Mécamorphose - Cyrielle Joannard - E-Book

Mécamorphose E-Book

Cyrielle Joannard

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Beschreibung

Sous le dôme 348, d'étranges attaques de zombies sévissent en ville. Rosalyne , jeune étudiante en école d'ingénieurs, est victime d'une de ces attaques et va petit à petit se transformer à son tour, mais elle n'est pas de cet avis et ses parents non plus. Ce qu'elle désire, c'est retrouver ceux qui sont derrière ces attentats pour les empêcher de recommencer. Car grâce à l'ingéniosité de ses parents, elle est désormais invulnérable à leurs armes.

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Seitenzahl: 140

Veröffentlichungsjahr: 2020

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À mes lecteurs compulsifs préférés, Charlotte, Raphaëlle et Alexandre À Jeremy, pour tes conseils et tes retours sur mes écrits

À Colette, même si tu ne liras jamais ceci, pour m’avoir appris l’amour des livres et des mots

Merci

TABLE DES MATIÈRES

Chapitre 1 – L’Académie Mélusianne

Chapitre 2 – L’attaque

Chapitre 3 – Le réveil

Chapitre 4 – Le secret

Chapitre 5 – Le contact

Chapitre 6 – La métamorphose

Chapitre 7 – Une nouvelle vie

Chapitre 8 – Connectés

Chapitre 9 – Le directeur

Chapitre 10 – Le projet

Chapitre 11 – L’enlèvement

Chapitre 12 – Les retrouvailles

Chapitre 13 – Le plan

Chapitre 14 – Le cambriolage

Chapitre 15 – Le monde extérieur

Chapitre 16 – La tentative

Chapitre 17 – La fuite

Chapitre 18 – La punition

Chapitre 1 – L’Académie Mélusianne

- Rosalyne ! Viens voir par ici !

Appuyé sur la rambarde délimitant l’immense stand de Cloud Technology, Paul était subjugué par le travail réalisé par un des nouveaux androïdes présentés par la société. Les yeux bruns du jeune homme s’écarquillaient à chaque mouvement de la machine humanoïde qui confectionnait avec précision le mécanisme d’une minuscule montre à gousset.

- Regarde comme il se débrouille bien ! Réaliser un robot comme celui-ci doit-être un travail colossal ! Ton père doit en être très fier !

Rosalyne acquiesça en souriant, reportant elle aussi son regard sur l’objet du vif intérêt de son ami. En effet, son père était un des ingénieurs responsables de ce genre de projet chez Cloud Technology. À partir de leur conception jusqu’à leur mise en service, Leroy Evans surveillait d’un œil attentif toutes les étapes de fabrication de ces robots. Il était d’ailleurs là, dans le fond du stand, en train de discuter avec des clients. Lorsqu’il vit sa fille unique et son meilleur ami, Leroy leur adressa un clin d’œil et un signe de la main, mais, ne pouvant se dérober à ses discussions commerciales, leur fit comprendre qu’il les rejoindrait plus tard.

L’habillage du robot technicien n’était pas encore terminé, mais ses capacités de préhension et d’analyse étaient sans pareil. Il avait une silhouette humanoïde tout en conservant son aspect de machine de précision. Ses mains aux articulations cuivrées animées par de minuscules vérins attrapaient avec habileté tous les outils nécessaires à la confection de la montre. Lorsqu’il eut terminé, l’opérateur humain avec qui il officiait en binôme récupéra le bijou pour le montrer à l’assistance. Sous les regards et les exclamations d’admiration du public, l’androïde saisit de nouvelles pièces afin de répéter l’opération de montage, ne se laissant aucunement déconcentrer par l’assemblée. Et tous deux recommençaient, encore et encore, devant une nouvelle foule toujours aussi stupéfaite à chaque nouvel objet réalisé.

Rosalyne et Paul s’éloignèrent pour laisser la place à de nouveaux visiteurs. Ils déambulaient joyeusement entre les stands des plus grandes entreprises du dôme et au-delà. Leur école d’ingénieur, l’Académie Mélusianne, accueillait en ce jour le grand salon de l’innovation et des nouvelles technologies. C’est pourquoi tous les plus grands industriels du pays et au-delà se pressaient pour participer à cet évènement afin de montrer leur dernier produit, faire leur publicité et séduire de nouveaux clients. Ce salon permettait également aux futurs étudiants en dernière année de chercher leur stage de fin d’études en rencontrant directement les responsables des plus grands groupes du pays. Les deux amis ne s’en souciaient pas encore puisqu’ils finissaient à peine leur première année. Même s’ils cherchaient eux aussi leurs voies respectives, ils étaient loin de se faire du souci à ce propos.

