#Neander - Guy Raymondpierre - E-Book

#Neander E-Book

Guy Raymondpierre

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Beschreibung

Qu'est-ce que la réalité ? Où va notre esprit lorsque nous rêvons ? Existe-t-il d'autres réalités, d'autres dimensions, d'autres mondes ? Lors d'un rêve, un homme du 21e siècle se retrouve dans la peau d'un jeune chasseur néandertalien. Cette expérience lui semble tellement réelle qu'il veut la revivre. Il essaie différentes techniques de modification de conscience. Après plusieurs tentatives infructueuses, il retrouve le clan au cours d'un nouveau voyage onirique. Il vit alors des expériences toujours plus réelles et de plus en plus troublantes... Et s'il voyageait vraiment dans le temps ? "Nous serions sans doute très surpris si nous pouvions aller vivre quelque temps dans un groupe néandertalien !", Jean Clottes, Préhistorien

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Seitenzahl: 179

Veröffentlichungsjahr: 2019

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#Neander

TitreInformations sur l'auteurInformation sur l'éditeurPersonnagesUn camp de fouillesUne découverteUn objet insoliteUnhappy birthdayUn manuscritUn premier rêveYugUn matinRêveurUn deuxième rêveYug bisLes femmes de la préhistoireCh'imSophrologieImagerie mentaleAutohypnoseSynchronicitéLa Bouffia BonnevalUn troisième rêveDes réflexionsBizarre, bizarre...Une chamane20 avrilVisionsAlgérieM'manLes AutresLes pommesMarieUne cicatriceDanserTai-chiKatAyahuascaLe chamane de RocamadourUn étrange personnageLe noyerOdeursRêve lucideBusard, busard...Le tempsÉgoïstes ou solidaires ?Un nouveau rêveCh'im amoureuseSpiritualitéUn breuvage étrangeConscienceIl est parti !...Sans un motEiramBarylèneÉpilogueA votre avis ?IllustrationsNotesLe buisson du vivantBibliographieRemerciementsPage de copyright

Titre

#NeanderL’Homme NouveauGuy Raymondpierre

Informations sur l'auteur

Déjà paru chez BoD – Books on Demand :Instants d’année,L’inspiration vient par haïkusavec des dessins originaux de Aaron Van LierdePrésentation de l'ouvrageBonne Route,Poésie et chansonsL’étrange parfum des clématites,RomanPrésentation de l'ouvragewww.guyraymondpierre.com Site web de l'auteur

Information sur l'éditeur

© 2019 Guy RaymondpierreÉditeur : Langle ÉditionsLangle, 19190 Serilhac, FranceImpression : BoD – Books on Demand, Norderstedt, AllemagneISBN :978-2-38018-007-7Dépôt légal : avril 2019

Personnages

Personnages homo sapiens :* Guy,septuagénaire, retraité, féru de préhistoire, récemment installé en Corrèze, dans un petit village situé non loin de La Chapelle-aux-Saints*Mich,sa compagne, également retraitée et férue de préhistoire, sophrologue de formation*Madji,chien bâtard, leur compagnon à quatre pattes*Marie,chamane*Babs,fille de GuyPersonnages néandertaliens :* Yug,jeune chasseur néandertalien*Ch’im,jeune néandertalienne*Eiram,chamane néandertalien, "L’homme de La Chapelle-aux-Saints"*Djiman,loup domestiquéPersonnages réalité parallèle :* Barylène,étudiante en paléoanthropologie* Silbana,étudiante en paléoanthropologie*Bascal,étudiant en paléoanthropologie*Sbante, étudiant en paléobiologieAvertissement : Les personnages modernes de ce récit sont réels. Seules leurs aventures sont imaginaires. Quant aux personnages préhistoriques : ceux-ci sont issus de mes rêves. Ils ne peuvent donc être réels.  Quoique ?  Les personnages du début de récit, eux, évoluent dans une autre réalité, une réalité "miroir". Elle a l’apparence de la nôtre, les personnages ressemblent à des personnages connus, les lieux où ils évoluent portent des noms semblables à certains lieux faisant partie de notre réalité… mais ce n’est pas la nôtre.  Toute ressemblance…

