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Compilation de 10 histoires EROTIQUES par Mila Leduc réunies dans un même eBook !
Retrouvez dans cette anthologie d'exception à un prix exceptionnel :
1. La Serveuse et le Milliardaire
2. La Belle & Le Bûcheron
3. Un Voisin Terriblement Sexy
4. PLAY ME
5. Come Back To Me
6. Step-mother
7. Soit mon VALENTIN !
8. Mafia & Perversions
9. L'Obsession du Milliardaire
10. Girl Of Anarchy
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Veröffentlichungsjahr: 2018
MY HOT SUMMER
10 nouvelles érotiques
Mila Leduc
La Serveuse & Le Milliardaire
De toutes les saisons à Londres, Sophie se dit que le printemps était – de loin – celle qu'elle préférait. Tout était marqué du sceau du renouveau et de la renaissance : les terrasses des pubs et les parcs se remplissaient à nouveau et les rires fusaient de toutes parts dans la ville. Un air chaud balayait les rues, emportant avec lui la torpeur et la grisaille de l'hiver. D'ailleurs, pas plus tard que ce matin, se promenant dans Hyde Park, Sophie avait décoché un large sourire à un jogger qui venait en sens inverse…sous le coup de l'émotion, il avait failli trébucher sur les graviers ! Sophie s'était alors dit que sa décision de quitter la France pour s'installer à Londres avait été une excellente idée.
Sans doute la meilleure qu'elle avait jamais prise depuis très longtemps. Elle se remémora sa situation, il y a un mois à peine et le souvenir la fit sourire : dévastée par sa rupture avec P., elle était au 36e dessous, accablée de chagrin et de tristesse. Plus sur un coup de tête qu'autre chose, elle avait alors fait son sac et pris un aller simple pour le premier Eurostar au départ de Paris. Ses économies lui permettaient de tenir quelques semaines à Londres mais elle allait devoir trouver un boulot rapidement…ce qui ne fut pas chose aisée.
En quelques jours, son petit pécule avait fondu à vue d’œil. Un jour, en parcourant les annonces de Time Out, allongée sur le lit de sa chambre d'hôtel dans le quartier de Brixton, elle tomba sur une annonce : une boulangerie-pâtisserie cherchait une assistante polyvalente. Expérience pas indispensable mais joie de vivre de rigueur. Français parfait également. L'après-midi même, Sophie se rendait dans la boulangerie. Le propriétaire s'appelait Ernesto et était originaire de Marseille. Il était installé à Londres depuis quelques années et l'affaire marchait bien. Trop, en fait, pour qu'il puisse tout gérer lui-même. Ernesto lui expliqua qu'il se spécialisait dans le haut de gamme et que ses clients étaient principalement des entreprises à qui il livrait des viennoiseries pour des petits déjeuners professionnels. « J'importe tous mes produits depuis le continent. On a beau dire, mais rien ne vaut la farine d'épeautre ou de gruau bien de chez nous ! » lui avait-il dit en riant. Il avait ensuite posé à Sophie la question que pose tout Français à un compatriote qu'il rencontre à Londres : pourquoi avoir quitté la France pour s'installer ici ? C'est à cet instant que Sophie avait littéralement fondu en larmes… même si Ernesto était un parfait inconnu, elle s'était laissée aller et lui avait tout raconter : sa séparation douloureuse, son envie d'ailleurs, sa nécessité de faire table rase, celle aussi de trouver un boulot très rapidement car elle n’avait presque plus d’argent...Tout y était passé. Son déballage, ponctué de larmes et de reniflements, avait duré un bon quart d'heure. Ernesto l'écouta sans mot dire, les bras croisés. Une fois que Sophie eut fini, reprenant ses esprits et se traitant intérieurement de pauvre gourde pour avoir totalement foiré sa moindre chance d'avoir le boulot, le pâtissier prit la parole sur un ton grave :
Très bien. Tu commenceras demain matin ; pour le salaire, nous trouverons quelque chose qui convienne à tous les deux. Je ne suis pas un mauvais patron, mon affaire marche correctement et je sais me montrer généreux avec les personnes qui travaillent bien. Et je suis sûr que c'est ton cas. Quant à l'hôtel, tu ne peux plus y rester, c'est évident. Je vais te donner l'adresse d'une fille que je connais et qui cherche une colocataire...
A partir de ce moment, Sophie avait su que peut-être, enfin, le vent tournait en sa faveur. Elle se présenta le lendemain à l'adresse dans le quartier d'Islington, que lui avait donné Ernesto. Une bâtisse de cinq étages en briques rouge. Elle sonna à l'interphone et une voix féminine lui répondit laconiquement : « dernier étage ». Après avoir frappé à la porte d’entrée de l’appartement, Sophie fut accueillie par une fille qui devait approcher la trentaine – soit à peine quelques années de moins que Sophie. Elle était simplement vêtue d’un débardeur écru qui laissait deviner des petits seins fermes, et d’un caleçon pour homme en coton bayadère. Tout en priant Sophie d’entrer, elle se frotta les cheveux dans une serviette, s’excusant de sa tenue car elle sortait de la douche. Elle se présenta : Lucy. Le courant passa très vite entre les deux femmes. Lucy lui expliqua qu’elle était Australienne, surfeuse à ses heures, et photographe, et qu’elle gagnait surtout sa vie en faisant des photos de mode – aussi bien devant que derrière l’objectif. Surtout pour des campagnes de maillots de bain. Elle expliqua également à Sophie qu’elle cherchait une personne avec qui elle pourrait partager le loyer de l’appartement qu’elle ne pouvait assumer seule. Sophie accepta sur le champ…sans être particulièrement spacieux, le lieu disposait néanmoins de deux chambres, d’un petit salon et d’une cuisine séparée. Sophie prit alors un air conspirateur :
Maintenant que tu as choisi d'habiter ici, je peux t'avouer le terrible secret de cet appart… suis-moi.
Lucy ouvrit une porte à côté de l'entrée que Sophie avait instinctivement prise pour celle d'un placard. À l'intérieur : un escalier à vis en fer forgé menant à une terrasse sur le toit de l’immeuble. La vue y était magnifique : Sophie pouvait distinguer sans peine Saint-Pancras et les toits des maisons dans les rues avoisinantes ; le panorama était splendide.
