Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Le parcours des fleuves et les pas des oiseaux Un fleuve sortait de l’Eden et arrosait le jardin, tel pourrait être le fil biblique, en Genèse 2, 10, depuis le début de ces Méandres où notre esprit, à nous lecteurs et lectrices de cette œuvre étrange et fabuleuse, se laisse porter le long des fleuves, vers les rivages de l’Europe, depuis la Méditerranée et jusque par-delà l’Atlantique. La narratrice qui se laisse nommer Estrella par un ami, amour de jeunesse rencontré à Rome puis sur les côtes de la Mer Egée, raconte ses voyages imaginaires et réels, mais aussi réels que les rêves peuvent l’être, puisque nous savons de tradition biblique que les rêves sont un-soixantième de la prophétie. Mais nous ne sommes pas sortis des rayonnages d’une jolie librairie à Paris où l’auteure exerça son art du récit. Elle tenait une petite librairie à Paris, Anaphore, me dit-elle. Ignorant la signification de ce mot, je l’avais interrogée, puis j’oubliai ses explications. Ce soir, très studieusement, je viens vers le dictionnaire Wikipedia où je lis qu’Anaphore est une forme rhétorique, une figure de style, qui rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, provoque un effet musical, communique plus d’énergie au discours ou renforce une affirmation… Et je voyais alors l’identité ou les résonances entre Méandres et cette jolie librairie au nom étrange qu’un dictionnaire avait éclairé, un moment, pour moi qui fus bibliothécaire et parfois ignorante. Mais qui est-elle la narratrice, Estrella, au milieu de ses voyages, entourée d’une cour d’hommes imaginaires épris d’elle et jaloux de son indépendance ? Celle qui écrit : « rien n’eut plus d’importance je retrouvai le bonheur de mon écriture », et aussi : « ma sensibilité me permit toujours de jouir avec un rien » ? Je savais qu’elle avait été libraire, qu’elle avait une réelle culture littéraire et artistique, qu’elle aimait la musique, qu’elle avait été mariée et qu’elle avait deux enfants et des petits enfants pour qui elle vouait une tendresse absolue. Toutes ces choses-là avaient été racontées dans un livre intime et savant, qu’elle, Esther Lévy Barugel avait publié récemment : De Buenos Aires à Paris, Témoignage d’une famille séfarade (B.O.D., 2015). Elle est née en 1926 à Buenos Aires dans une ancienne famille judéo-espagnole. Elle eut quatre frères, se maria à Buenos Aires et eut deux enfants, l’un en Argentine et l’autre à Paris. En 1953 elle s’installe en France.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 147
Veröffentlichungsjahr: 2015
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Alphabet latin dans les volutes de la lettre Aleph
Calligraphie d’Henri Renoux, 1994
(collection privée)
Le parcours des fleuves et les pas des oiseaux
Un fleuve sortait de l’Éden et arrosait le jardin, tel pourrait être le fil biblique, en Genèse 2, 10, depuis le début de ces Méandres où notre esprit, à nous lecteurs et lectrices de cette œuvre étrange et fabuleuse, se laisse porter le long des fleuves, vers les rivages de l’Europe, depuis la Méditerranée et jusque par-delà l’Atlantique.
La narratrice qui se laisse nommer Estrella par un ami, amour de jeunesse rencontré à Rome puis sur les côtes de la Mer Égée, raconte ses voyages imaginaires et réels, mais aussi réels que les rêves peuvent l’être, puisque nous savons de tradition biblique que les rêves sont un soixantième de la prophétie.
Mais nous ne sommes pas sortis des rayonnages d’une jolie librairie à Paris où l’auteure exerça son art du récit. Elle tenait une petite librairie à Paris, Anaphore, me dit-elle. Ignorant la signification de ce mot, je l’avais interrogée, puis j’oubliai ses explications. Ce soir, très studieusement, je viens vers le dictionnaire Wikipédia où je lis qu’Anaphore est une forme rhétorique, une figure de style, qui rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, provoque un effet musical, communique plus d’énergie au discours ou renforce une affirmation… Et je voyais alors l’identité ou les résonances entre Méandres et cette jolie librairie au nom étrange qu’un dictionnaire avait éclairé, un moment, pour moi qui fus bibliothécaire et parfois ignorante.
