My Dirty Stories - Mila Leduc - E-Book

My Dirty Stories E-Book

Mila Leduc

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Beschreibung

Compilation de 6 histoires EROTIQUES par Mila Leduc réunies dans un même eBook !

Retrouvez dans cette anthologie d'exception à un prix exceptionnel :

1. Kinky Roommates - Un colocataire sexy
2. Avec l'Oncle Charpentier
3. Babysitter Obsession - Avec un Père Célibataire
4. Une histoire de Sexe Hardcore
5. Une Mariée avec 2 Hommes
6. Vendue au Milliardaire (BDSM)
7. + Une Histoire BONUS

Compilation de Nouvelles Érotiques, réservées à un public averti...
Scènes hautement sexy et perverses.
Tabou et Sexuel. BDSM. Soumission. Passion. Sexe.
Choquant et déroutant...

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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Compilation Erotique

Mila Leduc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KINKY ROOMMATES 

 

ALIX 

Ça y est. C'est enfin le grand jour. Je crois que j'en ai rêvé toute ma vie : me voilà enfin à New York. Ça n'a pas été facile de convaincre mes parents, mais je l'ai fait. Aujourd'hui, je vais vivre dans la ville qui m'a toujours fait rêvé, et je vais réaliser mon rêve : devenir costumière à Broadway. 

 

J'ai réussi à entrer dans le séminaire de John Bloomsbury, l'homme que j'admire le plus au monde. Pendant plus de 30 ans, il a habillé les acteurs et actrices, a imaginé des costumes tous plus magnifiques les uns que les autres.  

 

Et je compte bien prendre la relève. Je finis de me motiver en déposant le dernier carton de mes affaires dans le couloir de mon immeuble. Je suis au dernier étage, et j'ai dû passer du temps à monter toutes mes affaires.  

 

Au moins, je n'aurais plus qu'à les faire entrer dans l'appartement.  Je jette un coup d'œil à ma montre : 9h59. Parfait. Mon rendez-vous avec mon colocataire est dans une minute, devant l'appartement.  

 

Je vérifie rapidement mon reflet dans le miroir qui se trouve dans le couloir. Je n'aurais peut-être pas dû m'habiller de manière aussi simple.  

Avec mon jean, mon simple t-shirt blanc et ma veste, j'ai l'impression d'avoir l'air d'une vraie campagnarde. Enfin, je suppose que ça aurait pu être pire : je remets ma frange en place, réajuste mon t-shirt et prends une grande inspiration.  

 

Je vais rencontrer mon nouveau colocataire. Je recherche à côté des portes les inscriptions : un certain B. Bright. J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un homme, mais j'aimerais quand même m'être trompée. Enfin, nous verrons bien. J'espère seulement que ce sera une personne facile à vivre. 

 

Je trouve finalement le bon appartement, et commence à toquer doucement. Personne ne semble répondre.  

 

Je toque alors plus fort. Toujours rien. J'attends une minute, puis deux, puis commence à perdre patience. Je suis à l'heure, et j'ai horreur des personnes qui ne sont pas ponctuelles. D'autant plus que j'ai d'autres choses à faire aujourd'hui. Je me décide donc à toquer une troisième fois.  

 

Alors que mon poing s'approche du bois, la porte commence à s'ouvrir. Une voix légèrement taquine se fait entendre :  

"Hé mec, je sais que le loyer n'est pas cher pour le quartier, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut être aussi pressé."  

 

La porte est maintenant complètement ouverte, et donne sur un homme presque nu. Sans être gêné par le fait de se montrer seulement vêtu d'une serviette de bain relativement mouillée, mon interlocuteur se penche vers moi, s'appuie dans l'encadrement de la porte et me demande :  

" Et qu'est-ce que je peux faire pour toi chérie ? J'attends quelqu'un tu sais, je ne peux malheureusement pas être à tout le monde."  

 

Son sourire ne change pas alors qu'il prononce ces mots. Il est sexy, il le sait et en joue. Mais je ne suis pas d'humeur à jouer.  

