Marie Stuart - LM Formentin - E-Book

Marie Stuart E-Book

LM Formentin

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Beschreibung

Marie Stuart, née reine d'Ecosse puis devenue reine de France à dix-sept ans, était promise à un avenir radieux. Mais le sort de cette jeune femme insouciante en a décidé autrement : elle paiera de vingt longues années de captivité et de la mort le prix de son intransigeance et de sa liberté. Marie Stuart, recluse dans sa forteresse, n'a cependant rien perdu de son courage, de sa fougue, de sa fierté. Seule face à ses souvenirs, face aux fantômes des hommes qu'elle a aimés et de sa grande rivale Elisabeth d'Angleterre qui l'a condamnée à mort, seule face à l'Histoire et au jugement de Dieu, Marie Stuart est prête à tout revivre - joies et souffrance mêlées. Demain, elle sera décapitée.

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Seitenzahl: 32

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Marie Stuart a été créée en juillet 2019 au Théâtre de l’Étincelle, dans le cadre du Festival d’Avignon. Elle a été interprétée par Daphné Proisy et mise en scène par Jacques Connort.

Sommaire

SCÈNE I

SCÈNE II

SCÈNE III

SCÈNE IV

SCÈNE V

SCÈNE VI

SCÈNE VII

SCÈNE VIII

SCÈNE I

Ils m’ont demandé d’être Marie Stuart.

J’ai accepté. J’ai pris tout cela très au sérieux.

Ils m’ont dit que pour cela je devais être reine d’Ecosse.

J’ai dit oui.

Ils ont ensuite insisté, exigeant que je sois reine de France.

A nouveau, j’ai dit oui.

Et pourquoi pas reine d’Angleterre et d’Irlande ?

J’étais prête. J’aurais dit oui.

Tout ce qu’ils m’ont demandé, je l’ai fait.

J’ai toujours été obéissante.

Même quand ils ont changé d’idée et qu’ils ont voulu me déshonorer, m’abattre, je les ai laissé faire.

Bien sûr j’ai crié, je me suis défendue,

j’ai fait tout ce que n’importe quelle reine à ma place aurait fait.

J’ai tenu mon rang.

Qu’on ne me reproche pas d’avoir pris tout cela à la légère.

J’ai été une grande Marie Stuart.

Je ne me suis jamais économisée, je me suis donnée corps et âme !

Qu’attendaient-ils, après tout ? Une potiche ? Une reine d’apparat ? Une boutiquière qui compte les sous du ménage ?

Je laisse cela à d’autres.

Ils ont voulu, pour finir, la criminelle… ils l’ont eue ! la putain, l’affreuse coupable, la traîtresse, la comploteuse… ils l’ont eue !

La condamnée ? La voici ! Dix-huit ans !

Dix-huit longues années qu’on me traîne dans tous les forteresses et les cachots les plus lugubres et les plus sales d’Angleterre.

Et je suis là, encore là !

reine déchue, femme humiliée, arrachée aux siens, reléguée au

rang de cafard, puant la charogne !

Je suis là ! encore là, vivante !

Marie Stuart jusqu’au bout !

Jusqu’à demain.

Jusqu’à cette dernière heure, cette dernière minute, ce dernier instant où enfin je quitterai ce corps comme on se défait d’un vêtement qui a bien servi, et fait son temps.

SCÈNE II

Papa ! Papa !

Papa, regardez-moi.

Regardez ces belles joues roses, ce petit corps potelé.

C’est moi, votre enfant, votre petite fille qui vient de naître.

Prenez-moi dans vos bras.

Parlez-moi. J’ai besoin d’entendre votre voix.

Pourquoi n’êtes-vous pas à mes côtés ?

Tandis que j’ouvre les yeux sur ce monde, dont je ne sais rien encore et qui me parvient seulement dans cette froide lueur de l’hiver,

voici qu’à quelques lieux de là, vous vous apprêtez à le quitter.

Votre cœur d'homme et de roi est épuisé, dit-on.

Comment est-ce possible ?

A trente ans, n’est-on pas encore un jeune homme ?

Est-ce un âge pour mourir ?

Papa ! Papa, regardez-moi.

Demain, je vous rejoindrai.

Je vous verrai, et vous me verrez enfin.

Vous m’avez tant manqué.

Aujourd’hui, je suis plus vieille que vous.

Je pourrais être votre mère.

C’est moi, demain, qui vous prendrai dans mes bras.

Pause.

C’étaient vos bras dont j’avais besoin alors,

votre voix, votre souffle contre ma tempe, dont j’avais besoin,

non pas cette couronne que vous m’avez laissée – trop grande,

trop lourde pour une petite tête d’enfant –

en me laissant avec elle tous ses dangers : avant vous, deux rois

morts au champ d’honneur, deux autres assassinés !

Faut-il que les Stuart ne puissent jamais vivre heureux, ni longtemps ?

sur cette terre d’Ecosse où depuis toujours lords et barons font la

loi plus que leur propre souverain qu’ils tolèrent tant qu’il

demeure impuissant.

Triste privilège d'être née femme, et reine, en ce pays barbare

toujours prêt à se vendre au plus offrant,

en guerre contre tous et contre lui-même,

et perpétuellement le jouet des puissances étrangères !

En naissant, je pouvais apporter la paix.

N'était-ce pas ce qui était arrangé ?

Henri d’Angleterre n’avait-il pas prévu que j’épouse son fils

Edouard pour que nos deux dynasties – Stuart et Tudor –,