Le contraste entre les démonstrations des toutes dernières technologies et le caractère ancien du lieu était saisissant. Les murs qui abritaient l’académie étaient autrefois la propriété d’une très ancienne famille noble. L’un des derniers des descendants de la lignée, héritant du lieu beaucoup trop grand pour lui, décida alors de transformer l’immense bâtisse pour en faire une école. Petit à petit, l’enseignement qui y était plus général s’y est spécialisé pour devenir une grande école d’ingénieur dans les domaines de la mécanique, l’électrotechnique et de l’informatique. Malgré les infrastructures techniques récentes, les derniers descendants de la famille Mélusianne avaient tenu à ce que ce patrimoine ancien soit protégé comme très peu avaient pu l’être. L’architecture et les détails d’aspect victorien avaient donc été conservés, donnant l’impression aux élèves de venir en cours chaque jour dans un château. Ce qui était bel et bien le cas.

C’est dans ces couloirs pavés, sous les voûtes anciennes, que Rosalyne et Paul se baladaient, changeant de salle et découvrant de nouvelles machines et des produits révolutionnaires devant chaque stand. Paul s’interrompit un moment devant une entreprise qui présentait de nouveaux matériaux composites pour diverses applications, comme l’aéronautique ou encore la médecine.

- Je te laisse un moment, il faut que j’aille voir ma mère dans la cour, glissa Rosalyne à son ami en s’éloignant.

- Ça marche, on se retrouve pour déjeuner alors !

La jeune fille se dirigea dans la grande cour d’honneur où différents stands avaient également été installés. Le plus impressionnant était celui de la société Pawell & Co, où se trouvait également Carrie Evans, la mère de Rosalyne. Trois grandes tonnelles aux couleurs de l’entreprise avaient été montées, sous lesquelles représentants, ingénieurs et techniciens présentaient le fruit de leur travail. Pawell & Co exposait donc dans la cour de l’école le tout dernier modèle de zeppelin automatisé, résistant aux rudes conditions climatiques de l’extérieur.

En effet, l’humanité ne pouvait plus se permettre de vivre tranquillement au gré des éléments tant la planète était devenue hostile. Cette bonne vieille Terre, autrefois si vivante et accueillante, était alors balayée, entre autres, par les ardents rayons du soleil, mais aussi par les pluies acides, fruits de centaines d’années de pollution acharnée par l’espèce humaine. Pour se protéger de leurs propres erreurs, les différents gouvernements avaient ordonné la construction de dômes protecteurs autour des grandes villes surpeuplées et des principales zones agricoles. Ces infrastructures étant très chères, seuls de riches industriels pouvaient se permettre de telles dépenses et devenaient alors gouverneurs de ces micropays, nommés par un seul numéro. La famille Evans avait la chance de loger sous le dôme 348, dont le gouverneur, Bayron Eudon était un homme bon et respecté, mais tous n’avaient pas cette chance. La société de Bayron Eudon avait fait fortune en développant le système de reconstitution du climat utilisé dans tous les dômes. À l’intérieur de ces immenses cloches, l’atmosphère était simulée et répondait au bon vouloir d’algorithmes prédéfinis, s’accordant avec les saisons, mais aussi avec les récoltes. L’ersatz de ciel bleu qui était projeté sur les parois du dôme donnait la vague impression de vivre à l’air libre, mais personne n’était dupe. La population était cloîtrée sous ces coupoles protectrices, sans espoir de pouvoir un jour découvrir autre chose.

Il était toutefois possible de passer d’un dôme à un autre, même si cela restait compliqué et toujours onéreux. La première solution était d’emprunter le train dans les galeries souterraines reliant les différentes villes. Très utilisé dans les premiers temps des dômes, ce système atteignait cependant ses limites, car les tunnels n’avaient pas été suffisamment entretenus. Les galeries s’effondraient de plus en plus souvent faute de maintenance et ces dernières étaient régulièrement envahies par des hordes de zombies.

Parce qu’en plus d’être complètement stérile et inhabitable, la surface extérieure de la planète était alors infestée de ces horribles créatures rappelant étrangement les anciens livres de science-fiction. Il semblerait que l’épidémie ait débuté au temps des premières pluies radioactives et s’était très rapidement propagée. La maladie semblait venir de nulle part et se transmettant par la salive et le sang. Ceux qui avaient le malheur d’être infectés devenaient complètement fous et avides de chairs fraîches.

Les autorités avaient tenté d’endiguer l’épidémie, mettant en place des structures de quarantaine et de nombreux moyens pour tenter de trouver un traitement. Les résultats n’avaient jusqu’alors pas été concluants et faisaient des infectés de simples cobayes sur lesquels l’on essayait tout et n’importe quoi. Dès que le patient se montrait trop agressif, c’était l’exécution.