Voilà… tu sais tout, maintenant. Parfait pour bronzer en toute intimité et papoter autour d’un verre de vin. Je dois quand même te prévenir, le voisin d'en face à des yeux un peu baladeurs, si tu vois ce que je veux dire.
Et comment fais-tu pour gérer ce problème ?
ça dépend de mon humeur. Soit je lui adresse un magnifique doigt d'honneur quand je le chope en train de m'espionner avec sa longue-vue, soit je lui en donne pour son argent. La dernière fois, je me suis lentement passée de l'ambre solaire sur les seins, avec les jambes bien ouvertes. Le pauvre, il a commencé à s'astiquer et il a joui en trente secondes chrono…
Sophie sut alors qu’elle allait bien s’entendre avec Lucy.
Le travail à la boulangerie était somme toute agréable. Ernesto ne lui avait pas menti : son affaire prospérait et le salaire, sans être mirobolant, était néanmoins tout à fait convenable. Ernesto lui-même s’avéra être un personnel jovial, à la faconde toute méridionale. Le job de Sophie consistait surtout à prendre les commandes et les livrer à travers Londres tôt le matin. Peut-être était-ce du au sourire et aux longues jambes de Sophie ou à la pâte feuilletée d’Ernesto, mais le carnet de commandes ne désemplissait pas. Ce soir-là, en quittant son travail, Ernesto l’interpella :
Sophie, tu as une commande importante à honorer demain matin… un des meilleurs clients… un des plus riches aussi. Petit déjeuner pour douze personnes. A livrer aux aurores.
Ne t’inquiètes pas, Ernesto. A demain !
Deux heures plus tard, Lucy et Sophie sirotaient un verre de chardonnay sur la terrasse de leur appartement. Sophie dévoila qu'elle allait rencontrer le lendemain matin Alexander MacGregor. Lucy se releva d'un bond de son transat :
Attends, tu te moques de moi ? Tu parles bien du magnat de la finance, le seul et unique Alexander MacGregor ?
Eh oui !
Lucy siffla entre ses dents.
Ben, ma petite… tu sais pas où tu mets les pieds ! Tu connais les rumeurs à son sujet ?
Oui, j'en ai entendu parler, tu penses bien… j'ai fait ma petite enquête sur Internet ! Il possède un des plus importants fonds d’investissement du Royaume-Uni. Cinquante ans et des poussières. Très beau mec, célibataire et on lui prête des aventures avec une flopée d’actrices et de mannequins…je m’étonne que tu ne l’aies pas encore accroché à ton tableau de chasse !
J'ai couché avec un de ses anciens employés lors d'une soirée il y a quelques mois de ça. Un jeune trader avec une queue bien épaisse et un peu recourbée… et il savait bien s'en servir, le petit pervers ! J'ai joui trois fois ce soir-là ! Enfin bref, on a parlé – un peu quand même, entre deux ébats – et il m'a décrit ton MacGregor comme un véritable obsédé de la quéquette, un vrai ravagé de la vulve.
Tout en contemplant le fond de son verre vide, Sophie se dit alors que le lendemain allait être une journée hors du quotidien. Mais jamais elle n’aurait pu imaginer tout ce qui l’attendait…
Pour se rendre dans les locaux de MacGregor Investments, Sophie avait revêtu une robe légère avec des motifs Liberty bleu nuit et turquoise. Cintrée et tombant juste au dessus des genoux, la robe mettait en valeur ses formes sans être trop aguicheuse… elle devait après tout se rendre dans le centre de la finance mondiale ! Elle avait opté pour un tanga Aubade noir rehaussé de petits lacets de dentelle sur le côté...une marque dont elle appréciait aussi bien le côté sexy que le confort. Largement échancrée à l'avant et à l'arrière, la culotte presque transparente mettait en valeur les cuisses fuselées et les fesses rebondies de Sophie. La petite bande de tissu de sa culotte recouvrait sa toison pubienne : Sophie n'avait jamais sacrifié à la mode de l'épilation intégrale qu'elle ne goûtait guère. Elle préférait laisser une petite touffe rase sur le pubis, qu'elle entretenait régulièrement. Au dernier moment, sur un coup de tête, elle prit la décision de ne pas mettre de soutien-gorge. Ses seins fermes et ronds tendaient le tissu de la robe de coton. Un charmant spectacle, en vérité, pensa la jeune femme, admirant son reflet dans le miroir. Le feu sous la glace se dit-elle une dernière fois avant de quitter l'appartement. Sophie ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais elle était en tout cas parée à toute éventualité !
En plein cœur de la City, le bâtiment qui abritait les bureaux de MacGregor était une construction de verre polie et d'acier, une forteresse placide qui ne laissait rien paraître de la bourdonnante activité qui y régnait. Le vigile à l'entrée lui demanda une pièce d'identité et vérifia que son nom figurait bien sur son registre avant de lui indiquer la rangée d'ascenseurs, au bout du hall d'entrée. Les bureaux de MacGregor Investments se trouvaient au dix-septième et avant-dernier étage de la tour. La jeune femme entreprit l’ascension tout en contemplant une dernière fois son reflet dans le miroir de l’ascenseur. Les portes s'ouvrirent sans un bruit et Sophie, les bras chargés de paniers et de thermos, pénétra dans les locaux. Derrière un comptoir en bois verni au dessus duquel s'étalaient en lettres d'or le logo de la firme, se trouvait une jeune femme, qui devait avoir à peine vingt ans. Voyant Sophie sortir de l'ascenseur, elle vint à sa rencontre :
Bonjour et bienvenue chez MacGregor Investments, suivez-moi, je vous prie.
Le ton était professionnel sans être condescendant. Sophie lui emboîta le pas dans le dédale des couloirs lambrissés. L'assistante était élancée et portait un tailleur noir ajusté qui épousait son corps parfait et moulait ses fesses fermes. Ses talons claquaient sur le sol en marbre avec la régularité d'un métronome. Sophie se demanda alors si les rumeurs au sujet de MacGregor étaient vraies ? Couchait-il avec son assistante ? Sophie pouvait sans trop de peine imaginer la jeune fille blonde en porte-jarretelles sous le bureau de son patron, avec son sexe bien dur en bouche tandis que ce premier présidait, le téléphone en main, au destin du monde. Tandis qu'elle avançait dans le couloir, une douce chaleur irradiait le bas-ventre de Sophie. Je crois que la situation m'excite beaucoup en fait.Mais fais gaffe à toi, quand même, pensa-t-elle.