Un camp de fouilles

"… étant donné que nous sommes tous reliés, il est possible d’atteindre des états de conscience dans lesquels un aperçu d’une autre réalité s’infiltre dans notre moment présent et pénètre dans notre conscience comme si c’étaient des souvenirs."                                                                                                                 – Anita Moorjani, Diagnostic incurable mais revenue guérie à la suite d’une NDE (*).   Le génialophone de Barylène vibre et buzze. Légèrement agacée par cette interruption qui brise en mille miettes le songe merveilleux qui peuplait son esprit dans cet espace flou précédant le réveil, elle découvre un message bref : " – Lu ! Sa te di 1 cafouille ?                                                                                                            – 1 cafouille ! Wé ! Où ? Quand ?   – T’envoie le lien par messengy"   Un camp de fouilles ! Elle adore. Elle en est tout émoustillée. Il lui fallait bien ça pour retrouver un peu son moral. Merci Silbana ! Quelle copine géniale ! Elle a le chic pour dégoter des trucs sympas !    Elle se réjouit de participer à de nouvelles fouilles. Ce sont toujours de chouettes moments de partages et de découvertes, archéologiques ou autres.    Son actualité sentimentale est plutôt morose ces derniers temps et elle aimerait en changer la couleur par une nouvelle rencontre.    Il est vrai que ses études lui prennent beaucoup de temps. Cependant elle ne saurait faire autrement.  C’est sa passion, sa raison de vivre.    Depuis sa plus tendre enfance, lorsqu’elle passait ses vacances en Bordogne, elle s’était prise d’une passion pour l’archéologie et la préhistoire. Il faut dire que cette région est riche en grottes et cavernes ornées ou non. Il y a de quoi assouvir le besoin de découverte qui l’a toujours fait avancer dans la vie.    C’est en découvrant des coquillages fossilisés dans le lit de la Bézère, un affluent de la Bordogne située à plusieurs centaines de km de la mer qu’est née cette passion qui allait orienter sa vie.    Comment ces coquillages étaient-ils arrivés là ? Qui les avait amenés ? Y avait-il eu une mer ou un océan à cet endroit, il y a des milliers d’années ?    C’est sans doute cette période bénie qui lui avait inspiré le choix de ses études. (*) Near-Death Experience, en anglais – Expérience de Mort Imminente

Une découverte

   Barylène se sent gagnée par une vague d’enthousiasme enivrant en découvrant sur son génialophone le site de fouilles.Celui-ci est situé à La Jappelle-aux-Vains, en Borrèze. Un lieu qu’elle connaît bien pour l’avoir visité lors d’un séjour en Bordogne, alors qu’elle n’était qu’une enfant rêveuse et curieuse de découvrir la vie.C’est là qu’on a découvert la première sépulture de l’homo novus, un cousin, ou plutôt un "frère" de notre espèce, l’Humain Moderne.En descendant du TSR (Train Super Rapide) en gare de Grive-la-Baillarde, Barylène aperçoit tout de suite Silbana au milieu de la foule dense des voyageurs et des personnes venues les accueillir sur le quai.