Mais qui est-elle la narratrice, Estrella, au milieu de ses voyages, entourée d’une cour d’hommes imaginaires épris d’elle et jaloux de son indépendance ? Celle qui écrit : « rien n’eut plus d’importance je retrouvai le bonheur de mon écriture », et aussi : « ma sensibilité me permit toujours de jouir avec un rien » ?
Je savais qu’elle avait été libraire, qu’elle avait une réelle culture littéraire et artistique, qu’elle aimait la musique, qu’elle avait été mariée et qu’elle avait deux enfants et des petits enfants pour qui elle vouait une tendresse absolue. Toutes ces choses-là avaient été racontées dans un livre intime et savant, qu’elle, Esther Lévy Barugel avait publié récemment : De Buenos Aires à Paris, Témoignage d’une famille séfarade (B.O.D., 2015).
Elle est née en 1926 à Buenos Aires dans une ancienne famille judéo-espagnole. Elle eut quatre frères, se maria à Buenos Aires et eut deux enfants, l’un en Argentine et l’autre à Paris. En 1953 elle s’installe en France et, avec son mari, partage sa vie entre l’Argentine et la France. Elle s’occupe des relations publiques dans l’entreprise de son mari. En 1970, elle vient définitivement en France, à Paris, et vers 1986 ouvre une librairie. Aujourd’hui et depuis 2007, elle vit à Toulouse, près de sa famille.
Esther n’avait pas fait d’études poussées dans sa jeunesse en Argentine. Histoire toute simple d’une fille au milieu d’une fratrie. C’est à Paris, que cette femme mûre décide de faire des études universitaires. Elle n’avait pas le baccalauréat et suivit une formation permanente à Jussieu où elle rencontra Evelyne Cohen et Benny Lévy. Elle fut à Paris VII-Jussieu et à la Sorbonne. Elle eut comme professeurs, Julia Kristeva qui l’appréciait beaucoup et avec qui elle fit un travail sur Mallarmé et Flaubert, Mme Gaillard qui dirigea sa maîtrise sur Proust, puis Jean-Yves Tadié avec qui elle fit son DEA dans ces disciplines : « Civilisation du XIXe siècle et Lettres modernes » et sur ce thème : « La société que Proust décrit ».
Elle suivit aussi des séminaires à l’Alliance israélite universelle auprès de Shmuel Trigano mais aussi de Claude Cohen-Boulakia qui lui fit connaître Spinoza.
Se souvenant du temps de ses études, Esther dit qu’elle aimait Roland Barthes, Nathalie Sarraute, Marguerite Yourcenar, Marguerite Duras. Mais surtout et toujours Proust. Le titre de son œuvre immense, A la recherche du temps perdu, l’a inspirée aussi vers la recherche de son temps perdu à elle. Elle dit avoir été complètement prise dans Proust : « Je n’arrivais pas à faire la conclusion de mon mémoire, car je ne pouvais pas me détacher du texte de Proust. » Et encore : « Je rencontrais chaque personnage de Proust quelque part dans la vie réelle. »
Et Méandres se déroulerait selon le mouvement des fleuves et des mers, dans la lumière des villes de Grèce et d’Italie, dans la beauté de Paris, ses jardins, son fleuve, ses ruelles, comme cette recherche d’un temps nouveau sous la main de celle qui choisit d’écrire.
« maintenant je voudrais être chez moi mon écriture m’attend bonne ou mauvais elle est ma vie », écrit Estrella-Esther.
Son amie Jackie à qui est dédié ce livre lui avait dit : « Il faut absolument que tu écrives ».