Elles arrivèrent enfin devant une porte en verre à double battant. Par delà la vitre, Sophie put distinguer cinq, non six, personnes assises autour d'une table rectangulaire. Au bout de la pièce, un écran géant diffusait les images d'une pièce à peu près identique à celle devant laquelle Sophie se trouvait. Même si elle n'avait pas su à quoi ressemblait Alexander MacGregor, Sophie aurait quand même pu le reconnaître instantanément grâce au charisme qu'il dégageait. Les photos de lui qu'elle avait pu trouver sur Internet lui avait donné une assez bonne idée de son charme, mais aucun cliché n'aurait pu rendre la stature et la force qui se dégageait du personnage. Il émanait de lui une puissance toute masculine… un mâle alpha dans toute sa splendeur et sûr de lui, se délecta Sophie en le voyant pour la première fois. Impeccablement sanglé dans une chemise bleu clair et un pantalon en lin sur mesure de Savile Row, MacGregor détonait parmi les autres personnes, habillées dans des costumes plus sombres – mais tout aussi bien coupés. Sa mâchoire carrée autour de laquelle s'épanouissait une barbe poivre et sel de trois jours lui donnait un petit air de Georges Clooney. Ses cheveux, encore abondants pour son âge, étaient coiffés d'une manière faussement négligée et son torse sous sa chemise laissait deviner que MacGregor était un homme qui prenait soin de son corps. Même s'il avait, d'après les biographies officielles, la cinquantaine, MacGregor en paraissait facilement dix de moins.
Eh bien, on peut dire que vous tombez à point nommé ! Jamais petit déjeuner n'aura été aussi bienvenu que celui que vous nous apportez ! déclama-t-il en se levant et en écartant les bras.
Puis, se tournant vers son assistante :
Svetlana, pouvez-vous accompagner mademoiselle dans mon bureau, s'il vous plaît ; nous y serons plus à l'aise pour prendre le petit déjeuner. Je vais venir procéder au règlement de la facture, personnellement.
Sophie ne put s'empêcher de remarquer la façon appuyée dont MacGregor avait prononcé ce dernier mot. Ainsi que la façon dont l’investisseur avait pris le temps de la dévisager…Elle crut voir également un léger sourire traverser le visage de son assistante blonde. L'instant d'après, ce sourire avait disparu du visage de Svetlana qui s’empressa de conduire Sophie dans le bureau. La pièce était presque tout aussi grande que la première, avec une vue panoramique sur les bâtiments avoisinants et le soleil qui se levait à peine sur la Tamise. La décoration était luxueuse sans être ostentatoire : un savant mélange de pièces de collection Art Déco et de meubles contemporains en bois et en métal. Au mur, des toiles abstraites et du 19e siècle témoignaient d’un goût sûr et iconoclaste.
Attendez ici, s'il vous plaît. M. MacGregorsera à vous dans un instant.
Sophie ne put s'empêcher de remarquer la pointe d'ironie chez Svetlana. Elle s’approcha de la table en verre feuilletée au centre du bureau pour y poser ses paniers, lorsque son regard fut accroché par un détail. Sur une console, à côté de la baie vitrée, se trouvait une pile de magazines divers, aussi bien des hebdos économiques que des magazines de voile et de golf. Mais ce qui attira le regard de Sophie fut la couverture d’un catalogue d’une marque de swimwear sur lequel figurait Lucy dans un bikini doré. Impossible de s’y tromper : la fille en couverture était bel et bien sa voisine ! La voix d’Alexander MacGregor dans son dos la fit brusquement sursauter.
Ernesto est bien cachottier. Je ne sais pas encore si je lui en veux de ne pas m'avoir présenté à vous avant, ou si – au contraire – je lui suis reconnaissant de me permettre de faire votre rencontre.
Alexander MacGregor parlait un français excellent, sans une pointe d'accent. Sophie, déjouant l'attaque frontale de MacGregor, lui fit remarquer :
Votre français est parfait.
C'est souvent ce qui arrive lorsque l'on passe toute son enfance en Suisse, lui répondit-il en souriant. Mais parlons plutôt de vous...ou plutôt de votre pouvoir : savez-vous que vous êtes capable d'écourter une réunion importante avec des partenaires asiatiques, avec à la clé plusieurs millions de dollars ? Ajouta-t-il en se servant une tasse de café.
Je crois qu'en France, il y a un proverbe qui dit que l'odeur du pain frais est capable de tout arrêter, même un combat entre deux armées.
Surtout quand celle qui apporte le pain est aussi ravissante que vous. D'ailleurs, est-ce vrai, ce que l'on raconte sur les boulangères françaises ?
Quoi donc ? demanda Sophie, que la situation commençait à amuser de plus en plus.
Qu'à cause de la chaleur des fourneaux, elles ne portent pas de sous-vêtements?
Il planta son regard dans les yeux verts de Sophie, avant de porter lentement la tasse de café fumant à ses lèvres.
- Je croyais que tous les Anglais fantasmaient sur la lingerie fine des Françaises, rétorqua Sophie.
Loin d'être décontenancé par le côté abrupt des propos directs de MacGregor, elle avait au contraire décidé de prendre les devants et de mener la danse.
Touché, répondit MacGregor en lui souriant de toutes ses dents.
Il allait poursuivre mais à cet instant précis, on frappa à la porte…MacGregor grogna un « entrez ! » retentissant. Svetlana ouvrit la porte et se tint dans l'encadrement.
Taïwan, Monsieur...Ils attendent votre réponse.
Très bien, dites-leur que je prends l'appel tout de suite, répondit MacGregor. Puis se retournant vers Sophie : je suis désolé, je n'en ai que pour une minute. Nous reprendrons ensuite notre...conversation.