Elle ne saurait expliquer leje-ne-sais-quoiémanant du sourire, du regard pétillant ou du rayonnement intérieur éclairant le visage de son amie, son charisme, qui la ferait reconnaître parmi une multitude.Une fois descendue sur le quai, elle n’a pas le temps de déposer son bagage. Voilà la tornade Silbana qui lui fonce dessus pour lui faire une accolade énergique et qui lui colle des bises claquantes sur les deux joues. Elle a beau y être habituée, l’exubérance un peu folle de Silbana la désarçonne toujours un peu. Un peu déséquilibrée d’abord par le choc de l’effusion, elle se reprend puis se laisse glisser dans le bonheur des retrouvailles comme dans une eau chaude et accueillante. Qu’il est bon de goûter une affection réciproque qui se manifeste sans retenue morale !    Dans la navette qui les emmène vers le camp de fouilles, Silbana l’inonde d’informations et de commentaires plus ou moins intéressants. Comme à l’habitude, Barylène en attrape le tournis et reste silencieuse. Elle se contente de sourire à son amie et de hocher la tête de temps en temps.    – Quelle différence de tempérament entre nous, pense-t-elle !    Un peu perdue dans ses réflexions, elle prend soudain conscience que Silbana attend une réponse à la question qu’elle vient de lui poser.    – Pardon ?    – Décidément, je me demande dans quelle réalité tu vis parfois ! Je te demandais : "Devine qui participe aux fouilles ?"    – Et ? Qui participe aux fouilles ?    Silbana la regarde droit dans les yeux et le visage épanoui, triomphant, fière de son succès :    – Bascal !    Barylène laisse échapper un petit rire que sa compagne ne manque pas d’interpréter à sa façon.    Bascal est un étudiant en anthropologie aussi exubérant et beau parleur que l’est Silbana. Il l’est un peu trop pour Barylène. Son amie s’est pourtant mis en tête de faire se rencontrer ces deux-là.    – Regarde le voilà sur le parking ! Il est chou non ? Mais… qui est ce beau blond à côté de lui ?    Le minibus s’est rangé aux abords du camp de fouilles dont on aperçoit les excavations.    Le camp grouille déjà d’une agitation fébrile, semblable à celle d’un nid de fourmis.    En effet, Barylène aperçoit Bascal, un garçon très sympathique et très doué pour les études. Elle apprécie ses connaissances et sa culture mais se méfie de son côté séducteur. Elle préfère les garçons plus réservés comme semble l’être ce grand jeune homme dont le teint et la couleur de cheveux diffèrent un tant soit peu de ceux de Bascal qui a l’air tout petit à côté de lui.    Silbana trop pressée d’assouvir sa curiosité, s’est précipitée vers les deux garçons et après avoir fait la bise à Bascal et, sans hésitation, à son compagnon, c’est elle, toute fière, qui fait les présentations :    – Tu connais Bascal, bien sûr… et voici, Sbante, un étudiant suèbois qui vient nous aider et parfaire son français !    Sbante, un peu gêné, tend la main à Barylène qui la prend après une légère hésitation.  Le contact doux et ferme à la fois du jeune homme fait vibrer quelque chose en elle. Un frisson lui court sur les épaules. Le garçon a des yeux d’un bleu profond. Son regard est clair et franc.    Ils se sourient sans un mot. Un silence. Silbana qui ne supporte pas ce genre de situation intervient :    – Mais faites-vous la bise, voyons ! Nous sommes en Vrance !