"Je suis Alix Stevenson. C'est moi, la personne de l'annonce."  

 

Son visage se décompose instantanément. Je ne comprends pas tout de suite. Puis je me rappelle : comme il avait signé B. Bright, j'avais décidé de faire de même, et de remplacer mon prénom par une simple initiale. Avant que je n'ai le temps de dire quoique ce soit, il commence à me dévisager, puis déclare doucement :  

"Donc... Tu es une fille en fait...Je..." 

Il peine à trouver ses mots, et je sens les larmes monter. Je ne peux pas abandonner maintenant, je ne veux pas. Tout devait bien se passer.  

 

Je devais arriver ici, rentrer dans mon appartement, et vivre ma vie de rêve. Mais il pensait louer à un garçon, et je suis une fille. Il ne voudra pas me louer la collocation, maintenant. Je vais le retrouver dans New-York, à la rue, avec toutes mes affaires.  

Comment faire pour trouver une aussi bonne offre rapidement. Je ne vois pas de solution. C'est impossible.  

 

BLAKE 

Elle va pleurer. Ça se voit, je le sens. Sans vouloir me vanter, j'ai l'habitude de côtoyer des femmes, et je sais facilement voir à travers elles. Surtout quand elles sont sincères. Et j'ai horreur de faire pleurer les femmes.  

 

Alors je m'appuie lentement dans l'encadrement de la porte, soupire, et me ressaisit pour lui sourire :  

"Enfin, j'ai prévu de louer l'autre chambre à un certain A. Stevenson, donc si c'est toi, je ne vois pas pourquoi changer notre arrangement. Bienvenue chez toi alors." 

 

De son visage émane un intense sentiment de soulagement, et elle laisse échapper un retentissant" Merci" qui m'arrache un petit rire. Elle est plutôt mignonne, la campagnarde. Je décide de l'aider à rentrer ses cartons, et heureusement pour moi, elle en a assez peu. Une fois toutes ses affaires dans l'appartement, je ferme la porte, me tourne vers elle, et lui déclare en ouvrant les bras :  

"Bienvenue chez toi alors."  

 

Mes mouvements font légèrement glisser la serviette entourant mes reins vers le bas, et je remarque que cela fait furieusement rougir ma nouvelle colocataire. Je laisse échapper un petit rire. Je sais que je fais de l'effet aux femmes, et j'aime ça. Mais cette réaction est la plus sincère que je n'ai jamais vu. Cela me donne envie de la pousser un peu plus dans ses retranchements.  

 

Alors je décide de m'avancer un peu vers elle, lentement. Le rouge de ses joues devient d'autant plus violent. Je souris légèrement, et lui chuchote :  

"Qu'est-ce qui se passe, Miss Alix ? Est-ce-que par hasard tu serais mal à l'aise ?"  

 

Muette, elle reste figée un long instant avant de finalement glisser sur le côté en direction du salon. Là, elle lève le nez vers le plafond et commence à observer la pièce avec minutie, et finit par bredouille un timide :  

" C'est très riche ici, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi... Enfin, le loyer est bien de 500$ par mois, il n'y a pas d'erreur... Non ?"  

 

Je reste un moment sans rien dire. Le fait qu'elle ait réussi à m'esquiver m'agace quelque peu, mais je décide ne rien dire. Je décide plutôt de me rapprocher, et je lâche un simple :  

" Tu sais, quand on s'appelle Bright, c'est plutôt normal d'habiter dans des appartements plutôt luxueux..."  

 

Sans la regarder, je me décide à enchaîner : 

 "Et puis, comme j'avais une chambre de libre, je me suis dit que ce serait une bonne idée de la louer à quelqu'un, pour côtoyer un peu le petit peuple, pour mieux le connaître... " 

 

Elle ne répond rien dans un premier temps, puis finit par insister :  

"Mais... donc...le loyer est bien de 500$ pour cet appartement ?"  