La seconde manière de se déplacer de dôme en dôme était d’emprunter les dirigeables de Pawell & Co. Ces engins volants étaient devenus une véritable révolution permettant des voyages bien plus sûrs et bien plus courts. Les tout premiers modèles ne pouvaient alors faire que très peu de trajets, car ils s’abîmaient encore vite à l’extérieur. C’est pourquoi ce moyen de transport onéreux n’était quasiment utilisé que par les plus aisés ou pour les marchandises. Pourtant, les récents progrès technologiques, comme par exemple un tout nouveau revêtement extérieur résistant aux pluies nocives et de grandes baies vitrées très résistantes permettaient à de plus en plus de monde de voyager tout en contemplant le paysage ou ce qu’il en restait. Ces excursions permettaient également de recenser la population zombie qui se faisait de plus en plus importante ces dernières années.

Au milieu de la grande cour de l’Académie Mélusianne se trouvait donc un de ces tout derniers modèles de zeppelin. On pouvait voir passer des machines semblables très souvent au-dessus de l’école. Le gigantesque ballon dépassait largement le toit de l’immense bâtiment. L’on pouvait voir à travers la fine et transparente membrane qui l’entourait la majestueuse armature en métal. Elle soutenait une nacelle semblable à un bateau suspendu dont les formes massives contrastaient avec l’apparente légèreté de son porteur. Des employés de Pawell & Co s’affairaient autour de l’imposant ouvrage pour renseigner les visiteurs ou leur faire visiter la cabine et le poste de pilotage.

Rosalyne ne put s’empêcher de s’extasier un instant devant l’immense engin volant puis, reprenant ses esprits, se mit à la recherche de sa mère. Carrie Evans était justement sous la tonnelle réservée à son entreprise, en grande discussion avec un des professeurs de l’académie, M. Wright, qui y enseignait la conception mécanique.

- Mademoiselle Evans, salua-t-il la jeune fille quand il la vit s’approcher d’eux, ôtant élégamment son haut de forme. Nous étions justement en train de parler de vous.

Grand et mince, l’homme pouvait sembler froid au premier regard, mais il en était tout autrement. Toujours tiré à quatre épingles, il portait une redingote boutonnée jusqu’en haut et se terminant en queue de pie. Il replaça son chapeau d’un geste habile sur ses cheveux blonds en souriant à la jeune fille.

- M. Wright était sur le point de me parler de votre dernier travail de conception, le véhicule terrestre autonome, expliqua Carrie d’une voix amusée, sachant déjà de quoi il retournait.

- En effet, Mademoiselle, votre interprétation du sujet m’a quelque peu déconcerté, avoua le gentleman. Alors que vos camarades m’ont rendu des projets très scolaires, utilisables à l’intérieur des dômes, de nouvelles voitures ou des machines agricoles, vous nous avez imaginé une tout autre machinerie. Un véhicule tout-terrain, capable de se déplacer en dehors des dômes. Et le tout conduit par un être humain alors que les machines tendent à être de plus en plus autonomes, de nos jours, comme en témoignent les robots de votre père.

- Je le conçois bien, professeur, répondit Rosalyne. Mais, voyez-vous, j’ai soif de plus de liberté. Je sais que les dômes nous protègent du monde extérieur dans lequel nous ne pourrions plus survivre, mais je ne peux m’empêcher de rêver qu’un jour, nous pourrions explorer la surface sans nous cacher sous terre ou dans les airs. Cela a certainement dû se ressentir dans mon travail, se défendit-elle. Mais cela ne reste qu’une idée, le développement d’un tel projet prendrait des mois, voire des années.

- Vous êtes comme votre mère, fascinée par l’extérieur, dit le professeur en souriant à l’intéressée. Pourtant, ce n’est pas encore aujourd’hui que nous pourrons sortir de notre cage, aussi belle soit-elle. Je ne peux que vous conseiller de vous interroger sur les attentes actuelles de la société pour vos prochains travaux, car je pense que vous êtes un peu en avance sur votre temps, Mademoiselle Evans. Mais gardez bien ces idées dans un coin de votre tête, dit-il en lui adressant un clin d’œil, elles pourraient s’avérer utiles, un jour.

Il s’excusa alors et salua les deux femmes avant de s’éloigner. Le son de sa canne contre les pavés résonnait dans la galerie alors qu’il se dirigeait vers le réfectoire. L’heure du déjeuner approchait à grands pas et la plupart des visiteurs prenaient eux aussi la direction des salles de classe qui avaient été aménagées en restaurants éphémères pour la durée du salon. Carrie et Rosalyne restèrent quelques instants à discuter ensemble pendant que la mère rassemblait ses affaires.