Sophie était de nouveau seule dans le bureau. Elle commença à disposer les viennoiseries sur la table ainsi que les tasses et le café dans des thermos en inox, tandis que son esprit tournait à une vitesse folle. Mon Dieu, je n'ai pas rêvé… il a tenté de me séduire… ici même dans son bureau. Qu'est-ce que je dois faire ? Est-ce que je ne suis pas en train de faire une vaste connerie ? En même temps, pourquoi pas, qu'est-ce que je risque ? Elle repensa alors à la mise en garde de Lucy : « ce type est un vrai obsédé ». Peut-être mais fichtrement séduisant...quel bel homme. Est-ce que je ne suis pas en train de rater une opportunité unique ? Après tout, je suis jeune, plutôt bien foutue, et mes charmes n'ont pas l'air de le laisser indifférent – c'est le moins qu'on puisse dire. Alors pourquoi n'en profiterais-je pas ? Sophie se dit alors que si elle acceptait le jeu, ce serait à elle d'en dicter les règles, ou tout au moins de s'assurer d'avoir les bonnes cartes en main. Et elle devait agir immédiatement, avant que la voix de la raison ne reprenne le dessus. Puis elle retira sa culotte.
Quelques instants plus tard, Alexander MacGregor pénétra à nouveau dans le bureau. Il ouvrit la bouche pour parler, lorsque son regard se posa sur la table : il vit la culotte de Sophie délicatement étalée entre deux plateaux de mini-viennoiseries et son visage vira subitement au cramoisi.
Je crois que vous aviez raison tout à l'heure, enchaîna-t-elle sans lui laisser le temps de rependre son souffle.
A propos… à propos de...quoi ? balbutia la trois centième fortune britannique.
Au sujet des boulangères qui ne portent pas de culotte...ni de soutien-gorge non plus, poursuivit-elle en défaisant deux boutons de sa robe, laissant jaillir ses seins ronds et bronzés.
MacGregor était désormais sans voix. Il était à sa merci et elle le savait. En revanche, elle ne put s'empêcher de constater la belle érection qui venait soudainement de tendre son pantalon en lin. Sophie s'approcha de l'homme qui avait désormais les yeux exorbités. Sophie défit encore un bouton, laissant à MacGregor tout le loisir de contempler sa poitrine dans toute sa nudité et toute sa rondeur.
Vous avez des seins splendides, mademoiselle, déclara calmement MacGregor sans les quitter des yeux.
Sophie était désormais collée à lui et pressait sa poitrine contre son torse. MacGregor dégageait une odeur d'after-shave coûteux, et celle un plus diffuse de cuir, de pin et d'ambre. Voilà donc la véritable odeur de l'argent et du pouvoir… et cet homme est désormais en mon pouvoir. Sophie pouvait aussi sentir son érection, qu'il pressait contre son bas-ventre. Excitée, elle sut qu'elle mouillait.
Je veux te baiser, là, tout de suite, soupira MacGregor qui, au vu des circonstances, était passé au tutoiement.
Moi aussi, j'en ai très envie, mais pas tout de suite, lui répondit Sophie dans un halètement.
MacGregor attira alors le visage de la jeune femme à lui, l'enserrant de ses deux mains, et plaqua sa bouche sur la sienne. Leurs deux langues eurent tôt fait de se rencontrer et ce fut comme un électrochoc pour Sophie. Tout son corps était parcouru d'un frisson et si ce n'était l'étreinte puissante de MacGregor, elle se serait sans doute sentie défaillir. MacGregor embrassait goulûment et bien : il faisait tourner sa langue dans la bouche de Sophie, se rétractant parfois pour lui laisser l'opportunité de faire de même. Ils s'explorèrent ainsi quelques longues minutes et les mains de l'entrepreneur anglais étaient désormais posées sur les seins de Sophie. Ses gestes étaient sûrs et posés : d'une main tendue, il lui enserrait complètement un sein, tandis qu'avec son autre main sur son autre sein, il faisait rouler le téton entre son pouce et son index. Chaque pincement provoquait des frissons chez Sophie. N'en pouvant plus, elle défit lentement la braguette du pantalon de MacGregor. Puis elle empoigna délicatement la verge jusqu'ici comprimée, en caressa les contours et soupesa dans sa paume tiède les testicules. Elle serra le poing sur les couilles d'Alexander MacGregor qui poussa un râle de plaisir. Elle se pencha alors un peu et entoura le gland de son autre main. Il était chaud et rond. Le sexe de MacGregor était bien proportionné et droit comme un i. Une veine bleutée courait le long de la tige. Il a vraiment une belle queue, songea Sophie.
Elle s'accroupit alors pour mieux le prendre en bouche. Elle avala le gland autour duquel elle passa sa langue. Puis, descendant tout le long de la tige qu'elle lapait comme un petit chat son bol de lait, elle s'attarda sur ses couilles, bien rondes comme des gros grains de raisin et de la taille de deux belles noix. Elle poussa un petit soupir de contentement et aspira la première, puis la deuxième olive, tout en branlant la verge dans un geste qui n'était pas sans rappeler celui qu'elle aurait eu pour agiter une canette d'Orangina. MacGregor semblait apprécier.
Continue, continue comme ça...surtout ne t'arrête pas… oui, gobe-moi les couilles, j'adore ça.
La chatte de Sophie était tellement trempée qu'elle eut le sentiment qu'elle allait laisser une flaque sur le tapis. Son bas-ventre la brûlait et elle ressentait une onde de chaleur intense qui la parcourait depuis le cou jusqu'à l’arrière des genoux. Elle écarta les cuisses et tâta son sexe qui était trempé. Elle fit ensuite glisser deux doigts le long de ses lèvres, retardant le moment où – inéluctablement – elle savait qu'elle ne pourrait plus résister au plaisir de se caresser. Elle pompait désormais hardiment le sexe de MacGregor qui lui paraissait aussi dur qu'une barre de fer. L'homme lui tenait la tête entre les deux mains, lui imprimant le rythme à tenir. Sophie tenait sa queue d'une main tout en gardant son gland dans sa bouche.
Tu suces divinement bien… tu me procures beaucoup de plaisir…je veux te rendre la pareille. Allonge-toi sur la table.
Sophie s’exécuta et Alexander glissa deux doigts, l'index et le majeur, dans sa chatte en feu : il les garda bien serrés et tout en les recourbant légèrement, entreprit un lent mouvement de va et vient. Sophie écarta encore un peu plus les cuisses pour lui faciliter la tâche. Au bout d'un moment, MacGregor lui présenta ses deux doigts dégoulinant de plaisir :
Je crois que tu es vraiment très excitée lui dit-il, avant de se lécher les doigts en la regardant droit dans les yeux. Tu sais que tous les Anglais sont nourris à la marmelade depuis leur plus tendre enfance : ça fait partie de nos gênes et on ne peut pas s'en passer… comme tu vas t’en rendre compte...