Elle écrit dans une anarchie étonnante, sans aucune ponctuation. Alors on lit et on relit, car des significations différentes, nouvelles, inédites semblent jaillir de l’association des mots. Quelqu’un, un jour, avait associé Méandres au mouvement littéraire du Nouveau roman.
Elle ouvre ce texte étrange et envoutant par ses « pensées qui s’envolent en toute liberté » et qui viennent se poser délicatement comme les pattes légères des oiseaux laissant une fine trace dans le sable. Comme on racontait, dans les légendes chinoises très anciennes, que l’écriture était née des traces laissées par les pas des oiseaux. Sur la terre, dans la poussière qui est le filtre de la lumière.
Monique Lise Cohen
À la mémoire de ma chère Jackie
il est minuit je suis bien j'aime la nuit je l'ai toujours aimée j'entends ses bruits bruits du silence insaisissables seule avec moi-même mes pensées s'envolent en toute liberté la lumière tendre pâle douce voilée de l'aube annonce la fin de la nuit le jour se lève les bruits de la nuit sont remplacés par les gazouillements des oiseaux la ville lentement se réveille elle commence à fourmiller je m'endors bercée par la Note de Vivaldi mes paupières se ferment
la Seine prend sa source dans le plateau de Langres à 471 mètres d'altitude en Haute-Marne la mienne vient de très loin d'Espagne celle dont sa grandeur décida de faire partir Maures et Juifs ces derniers venaient peut-être du royaume de Salomon un affluent resta hispanique l'autre alla vers la Toscane suivit son cours jusqu'à Venise vers l'Adriatique se mélangea avec les eaux de la mer Ionienne sa course folle dans les flots de la mer Égée s'arrêta dans le supposé berceau d'Homère pour repartir braver l'Atlantique les deux affluents se rencontrèrent dans une ville d'un autre continent un pays au bout du monde entre le Tropique et l'Antarctique ces deux rivières donnèrent naissance à un ruisselet il grandit devint ruisseau rivière fleuve quitta son lit paisible entraîné par le courant devint torrent impétueux arriva à l'estuaire et voilà ses eaux dans l'Atlantique à contre-courant arrivant au Havre puis à Paris en flux et reflux ce va-et-vient font partie de moi comme les marées si surprenantes ses couleurs ses lumières ses reflets le large où ciel et mer nous taquinent nous faisant croire qu'ils se touchent qu'ils se caressent qu'ils font l'amour enveloppés dans une magie de bonheur de joie mon regard s'imprégnait se forçait à retenir ce moment féerique mon esprit libérait ses pensées le regard et les pensées vers l'infini grandir dans une ville-port les yeux toujours tournés vers ce fleuve immense sans pouvoir atteindre la côte d'en face seulement l'imaginer la deviner l'Atlantique reçoit généreusement ses eaux le regard suit le courant avec lui les rêves se mêlent à lui toujours vers l'infini rêver et se taire inutile de les exprimer personne ne comprît ni ses besoins encore moins sa différence elle dérangea la solitude s'installa quelque chose se mit en marche quelque chose enfoncée au plus profond d'elle rien ne peut l'arrêter aucun barrage même le plus solide comme le fleuve dans son lit le courant l'entraîna fou fasciné tantôt calme tantôt turbulent déchaîné bousculant le tas des cailloux des brindilles il se faufila sautilla ouvrit une brèche poursuivit son trajet encore un détour peu importe il continue sa course droite ou sinueuse il fonce comme un raz-de-marée la solitude devient sa compagne inséparable délicieuse chère fait partie du voyage le cours d'eau suit son parcours sa trace si on l'arrêta on lui eût pris la vie mais il fut tenace son désir trop fort le poussa à continuer fissurer briser broyer éventrer anéantir engloutir tous les obstacles