Un objet insolite

Dès le lendemain matin, les deux jeunes amies se sont mises au travail avec un enthousiasme propre à leur jeunesse.Chacune d’elles a reçu la tâche de fouiller une portion de terrain déjà excavé. Elles travaillent non loin l’une de l’autre sur un périmètre qui leur a été attribué. La responsable du camp leur a montré comment utiliser les punaises de couleurs indiquant les différentes natures des sédiments rencontrés. Elle leur a indiqué que, bien que ces couches ne soient pas très profondes, quelques dizaines de centimètres à peine, elles sont vieilles de 60 000 ans avant aujourd’hui.Barylène connaît bien la chercheuse qui les a accueillies si aimablement. C’est une sommité de la recherche paléontologique. Elle est reconnue dans le monde entier comme l’une des plus grandes spécialistes de l’homo novus. Elle est un exemple de compétence et de réussite que la jeune étudiante a l’ambition de suivre pour sa future carrière scientifique. Elle est très fière et très heureuse de faire partie de son équipe pendant ces quelques jours.Les deux jeunes filles travaillent minutieusement. Elles utilisent un petit grattoir et un pinceau. Dès que l’une d’elle aperçoit une pierre, un fragment quelconque, voire un objet, elle le place dans un sachet plastique muni d’une étiquette qu’elle numérote pour indiquer précisément l’endroit de la découverte.Elles ne sont qu’à quelques mètres l’une de l’autre et travaillent en silence. Même Silbana, d’habitude si volubile, se concentre sur son activité faisant ainsi honneur à son parcours de jeune chercheuse et son ambition de future scientifique.Les heures passent sans que rien ne vienne interrompre le travail de fourmi de toute l’équipe de scientifiques et d’étudiants, tous concentrés sur leur tâche. Ils œuvrent avec patience et passion, espérant une découverte marquante. Ces êtres qui nous ont précédés dans le temps n’en finissent pas d’étonner les chercheurs par leur ingéniosité et leur capacité d’utiliser le peu de chose dont ils disposaient pour survivre.Soudain, alors que le soleil est au firmament, un remue-ménage fait relever les têtes des fouilleurs dans un ensemble parfait, tel une chorégraphie répétée maintes fois. Ou plutôt comme le mouvement d’ensemble d’un banc de poissons ou d’un vol d’étourneaux, qui vous laisse en admiration devant la beauté magique et mystérieuse de la nature.Silbana, déjà, s’est relevée et se précipite à l’opposé du champ de fouilles où un attroupement s’est produit. Très curieuse, elle est toujours à l’affût d’une découverte exceptionnelle et son enthousiasme l’entraîne souvent à des conclusions hâtives.   Barylène, par contre, après un moment d’hésitation, décide de continuer à gratter et brosser le sol comme on le lui a demandé. Elle se dit que si, effectivement, une découverte importante a été faite, tout le camp sera mis au courant. Il sera assez temps de s’informer de l’importance de l’événement plus tard.    Mais peut-être perçoit-elle intuitivement qu’elle trouvera quelque chose de primordial dans son périmètre…    Elle est maintenant seule dans son coin. L’un après l’autre, tous se sont dirigés vers le secteur où tout le camp se trouve rassemblé, à l’exception de quelques assidus qui, comme Barylène, ont repris leur tâche.    Tout à coup, l’esprit aux aguets, son regard est attiré par un détail insolite. Son grattoir, qu’elle manie dans un mouvement lent et précautionneux, a heurté quelque chose de solide.    Elle se saisit du pinceau plat avec une infime délicatesse pour dégager l’objet.    Le soleil lance un éclat sur une partie métallique qui apparaît à la surface.    Du métal ! Puis, une autre partie de couleur… rouge !    Comment cela est-il possible ? Cet objet n’est pas préhistorique.    Elle continue à dégager la petite pièce en brossant tout autour…    Le voilà !    Elle l’extrait de la poussière à l’aide de la pointe du grattoir. Puis elle ose le prendre dans sa main. Elle l’observe quelques secondes, relève la tête. Non, personne n’a rien remarqué…    La voilà de plus en plus perplexe. Elle fait tourner l’objet avec précaution du bout des doigts.    Elle se posait la question depuis le début mais à présent elle en est sûre : cela ressemble fortement à une clé magnétique, ces clés dont on se sert pour copier et transférer des données sur un OP.    Elle distingue une forme en relief sur la surface de l’objet. On dirait… Oui, un bison.    – C’est bizarre, ce truc de facture moderne à cet endroit ! Mais qu’est-ce que cela peut être ?    Elle est déçue et intriguée en même temps. Pas la peine de rameuter tout le monde, se dit-elle. Elle a envie de garder le secret de sa découverte. Elle y voit un signe qui lui est destiné. Se pourrait-il que cet objet ait été posé là afin que ce soit elle, elle seule, qui le trouve ?    Elle jette un regard circulaire pour s’assurer que personne ne la voit et décide de glisser le petit objet rouge dans la poche de son short. Elle se promet d’en parler à quelqu’un d’autre plus tard, si cela s’avère nécessaire. Auparavant, elle se réserve la priorité de lire les données stockées sur la clé. Peut-être, découvrira-t-elle à qui elle appartient. Il sera bien temps de la rendre à qui elle appartient. Elle ne peut que se l’avouer : sa curiosité est trop forte.   Le soir venu, elle profite de l’absence de Silbana qui tourne encore autour des garçons, pour essayer de brancher la clé et la connecte, un peu fébrilement, sur son Ordinateur Portable.    Miracle ! Les ports sont compatibles et l’OP semble reconnaître le support.    Elle manipule le pavé tactile et découvre un seul fichier sur l’écran. Il est indiqué par une combinaison de lettres et de chiffres : #n2019.txt.    La jeune fille clique sur le fichier et, deuxième miracle, celui-ci est reconnu par son logiciel de traitement de texte et s’ouvre au bout de quelques instants. Il s’agit d’un document d’une centaine de pages. Cela ressemble à un manuscrit dont la première page indique le titre #Neander, l'Homme Nouveau .    Intriguée et curieuse, elle se met à lire le récit.    – Alors, ma belle ! Que fais-tu enfermée sous la toile ?    Barylène sursaute et rabat précipitamment le couvercle de son ordinateur. Elle répond en rougissant un peu, comme si elle était prise en flagrant délit d’espionnage :    – Oh, rien d’intéressant ... Je consultais la météo pour les prochains jours.    – La météo ! Depuis quand t’intéresses-tu au temps qu’il fait ?