Ce faisant, il agrippa quelques poils pubiens entre le pouce et l'index et tira, envoyant chez Sophie une onde simultanée de douleur et de plaisir. Elle releva un peu plus sa robe qu'elle n'avait toujours pas quittée.
Maintenant, écarte encore un peu plus tes cuisses… je veux voir ta chatte bien luisante.
Sophie entendit alors le plop métallique de la capsule d'un pot de confiture que l'on ouvre. Ecartelée sur le bureau, abandonnée à sa jouissance, elle ne voyait plus MacGregor qui prit la parole calmement en prenant soin d'articuler chaque syllabe.
Je vais te tartiner la fente de confiture d'orange et ensuite je vais te lécher jusqu'à ce que tu me supplies de te prendre. Ensuite tu t'empaleras sur ma queue bien dure et tu vas jouir bien fort. Tu peux crier comme tu veux, la pièce est insonorisée...
MacGregor passait sa langue sur l’abricot enflammé de Sophie. Elle ressentait un tel plaisir qu'elle en avait presque mal. Sophie se tordait de plaisir tandis que la pointe de la langue de MacGregor accomplissait de lents allers et retours sur sa fente juteuse au goût d’orange amère. La respiration de Sophie s'accéléra. Le monde tournait autour d'elle et elle crut défaillir. MacGregor aurait pu passer des heures à se soûler à la source de Sophie mais cette dernière n'en pouvait plus. Impatiente, elle réclamait la queue en elle. Mais MacGregor avait les choses en main : il avait décidé de faire durer le plaisir.
Et de passer à la vitesse supérieure. Il se releva et défit lentement sa chemise, laissant à Sophie tout le loisir de voir son torse ciselé se découpant à contre-jour avec en toile de fond la ligne d’horizon de Londres. Il saisit ensuite les chevilles de la femme qu’il posa sur ses épaules à lui. Ainsi pliée en deux, Sophie lui était toute offerte… D’un geste lent et sûr, sans marquer de pause, il s’enfonça complètement en elle. Jusqu’à ce qu’elle sente ses testicules s’aplatir sur ses lèvres. Ainsi vissée sur son sexe, elle poussa un hurlement de bonheur. La vulve chaude et étroite de Sophie était bien remplie par le sexe épais de MacGregor qui coulissait en elle avec la régularité d'un piston bien lubrifié. Sophie sut qu'elle allait bientôt jouir et surtout que l'orgasme serait un des plus forts qu'elle ait jamais connue. Le devinant également, Alexander caressa prestement le clitoris de Sophie avec son majeur : il faisait tourner son doigt dans le sens inverse des aiguilles d'une montre avec une régularité métronomique.
La jouissance de Sophie fut intense : une vague de flammes froides emplit son corps qui n'était qu'un réceptacle vide, tout entier destiné à recueillir son extase liquide. Elle crut qu'elle allait s'évanouir. Elle crut qu'elle était sur le sommet de l'Everest dominant les nuages, dans une mer chaude et flottant en apesanteur dans l'espace éclairé par les seules étoiles. Elle enregistra du coin de l'œil un corps céleste qui se déplaçait, sûrement une planète dont elle croisait l'orbite. Elle réalisa qu'il s'agissait en fait d'un hélicoptère qui tournait au-dessus des toits de Londres. Le monde n'avait jamais été aussi intense ; il pouvait désormais s'arrêter de tourner. L'onde de jouissance absolue diminua progressivement, par vagues successives.
Mais le désir, lui, ne refluait pas, il était toujours présent, ainsi que son excitation, tous deux loin d'être rassasiés. Elle voulait jouir encore, du haut de cette tour dominant la Tamise, dans ce bureau, dans les bras de cet homme puissant...tout comme elle souhaitait également lui procurer autant de plaisir qu'elle en avait reçu. Elle désirait être sa créature, son objet de désir, un être tout entier tourner vers le seul plaisir de l'homme. Pareille à ces femmes dont parlent les contes de l'Arabie ancienne, parfumées d'encens et de stupre, elle voulait trouver sa raison d'être dans la jouissance de l'homme. La voix de MacGregor la sortit de sa torpeur.
Retourne-toi, maintenant...j'ai envie de toi toute entière...te posséder complètement.
Sophie effectua un demi-tour et se positionna face au bureau en gardant les jambes bien écartés : elle agrippa à deux mains la bordure opposée du bureau en acajou et cambra les reins.
Tu es vraiment une très belle femme...et ton cul est tout simplement magnifique.
MacGregor écarta à l'aide de ses mains les deux globes fessiers de Sophie et plongea sans autre forme de discours sa langue dans l'intimité la plus profonde de la femme. Sophie poussa un cri de surprise mêlé de plaisir. La langue de MacGregor allait et venait de son sexe à son anus… il s'y attarda et, dardant la pointe de la langue, tenta d'y pénétrer subrepticement. Puis il se releva, tenant son érection dans une main et tentant de se frayer un passage dans les profondeurs de Sophie.
Attends, je ne suis pas encore prête, souffla-t-elle.
Se retournant, elle empoigna un petit carré de beurre doux dans le panier en osier tressé. Elle défit l'emballage et prit dans sa main le beurre d'Isigny avec lequel elle tartina la queue bien raide de MacGregor : elle graissa son engin du pied au gland, s'amusant à s'attarder et à le taquiner en le masturbant doucement. Généreusement beurrée, la queue du banquier était désormais bien luisante dans le soleil matinal de Londres.
Maintenant, tu peux me la mettre bien au fond de mon cul, sussura-t-elle à l'oreille de MacGregor, avant de lui mordre le lobe.
Le prenant par la queue, elle l'emmena sur le canapé Barcelona à l'autre bout du bureau. Elle s'y allongea sur le ventre avant de se mettre à quatre pattes, les jambes serrées ; elle fit glisser sa robe jusqu'en haut de son dos, dévoilant ses fesses bien cambrées et sa chute de rein à la courbe affolante. Le cuir noir était souple et tiède au toucher, presque comme une seconde peau.