je rentre dans mon appartement clair gai lumineux son entrée à droite la salle à manger avec son balcon la vue vers le fleuve argenté le balcon fleuri œillets multicolores leur parfum embaume la pièce en face de l'entrée la cuisine et les dépendances de service en face de la salle à manger sur la gauche le séjour avec sa bibliothèque sa cheminée en hiver allumée son feu de feu de bois avec ses flammes dansantes tremblantes trépidantes donnant chaud aux corps ainsi qu'au cœur me renvoyaient à la musique de Manuel de Falla une porte donnait à un couloir qui réunissait deux chambres et entre les deux la salle de bains l'une était la chambre à coucher l'autre mon petit atelier où je passais des journées avec mes pinceaux ce côté donnait sur une terrasse garnie des bacs à fleurs les lauriers mélangés aux géraniums et aux jasmins cet appartement fut ma première demeure de jeune femme espace accueillant vaste confortable voire luxueux mon piano n'eut pas de place il resta chez mes parents peu à peu je me demandais si ma pensée eût une place en dehors de mon cerveau le problème ne fut pas l'espace oh non car ni mon piano ni ma guitare plus tard ni mes pensées ni rien de rien propre à moi-même je devais devenir une autre telle une pâte à modeler en fonction de... quelle erreur quelle ignorance quelle façon extraordinaire de fabriquer une bombe à retardement incroyable méconnaissance de l'être humain de la mer déchaînée on se méfie par contre on néglige la mer calme la comédie commença bel et bien u art digne de la Maison de Molière j'appris trop vite que les actes contredisent les paroles ironie de la vie Tartuffe un enfant de chœur je quittai la tour d'ivoire pour une tour en béton ma solitude au milieu d'une famille nombreuse devint ma solitude à deux peu à peu le torrent sauvage s'arrêta ne pouvant pas franchir le barrage il s'engloutit en spirale gouffre sa force forma un passage souterrain coula dans une grotte jusqu'à remonter à la surface et suivre son cours
il est sept heures mon réveil sonne la radio s'allume France Culture me réveille ses voix familières m'arrachent du cauchemar me transportant au présent chez moi à Paris mon présent bien ici mon visage trempé des larmes ce voyage dans mon passé pendant mon sommeil qu'a pu le déclencher mon dernier déménagement je n'en sais rien je n'en trouve pas seulement je sais que je me suis endormie écoutant le Requiem de Mozart souvent je m'endors avec la musique il m'arrive de l'éteindre endormie je me lève me lave la figure m'habille en toute hâte je cours quand je prends le métro je pense au zoo au cirque la rame avec ses voitures l'une derrière l'autre se déplace avec ses voyageurs clowns ou fauves chiens dressés domptés des fois des têtes sympathiques derrière leurs journaux lisent-ils se renferment-ils j'aime les observer tout en lisant mon livre cependant j'ai encore le cœur serré mes illusions mes espoirs où sont-ils au fond de ma mémoire je fais avec voilà le prix de mon choix libérer mes pensées les exprimer ou devenir comme tant d'autres moutons ou légumes ou marionnettes il n'en était pas question j'arrive enfin chez Sophia elle me regarde je ne veux pas lui parler de ma peine elle me connaît trop bien se tait tout en m'embrassant j'apprécie son silence j'ai trop mal elle me montre les cartons à vider j'adore l'aider sa librairie une caverne d'Ali Baba où nous partageons la passion des livres elle fait tout toute seule elle se bat avec énergie me regarde toujours en silence elle trouve la façon de le rompre avec sa dernière expérience avec un « client » qui abîmait les livres en disant madame un livre n'est que du papier et du carton Sophia trouva comment me faire rire je crois quoi papier et carton et que fait-il des textes de l'écriture des mots des lettres des blancs quoi des tripes des écrivains enfin laisse tomber celui-là n'était pas un client