- Alors, ma chérie, tu as pu voir des choses intéressantes ? demanda Carrie en passant la poignée de son sac à main par-dessus son épaule.

La mère de Rosalyne semblait bien plus jeune que son âge. Elle avait transmis sa chevelure blonde et ondulée à sa fille, mais la portait bien plus courte. La jeune fille avait également hérité des traits de sa mère, encore fins, ponctués seulement par quelques rides de sagesse. Carrie portait une robe noire qui mettait sobrement ses formes en valeur, car elle représentait son entreprise lors de ce salon en tant qu’ingénieure de Pawell & Co.

- Oui, je suis allée voir les robots de papa, répondit Rosalyne avec entrain. Ils sont de plus en plus impressionnants !

- Toujours aussi fascinée par les machines de ton père, s’amusa Carrie. Nous devons d’ailleurs nous retrouver bientôt pour le déjeuner, tu veux te joindre à nous ?

- Je ne peux pas, les étudiants doivent laisser la priorité aux visiteurs ainsi qu’aux exposants pour les premiers services. Je vais rejoindre Paul et nous mangerons un peu plus tard.

- Très bien. Oh, et le gouverneur doit venir baptiser le nouveau zeppelin tout à l’heure, à 17h. Tu seras là ?

- Nous ne manquerions cela pour rien au monde !

- À tout à l’heure, alors !

Les deux femmes se quittèrent, l’une suivant la foule en direction des salles de restauration, la plus jeune prenant le chemin du grand atelier pour rejoindre son ami. L’endroit abritait habituellement les cours d’usinage et de production, mais avait été aménagé pour l’occasion en hall d’exposition. À l’intérieur, des visiteurs, principalement des hommes, conversaient bruyamment à propos des dernières avancées technologiques ou parlaient affaires.

On ne trouvait encore que peu de femmes dans ce genre de domaine scientifique et technique, même si le nombre de ces dernières commençait à augmenter ces dernières années. Les autres demoiselles préféraient devenir des Ladies, s’occuper de leur image et harponner le meilleur parti pour se mettre à l’abri du besoin.

Mais ce n’était pas le cas de Rosalyne. Elle avait fait ses premiers pas au milieu des machines dès son plus jeune âge, préférant les outils aux poupées, les boulons aux bijoux. Élevée par des parents ingénieurs, elle avait vite compris ce qu’elle voulait faire plus tard et avait pu intégrer la prestigieuse Académie Mélusianne après le lycée, passant avec succès le difficile concours d’entrée. Encore en première année, Rosalyne ne savait pas encore quelle spécialité choisir, autant attirée par les machines volantes de sa mère que par les robots humanoïdes de son père. Tout l’intéressait, et lors du salon, elle ne savait plus où donner de la tête.

Elle retrouva Paul un peu plus tard, de nouveau au stand de Cloud Technology, mais c’était un tout autre spectacle qui s’offrait alors à eux. Un autre robot s’affairait à confectionner de petits hors-d’œuvre sous les yeux ébahis et gourmands des visiteurs et ceux attentifs du chef cuisinier. La machine maniait ses ustensiles de cuisine d’une main argentée de maître. Il était vêtu à la manière d’un commis de cuisine, seule sa tête robotique et ses bras brillants qui dépassaient du vêtement trahissaient sa condition artificielle.

- Ce robot a rejoint notre équipe il y a quelques mois, dans notre restaurant, le Shift, expliquait l’homme en blanc coiffé d’une toque immaculée. Il nous aide beaucoup lors des rushs, pour certains dressages, mais aussi pour la confection de plats simples et également pour la vaisselle.

L’androïde plaça les petites bouchées sur un plateau qu’une serveuse à l’uniforme turquoise vint proposer gracieusement aux spectateurs. Rosalyne et Paul saisirent chacun un des petits canapés qui s’avéraient délicieux bien que d’une apparente simplicité.

- Cela m’a ouvert l’appétit, fit Paul en léchant les quelques miettes qui s’étaient collées sur ses doigts. Dommage qu’on ne puisse pas encore aller manger.

- À moins de se faire passer pour des visiteurs, de grands industriels ou des ladies, je crains que nous ne devions attendre, répondit Rosalyne. Peut-être pourrais-je me faire passer pour une grande dame, tu ne crois pas, s’amusa-t-elle en faisant virevolter sa robe.

La jeune fille était plus habituée à porter des vêtements bien plus confortables, comme des pantalons en toile bruns ainsi que des chemises