Viens, je suis prête… ajouta-t-elle à l'attention de MacGregor qui tenait son érection dans sa main droite.
Tu es vraiment belle… je vais être doux et ne pas te faire mal, dit-il, prévenant.
Sophie ronronna de plaisir et tortilla des fesses, prête à recevoir MacGregor. Elle sentit son gland contre son anus et cambra encore un peu plus sur les fesses, en faisant crisser le cuir souple du canapé. Cependant, s'attendant à une entrée en douceur, elle reçut toute l'érection d'Alexander en une seule poussée. La douleur faillit lui arracher des larmes.
Le salaud. Puis la douleur s'estompa pour laisser progressivement place à un plaisir intense qui irradiait tout son être. Solidement fiché dans les fesses de Sophie, le pieu de MacGregor commença un lent mouvement de va et vient. Sophie gémit ; le plaisir était intense et son désir, immense. En bon amant, MacGregor était à l’écoute du désir de sa partenaire…désir qu’il mena de main de maître jusqu’à sa logique conclusion.
Si le premier orgasme de Sophie avait été un tremblement de terre, le second fut une éruption volcanique. Elle eut le sentiment véritablement d’imploser de jouissance et tout son être était concentré en un point ultime, fait de lumière blanche et aveuglante. MacGregor se cambra en arrière et dans un rugissement félin jouit en elle, en même temps qu’elle. L’espace d’un court instant qui avait la saveur de l’éternité, les deux amants ne formèrent plus qu’un, unis dans l’extase commune. Jamais Sophie n’avait auparavant connu d’orgasme aussi déflagrant. Sachant que ses jambes ne pouvaient plus la porter, elle resta allongée sur le canapé, tandis que de l’autre côté de la porte de bureau, elle pouvait entendre la voix de Svetlana :
Monsieur, j’ai Singapour en ligne…
C'était quoi, l'objet de la réunion ? demanda Sophie, une fois remise de ses émotions. Elle était assise sur le canapé et enfilait nonchalamment sa culotte, tandis que MacGregor réajustait les boutons de manchette de sa chemise. Il prit un ton plus dur, plus professoral. Il doit s'exprimer de cette manière avec ses employés et lors de ses réunions professionnelles songea Sophie.
Aujourd'hui, dans les investissements boursiers, c'est aussi bien l'information qui compte que la vitesse à laquelle l'information se diffuse, ce qui en retour procure un plus grand contrôle de l'information. L'unité de temps est désormais la nanoseconde. Entre le moment où tu passes un ordre derrière ton écran et celui où il sera enregistré par ton courtier, d'autres dizaines de millions d'ordres auront déjà fait le tour du monde des centaines de milliers de fois. Et moi, j'investis dans les canaux qui permettent le trading à haute fréquence et donc avoir accès à toutes les données. Car je veux tout savoir : on ne sait jamais quand une information a priori sans importance peut être pertinente et se révéler intéressante. Tu veux un exemple ?
Sophie, plus intéressée par la verve de MacGregor que le contenu de son discours, hocha la tête. Alexander MacGregor se dirigea vers la console à côté de son bureau et revint avec un magazine dans la main. Il montra la couverture du magazine à Sophie : c'était celui avec Lucy. La curiosité de Sophie monta subitement d'un cran.
Tu vois cette fille sur la couverture ? On lui donnerait le bon dieu sans confession, n'est-ce pas ? On pourrait se dire qu'il s'agit juste d’un simple mannequin comme il y en a des milliers, non ?
Le débit de MacGregor s'était accéléré et son front s'était empourpré :
Eh bien, je viens d'apprendre hier soir que cette fille n'est ni plus ni moins qu'une ancienne agente des services secrets russes… et elle a été chargée de m'abattre.
La Belle & Le Bûcheron
TOME 1
Je fourrais dans mon sac des affaires à la va vite. J'en avais marre et même plus que ça. Je venais de quitter Alain, mon petit ami depuis près de cinq ans et je ne comprenais toujours pas comment j'avais pu être aussi aveugle. Je lui avais tout donné, lui avais tout laissé faire ou presque. Je pensais vraiment avoir fait plus que nécessaire, mais ça n'avait sûrement pas été suffisant pour lui.
J'avais pardonné son emploi du temps de ministre, entre ses amis et son sport qu'il pratiquait trois fois par semaine sans compter les matchs le dimanche. J'avais accepté son côté trop macho, faisant tout ce qu'il y avait à faire dans la maison que nous louions ensemble. Je avais passé mon temps entre mon boulot, le ménage, les courses et faire à manger pour les amis rugbyman qu'Alain n'avait eu de cesse d'inviter.
J'avais fait tout mon possible pour garder la ligne, me refusant des petits plaisir un peu trop calorique car ce parfait goujat aimait les femmes fines, à la silhouette parfaite. J'avais cependant grâce à lui acquis une hygiène de vie à toute épreuve. Je faisais mon footing tous les matins pendant une vingtaine de minutes avant d'aller travailler et ce petit bol d'air frais quotidien m'était devenu indispensable.
Je me suis rendu compte un peu par hasard qu'il ne m'était pas vraiment resté fidèle. Le mot était même faible puisque j'ai découvert une infidélité vieille de plus de quatre ans. Il menait une double vie, rien que ça !
Du jour où j'ai découvert la liaison qu'il entretenait cependant, j'ai pris mes affaires sans demander mon reste et j'ai quitté les lieux malgré les sentiments que j'éprouvais encore pour lui. Je ne pouvais pas lui pardonner, parce que c'était impardonnable. Maintenant, un mois après, j'étais tiraillée entre plusieurs émotions. L'amour était toujours là, mais était de plus en plus camouflé par la colère que je ressentais à son égard. Je n'aimais pas la façon dont-il m'avait prise pour une idiote et je m'en voulais peut-être encore bien plus de ne pas avoir ouvert les yeux avant.
Avec mon sac sous le bras j'étais allée frapper à la porte de chez ma meilleure amie et je lui avais tout raconté. Celle-ci n'avait pas eu le toupet de me balancer un 'je t'avais prévenu' et pourtant c'était le cas. Elle avait flairé le coup depuis longtemps et avait tenté de me mettre en garde, mais j'avais été aveuglé par son amour sans borne pour Alain. Je n'en suis tombée que de plus haut.