viens Stella je ferme quelques minutes nous allons prendre un café à côté je suis sûre que tu es venue sans rien dans l'estomac je te connais je le vois peut-être tu voudrais me dire quelque chose importante je la regarde en lui disant non ce n'était rien seulement te dire combien j'apprécie ton amitié et mon présent j'ai la tête pleine des projets des désirs enfin Michel l'ami de Sophia vient avec nous il connaît nos habitudes il est discret plutôt renfermé réservé à l'opposé de Sophia très sociable communicative je leur raconte une histoire qui m'est arrivée sans attendre leur accord je me lance dans mon récit car je crois qu'on peut toujours rêver car je viens d'en faire un sublime utopique une étoile filante je me trouvais autour d'une table où tous les représentants de toutes les religions monothéistes bouddhistes que dis-je toutes une fois réveillée je m'aperçois d'un manque incroyable les libres-penseurs tout ce dont j'y tiens rêve ou songe il m'habite depuis toujours ma vie je ne sais plus depuis quand les images reçues en pleine figure grâce à la télévision additionnées à toutes ces phrases abominables au quotidien contre tous ceux qui sont différents naturellement en apparence quand je pense que tous les humains possèdent les mêmes chromosomes rien que d'imaginer la tête d'un raciste si on lui rappelle qu'il n'y a pas de différence entre un Nordique et un Africain en dehors de la culture que le mot race n'est que pour les animaux race canine race féline race bovine tout cela me rappelle il y a déjà pas mal d'années une dame pas du tout ignorante elle me dit que son goût pour la peinture flamande lui venait pas ses gênes de même que j'aime l'Espagne par les miens si ces individus me parlent de pollution je leur dirais si polluée que soit la ville rien de comparable à la leur ce ne sont pas leurs poumons mais leur âme leur cerveau leur cœur mes pauvres amis combien dois-je vous ennuyer souvent je me dis si Dieu existe et si l'homme il le créa à son image ce jour-là Il le rata peut-être sauf pour une petite minorité je veux bien le croire comment vivre sans ce petit bout d'espoir
de retour à la librairie je quitte mes amis je ne voudrais pas les ennuyer avec mes soucis arriver à la fin du siècle et constater que l'homme n'évolue pas ni l'histoire ni la mémoire rien n'y fait il est toujours et partout le même heureusement mes amis partagent mes inquiétudes doucement j'arrive chez Paolo il m'attend avec le dîner prêt mon retard ne l'étonne plus me regarde et me dit as-tu refait le monde avec son sourire qui me charme après le dessert nous allons faire un tour nous rentrons dans une brasserie prendre un café il dégage un bel arôme ma pensée part au port de Santos au Brésil à ses quais bourrés des sacs de café au moment que le bateau accostait le parfum du café montait sur le pont envahissait mes narines cela m'annonçait qu'en trois ou quatre jours je ne m'en souviens plus cela fait si longtemps les bateaux n'existent plus je ne sais plus si les quais avec ses sacs existent toujours à ce moment-là je savais que j'embrasserais mes parents après nombreux mois d'absence j'adorais les embrasser et si j'eusse pu reprendre aussitôt le bateau de retour en France j'eus été heureuse les officiers à bord me demandaient le pourquoi de cette attirance au parfum du café je répondais d'un air moqueur comment ne saviez-vous pas vous que dans mes veines à la place du sang coule du café en m'entendant Paulo éclate en fou rire nous rentrons lentement je passe la nuit chez lui tous ses souvenirs venus de si loin j'étais si jeune mon cœur serré plein d'une tendresse infinie des sentiments dont l'intellect même s'il nous aide à comprendre n'y peut rien avant de finir la soirée nous écoutons un disque des chansons espagnoles « la vie brève » de Falla chantées par Victoria de Los Angeles sa voix si formidable j'aime me coucher tard Paolo accepta ce qu'il appelle ironiquement mon hispanisme
le matin après le petit-déjeuner nous partons chacun de notre côté je fais des courses pour Sophia la commande d'un de ses clients je sors métro Saint-Germain-des-Prés