 

J'ai envie d'exploser de rire. Cette femme est incroyable. Je viens de faire allusion à mon nom de famille, à la richesse de cette famille milliardaire, mais il semblerait qu'elle s'en fiche. Tout ce qui l'intéresse, c'est de pouvoir payer le loyer minable de cette chambre. Les femmes se jettent facilement sur moi habituellement, surtout lorsqu'elles prennent connaissance de mon nom. Se pourrait-il que celle-ci cache son intérêt afin de mieux m'attirer vers elle ? Tout cela me trouble, aussi je ne réponds à sa question qu'avec un léger hochement de tête. Visiblement ravie, la fameuse Alix devient toute de suite plus bavarde, et je peine un peu à la suivre.  

 

"Oh, ne vous embêtez pas pour me faire visiter, je ne veux pas vous déranger, et puis je vous poserai des questions lorsque j'en aurai. A propos de notre cohabitation : je ne suis pas une grande fêtarde, et je ne connais encore personne ici, donc ne vous inquiétez pas pour votre calme.  

 

Il faudra juste me dire si le bruit de la machine à coudre s'entend dans l'appartement, je ne voudrais pas déranger !  

 

Quant à vous, vous être libres, je ne veux juste pas être dérangée quand je travaille, et je travaillerai beaucoup, alors ne vous en faites pas, je serais toujours dans ma chambre."  

 

Cela fait beaucoup d'informations à digérer, ce qui me donne très envie de rire. Mais mon rire se perd lorsque je surprends son regard qui glisse sur mon corps jusque ma serviette. Ses yeux croisent ensuite les miens, et son rougissement recommence.  

 

Elle bredouille alors quelque chose, et s'enfuit rapidement en direction de sa chambre. Drôle de fille. Maintenant que j'y pense, j'ai peur de ce que va donner la collocation avec elle.  

 

Elle a quand même bien insisté sur son envie de travailler. J'espère qu'elle ne sera trop difficile à vivre. J'ai bien peur que cette collocation se transforme en cauchemar si cette fille de la campagne s'oppose à mon train de vie. Enfin, nous verrons bien.  

 

ALIX 

 OK. C'est sûrement une mauvaise idée. Voire une très mauvaise idée. En fait, je pense qu'il s'agisse de la pire idée que je n'ai jamais eu. Vivre avec ce type ? Il est visiblement bien plus à l'aise avec le sexe opposé que moi, et puis, il est terriblement sexy. Mais quand même... Les Bright? Même du fin fond de ma campagne, j'ai déjà entendu parler de leur compagnie.  

 

Qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Que j'allais lui sauter dessus parce qu'il a un gros carnet de chèques ?  

Et surtout, qu'est-ce qu'il entendait par "le petit peuple"? Il était vraiment sérieux ? Je n'arrive pas à le croire, et je ne supporte pas les personnes aussi arrogantes que lui. Enfin, j'ai un appartement idéal, je suis près de l'école de mes rêves, et surtout, je suis plus motivée que jamais. Alors même s'il est très sexy, ce n'est pas ce colocataire qui va me faire céder.  

 

BLAKE 

 20h00. Je ne suis pas en retard. Parfait. Je cherche des yeux mon frère Vincent, qui n'est pas arrivé. Un serveur vient m'avertir que Jackson est déjà à table. Je le suis donc jusqu'une salle à l'arrière du restaurant.  

 

Elle est remplie de quelques tables luxueuses, mais toutes sont vides, sauf une. Au fond de la salle, proche de la verrière, se tient Jackson, mon frère aîné. Je le rejoins alors, et nous nous saluons.  

 

"Blake. Cela fait un long moment que nous ne sommes pas vus. Comment vas-tu ? 

 -Plutôt bien, et toi ? Dis-je. Depuis le temps, tu dois avoir des choses à me raconter. Ça va faire quoi... 6 mois que l'on ne s'est pas vu ?  

-Tu sais ce que c'est, je voyage beaucoup pour la société en ce moment... Soupire-t-il 

 -J'espère au moins que tu as le temps de profiter un peu des beautés locales", le taquinai-je.  