J'ai squatté quelques jours là-bas avant de trouver un petit appartement en location. Ça n'avait rien de grandiose, ni de très glamour, mais au moins je n'avais pas à voir Alain tous les jours, ce qui aurait été insupportable vu les conditions.
Je pleurais encore souvent, pour ne pas dire tous les soirs et j'avais beau tenter de détester mon ex-petit ami, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à nos projets communs. Nous avions commencé à parler mariage, et même bébé, mais peut-être que la discussion ne venait que de moi finalement. Je me posais des questions sur tout un tas de chose à présent et je ne parvenais même plus à me concentrer sur mon travail.
J'ai donc posé des jours de congé, comme ça, à la dernière minute, mais mon patron avait bien vu le manque de motivation que j'avais à la tâche. Je devais me reposer et penser à autre chose. Passer à autre chose.
J'avais vite fait regardé sur internet pour trouver une destination, pas trop loin pour ne pas passer mon temps sur la route, mais suffisamment pour que ce soit dépaysant et j'ai trouvé un gîte un peu isolé dans les montagnes et les photos du paysage ont suffi à me convaincre.
J'en suis donc à préparer mon sac à la va vite, pressée de partir, pressée d'arriver. Je prends un peu de tout, pour le beau temps comme pour la fraîcheur des soirées. Je pense même à jeter mon maillot de bain dans mes affaires, peut-être y a t-il des lacs à proximité du chalet.
J'en ai pour presque quatre heures de route et c'est faisable avant l'heure du dîner si je ne traîne pas. Il est déjà 14h30, le temps de tout charger dans la voiture, de faire une petite pause pendant le trajet et de m'installer dans ma chambre, c'est jouable. Et puis je ne veux pas attendre et perdre une journée. J'en ai marre de l'état lamentable dans lequel je me traîne depuis ma rupture.
Après avoir rentré l'adresse dans le GPS, je me force à ne plus penser à tout ça et à oublier Alain. Ces vacances sont pour moi le symbole de la page que je tourne.
*
Le trajet m'a semblé facile jusqu'à arriver au pied de la montage, là, les lacets que forment la route m'ont presque rendu malade. J'ai pourtant réussi à attendre mon objectif malgré un très léger retard. Il est déjà l'heure de dîner, mais j'espère tout de même que la table sera dressée pour moi. J'ai prévenu par mail que je souhaitais bénéficier du couvert tous les jours, parce que je ne me voyais pas faire le voyage jusqu'au village le plus proche à chaque fois pour me restaurer. J'ai prévu dans mes bagages de quoi grignoter également. C'était ce qui m'avait aussi décidé sur le lieux de mes vacances, des repas maison. Du pain frais tous les matins, confiture bio faite maison, pareil pour les produits laitiers. Rien que d'y penser me fais de nouveau saliver.
Je me gare devant un petit chalet, perdu au milieu de nul part. C'est tout bonnement magnifique. Quand je sors de la voiture je suis étonnée par la fraîcheur environnante alors que j'ai laissé mon petit appartement sous la fournaise. Les arbres alentours laissaient passer une douce brise et le chant des oiseaux m'émerveille littéralement.
Je ne prend que mon sac à main pour aller frapper à la porte d'entrée, ne voulant pas m'encombrer de mes trop lourds bagages pour le moment mais j'ai un mouvement de recule quand, après avoir toquée dessus, la porte s'ouvre devant un homme barbu à l'aspect des plus rustres.
« Bonjour, je suis bien au gîte des milles monts ? » Je demande incertaine.
L'homme hoche juste la tête et ouvre davantage la porte pour me faire rentrer et franchement j'hésite un instant, mais je le suis tout de même. L'habitation est comme sur les photos, traditionnelle, grande et chaleureuse. Les murs sont en bois ou en pierres, la grande cheminée imposante au milieu de la pièce. Je suis étonnée que le feu crépite dans son âtre mais il règne dans le salon une chaleur réconfortante.
« Je suis Amélia, j'ai réservé pour la semaine. »
Je tente d'entamer la conversation, mais l'homme marche sans même se retourner, montant les escaliers qui grincent joliment. L'odeur de nourriture emplit mes narines et cela me donne encore plus faim que ce que j'ai cru de prime abord. Il ouvre une porte et me laisse rentrer dans la pièce qui est propre et simple. Le bois des murs contraste avec le blanc des draps, donnant une touche de romantisme au lieu.
« Ranger vos affaires avant que la nuit tombe, je vous attends en bas. »
Je n'ai même pas le temps de répondre qu'il est déjà partit. Je me mords la lèvre, posant mes yeux un peu partout autour de moi. Ça sent bon le frais et je ne veux certainement pas me dire que c'est la voix étrangement sexy de cet homme qui me fait trembler. J'ai toujours eu un petit faible pour ce genre de timbre, bas et légèrement rauque.
Je me dépêche d'aller chercher mes affaires dans ma voiture, faisant deux trajets avant de tout installer dans ma chambre. Je commence à déplier mes habits pour les ranger dans mon armoire mais finalement, ça peut bien attendre. C'est ce que mon ventre me dit alors qu'il cri famine et puis je ne veux pas faire davantage attendre le maître de maison.
Je me passe un coup sur le visage et me lave les mains dans la petite salle de bain attenante et privative à ma chambre. Là aussi, tout est propre et soigné. Puis je descend tranquillement les marches. Sur la table les couverts ne sont disposés que pour moi.
« Le reste est sur le feu pour ne pas refroidir. Je vous laisse manger tranquillement. »
« Et votre femme ? »
« Je n'en ai pas. »
Je m'assois en silence, regardant tout ce qui est posé sur la table sans oser me servir. Je suis en faite assez mal à l'aise.
« Vous préparez tout vous même ? »
Ce n'est pas vraiment ce que je veux demander, mais j'ai bien du mal à croire que ce gîte soit entretenu par cet homme. Est-ce qu'il fait le ménage et la cuisine pour ses hôtes ? Je m'étais attendu à ce qu'une femme soit là, pas que j'ai peur d'être seule avec lui, mais je suis étonnée.
