetter, à tabasser, à insulter, à traîner dans la boue ! Alors réfléchis, ne penses-tu pas que le dire maintenant serait mieux ? Parce s'il faut attendre que tu meures-là ne comptes pas sur moi ! Je t'aime plus que quiconque et c'est pourquoi je vais faire ce qui est le mieux pour toi que tu le veuilles ou non ! En ce qui concerne mon père, je sais qu'il a mal agi mais c'est ton seul allié !

— C'est bon tu as fini ? Parce que je n’avais vraiment pas besoin de ça ! Je pensais que tu voulais m'aider et non m'enfoncer ! Je te rappelle que j'ai voulu le dire à une époque mais TON père m'a tourné le dos, et on n’en serait pas là s'il m'avait écouté ! Alors je ne souhaite pas que tu lui en veuilles mais réfléchis-y. A partir de ce jour-ci, j'ai appris à faire tout moi-même et ne plus compter sur personne et tu arrives, tu me dis que tu seras là pour moi et là tu me dis l'inverse ! Ou mieux tu veux que je demande l'aide à la seule personne qui était au courant à l'époque mais qui a ignoré ma maltraitance. Mais je suis censée faire quoi moi ? Je suis perdue ok ? Tim aime son père et même si ce dernier est le pire monstre qu'il soit et bien, il l'aime et je n'ai pas dit que je souhaitais mourir mais me battre contre lui et attendre d'avoir finie le lycée pour avoir mon appartement, une situation stable et pour que je puisse m'occuper de Tim. Tu crois que je suis idiote ? Eh bien je suis désolée de te décevoir ! Je t'avais prévenu je déçois tous ceux qui m'aime. Je ne suis bien pour personne et c'est pour cela que je me retrouve avec lui. Ce n'est pas facile tu sais, j'ai besoin de ton soutien et non de tes réprimandes ! Mais si c'est impossible pour toi, et bien tant pis on arrête tout, comme ça tu pourras être avec une fille sans problème !

— Mais ce n’est pas ce que je souhaite, je t'aime Alice ! Et c'est pour toi, pour cet amour que je ne supporte plus de te voir si mal et de fermer les yeux sur ce qu'il te fait. Je ne veux pas te lâcher mais te sortir de son emprise, alors laisse-moi t'aider je t'en supplie. Tu n'as pas envie d'être tranquille, heureuse, et d'avoir une vie meilleure ?

— Je... je te comprends, mais ma vie s'est arrêtée à la seconde même où mon père est mort. Depuis tout a été sombre et triste, je ne sais pas comment faire pour qu'elle reprenne son cours, et... j'ai peur de tout cela, peur de ce qui arrivera après. Je ne sais pas comment gérer cette angoisse, alors oui je veux que tu m'aides. Mais pas maintenant, je veux prendre cette décision en rentrant de vacances. Je ne veux pas y penser ni y réfléchir jusque-là, penses-tu en être capable ?

— Oui, évidemment ma belle, je peux tout faire pour toi, pour ton bien, je t'aime, capitule-t-il enfin.

— Moi aussi je t'aime tellement, tu fais tellement pour moi, c'est toi qui me maintiens en vie. Et pardon pour cette petite engueulade, tes parents et ta sœur ont dû tout entendre.

— C'est moi, je n'aurais pas dû crier maintenant ma sœur a dû comprendre une partie du problème... moi qui voulais la laisser dans le secret.

— Elle allait bien le savoir un jour ou l'autre, Léna est au courant, un soir elle a voulu me faire une surprise et, elle a assisté à une petite partie de ce qu'est ma vie, depuis elle fait tout pour moi. Mais ça m'énerve, je ne veux pas de la compassion des gens, tu comprends ? lui expliquais-je.

— Oui. Je sais et je lui dirai de faire comme si elle ne savait rien. Allez viens, allons à table avant que ma mère ne vienne voir si on ne s'est pas étranglé.

— Ah ah, j'espère qu'elle ne m'en croit pas capable, riais-je, appréciant sa manière de changer de sujet.

— Oh mais on peut tout imaginer avec toi, tu es tellement imprévisible.

— En bien ou en mal, susurrais-je.

— En bien évidemment.

Une fois en bas des escaliers, la famille Scott, me dévisage, ce qui me fait rougir de honte.

— Je suis sincèrement désolée pour ce qui s'est passé, vous faites beaucoup pour moi, et je vous demande pardon, vous n'auriez pas dû assister à cette scène, m’excusais-je en refoulant l’humiliation qui parcoure mon corps.

— Ne t'excuse pas chérie, mon fils peut-être très anxieux, maladroit et très bruyant, me dit sa mère en le fusillant du regard.

— Mais c'est pour cela qu'on l'aime, pas vrai ?

— Oui tu as raison, à présent mangeons.

Le regard du père de Jeremiah devient énervant, pourquoi me fixe-t-il comme il le fait ?