 

Jackson ne répond pas, et se contente de sourire tout en faisant tourner son verre de vin. Je suis sur le point de reprendre la conversation lorsque j'entends une voix s'élever gaiement dans mon dos : "Blake ! Jack! Désolé du retard, j'ai voulu essayer de venir à pied et je me suis perdu : c'est vraiment compliqué de se déplacer sans chauffeur dans cette ville..."  

Jack et moi ne sommes même pas étonnés : Vincent, ou Vince, comme nous le surnommons, a toujours aimé faire des expériences pour le moins étranges, ce qui a toujours enragé nos parents.  

 

De la famille, c'est de loin le plus excentrique. Pas étonnant donc qu'aujourd'hui il travaille comme expert en art.  

Jackson, ou Jack, est lui le portait craché de notre père : sérieux, droit et impliqué, il s'implique toujours dans le travail, même si c'est au détriment de sa vie privée. Et puis il y a moi : celui qui aime profiter de la vie, la bonne nourriture, les costumes élégants et les conquêtes par dizaines.  

 

Jack salue Vince avec l'éternelle lassitude qui le caractérise lorsqu'il s'adresse à notre cadet : "Tu n'es pas possible... Pourquoi vouloir faire comme tout le monde quand tu peux avoir mieux ?" Sans lui répondre, Vince s'assoit et se tourne vers moi : 

"Alors Blake, tu dois en avoir des choses à nous raconter ! La dernière fois qu'on s'est vu, c'était pour l'anniversaire de maman, non ? En même temps, a part pour aller la voir, je ne mets plus tellement les pieds en Angleterre... Et puis bon, utiliser le jet et traverser l'océan pour un jour, c'est un peu bête...  

 

-Pourquoi s'en priver puisque tu peux le faire, continue Jack. Vraiment, je ne comprendrais jamais ton obsession pour le commun des mortels."  

 

Cette fois, Vince hausse simplement les épaules. Jack, dans un soupir agacé, retourne à sa place, et s'assoit. Je l'imite, et Vince se tourne aussitôt vers moi.  

" En parlant de commun des mortels, c'est vrai que tu as loué ta troisième chambre à un étudiant ? Papa m'a dit ça au téléphone, mais je n'étais pas sûr d'avoir compris. C'est plutôt une chose que JE ferai, mais pas toi."  

 

Visiblement, Jack est aussi surpris que lui. Je m'y attendais un peu, ceci dit. Aussi, je m'enfonce tranquillement dans mon siège, avalé une lente gorgée de vin rouge, et finit par leur expliquer :  

" En fait, je me suis retrouvé avec une fille une fois. Bon, très jolie, pas trop idiote, mais sans plus.  

 

On s'amusait bien, sans se prendre la tête, mais je ne savais que ça ne durerait pas longtemps. Mais pour faire durer notre relation un peu plus, je l'ai emmenée dans mon appartement : à un moment, elle a voulu aller se faire livrer des pâtes italiennes dans une espèce de petit restaurant minable du Bronx.  

 

Je lui ai dit de commander à la Trattoria, vous savez, celui qui fait de délicieuses gnocchis aux truffes. Même s'ils ne font pas de livraison, je pouvais toujours envoyer mon chauffeur les récupérer.  

 

C'est généreux de ma part, vous en conviendrez. Et là, cette idiote me dit que c'est très gentil, mais qu'elle aime celles de ce restaurant, et qu'elle veut commander là-bas. Je lui ai donc dit qu'elle avait des goûts vraiment critiquables, et elle a osé me rétorquer que je n'étais qu'un gamin gâté qui ne comprenait rien à la vie. Sur le coup, ça m'a vraiment agacé.  

 

Et puis, plus j'y réfléchissais, et plus je me disais qu'elle n'avait peut-être pas tort. Donc j'ai décidé de prendre une personne normale dans mon appartement, pour l'observer et comprendre leur fonctionnement. "  

 

Mes frères restent interdits pendant quelques secondes. Puis Vince émet un petit rire, et déclare :  

" Un peu comme un... Animal de compagnie en fait, comme un oiseau rare ? 