« Oui. Bon appétit ! »
« Oh attendez. » Je dis un peu trop précipitamment. « Comment vous vous appelez ? »
« Jack. »
« Vous... Ne restez pas ? »
Je ne comprend même pas moi-même pourquoi je lui demande ça. Ça ne fait pas un peu trop désespérée ? Je ne sais même pas de quoi nous pourrions bien parler ensemble s'il décidait de rester. Ce n'était de toute façon pas prévu, j'ai loué le gîte pas une chambre d'hôte. Ce Jack ne doit pas habiter bien loin.
« J'ai fini mon boulot. A demain. »
Je baisse juste la tête, un peu honteuse sans savoir pour qu'elle raison et puis je trouve cet homme un peu trop brute. Il a l'attitude d'un vieil ermite. Il me précise qu'il déposera le nécessaire pour le petit déjeuné sur la terrasse dans un panier aux alentours de 9 heure et sans plus de cérémonie il s'en va.
J'enfourne dans ma bouche un morceau de pain succulent et je me venge sur tout ce qui passe sous mes mains. Franchement, je ne vais pas avouer mais Jack cuisine bien mieux que moi. Le plat qui mijotait encore dans sa marmite m'a presque faite ronronner de plaisir et c'est totalement repus que je regagne ma chambre pour m'allonger.
*
Je m'étire bruyamment dans mon lit et je me lève toute habillée alors même que je n'avais pas eu conscience de m'endormir la veille. Le première chose que je fais fut d'ouvrir la fenêtre en grand pour respirer l'air du coin. Ça sent toujours aussi bon la forêt, les arbres et la fraîcheur. Il est déjà 10 heure passé mais le petit déjeuné attendra bien que je prenne ma douche. Je n'ai pas fait mon footing, mais qu'importe, une longue promenade m'attend avec Jack comme guide.
C'est ce qui était convenu sur le site de réservation, des balades guidées dans la montagne et ses alentours et j'ai signé pour toutes les excursions. Je suis venue pour ça, me vider la tête.
Je suis de bonne humeur, cette nuit de sommeil m'a totalement revigoré de mon voyage et le paysage fait le reste. Je fais chauffer de l'eau pour mon thé et je vais chercher le panier sur la terrasse. Il y a dedans une demi-baguette croustillante, un croissant dont le beurre luit au soleil et tout ce dont je pourrais avoir besoin pour les déguster ; du beurre, de la confiture, du miel et même quelques carrés de chocolat.
Je refuse catégoriquement d'imaginer Jack préparer tout ça de bon matin, parce que ça ne colle pas avec l'image que je me fais de lui mais je déguste chaque bouchée. À ce rythme là, fini la taille de guêpe et mon corps svelte.
Il était prévu dans l'emploi du temps du gîte un départ pour la randonnée vers onze heure et je dois me dépêcher pour ne pas être en retard . Comme je m'y attendais, Jack est pile à l'heure, mais seul.
« Il n'y a personne d'autre ? » Je demande après les salutations d'usages.
« Non, vous êtes la seule à avoir loué un gîte cette semaine. »
« Vous en avez combien en tout ? »
« Cinq. »
« Ce n'est pas trop de travail ? »
« Non. »
Bon, pour le dialogue je suis un peu calmée. Jack n'est pas des plus bavards. Je décide de ne pas m'en formaliser, je ne suis pas venue là pour ça. Cependant, pendant la promenade, il m'explique tout un tas de choses sur la nature et il paraît totalement dans son élément. Je l'écoute avec intérêt.
Nous nous arrêtons aux bords d'un lac magnifique pour pique-niquer et il sort de son sac à dos tout ce qu'il a préparé. Je prend le temps de le regarder un peu plus attentivement. Il a les cheveux courts poivre et sel, une barbe naissante, bien taillée, et son teint basané par le soleil fait ressortir incroyablement ses yeux verts clairs. Il porte un jean délavé, une chemise ouverte sur un débardeur noir qui montre à quel point ses muscles sont dessinés. Oh ça n'a rien des body-bulder que j'ai pu voir dans les salles de sport, non c'est le travail qui a forgé son corps. Je l'imagine un instant en train de fendre le bois et je me cache pour rire tellement c'est stéréotypé.
Je ne sais pas quel âge il a, mais il est plus vieux que moi. Du haut de mes 25 ans, il en fait facilement 15 de plus que moi, mais il les porte bien. Il est beau, sauvage et revêche comme un loup solitaire.
Le temps passe incroyablement vite et déjà il est l'heure de rentrer. La journée est loin d'être finie, mais je comprend parfaitement qu'il a d'autres choses à faire. La balade a tout de même duré plus de cinq heures. Si c'est ça tous les jours, cela me convient tout à fait.
Le soir se déroule comme la veille, Jack prépare le repas dans la cuisine et me laisse manger tranquillement. Il a prit le temps d'allumer un feu dans la cheminée pour moi et j'aime l'intention bien que je me doute que ce n'est pas un traitement de faveur. Ça doit être comprit dans les services de la maison.
*
La nuit fut identique à la précédente, d'un calme incroyablement reposant. Je n'en reviens toujours pas alors que mon téléphone indique 10h25. Je n'ai plus l'habitude de faire de grasse matinée. Ce doit être l'air des montagnes qui me fait cet effet là. Je déjeune encore plus rapidement que la veille, gardant la viennoiserie pour plus tard dans la journée.
Jack est, encore une fois, aussi ponctuel qu'un horloger et nous partons directement sur les sentiers qui longent les chalets. Je ne me lasse pas de voir les montagnes, les animaux et tout ce que Jack me montre. Il n'est pas vraiment amical ni très bavard mais il y a quelque chose de gentil malgré tout en lui. J'ai bien remarqué qu'il ralentit le pas lorsque j'ai du mal à suivre, qu'il me tend la main à chaque obstacle à franchir et qu'il s'arrête pour regarder le paysage dès que je suis un peu essoufflée.
Je ne peux m'empêcher de penser à Alain. Il était beau à l'extérieur et pourri à l'intérieur et je me suis laissée berner alors que son côté mignon et attentionné a vite laissé place à un immonde goujat. Jack semble être son opposé, grossier à l'extérieur et prévenant à l'intérieur. Peut-être que suis trop superficielle. Je n'ai regardé que l'enveloppe sans chercher à voir le contenu. Si j'avais cherché à le connaître davantage peut-être je me serais rendu compte avant de sa vraie personnalité.