Unhappy birthday

C’est déjà la fin du camp. Les filles ont eu beaucoup de travail. Elles n’ont pas vu le temps passer.Entre les heures de fouilles et les soirées conviviales, leurs journées ont été bien fournies et très riches en échanges de toute sorte.Silbana a eu ce qu’elle voulait. Elle a pu papillonner à loisir allant d’un garçon à l’autre pour exercer son charme. Seul Sbante semble y avoir résisté.C’est le dernier soir et tout le monde a été convié à un grand feu de camp pour célébrer l’achèvement de la tâche commune.Une fois tous les participants rassemblés, la responsable du camp, visiblement très satisfaite, prend la parole :– Nous pouvons affirmer, ce soir, que le camp a été un succès. À part la découverte du premier jour, qui fut largement commentée tout au long du stage, nous n’en avons fait aucune autre qui soit susceptible d’être mentionnée. Cependant cette unique trouvaille vaut son pesant d’or en information. Elle fera d’ailleurs l’objet d’une publication scientifique dont vous recevrez toutes et tous un exemplaire. Je ne peux donc que vous remercier chaleureusement pour le travail accompli et pour votre collaboration efficace et très professionnelle.    A ces mots, Barylène refrène un frisson. Elle pense soudain à sa découverte. Elle n’en a jusqu’à présent fait mention à personne. Pas même à son amie de longue date.    Un peu plus tard, alors que la fête semble s’éterniser et s’enliser dans l’ennui, Sbante rassemble ses nouveaux amis Bascal, Silbana et Barylène pour les inviter à venir prendre un verre près de sa tente.    – Je fête mon anniversaire aujourd’hui.    – Oh ! Tu aurais dû nous le dire plus tôt ! Nous aurions pu amener un cadeau !, s’écrie Silbana.    – Le plus beau cadeau est votre présence à mes côtés. J’ai découvert en vous de vrais amis durant ces dernières semaines.    – Oh, tu es trop chou ! Cela mérite un vrai bisou !    Silbana s’est élancée vers lui et, avant que le jeune homme ait pu esquiver son geste, elle lui plaque un léger baiser sur les lèvres, provoquant le rire joyeux de Bascal.    Le garçon un peu désarçonné par cette effusion spontanée, se tourne le rouge aux joues vers Barylène qui l’observe avec un peu de gêne. Après une légère hésitation, la voilà qu’elle se dirige vers lui et l’embrassant sur les deux joues :    – Joyeux anniversaire Sbante !    Celui-ci ne sait plus où se mettre. Il rougit jusqu’à la racine des cheveux. Pour dissimuler sa gêne, il lance :    – Venez ! Je vais vous faire goûter une boisson de mon pays. C’est très fort mais c’est délicieux.    – Comme toi, Sbante ! s’écrie Silbana dans un grand éclat de rire en le prenant par le bras et l’entraînant vers les tentes.    Décidément, elle n’en rate pas une, se dit Barylène avec un pincement au cœur.    – Elle est géniale, non ! renchérit Bascal qui s’est approché d’elle en faisant mine de lui prendre le bras pour imiter Silbana. Il se retient cependant devant l’attitude réservée de Barylène.    Finalement, ils emboîtent le pas des deux autres en marchant côte à côte, sans se toucher.    – Oh oui ! C’est fort ! s’écrit Bascal qui vient d’avaler une gorgée du liquide transparent que Sbante a versé dans les gobelets.    Auparavant, celui-ci a sorti une bouteille carrée de son sac. Barylène ne peut déchiffrer l’étiquette car elle est en suédois.    – Méfiez-vous les filles ! Ça chauffe aux étiquettes, ce truc !,  s’esclaffe Bascal.   – Vous savez les amis, je ne suis pas très fier de fêter mon anniversaire aujourd’hui.    – Ah bon ! Pourquoi ? demandent en chœur les trois autres.    – Quelle date sommes-nous ?    – Le 20 avril, je crois, avance Silbana.    – Exact ! Et qui est né aussi à cette date ?    – ? ...    Les trois amis se regardent mais aucun d’eux ne semble connaître la réponse.    – Bitler ! Bitler est né le même jour que moi !    Le visage du garçon est livide.    – J’ai découvert cela récemment dans sa biographie et cela m’a marqué profondément. Être né le même jour que ce monstre !    Les trois amis échangent des regards embarrassés. Ils ne savent quoi dire.    Enfin, Barylène, d’un ton très doux, prend la parole en s’approchant de lui. Elle lui touche doucement l’avant-bras :    – Sbante, tu n’y peux rien d’être né le même jour que ce tyran ! D’ailleurs, lui, c’était il y a bien longtemps.    – Non mais tout le monde se souvient des atrocités qu’il a fait commettre et je ne peux m’empêcher d'y penser à chaque fois.    – Je t’en prie, Sbante ! Cela me fait de la peine de te voir ainsi, dit-elle en s’approchant un peu plus de lui et en lui entourant les épaules.