 -Hmm... La comparaison est assez juste, tu as raison.  

-Et alors, rit Jack à son tour, comment se passe l'observation de cet oiseau ? 

 -On pourrait plus parler de chaton, à ce niveau là. Déjà, j'attendais un mâle, et me voilà avec une petite femelle dans les pattes. Et sinon... C'est assez décevant en soi. Elle travaille beaucoup, je crois.  

 

Quelque chose avec une machine à coudre. Le peu que j'ai vu de sa chambre croule sous les tissus et les croquis. Elle passe la plupart de son temps enfermée dans sa chambre, c'est assez rare de la croiser.  

 

Il lui arrive quand même d'agir de manière assez divertissante de temps en temps. Par exemple, elle n'est pas encore habituée au fait de vivre avec quelqu'un d'étranger, alors elle se balade souvent en pyjama très court le matin, et rougit si je la regarde.  

 

Il lui arrive de trop cuisiner et de me laisser un petit mot avec une assiette pour que je puisse y manger. Et aussi...  

-Tu l'as plutôt bien observée, dis moi, glisse Jack.  

-C'était le but, lui répondai-je du tac au tac.  

-Mais alors... Tu l'aimes bien, cette colocataire ? Renchérit Vince avec un sourire plus qu'équivoque. 

 -Je vous l'ai déjà dit, ce n'est qu'un moyen de me distraire. Rien de plus", soupirai-je. 

 

Je décide de faire partir la conversation sur un autre sujet, car je n'ai pas réellement envie de penser à Alix.  

 

La soirée avec mes frères est à partir de cet instant très agréable, et nous finissons assez tard dans la nuit.  

 

Vers une heure du matin, me voilà enfin de retour à l'appartement. Alors que je fais attention à ne pas faire trop de bruit, je remarque le léger trait de lumière sous la porte d'Alix.  

 

Ce n'est pas la première fois que je suis dans cette situation; mais la plupart du temps, j'ai une femme au bras en rentrant. Ceci dit, cela fait bien longtemps que personne ne m'a raccompagné ici.  

 

Lentement, je m'approche de la porte d'Alix pour y toquer. Sa voix fatiguée me répond un timide "Entrez". Je ne me fais pas prier. 

 

ALIX 

Je ne sais pas pourquoi Blake a souhaité entrer dans ma chambre ce soir. Ce n'est pas comme si nous étions proches : bien que nous habitions ensemble, nous nous croisons très peu. Parfois tôt le matin, lorsqu'il rentre de soirée et que je me lève pour me rendre à ma formation.  

Il est plutôt gentil avec moi, si on occulte son envie constante d'étaler sa fortune et son nom devant tout le monde.  

 

Enfin, je suppose que l'arrogance est l'apanage des personnes riches.  

Toujours est-il qu'il s'est assis sur mon lit sans en demander la permission, et qu'il fixe mon travail derrière mon dos. Je sens ses yeux brûler l'arrière de mon corps.  

 

C'est aussi pour ça que nous nous voyons très peu : j'ai beaucoup de mal à supporter son regard sur moi. C'est vraiment mauvais pour mon cœur, qui se met à battre comme un fou.  

"C'est plutôt voyant, comme vêtement" . Commence-t-il.  

Mon regard suit son doigt pointé sur l'un de mes croquis, accroché au mur. Je suis particulièrement fière de celui-ci.  

"On devait s'inspirer d'une comédie de Broadway pour en recréer tous les costumes. J'ai choisis le Roi Lion, donc forcément...c'est assez voyant.  

-Et tu confectionnes tes propres vêtements sans passer par un couturier ? C'est impressionnant."  

Sa tête est tournée vers ma garde-robe en fouillis. Je rougis, et bredouille un confus : "  

Hé bien, j'aimerais bien tout faire moi même, mais je n'en suis pas encore là, alors pour le moment, il y a encore pas mal de prêt à porter dans ce que j'ai."  

 

Il plonge des yeux écarquillés dans les miens, et murmure :  

"Du... Prêt-à-porter ? Qu'est-ce que c'est ?"  

Je n'arrive pas à me retenir, et éclate de rire. Je savais qu'il était riche, mais au point de ne pas savoir ce qu'est du prêt-à-porter, je l'ignorais.  

 

Il se met à faire la moue, visiblement vexé, et sort en marmonnant un" Bonne nuit". Bien que j'essaye de le retenir, il est rapidement enfermé dans sa chambre, et ne répond pas à mes appels.  

 

Je m'en veux un peu de l'avoir vexé. Malheureusement, je n'ai pas le temps de m'occuper de cela aujourd'hui.  

 

Demain, je dois rendre une dizaine de croquis, et je ne peux pas me permettre de faire mauvaise impression sur Monsieur Bloomsbury. En aucun cas il ne faut que je me laisse perturber par Blake, et ce même s'il se trouvait dans ma chambre, habillé d'un smoking qui lui allait à merveille et que j'avais furieusement envie de lui retirer. Ce n'est pas le moment de craquer. 

 

BLAKE 

Je m'affale sur mon lit. Hors de ma chambre, j'entends Alix qui s'excuse et qui m'appelle. Il ne faut pas que je lui réponde. Autrement,je ne sais pas e que je ferais. Ou plutôt si, je le sais, et c'est bien ce qui m'inquiète.  

 

Si je lui ouvrais la porte maintenant, je l'attirerais vers moi, la porterais jusque mon lit pour finir par lui faire l'amour.  

 

Cela fait des mois que cette idée me hante. Des mois que j'ai envie de sentir sa peau dès qu'elle en dévoile un peu trop.  

 

J'ai envie de la toucher, de la sentir, mais plus que tout, j'ai envie de voir son visage se troubler, prendre des centaines d'expressions différentes.  

J'ai envie de la taquiner, de la faire pleurer, de la faire rire, et surtout d'observer son visage succomber au plaisir.  

 

Je n'arrête pas de me demander si elle rougirait encore plus fort que d'habitude, ou si elle se révélerait, comme une autre femme, sauvage et indomptable.  

 

Depuis quelques temps, elle a prit la place principale dans tous mes fantasmes, et impossible de l'en chasser. J'ai bien essayé de sortir avec d'autres femmes, je les ai même amenées ici pour l'oublier, mais rien n'y fait. Dès que je suis excité, c'est à elle que je pense. C'est elle que j'ai envie de voir dans mon lit, plus que toutes mes conquêtes réunies.  

 

Je n'arrive pas à savoir si cette obsession pour elle est due à mon incapacité à avancer dans ma relation avec elle ou s'il s'agit de quelque chose de plus profond. J'ai pourtant tout tenté : mon physique, mon nom, ma fortune, rien n'y fait. Cette fille ne fait que travailler, et peu importe ce que je fais, ces yeux ne semblent pas dériver de son objectif. Mais je n'ai pas dis mon dernier mot : il me faut un plan, et je crois en avoir trouvé un parfait. 

 

ALIX 

Un costume d'homme. Je suis vraiment mal : monsieur Bloomsbury nous a finalement donné un devoir plus compliqué que celui de réaliser des croquis.  

 

Mais maintenant, je suis censée réaliser un costume d'homme pour le prochain spectacle Le Fantôme de l'Opéra. Or jusque maintenant, je n'ai fait que des costumes pour femmes, que je réalisais à partir de mes mensurations. Comment faire ?  

Alors que je réfléchis à une solution, je me rends compte que je tourne en rond dans ma chambre.  

 

Ouvrant lentement la porte, je me rends compte que Blake ne semble pas être à l'appartement. Je décide donc d'aller faire un tour dans le salon, histoire de me changer les idées. Dehors, il fait nuit.