Un manuscrit

Barylène s’est bien installée dans son compartiment. Par chance, celui-ci est presque vide. Elle sera donc tout à fait à l’aise pour se remémorer les semaines riches en émotions qu’elle vient de vivre.Ce camp était génial ! Elle a remercié de nombreuses fois Silbana de lui avoir passé l’information. Elles ont passé de chouettes moments ensemble, comme d’habitude. Leur amitié s’enrichit d’année en année. Oui, bien sûr, Silbana est un peu trop exubérante, un peu trop bavarde, un peu trop frivole et elle l’a rendue plusieurs fois jalouse. Mais c’est une belle âme. Elle ne l’a jamais blessée ni heurtée volontairement.Cette fois-ci encore, lorsqu’elle s’est aperçue du sentiment naissant de Barylène envers Sbante, elle a cessé toute approche, laissant le champ libre à son amie.Sbante !Son cœur se met à battre plus vite alors qu’elle évoque la longue silhouette du garçon blond aux yeux si bleus. Elle aime sa retenue et le charisme qui émane de sa personne. C’est sans doute ce qui rend son regard si généreux.Quand le reverra-t-elle ?  Bien sûr, elle a noté ses coordonnées au moment des dernières effusions. Mais la Suèbe est si loin ! Comment feront-ils pour se retrouver ?    Il lui a promis d’essayer de venir la voir plusieurs fois par an et de l’inviter, chez lui, là-haut. Il était sincère. Elle l’a senti.    Soudain elle sent une vague d’espoir envahir son cœur et son être tout entier. Comme une bise de printemps douce soufflant la promesse d’une récolte future. Oui, cet amour naissant est appelé à un bel avenir.    Son esprit, un peu calmé, évoque maintenant le camp de fouilles.    Les recherches l’ont passionnée. La découverte qui a été faite, quelques éléments des squelettes de ce qu’on pense être des enfants de l’ Homo Novus , apportera sans nul doute des éléments nouveaux sur la vie de cet être si proche de nous, lui que l’on croyait totalement différent après les premières découvertes de fossiles.    Tout à coup, elle se remémore sa propre découverte.    La clé !    Où est-elle ?    Elle se lève d’un bond alors que le train a déjà pris de la vitesse. Elle prend l’étui de son OP qu’elle a déposé dans le porte-bagages au-dessus de sa tête. Elle fait glisser fébrilement la fermeture éclair et cherche dans une petite poche pratiquée dans la doublure… oui ! Elle est là !    Elle se rassied et levant le couvercle de l’ordinateur qu’elle a installé sur la tablette devant elle, elle l’allume. Elle introduit la petite clé rouge dans le port. Puis elle clique sur l’icône du document pour l’ouvrir et les premiers mots apparaissent à l’écran.    Mais, tout d’abord, elle tourne son visage vers la fenêtre. Le train file à vive allure et le paysage semble glisser devant ses yeux, fluide, presque sans consistance.    Cela a un effet hypnotique sur elle. La voilà plongée dans un profond questionnement.